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Temples mégalithiques de Malte

Megalithic Temples of Malta

Seven megalithic temples are found on the islands of Malta and Gozo, each the result of an individual development. The two temples of Ggantija on the island of Gozo are notable for their gigantic Bronze Age structures. On the island of Malta, the temples of Hagar Qin, Mnajdra and Tarxien are unique architectural masterpieces, given the limited resources available to their builders. The Ta'Hagrat and Skorba complexes show how the tradition of temple-building was handed down in Malta.

Temples mégalithiques de Malte

Les îles de Malte et de Gozo abritent sept temples mégalithiques, chacun témoignant d'un développement distinct. À Gozo, les deux temples de Ggantija sont remarquables pour leur réalisations gigantesques de l'âge de bronze. Dans l'île de Malte, les temples de Hagar Qin, Mnajdra et Tarxien sont des chefs-d'œuvre architecturaux uniques étant donné les ressources très limitées dont disposaient leurs constructeurs. Les ensembles de Ta'Hagrat et de Skorba témoignent de la façon dont la tradition des temples s'est perpétuée à Malte.

معابد مالطا المبنيّة من الأحجار الضخمة المستعملة في عصور ما قبل التاريخ

في جزيرتي مالطا وغوزو سبعة معابدَ مبنيّة من الأحجار الضّخمة المستعملة في عصور ما قبل التاريخ، يشهد كلُّ معبدٍ منها على تطوّرٍ مميّز. فغوزو تضمّ معبدَي غانتيا الفريدَيْن بسبب بنائهما الهائل الذي يعود الى العصر البرونزي. أما في جزيرة مالطا، فتُعتبر معابد هاغاركين ومونيادري  وتركسيان  تحفًا هندسية فريدة نظراً للمصادر المحدودة جدًا التي كانت متوفرةً في ذلك الوقت لمعمرّيها. كما تشهد مجموعة تاهاغراط  وسكوربا على الطريقة التي أتاحت لتقاليد المعابد أن تدوم في مالطا.

source: UNESCO/ERI

马耳他巨石庙

在马耳他岛和戈佐岛上发现了七个巨石庙,其中每一个都是独立发展的结果。戈佐岛上的两座詹蒂亚寺庙以其巨大的青铜时代建筑而最引人注目。对当时的建筑者来说,资源非常有限,考虑到这一点,马耳他岛屿上的哈贾尔基姆、姆纳耶德拉和塔克西恩也可以看作是举世无双的建筑精品了。Ta'Hagrat 和 Skorba 建筑表现了马耳他寺庙建筑传统的流传方式。

source: UNESCO/ERI

Мегалитические храмы Мальты

На островах Мальта и Гоцо найдены семь мегалитических святилищ, каждое из которых имеет свою историю. Два святилища Джгантии на острове Гоцо замечательны своими гигантскими сооружениями, относящимися к бронзовому веку. Святилища Хаджьяр-Им, Мнайдра и Таршьен на острове Мальта – это уникальные архитектурные сооружения, воздвигнутые древними строителями, в распоряжении которых были весьма ограниченные ресурсы. Комплексы Та-Хаграт и Скорба демонстрируют процесс формирования на Мальте традиций сооружения храмов-святилищ.

source: UNESCO/ERI

Templos megalíticos de Malta

Las islas de Malta y Gozo albergan un total de siete templos megalíticos con características individuales propias bien diferenciadas. En Gozo, los dos templos de Ggantija se destacan por sus gigantescas estructuras de la Edad del Bronce. En Malta, los templos de Hagar Qinn Mnajdra y Tarxien son obras maestras arquitectónicas únicas en su género, habida cuenta de los recursos extremadamente limitados de que dispusieron sus constructores. Los conjuntos de T'Hagrat y de Skorba atestiguan la perdurabilidad de la tradición de construcción de templos en Malta.

source: UNESCO/ERI

マルタの巨石神殿群
地中海のゴゾ島やマルタ島に築かれ、世界で最も古い石造建造物の一つと考えられています。今世紀にはいって先史時代の神殿が30以上も発見され、六つが世界遺産に登録されています。そのうちの一つマルタ島北西のゴゾ島にあるグガンチャ神殿は、前3000年ごろの建築で、巨大な天然石を積み上げてつくられた神殿遺跡です。

source: NFUAJ

Megalithische tempels van Malta

Er bevinden zich op de eilanden Malta en Gozo zeven uit grote stenen opgebouwde tempels, elk het resultaat van een specifieke ontwikkeling. De twee tempels van Ggantija op het eiland Gozo, zijn bijzonder vanwege hun uit het Bronzen Tijdperk stammende bouwwijzen. Op het eiland Malta staan de tempels van Hagar Qin, Mnajdra en Tarxien. Gelet op de beperkte middelen die beschikbaar waren voor de bouwers zijn dit unieke architectonische meesterwerken. De Ta’Hagrat en Skorba complexen laten zien hoe de traditie van de tempelbouw werd door gegeven in Malta. Ze zijn beide essentieel om de grote meesterwerken te begrijpen.

Source : unesco.nl

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Temples mégalithiques de Malte, Hagar Qin © Sacred Sites
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les temples mégalithiques de Malte (Ġgantija, Ħaġar Qim, Mnajdra, Skorba, Ta’ Ħaġrat et Tarxien) sont des constructions préhistoriques monumentales édifiées pendant le IVe et le IIIe millénaire avant J.-C. Ils comptent parmi les premiers bâtiments en pierre libres de tout support existant dans  le monde et sont remarquables par leur diversité de forme et de décoration. Chaque ensemble est un chef-d’œuvre architectural unique et un témoin d’une culture préhistorique exceptionnelle, célèbre par ses impressionnantes réalisations architecturales, artistiques et technologiques.

Chaque monument se distingue par son plan, son articulation et ses techniques de construction. Habituellement, on s’en approche en passant par une avant-cour elliptique, située devant une façade concave. La façade et les murs intérieurs sont constitués de dalles en pierre verticales, appelées orthostates, surmontées de blocs horizontaux. Les rangées subsistantes d’éléments de maçonnerie horizontaux indiquent que les monuments avaient des toits à encorbellement, probablement couverts de poutres horizontales. Cette méthode de construction était une solution remarquablement élaborée pour son époque. Les murs extérieurs étaient habituellement construits avec des blocs plus grands posés alternativement avec une face ou un côté tourné vers l’extérieur, rattachant solidement le mur au reste de la construction. L’espace entre le mur extérieur et les murs des chambres intérieures est comblé par des pierres et de la terre, assurant la cohésion de l’ensemble la structure.

En général, l’entrée de la construction se trouve au centre de la façade, conduisant par un passage monumental à une cour pavée. L’intérieur des bâtiments est formé de chambres demi-circulaires, communément appelées absides, disposées symétriquement de part et d’autre de l’axe principal. Le nombre d’absides varie d’un monument à l’autre, certains comptent trois absides s’ouvrant sur la cour centrale, d’autres ont des cours qui se succèdent avec quatre, cinq et même, dans un cas, six absides.  

Les bâtisseurs de temples ont utilisé la pierre disponible localement, dont ils avaient une connaissance approfondie. Ils employèrent du calcaire corailler dur pour les murs extérieurs et du calcaire plus tendre à globigérines pour les intérieurs mieux protégés et les éléments décorés.

Les éléments décorés trouvés dans les monuments témoignent d’un haut niveau de savoir-faire. Ces éléments consistent essentiellement en des panneaux décorés de trous percés et de panneaux avec des bas-reliefs représentant des motifs en spirale, des arbres, des plantes et divers animaux. La forme et le plan de ces constructions, ainsi que les objets d’art trouvés à l’intérieur, donnent à penser que celles-ci étaient un centre important pour la pratique des rites d’une société extrêmement organisée. 

Critère (iv): Les temples mégalithiques de Malte sont remarquables non seulement par leur originalité, leur complexité et leurs stupéfiantes proportions massives, mais aussi en raison de la grande maîtrise technique exigée pour leur construction. 

Intégrité

Les six composants du bien sont tous dans un état de conservation raisonnablement bon, bien que l’ensemble de Tarxien soit moins bien préservé que les autres. Tous leurs attributs importants sont situés à l’intérieur des limites du bien. Les vestiges subsistants illustrent les techniques utilisées dans la construction de ces structures complexes, et les connaissances et l’habilité des personnes qui les ont édifiées. Toutefois, les structures sont vulnérables à la détérioration tant matérielle que structurelle, de sorte que les recherches sont poursuivies afin d’identifier des stratégies pour leur préservation. 

Authenticité

Les six composants du bien ont un haut degré d’authenticité. Ils sont constitués des vestiges bien conservés de temples mégalithiques, avec des traces de différentes phases de construction dans l’Antiquité. Les composants ont été attestés dans des récits de voyages depuis l’aube des temps modernes, tandis que des enregistrements photographiques de certains d’entre eux remontent au début des années 1900. Différentes interventions de restauration ont été réalisées sur cinq des six composants depuis leurs fouilles, notamment le déplacement de blocs décorés dans des endroits couverts pour les protéger des intempéries et le recouvrement des blocs subsistants avec du ciment. Les interventions actuelles sont guidées par les normes, les lignes directrices et les chartes internationales. 

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Les six temples sont tous soumis au principal instrument juridique pour la protection des ressources du patrimoine culturel de Malte, la Loi sur le patrimoine culturel (2002). Cette loi prévoit et régit des organismes nationaux pour la protection et la gestion des ressources du patrimoine culturel.

Le développement de la construction et l’occupation des sols sont réglementés par la Loi sur l’environnement et la planification du développement (2010 et ses amendements successifs) qui prévoit et régit l’autorité de l’environnement et de la planification de Malte. Étant donné que l’occupation des sols est une question extrêmement contestée dans les îles maltaises, la sauvegarde des temples mégalithiques et de leur zone tampon par le biais d’une règlementation rigoureuse concernant le développement de la construction est donc une question d’une très grande acuité.

Chaque temple est protégé par une zone tampon. Les composants et leurs zones tampons sont officiellement classés par l’autorité du développement et de la planification de Malte comme sites archéologiques de classe A, ce qui signifie qu’ils sont soumis à de multiples restrictions concernant le développement de la construction. L’application de ces restrictions varie en fonction du contexte local. L’un des grands défis consiste à établir un contrôle plus strict visant à atténuer l’impact visuel causé par le développement de la construction dans le voisinage des zones tampons.

Un plan de gestion, couvrant chaque temple et sa zone tampon, a été élaboré pour le bien inscrit.

La conservation physique des temples mégalithiques est un sujet de préoccupation et a fait l’objet du Plan de conservation 2006-2011, qui énonce les principes généraux. Les sites ont été fouillés au cours des XIXe et XXe siècles, les laissant exposés à l’érosion due à des causes naturelles et humaines. Les abris de protection sont actuellement les moyens de protection disponibles les plus prudents et les plus efficaces pour ralentir les processus de détérioration qui érodent les monuments. Des couvertures de protection, légères et amovibles, ont été mises en place à titre de stratégie provisoire pour prolonger la vie de ces constructions, tandis la recherche est poursuivie afin d’identifier d’autres stratégies de préservation à long terme.

Description longue

Les monuments qui composent ce site classé sur la Liste du patrimoine mondial sont de remarquables exemples de structures représentant un progrès majeur dans les domaines culturel, artistique et technologique. Lord Renfrew (université de Cambridge), l'un des principaux préhistoriens actuels, a décrit ce groupe de temples mégalithiques des îles de Malte et de Gozo comme « les plus anciens monuments en élévation du monde ». Ils présentent par ailleurs une diversité remarquable dans leur plan et dans leur décor.

Comptant parmi les plus extraordinaires temples mégalithiques de l'archipel maltais, l'ensemble de Ġgantija, sur l'île de Gozo, est directement comparable aux trois grands temples de l'île de Malte : Mnajdra, Ħagar Qim et Tarxien. Entouré par un mur de clôture entièrement conservé, l'ensemble préhistorique de Ġgantija est formé de deux temples au plan polylobé.

Le temple sud, avec ses deux salles elliptiques, est le plus ancien ; le temple nord, de petite taille, et plus récent, n'est cependant pas postérieur à 2200 av. J.-C. Le complexe de Ġgantija constitue un important point de référence archéologique : la « phase de Ġgantija » (vers 3000-2200 av. J.-C.) est l'une des périodes les plus importantes de l'âge du bronze maltais. La complexité de l'ensemble cultuel de Ġgantija et l'excellent état de conservation de ses matériaux - calcaire corallien compact, et calcaire à globigérines plus tendre - en font un témoignage fondamental de l'art préhistorique mégalithique.

Ħagar Qim et Mnajdra, qui s'inscrivent dans la même tradition que les temples de Ġgantija, n'en sont pourtant pas des répliques. Chacun de ces complexes est le produit d'un développement individuel spécifique, qui diffère grandement par son plan et par sa disposition, ainsi que par ses techniques de construction, aussi bien par rapport à celui de Ġgantija que l'un par rapport à l'autre. Tous deux illustrent la maîtrise complète du calcaire à globigérines pour tailler des orthostates ou réaliser les assises successives des blocs disposés en encorbellement qui formaient la couverture de l'intérieur des salles, en contraste marqué avec les blocs grossièrement équarris du temple sud de Ġgantija. Chaque temple peut être considéré comme un chef-d'œuvre architectural extrêmement impressionnant, indépendamment de son époque, compte tenu des ressources très limitées dont disposaient ses constructeurs ; mais cette réalisation devient tout à fait extraordinaire si l'on considère la date précoce à laquelle on les assigne aujourd'hui.

Ces considérations valent également pour le complexe de Tarzien, qui est cependant moins bien conservé que les autres. C'est également un monument tout à fait spécifique, qui présente des éléments d'architecture absents ailleurs. Il est également unique par la richesse des décors gravés complexes qui s'y trouvaient (tous ont malheureusement dû être retirés du site pour garantir leur sauvegarde), et par la présence de la partie inférieure d'une figure de pierre colossale. C'est également le seul monument de ces dimensions à avoir fait l'objet de fouilles régulières et documentées, sur lequel nous disposons donc de beaucoup plus de données que pour les autres. Les rituels élaborés dont témoignent ces temples sont une manifestation extraordinaire de l'âme humaine, surtout si l'on considère l'isolement de l'île et l'ancienneté de leur construction.

Ta' Ħaġrat offre le meilleur exemple conservé de temple de plan trilobé précoce, ainsi que des vestiges mal conservés dont on considère qu'ils appartiennent au plus ancien de tous les monuments de ce type. Le temple, bien que beaucoup plus petit que les précédents, serait considéré comme remarquable en raison de sa date précoce, s'il ne souffrait de cette comparaison. Son importance réside principalement en ce qu'il témoigne d'une étape du développement de cette tradition architecturale, considération qui vaut, a fortiori, pour les vestiges de l'édifice plus petit, et plus ancien.

Ta' Ħaġrat et Skorba présentent l'intérêt de nous informer sur le développement de la tradition de construction de temples à Malte. Tous deux sont essentiels pour comprendre pleinement les grands chefs-d'œuvre que celle-ci a su produire par la suite.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Notes
  • Le Comité a décidé d'étendre les limites du bien déjà inscrit sous le nom de « Temple de Ggantija », pour y inclure les cinq temples préhistoriques situés dans les îles de Malte et de Gozo et de renommer le site « Temples mégalithiques de Malte ».