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District d’at-Turaif à ad-Dir’iyah

At-Turaif District in ad-Dir'iyah

This property was the first capital of the Saudi Dynasty, in the heart of the Arabian Penisula, north-west of Riyadh. Founded in the 15th century, it bears witness to the Najdi architectural style, which is specific to the centre of the Arabian peninsula. In the 18th and early 19th century, its political and religious role increased, and the citadel at at-Turaif became the centre of the temporal power of the House of Saud and the spread of the Wahhabi reform inside the Muslim religion. The property includes the remains of many palaces and an urban ensemble built on the edge of the ad-Dir’iyah oasis.

District d’at-Turaif à ad-Dir’iyah

Ce site fut la première capitale de la dynastie saoudienne, dans le centre de la péninsule arabique, au nord-ouest de Ryad. Fondée au 15e siècle, elle témoigne du style architectural Nadji, propre au cœur de la péninsule arabique. Au 15e et au début du 19e siècle, son rôle politique et religieux s'est accru et la citadelle d'at-Turaif est devenue le centre du pouvoir temporel des Saoud et de la diffusion de la réforme wahhabite au sein de la religion musulmane. Le bien comprend des vestiges de nombreux palais et d'un ensemble urbain érigé en bordure de l'oasis ad-Dir'iyah.

حي الطريف في الدرعية

شكل هذا المكان الذي يقع في قلب شبه الجزيرة العربية، شمال غرب الرياض، أول عاصمة لأسرة آل سعود. ويحمل حي الطُّريف الذي أُسس في القرن الخامس عشر آثار الأسلوب المعماري النجدي الذي يتفرد به وسط شبه الجزيرة العربية. وتنامى في القرن الثامن عشر وبداية القرن التاسع عشر، الدور السياسي والديني لحي الطريف وأضحى مركزاً لسلطة آل سعود وانتشار الإصلاح الوهابي في الإسلام. ويضم هذا الممتلك آثار الكثير من القصور، فضلاً عن مدينة بُنيت على ضفاف واحة الدرعية.

source: UNESCO/ERI

德拉伊耶遗址的阿图赖夫区

此处遗址是沙特王朝的第一任首都所在地,位于阿拉伯半岛中部,利雅得西北部,始建于15世纪。这里仍然可以看到阿拉伯半岛中部特有的纳吉迪建筑风格。18 世纪期间及19世纪初,随着政治和宗教的作用加强,阿图赖夫区的城堡成为了沙特王室临时权力中心,以及穆斯林宗教内部传播瓦哈比教派改革的中心。这一遗址包括了许多宫殿遗迹和一处在德拉伊耶绿洲边缘兴建的城市区域。

source: UNESCO/ERI

Район ad-Dir’iyah в городе ad-Dir’iyah

Этот объект являлся первой столицей Династии Саудитов, в самом сердце Аравийского полуострова на северо-западе от Эр-Рияда. Основанный в15 веке, он свидетельствует об архитектурном стиле Najdi, свойственном центру Аравийского полуострова. В 18 и начале 19 вв., его политическое и религиозное значение выросло, и цитадель в at-Turaif стала центром временной власти Саудитов и источником распространения Ваххабизма в мусульманской религии. Объект включает руины множества дворцов и городской ансамбль, построенный на краю оазиса ad-Dir’iyah.

source: UNESCO/ERI

Distrito de At Turaif en ad Dir’iyá

El sitio, situado al noroeste de Riad, en el corazón de la Península Arábiga, albergó la primera capital de la dinastía saudí. Fundado en el siglo XV, contiene testimonios del estilo arquitectónico najdi, característico del centro de la Península Arábiga. En el siglo XVIII y principios del siglo XIX, su papel político y religioso se hizo más importante y la Ciudadela de At-Turaif se convirtió en el centro del poder temporal de la casa de Saud y de la expansión del reformismo wahabita en el seno de la religión musulmana. El sitio inscrito incluye los vestigios de numerosos palacios y un conjunto urbano construido en los confines del oasis de ad-Diriyá.

source: UNESCO/ERI

At-Turaif district in ad-Dir’iyah

De citadel op at-Turaif – in het hart van het Arabische schiereiland ten noordwesten van Riyad – was de eerste hoofdstad van de Saoedische dynastie. De stad – gesticht in de 15e eeuw – getuigt van de architectonische stijl van de Najdi. In de 18e en begin van de 19e eeuw nam de politieke en religieuze rol van het eiland toe. De citadel werd het middelpunt van de wereldlijke macht van het Huis van Saoed en de Wahhabi-hervorming verspreidde zich binnen de islamitische religie. Het gebied omvat ook overblijfselen van paleizen en een stedelijk ensemble aan de rand van de ad-Dir'iyah oase.

Source : unesco.nl

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Ad-Dir’Iyah © ADA
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse 

Le District d'at-Turaif à ad-Dir'iyah fut la première capitale de la dynastie saoudienne, dans le cœur de la péninsule arabique, au nord-ouest de Riyad. Fondée au XVe siècle, elle témoigne du style architectural Nadji, propre au centre de la péninsule arabique. Au XVIIIe et au début du XIXe siècle, son rôle politique et religieux régional s'est imposé et la citadelle d'at-Turaif est devenue le centre du pouvoir temporel des Saoud et de la diffusion du mouvement de réforme islamique en Arabie, le Wahhabisme. Le bien comprend des vestiges de nombreux palais et d'un ensemble urbain érigé en bordure de l'oasis ad-Dir'iyah.

Critère (iv) : La citadelle d'at-Turaif est représentative d'un ensemble urbain diversifié et fortifié au sein d'une oasis. Elle comprend de nombreux palais et elle apporte un exemple éminent du style architectural et décoratif Najdi, caractéristique du centre de la péninsule arabique. Elle témoigne d'une méthode de construction bien adaptée à son environnement, de l'utilisation de l'adobe dans les principaux complexes de palais, ainsi qu'un sens remarquable des décors géométriques.

Critère (v) : Le site d'at-Turaif à ad-Dir'iyah illustre une phase importante de l'établissement humain sur le plateau d'Arabie centrale, lorsque, au milieu du XVIIIe siècle, la ville d'ad-Dir'iyah est devenue la capitale d'un État arabe indépendant et un centre religieux important. Le District d'at-Turaif à ad-Dir'iyah est un exemple exceptionnel d'établissement humain traditionnel dans un environnement désertique.

Critère (vi) : Le District d'at-Turaif à ad-Dir'iyah a été le premier centre historique d'un pouvoir unificateur au sein de la péninsule arabique. Son influence a été considérablement renforcée par l'enseignement du cheik Mohammad ben Abdul Wahhab, grand réformateur de l'Islam sunnite qui vécut, prêcha et mourut dans la ville. Après son alliance durable avec la dynastie des Saoud, au milieu du XVIIIe siècle, c'est à partir d'ad-Dir'iyah que le message de la Réforme wahhabite s'est répandu dans toute la péninsule arabique, puis dans le monde musulman.

Intégrité

Le bien comprend les vestiges d'un ensemble urbain assez complet et dont la grande majorité des éléments constitutifs est toujours en place, même si un grand nombre de constructions sont en ruines. Le plan initial est bien conservé et il est pleinement lisible par le réseau viaire. L'intégrité structurelle du bien est donc acceptable. Le site n'a pas subi de développement moderne trop agressif, car il a longtemps été abandonné, et l'intégrité paysagère apparaît comme satisfaisante mais elle est fragile.

Authenticité

Les éléments urbains et architecturaux du bien qui n'ont pas été transformés ou reconstruits lors des réemplois ou des restaurations du XXe siècle sont authentiques. Les bâtiments sont généralement à l'état de ruines ou de vestiges. Un important programme de travaux de restauration est en place, qui respecte les emplacements, les plans et les techniques initiales. Il doit tout particulièrement veiller à conserver les attributs de l'authenticité des bâtiments et de son réseau viaire. Cet effort de vigilance doit être poursuivi et renforcé par un programme de conservation prioritaire sur toute autre considération. 

Mesures de protection et de gestion requises

Le bien est, depuis 1976, sous la protection de la Loi sur les antiquités 26/M, 1392 (1972). Cette loi protège le patrimoine mobilier et immobilier ancien enregistré comme « antiquité », terme qui peut s'appliquer à des vestiges d'au moins deux cents ans d'âge. Le Ministère de l'Éducation et le Conseil des antiquités sont responsables de l'application de la loi. Celle-ci est renforcée par la présence d'un service de police sous la responsabilité du gouverneur. Un nouveau projet de loi qui prévoit systématiquement une zone de protection de 200 m autour des limites du bien est en cours d'approbation.

Un plan de gestion d'ensemble détaillé du bien est en cours de préparation par la Commission saoudienne du tourisme et des antiquités (SCTA) et par les concepteurs du Musée du Patrimoine vivant, future structure de gestion du bien.  Celle-ci devrait rendre prioritaire l'organisation et le suivi de la conservation des différentes composantes historiques formant le bien. Un comité scientifique de la conservation doit être mise en place avec des pouvoirs étendus afin de définir, superviser et contrôler les programmes de travaux et les projets concernant le bien.

Description historique

La première présence de l'homme dans la vallée de l'Hanifah remonte à 80 000 ans environ, attestée par des vestiges acheuléens et moustériens. Les conditions du développement, moins favorables que dans le Croissant fertile, ont d'abord attiré des chasseurs puis des nomades. Des artefacts en pierres et des sculptures sur rochers ont été découverts dans le Najd ouest.

Au nord de Riyad, les vestiges d'un centre de peuplement aux murs de pierres sèches remontent au Ve millénaire av. J.-C. L'agriculture s'y développa aux IIIe et IIe millénaires av. J.-C. La domestication du dromadaire date de la même période.

Durant l'Antiquité, l'Arabie joue le rôle d'une route commerciale caravanière active entre l'océan Indien, le Croissant fertile et la Méditerranée. Elle est notamment traversée par la route de l'encens. Les peuplements sédentaires se développent au cours du Ier millénaire av. J.-C. L'oued Hanifah paraît cultivé, mais les témoignages archéologiques directs sont encore peu nombreux.

La fin de l'Empire romain et la poussée du christianisme entraînent le déclin des centres de commerce et de la sédentarisation en Arabie centrale. Les zones de puits et les anciennes oasis deviennent des refuges pour les nomades et leurs troupeaux. L'Arabie centrale est alors dominée par les tribus yéménites des Himyarites ; puis, au Ve siècle, la tribu chrétienne des Banu Hanifah reprend la colonisation agricole du centre de la péninsule, dans la région de Tasm. Battus en 634 par l'armée du calife Ibn al-Walid, ils se soumettent à l'islam.

Aux VIIe et VIIIe siècles, les Banu Hanifah apparaissent toutefois comme une tribu rebelle à l'État califal des Omeyades. Ils ne se soumettent au pouvoir central des Abbassides qu'au milieu du IXe siècle. Du IXe au XIVe siècle, un lent développement agricole des oasis de la région centrale de l'Arabie se produit. Au XIVe siècle, le voyageur arabe Ibn Battuta témoigne de la présence des Banu Hanifah dans la vallée qui porte leur nom. Toutefois, à cette époque, les populations stagnent ou décroissent.

Les conditions climatiques plus favorables du XVe siècle donnent un nouvel essor aux oasis et aux bourgades, par l'arrivée de nouveaux habitants venus des régions côtières. Ad-Dir'iyah semble créé à cette époque et son développement connait un premier apogée au XVIe siècle. Elle est un centre commercial et son pouvoir s'étend à l'échelle de la région. Toutefois, au XVIIe siècle et au début du suivant, la ville prééminente du Najd est ‘Uyanynah.

Au début du XVIe siècle, le chérif de La Mecque reconnaît le califat ottoman, qui cherche à prendre le contrôle de la péninsule Arabique. Le contexte est à une vive confrontation avec l'Occident, alors que les Portugais s'implantent dans l'océan Indien. Le chérif attaque une première fois les oasis et les nomades du Najd, en 1578.

Le pouvoir des familles Banu Hanifah est lentement remis en cause par l'évolution séculaire du peuplement des oasis de l'Arabie intérieure. Au début du cet antagonisme, par des quartiers ou des villages séparés. À ad-Dir'iyah, les Al Watban l'emportent dans un premier temps, mais en 1720, Saoud ben Mohammed, de la communauté des Al Muqrin, impose son pouvoir et il expulse ses rivaux de la ville. C'est l'acte fondateur de la maison des Saoud.

Au XVIIIe siècle, les imams successifs (chefs de la Maison des Saoud) fortifient l'oasis, le long des hauteurs de chaque côté de l'oued Hanifah. C'est une période de développement urbain et de la constitution de la citadelle d'at-Turaif.

Originaire du Najd, où une forme de paganisme imprégnait la vie sociale, le cheik Mohammad ben Abdul Wahhab se fait le promoteur d'une réforme de la sunna, la tradition orthodoxe musulmane. L'unicité de Dieu, son impossible comparaison et l'hérésie de toute médiation sont réaffirmées. Ce mouvement religieux est pleinement reconnu par le second imam, Mohammed ben Saoud, qui en fait, en 1745, la base morale et juridique de son État. Ad-Dir'iyah devient alors le centre de propagation de la Réforme. La ville est un centre d'éducation important par la présence de nombreuses écoles coraniques qui attirent des étudiants de toute la péninsule.

La dynastie des Saoud entreprend parallèlement une conquête des autres villes et oasis du Najd, qu'elle contrôle entièrement en 1785. Dans les années 1790, elle domine l'est de la péninsule Arabique et son influence s'étend à l'ouest jusqu'aux pieds des monts du Hedjaz.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et au début du XIXe, ad-Dir'iyah est le quartier général d'une puissante administration islamique. Elle dispose de juges, d'imams réputés. Les délégations et les groupes d'intérêts se pressent devant ses salles d'audiences. Elle dispose d'une trentaine d'écoles coraniques. C'est aussi le centre politique et militaire du pouvoir des Saoud. À son apogée, l'armée pouvait réunir jusqu'à 100 000 hommes. L'ensemble urbain associé à l'oasis se développe, tout particulièrement les palais de Salwa dans la citadelle d'at-Turaif, coeur du pouvoir. Toutefois, aux dires de voyageurs occidentaux, la population d'ad- Dir'iyah ne dépassait pas 13 000 âmes au début du XIXe siècle.

Le succès de la réforme de la sunna et la puissance militaire en expansion des Saoud ne pouvaient manquer d'inquiéter le califat ottoman. Les tensions et les affrontements se multiplient, durant une trentaine d'années. Les Saoud sont tout d'abord vainqueurs, imposant notamment leur influence sur le Hedjaz central et sur La Mecque (1803) contrôlant ainsi le pèlerinage. C'est l'apogée de la première dynastie des Saoud.

La contre-attaque des Ottomans s'organise depuis l'Égypte. Ils reconquièrent le Hedjaz (1813), puis ils entrent en campagne dans le coeur de la péninsule Arabique. À la tête d'une puissante armée cosmopolite, Ibrahim Pacha envahit le Najd (1816-1818). La campagne se termine par le siège et la conquête d'ad- Dir'iyah. La ville est alors saccagée à deux reprises, en 1818-19 et en 1821. Une répression s'abat sur les Saoud et sur les partisans du wahhabisme.

L'imam Turki rétablit le pouvoir des Saoud en 1824, obtenant le départ des Ottomans. Il fonde une seconde dynastie, choisissant Ryad comme nouvelle capitale. Le quartier du pouvoir, at-Turaif, en grande partie ruiné par la guerre, est abandonné. Les rares visiteurs occidentaux du milieu du XIXe siècle témoignent d'une cité en ruine. La population locale est retournée vivre dans l'oasis, dont l'exploitation agricole se poursuit.

At-Turaif est restée abandonnée jusqu'au milieu du XXe siècle, quand 200 familles réinvestissent le quartier oriental, à proximité de l'oasis, construisant des maisons d'adobe sur les vestiges de la ville ancienne.

En 1982, le Département des antiquités a racheté l'ensemble du site et a exproprié ses habitants. Par ailleurs, la cité de Ryad s'est fortement développée, jusqu'aux portes de l'oasis d'ad-Dir'iyah. La région a également vu le développement d'infrastructures routières. Ad-Dir'iyah comprend aujourd'hui trois bourgs principaux. Le développement urbain se fait presque entièrement en dehors de la zone tampon. XVIIe siècle, il n'y a plus que trois oasis sous leur règle, dont celle d'ad-Dir'iyah. Deux groupes tribaux rivaux émergent alors et prétendent au pouvoir : les Al Muqrin et les Al Watban. L'organisation des oasis reflète alors

Source : évaluation des Organisations consultatives