Temples mégalithiques de Malte
Brève description
Les îles de Malte et de Gozo abritent sept temples mégalithiques, chacun témoignant d'un développement distinct. À Gozo, les deux temples de Ggantija sont remarquables pour leur réalisations gigantesques de l'âge de bronze. Dans l'île de Malte, les temples de Hagar Qin, Mnajdra et Tarxien sont des chefs-d'œuvre architecturaux uniques étant donné les ressources très limitées dont disposaient leurs constructeurs. Les ensembles de Ta'Hagrat et de Skorba témoignent de la façon dont la tradition des temples s'est perpétuée à Malte.
Description longue
Les monuments qui composent ce site classé sur la Liste du patrimoine mondial sont de remarquables exemples de structures représentant un progrès majeur dans les domaines culturel, artistique et technologique. Lord Renfrew (université de Cambridge), l'un des principaux préhistoriens actuels, a décrit ce groupe de temples mégalithiques des îles de Malte et de Gozo comme « les plus anciens monuments en élévation du monde ». Ils présentent par ailleurs une diversité remarquable dans leur plan et dans leur décor.
Comptant parmi les plus extraordinaires temples mégalithiques de l'archipel maltais, l'ensemble de Ġgantija, sur l'île de Gozo, est directement comparable aux trois grands temples de l'île de Malte : Mnajdra, Ħagar Qim et Tarxien. Entouré par un mur de clôture entièrement conservé, l'ensemble préhistorique de Ġgantija est formé de deux temples au plan polylobé.
Le temple sud, avec ses deux salles elliptiques, est le plus ancien ; le temple nord, de petite taille, et plus récent, n'est cependant pas postérieur à 2200 av. J.-C. Le complexe de Ġgantija constitue un important point de référence archéologique : la « phase de Ġgantija » (vers 3000-2200 av. J.-C.) est l'une des périodes les plus importantes de l'âge du bronze maltais. La complexité de l'ensemble cultuel de Ġgantija et l'excellent état de conservation de ses matériaux - calcaire corallien compact, et calcaire à globigérines plus tendre - en font un témoignage fondamental de l'art préhistorique mégalithique.
Ħagar Qim et Mnajdra, qui s'inscrivent dans la même tradition que les temples de Ġgantija, n'en sont pourtant pas des répliques. Chacun de ces complexes est le produit d'un développement individuel spécifique, qui diffère grandement par son plan et par sa disposition, ainsi que par ses techniques de construction, aussi bien par rapport à celui de Ġgantija que l'un par rapport à l'autre. Tous deux illustrent la maîtrise complète du calcaire à globigérines pour tailler des orthostates ou réaliser les assises successives des blocs disposés en encorbellement qui formaient la couverture de l'intérieur des salles, en contraste marqué avec les blocs grossièrement équarris du temple sud de Ġgantija. Chaque temple peut être considéré comme un chef-d'œuvre architectural extrêmement impressionnant, indépendamment de son époque, compte tenu des ressources très limitées dont disposaient ses constructeurs ; mais cette réalisation devient tout à fait extraordinaire si l'on considère la date précoce à laquelle on les assigne aujourd'hui.
Ces considérations valent également pour le complexe de Tarzien, qui est cependant moins bien conservé que les autres. C'est également un monument tout à fait spécifique, qui présente des éléments d'architecture absents ailleurs. Il est également unique par la richesse des décors gravés complexes qui s'y trouvaient (tous ont malheureusement dû être retirés du site pour garantir leur sauvegarde), et par la présence de la partie inférieure d'une figure de pierre colossale. C'est également le seul monument de ces dimensions à avoir fait l'objet de fouilles régulières et documentées, sur lequel nous disposons donc de beaucoup plus de données que pour les autres. Les rituels élaborés dont témoignent ces temples sont une manifestation extraordinaire de l'âme humaine, surtout si l'on considère l'isolement de l'île et l'ancienneté de leur construction.
Ta' Ħaġrat offre le meilleur exemple conservé de temple de plan trilobé précoce, ainsi que des vestiges mal conservés dont on considère qu'ils appartiennent au plus ancien de tous les monuments de ce type. Le temple, bien que beaucoup plus petit que les précédents, serait considéré comme remarquable en raison de sa date précoce, s'il ne souffrait de cette comparaison. Son importance réside principalement en ce qu'il témoigne d'une étape du développement de cette tradition architecturale, considération qui vaut, a fortiori, pour les vestiges de l'édifice plus petit, et plus ancien.
Ta' Ħaġrat et Skorba présentent l'intérêt de nous informer sur le développement de la tradition de construction de temples à Malte. Tous deux sont essentiels pour comprendre pleinement les grands chefs-d'œuvre que celle-ci a su produire par la suite.
Source : UNESCO/CLT/WHC
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