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Cité épiscopale d'Albi

Episcopal City of Albi

On the banks of the Tarn river in south-west France, the old city of Albi reflects the culmination of a medieval architectural and urban ensemble. Today the Old Bridge (Pont-Vieux), the Saint-Salvi quarter and its church are testimony to its initial development (10th -11th centuries). Following the Albigensian Crusade against the Cathar heretics (13th century) it became a powerful episcopal city. Built in a unique southern French Gothic style from local brick in characteristic red and orange colours, the lofty fortified Cathedral (late 13th century) dominates the city, demonstrating the power regained by the Roman Catholic clergy. Alongside the Cathedral is the vast bishop’s Palais de la Berbie, overlooking the river and surrounded by residential quarters that date back to the Middle Ages. The Episcopal City of Albi forms a coherent and homogeneous ensemble of monuments and quarters that has remained largely unchanged over the centuries.

Cité épiscopale d'Albi

Située en bordure du Tarn, la vieille ville d'Albi, dans le sud-ouest de la France, reflète l'épanouissement d'un ensemble architectural et urbain médiéval dont témoignent aujourd'hui encore Le Pont-Vieux, le bourg de Saint-Salvi et son église (10e-11e siècle). Au 13e siècle, la ville devint une puissante cité épiscopale au lendemain de la croisade des Albigeois contre les Cathares. D'un style gothique méridional original à base de briques aux tons rouge et orangé fabriquées localement, la cathédrale fortifiée qui domine la ville (XIIIe siècle) illustre la puissance retrouvée du clergé romain. Elle est complétée par le vaste palais épiscopal de la Berbie qui surplombe la rivière et est cernée par des quartiers d'habitations datant du Moyen Age. La cité épiscopale d'Albi forme un ensemble de monuments et de quartiers cohérent et homogène qui n'a pas subi de changements majeurs au fil des siècles.

الحاضرة الأسقفية في مدينة ألبي

تعكس مدينة ألبي القديمة، الواقعة في جنوب غرب فرنسا، على طول نهر "تارن"، ازدهار مجموعة معمارية وحضرية من العصر الوسيط يشهد عليها حتى الآن "الجسر القديم"، وبلدة سان ـ سالفي وكنيستها (القرن العاشرـ القرن الحادي عشر). وفي القرن الثالث عشر، صارت المدينة حاضرة أسقفية قوية بعد انتهاء الحملة ضد الألبيين. أما الكاتدرائية المحصنة ذات الطراز القوطي الجنوبي الأصلي المؤلف من طوب أحمر وبرتقالي مصنوع محلياً، والتي تطل على المدينة (القرن الثالث عشر)، فإنها تمثل النفوذ الذي استرده القساوسة الرومانيون. واستكملت هذه الكاتدرائية بالقصر الأسقفي الضخم "بيربي" الذي يشرف على النهر وتحيط به أحياء سكانية يرقى تاريخها إلى العصر الوسيط. وتشك الحاضرة الأسقفية في مدينة ألبي مجموعة منسقة ومتجانسة من الآثار والأحياء لم يطرأ عليها أية تغييرات كبيرة على مر القرون.

source: UNESCO/ERI

阿尔比市的主教旧城

法国西南部塔恩河畔的阿尔比旧城,通过城中至今保存完好的旧桥、圣萨尔维堡以及堡中的教堂(十到十一世纪),为人们展示了中世纪在建筑和城市方面的发展。 13世纪,阿尔比十字军(Albigensian Crusade)镇压了卡特里派教会后,阿尔比市在一夜之间成为一座势力强大的主教派城市。阿尔比大教堂由本地生产的红砖与黄砖垒砌而成,具有独特的法国南方哥特式建筑风格,并带有防御工事,表现出罗马教会在重新占据主导地位后所拥有的强大势力。中世纪以来建立的居民区环绕着一座宏伟的主教宫殿——贝尔比宫(Palais de la Berbie),它俯瞰着塔恩河,并与大教堂相得益彰。标志性的古迹与几百年来依然保持原有的风貌街区构成了风格一致的阿尔比主教城。

source: UNESCO/ERI

Епископский город Альби

Расположенный на берегу реки Тарн, старинный город Альби на юго-западе Франции сохранил следы его развития как архитектурного и городского средневекового комплекса. Свидетельствами этого являются Старый мост, район Сан-Сальви и его церковь (десятый-одиннадцатый век). В тринадцатом веке, вскоре после завершения крестового похода альбигойцев против катаров, Альби превратился в богатый епископский город. Собор-крепость, возвышающийся над городом (тринадцатый век), выполненный в оригинальном средиземноморском стиле с элементами готики, выстроен из местного кирпича красно-оранжевой окраски. Он свидетельствует о возродившейся силе римского духовенства. Собор дополняет огромный епископский дворец Берби, возвышающийся над рекой и окруженный жилыми кварталами, относящимися к средневековью. Епископский город Альби представляет собой единый и гармоничный комплекс памятников и кварталов, не претерпевший существенных изменений на протяжении столетий.

source: UNESCO/ERI

Ciudad episcopal de Albi

Situada en el sudoeste de Francia, a orillas del río Tarn, la antigua ciudad de Albi es una muestra del desarrollo floreciente de un conjunto arquitectónico y urbano medieval del que son testigos, todavía hoy, el Puente Viejo y el arrabal de Saint-Salvi con su colegiata (siglos X y XI). En el siglo XIII, después de la cruzada albigense contra los cátaros, Albi llegó a ser una poderosa ciudad episcopal. Construida durante ese mismo siglo en estilo gótico meridional, sumamente original, con ladrillos de tonos rojos y anaranjados fabricados in situ, su catedral fortificada domina el conjunto de la ciudad e ilustra el poderío recobrado por el clero católico romano al término de la cruzada. En las proximidades del edificio catedralicio, rodeado por barrios de viviendas que datan de la Edad Media, se yergue, dominando el río, el vasto palacio episcopal de La Berbie. La ciudad episcopal de Albi está constituida por un conjunto coherente y homogéneo de monumentos y barrios que apenas ha experimentado cambios importantes con el correr de los siglos.

source: UNESCO/ERI

アルビ司教都市
フランス南西部の古都アルビは、全盛期の中世建築の都市集合体である。古い橋や聖サルヴィ地区と教会は、10世紀から11世紀にかけて、この町が発展しはじめたことを表している。13世紀に、異端のカタリ派に対抗したアルビ十字軍によって強大な司教都市となった。要塞のような大聖堂は13世紀後半に、地元の赤やオレンジ色のレンガを使い、南仏ゴシック様式で建てられ、ローマ・カトリック教の聖職者が取り戻した権力を誇示するように町を威圧している。同じ様式でつくられ、よく旧態をとどめている記念建造物群や広場が残され、整った景観を形成している。

source: NFUAJ

Bisschopsstad Albi

Aan de oevers van de Tarn in het zuidwesten van Frankrijk ligt de oude stad Albi, een hoogtepunt van middeleeuwse architectuur. De Oude Brug (Pont-Vieux), de wijk Saint-Salvi en de kerk tonen het begin van de ontwikkeling van de stad in de 10e en 11e eeuw. Na de Albigensische kruistocht tegen de katharen werd Albi een machtige bisschopsstad. De imposante, versterkte kathedraal – eind 13e eeuw gebouwd in een unieke Zuid-Franse gotische stijl van lokale steen in karakteristieke rode en oranje kleuren – domineert de stad. Naast de kathedraal staat het enorme bisschoppelijke Palais de la Berbie, omgeven door residentiële wijken daterend uit de middeleeuwen.

Source : unesco.nl

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Groupe épicopal, La Cité épiscopale d'Albi © Pierre Béhar Sarl A vol d’oiseau
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La Cité épiscopale d’Albi présente un ensemble bâti complet et représentatif de ce type de développement urbain en Europe, allant du Moyen Âge à l’Époque moderne et contemporaine. Ses éléments monumentaux et urbains sont complémentaires et bien conservés, en accords subtils de tons et d’allure par l’emploi généralisé de la brique foraine. Elle témoigne du programme simultanément défensif et spirituel mis en œuvre par les évêques chrétiens romains, à la suite de l’éradication de l’hérésie des Albigeois ou Cathares, au XIIIe siècle. La cathédrale Sainte-Cécile en constitue le symbole monumental le plus remarquable, dans un style architectural gothique méridional unique, complété aux XVe-XVIe siècles par une décoration intérieure peinte systématique, un chœur et une statuaire du gothique tardif. La valeur exceptionnelle de la Cité s’exprime enfin par un paysage urbain médiéval bien préservé et d’une grande authenticité.

Critère (iv) : La cité historique d’Albi présente un ensemble architectural et urbain médiéval éminent. Il est homogène et il s’exprime par un paysage urbain de qualité, qui possède une grande cohérence visuelle due à l’usage généralisé et durable de la brique foraine. La cathédrale Sainte-Cécile offre un exemple architectural et décoratif exceptionnel et unique d’adaptation du gothique au contexte du midi de la France.

Critère (v) : Le site urbain d’Albi s’est constitué progressivement au cours des âges, notamment à partir du Moyen Âge. Les événements de la croisade des Albigeois l’ont transformé en cité épiscopale emblématique, structurée autour de sa cathédrale et de son palais-forteresse épiscopal. L’ensemble est l’un des rares à être aussi complet et aussi bien conservé. Il exprime de manière très complète un type d’établissement urbain caractéristique de l’Europe médiévale et de la Renaissance.

Intégrité et authenticité

Tous les éléments architecturaux anciens font partie de la zone historique proposée pour inscription, et celle-ci correspond exactement aux limites de la ville telle qu’elle se présentait à la Renaissance. Les atteintes à l’intégrité sont dues principalement aux réaménagements urbains des quartiers du XIXe et du début du XXe siècle. Ils sont restés de portée limitée, n’affectant pas la cohérence perçue de l’ensemble de la Cité.

Les conditions d’authenticité de la structure urbaine du bien, d’un nombre significatif de bâtiments du Moyen Âge et de la Renaissance et de la plupart des monuments sont satisfaisantes, grâce à une conservation appropriée. Il existe une grande cohérence visuelle due aux nuances chromatiques de la brique foraine utilisée sur la longue durée historique et jusqu’à aujourd’hui.

L’intégrité et l’authenticité du paysage urbain d’ensemble sont à souligner ; elles doivent former un objectif prioritaire de préservation de long terme.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Les principaux monuments de la Cité épiscopale sont sous la protection de la loi française de 1913. La loi « Malraux » de 1962 sur les secteurs sauvegardés a entrainé un projet municipal précoce approuvé en 1968. Un plan de sauvegarde et de mise en valeur a suivi, approuvé en 1974. Le dispositif de protection est adapté et il fonctionne de manière satisfaisante. Une extension de la protection du paysage urbain est annoncée, au-delà de la zone tampon (procédure de protection concertée dite ZPPAUP - Zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager).

Le système de gestion du bien est ancien, faisant appel à une multiplicité d’acteurs aux fonctions bien spécialisées, où ils exercent en général une compétence reconnue. La municipalité apparaît comme le coordinateur actuel de ce système, notamment par la gestion concertée avec les habitants du secteur sauvegardé, qui comprend tant le bien que sa zone tampon. Un Comité de bien est en place, devant assurer notamment le suivi de la conservation et de la protection, la coordination entre les différents intervenants et le lien avec les habitants.

Description historique

Le promontoire situé entre le cours du Tarn, au nord, et le ravin du Bondidou, au sud-ouest, a accueilli un très ancien oppidum, dont les traces d'occupation remontent à l'âge du bronze. Il correspond à l'actuel quartier de Castelviel (voir Description). Occupé par les Celtes, le site a ensuite donné naissance à une petite agglomération gallo-romaine. Le lieu est suffisamment important pour être le siège d'un évêché, dès le début du Ve siècle. Il est fortifié durant le haut Moyen Âge et des constructions apparaissent en bordure de la rivière navigable. En 418, les Wisigoths envahissent la région et en prennent le contrôle, puis les Francs en 507. Les vestiges de ces époques sont d'ordre archéologique.

Le bourg de Saint-Salvi (Xe siècle) et le Pont-Vieux (XIe siècle) attestent un développement économique et urbain médiéval ancien. Le faubourg de la Madeleine se construit, sur la rive droite, au débouché du pont. Albi bénéficie de sa position géographique au contact d'une part des hauteurs humides et fraîches du Ségala et du Rouergue, de l'autre des basses terres du bassin de la Garonne, plus chaudes et sèches. Pays très anciennement défriché, l'Albigeois devient une région de polyculture et la ville un marché agricole où viennent s'échanger des produits variés suivant les époques : grains, vins, bétail, chanvre, puis le pastel, etc. Le Tarn offre une rivière naturellement navigable d'Albi jusqu'à la Garonne. La ville devient le lieu d'un commerce régional d'entrepôt pour la laine et les étoffes fabriquées dans la campagne voisine.

La période féodale d'Albi est marquée par la présence des comtes de Toulouse puis par la seigneurie des puissants vicomtes de Trencavel, aux XIIe-XIIIe siècles. Le droit du sol est toutefois réparti entre des ayants droit différents, outre les seigneurs féodaux : l'évêque et les chanoines de Saint-Salvi. L'urbanisme en quartiers et en bourgs bien marqués reflète ce partage de l'espace (voir Description).

Le développement urbain des XIIe et XIIIe siècles s'accompagne d'une dissidence religieuse d'échelle régionale, dont l'Albigeois constitue l'un des foyers, à côté de Toulouse, Carcassonne, Foix, etc. L'institution ecclésiastique chrétienne apparaît comme coupée des réalités sociales de l'époque, tant aristocratiques que bourgeoises. Au XIIe siècle, les dissidents se structurent ; ils sont connus sous les noms d'Albigeois ou de cathares. Ils évoluent vers une interprétation dualiste du monde et de la condition humaine, ainsi que vers des pratiques religieuses rapidement jugées hérétiques par les hautes instances du clergé romain. Les prédications de saint Bernard (1145) et des cisterciens, puis de saint Dominique (1206-1207), alternent avec les déclarations d'hérésie et d'excommunication, notamment celle du concile de Latran III qui instaure l'inquisition à l'encontre des Albigeois (1179). Deux croisades successives sont alors décrétées par l'Église contre les dissidents : la première, féodale, à compter de 1208-1209 et la seconde, royale, de 1224 à 1229. Malgré son nom de croisade des Albigeois, la ville d'Albi elle-même est matériellement peu affectée par les événements militaires, qui s'apparentent rapidement à une conquête des seigneurs féodaux du Nord, puis à une annexion royale. La restauration de la foi chrétienne par la force est accompagnée d'un ancrage définitif du Languedoc dans l'espace français.

La ferme reprise en main de la population par l'Église romaine s'accompagne de l'élimination des élites locales, favorables au catharisme, et d'une puissante implantation cléricale, tant dans la vie spirituelle que matérielle. Albi est exemplaire de ces évolutions, au cours du XIIIe siècle, devenant une ville épiscopale, sous la seigneurie de ses évêques bâtisseurs. Bernard de Combret lance la construction du château fort et palais de la Berbie, durant la dernière phase de la croisade ; son successeur, Bernard de Castanet, celle de l'imposante cathédrale Sainte-Cécile, véritable incarnation d'une forteresse de la foi romaine (voir Description). À la fin du XIIIe siècle et au début du suivant, un important développement urbain accompagne l'édification de l'ensemble épiscopal, comprenant de nouveaux quartiers et des institutions religieuses hors les murs.

Le choix de la brique, au XIIIe siècle, comme matériau constructif des grands édifices, outre sa dimension populaire symbolique, s'explique simultanément par la médiocrité des carrières de calcaire dans la région et par la profusion naturelle d'argile dans les bassins du Tarn et de la Garonne. Elle a donné un langage commun aux cités languedociennes de cette région, notamment à Montauban, Toulouse et Albi. Par ailleurs, la nouvelle Cité épiscopale bénéficie de l'apport d'influences artistiques et architecturales très diverses, venues des régions du nord de la France, mais aussi des Flandres et de Catalogne.

La grande crise européenne du milieu du XIVe siècle, avec le début de la guerre de Cent Ans, les famines et la peste, affecte durablement Albi et sa région. La ville se rétracte et végète, enfermée dans ses murailles, qui sont renforcées au début des événements. Son artisanat et son commerce sont durablement affectés, alors que la population urbaine s'effondre.

La période de la Renaissance, à compter du milieu du XVe siècle dans l'Albigeois, amène une reprise économique basée sur l'exploitation du pastel, une plante tinctoriale alors en vogue. De nouvelles élites locales s'affirment, entraînant la construction de beaux hôtels particuliers, dans un style Renaissance, et la rénovation des quartiers anciens du centre historique. Les seigneurs évêques Louis I et Louis II d'Amboise entreprennent le parachèvement de la cathédrale, construisant le baldaquin extérieur d'entrée et le choeur, avec son jubé et sa clôture intérieure en pierre ; puis ils mènent à bien un imposant programme de peintures murales intérieures et de statuaire, aidés d'artistes régionaux mais aussi venus de France, des Flandres et d'Italie (voir Description). Ils expriment un style gothique tardif, caractérisé par une décoration très riche, parfois un peu chargée, ainsi qu'une grande expressivité des personnages.

Aux XVIe et XVIIe siècles, le palais épiscopal de la Berbie subit une série de transformations architecturales notables. Sa dimension militaire est atténuée, en partie remplacée par des bâtiments d'inspiration Renaissance et des jardins, formant un ensemble palatial plus lumineux, plus aéré et plus agréable à vivre. La Berbie prend progressivement son aspect contemporain. Les évêques successifs d'Albi, élevés au rang d'archevêques au XVIIe siècle, sont toujours les seigneurs de la ville et de ses dépendances ; ils président les États albigeois, exerçant un double pouvoir, spirituel et temporel, cela jusqu'à la Révolution française. À la fin du XVIIe siècle, la ville historique, toujours ceinte de remparts et ramassée autour de sa cathédrale-forteresse, a conservé l'allure d'une citadelle médiévale. Elle est parfois qualifiée de « ville rouge » de par la couleur de la brique.

L'aspect de la ville change cependant au cours du XVIIIe siècle, où les remparts commencent à être démolis pour faciliter un développement urbain rendu nécessaire par la croissance démographique. Les chantiers se multiplient dans la seconde partie du siècle, organisant le renouveau des quartiers et une extension rationnelle du réseau viaire, notamment vers l'est de la ville. C'est toutefois une période marquée par l'essoufflement des activités commerciales, au profit du nouvel axe de transport constitué par le canal du Midi et la Garonne, plus au sud.

À la Révolution, les biens du clergé sont vendus et ils deviennent des centres administratifs ou des entrepôts. La cathédrale est momentanément érigée en temple de la Raison. Si durant les troubles de la Terreur, le jubé et le choeur évitent de peu une destruction, le patrimoine statuaire et le reliquaire sont altérés.

Au XIXe siècle, les projets de renouvellement urbain reprennent et se développent, surtout dans la seconde moitié du siècle ; le Pont-Vieux est élargi, la navigation sur le Tarn améliorée. La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle sont marqués par un renouveau économique dû à l'essor de l'industrie de la verrerie et de la chapellerie ainsi que par l'extraction de la houille, à proximité, près de Carmaux.

D'importants travaux de restauration sont entrepris à la cathédrale à la fin du XIXe siècle, dans l'esprit de Violletle- Duc et sous la conduite de l'architecte César Daly. Ses abords sont dégagés pour la mettre en valeur, prolongés d'une restructuration viaire importante de la vieille ville pour faciliter la circulation urbaine. De nouveaux quartiers périphériques apparaissent, d'importants travaux d'infrastructure sont réalisés aux abords de l'agglomération, alors que des immeubles modernes, généralement en brique, apparaissent dans les anciens quartiers. Devenu inadapté à l'exercice d'une fonction épiscopale réduite à sa dimension ecclésiastique, le palais de la Berbie est progressivement abandonné. Il devient, au début du XXe siècle, le musée Toulouse-Lautrec, pour héberger les collections laissées par la famille du peintre à sa ville natale.

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, le centre urbain historique est dans un premier temps délaissé, perdant une grande partie de sa population au profit des nouveaux immeubles de la périphérie. Il échappe toutefois à un projet de démolition et de reconstruction moderniste. Il est ensuite perçu comme un ensemble urbain de valeur patrimoniale importante et déclaré « secteur sauvegardé » par la municipalité (1968), entrainant la mise en oeuvre d'un plan de conservation (1974). À la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, les travaux se sont notablement accélérés, donnant un bon niveau de conservation à l'ensemble urbain du périmètre de l'ancienne Cité épiscopale.

Source : évaluation des Organisations consultatives