English Français
Aidez maintenant !

Lavaux, vignoble en terrasses

Lavaux, Vineyard Terraces

The Lavaux Vineyard Terraces, stretching for about 30 km along the south-facing northern shores of Lake Geneva from the Chateau de Chillon to the eastern outskirts of Lausanne in the Vaud region, cover the lower slopes of the mountainside between the villages and the lake. Although there is some evidence that vines were grown in the area in Roman times, the present vine terraces can be traced back to the 11th century, when Benedictine and Cistercian monasteries controlled the area. It is an outstanding example of a centuries-long interaction between people and their environment, developed to optimize local resources so as to produce a highly valued wine that has always been important to the economy.

Lavaux, vignoble en terrasses

S’étendant sur environ 30 km le long du versant orienté au sud des berges du lac Leman, du château de Chillon, juste au sud de Montreux, jusqu’aux faubourgs orientaux de Lausanne au cœur du canton de Vaud, les étroites terrasses, soutenues par des murs en pierre, couvrent le bas des pentes fortement inclinées entre les villages et le lac. Bien qu’il y ait des preuves que les vignes ont commencé à être cultivées dans les environs au temps des Romains, les vignobles en terrasses actuels remontent au XIe siècle, quand les monastères bénédictins et cisterciens contrôlaient la région. Le site est un exemple exceptionnel de l’interaction pluriséculaire entre les hommes et leur environnement, développé pour optimiser les ressources locales afin de produire un vin très apprécié qui a toujours été important pour l’économie locale.

لافو، حقول الكروم المطلة على بحيرة جنيف وجبال الألب

تمتد كروم لافو على 30 كيلومتراً على طول الشواطئ الشمالية لبحيرة جنيف، من قصر شيلون (جنوب مدينة مونترو) إلى الضواحي الشرقية لمدينة لوزان، وعلى المنحدرات الجبلية بين القرى والبحيرة. ورغم وجود أدلة على زراعة الكرمة في هذه المنطقة منذ الأزمنة الرومانية، فإن جذور الكروم الحالية تمتد إلى القرن الحادي عشر، حينما كان الرهبان البندكتيون يسيطرون على المنطقة. ولطالما عُرفت كروم لافو بخمرها الجيد والباهظ الثمن، وقد جرى تطويرها لبلوغ الحد الأقصى من العائدات على الأديرة والأقاليم وأصحاب الأراضي الأثرياء. كما تعرض مشاهد القرى والمدن الصغيرة والكروم الكثيفة التغيرات المتعاقبة على نظام الإنتاج على مدى عشرة قرون. وبات الموقع يشكل منظراً طبيعياً مزدهراً يتيح الإنتاج الآلي جزئياً. وتشير آثار المنازل والطواحين والأبراج المحصنة والمشاهد الطبيعية عموماً مراحل تطور إنتاج الخمر على مر الزمن. كما أن المشاهد الثقافية لكروم لافو تظهر جلياً مراحل نموها وتطورها لفترة تناهز ألف عام، من خلال صون المناظر والأبنية، وتكييف التقاليد الثقافية القديمة الخاصة بالمكان. فضلاً عن أن الموقع يقدم مثالاً استثنائياً للتفاعل القائم منذ قرون بين الجماعات البشرية وبيئتها الطبيعية التي طوِّرت لاستخراج الأفضل من الموارد المحلية بهدف إنتاج خمر عالي الجودة شكل دوماً أحد أبرز عناصر الاقتصاد المحلي. وتجدر الإشارة إلى أن المجتمعات المحلية تدعم بقوة إجراءات الحماية لمقاومة المستوطنات البشرية النامية بشكل متسارع والتي من شأنها أن تمثل تهديداً على المنطقة.

source: UNESCO/ERI

拉沃葡萄园梯田

拉沃葡萄园梯田起于蒙特勒南部的西庸古堡,沿日内瓦湖北岸向南绵延约30公里,直至沃州中部的洛桑东郊,包括村舍与湖水之间的山腰斜坡。尽管有证据显示在罗马时代就有葡萄生长,但现在的葡萄园却要追溯到11世纪,当时这一地区由本笃会和西多会的修道士控制。这里的乡村景观、小城镇以及密集种植的葡萄体现了十多个世纪以来生产和惠益体系的变化。葡萄园中留有大量的房屋、磨坊和堡垒遗迹,许多景观都反映了酿酒方式在不同时期的演变。通过保存下来的景观和建筑物,以及对经久不衰的文化传统和地区特色的传承和发展,拉沃葡萄园的文化景观清晰展现了千余年来的演变和发展。此外从中也可以看出,几个世纪以来,为优化当地资源,酿造对当地经济具有重要价值的高品质葡萄酒,人类和环境之间进行着互动。当地社区一直大力支持采取保护措施,抵抗快速发展的城市住区,因为这会危及当地景观。

source: UNESCO/ERI

Террасовые виноградники Лаво

Террасовые виноградники Лаво растянулись на 30 километров на крутых южных склонах, спускающихся к Женевскому озеру, - от замка Шилон, на юге Монтрё, до восточных пригородов Лозанны. Они представляют собой узкие террассы, укрепленные каменными стенами. Здесь начали выращивать виноград еще в период Римской империи, но сегодняшние посадки датируются XI веком, когда этими землями владели бенедиктинские монахи. Террасовые виноградники Лаво являются уникальным примером многовекового взаимодействия человека и окружающей среды, ориентированного на оптимальное использование местных ресурсов для производства высококачественного вина, которое здесь очень ценится и играет важную роль в экономике края. Местные общины активно поддерживают меры в защиту природы, стремясь тем самым противостоять угрозе галопирующей урбанизации.

source: UNESCO/ERI

Viñedos en terraza de Lavaux

Los viñedos en terrazas de Lavaux, ubicados en la vertiente orientada al sur de la orilla septentrional del Lago Leman, se extienden a lo largo de 30 kilómetros, desde el castillo de Chillon, situado al sur de Montreux, hasta el límite de los arrabales este de la ciudad de Lausana, en el centro del Cantón de Vaud. Las estrechas y empinadas terrazas, apuntaladas por muros de piedra, cubren la parte baja de la pendiente montañosa entre los pueblos y el lago. Aunque existen indicios del cultivo de la viña en Lavaux desde tiempos del Imperio Romano, los bancales de viñedos actuales datan del siglo XI, época en que los monasterios de las órdenes benedictina y cisterciense dominaban la región. El sitio es un ejemplo excepcional de la interacción secular entre el hombre y el medio ambiente encaminada a la optimización de los recursos locales para producir un vino sumamente apreciado, que siempre ha tenido una importancia considerable en la economía de la comarca.

source: UNESCO/ERI

ラヴォー地区の葡萄畑

source: NFUAJ

Lavaux wijngaardterrassen

De Lavaux wijngaardterrassen liggen langs de noordelijke oever van het meer van Genève. Het gebied strekt zich 30 kilometer uit over de lagere hellingen tussen Château de Chillon en Lausanne. Er is bewijs gevonden van wijnbouw tijdens de Romeinse tijd, maar de huidige wijnstokterrassen zijn terug te voeren tot de 11e eeuw. Toen kregen Benedictijner en Cisterciënzer kloosters het gebied in handen. De Lavaux wijngaardterrassen is een goed voorbeeld van een eeuwenlange samenwerking tussen de mens en zijn omgeving en het optimale gebruik van de omgeving om een zeer gewaardeerde wijn te produceren die altijd belangrijk is geweest voor de economie.

Source : unesco.nl

  • Anglais
  • Français
  • Arabe
  • Chinois
  • Russe
  • Espagnol
  • Japonais
  • Néerlandais
(c) Régis Colombo/www.diapo.ch © www.diapo.ch
Valeur universelle exceptionnelle

Le vignoble en terrasses de Lavaux est un paysage culturel qui montre de manière éclatante son évolution et son développement sur près de mille ans au travers d'un paysage et de bâtiments bien préservés, ainsi que la continuité et l'adaptation d'anciennes traditions culturelles, spécifiques à sa localisation. Aussi, ce paysage illustre de manière très vivante l'autorité, le contrôle et la protection de cette région viticole hautement appréciée, qui contribua pour une large part au développement de Lausanne et sa région et joua un rôle important dans l'histoire géoculturelle de la région et a suscité, en réponse à sa vulnérabilité face à des agglomérations en forte croissance, une protection populaire exceptionnelle.

Critère (iii) : Le paysage viticole de Lavaux présente d'une manière très visible son évolution et son développement sur près de mille ans, à travers un paysage et des bâtiments bien préservés et la continuité et l'évolution de traditions culturelles anciennes spécifiques à cette région.

Critère (iv) : L'évolution du paysage de Lavaux illustre de manière très vivante l'autorité, le suivi et la protection de cette région viticole hautement appréciée qui contribua pour une large part au développement de Lausanne et sa région et a joué un rôle important dans l'histoire géoculturelle de la région.

Critère (v) : Le paysage de vignoble de Lavaux est un exemple exceptionnel témoignant de siècles d'interaction entre la population et son environnement d'une nature très spécifique et très productive, optimisant les ressources locales pour produire un vin hautement prisé qui fut une ressource importante de l'économie locale. Sa vulnérabilité face aux centres urbains au développement rapide a suscité des mesures de protection fortement soutenues par les communautés locales.

Les délimitations de la zone proposée pour inscription comprennent tous les éléments du processus viticole et l'étendue de la région viticole traditionnelle depuis au moins le XIIe siècle. Les terrasses sont constamment utilisées et bien entretenues. Comme on l'a déjà expliqué, les terrasses ont évolué au fil des siècles jusqu'à leur forme actuelle.

Une protection forte a été mise en place en réaction à l'urbanisation rampante des villes en expansion de Lausanne à l'ouest et de Vevey-Montreux à l'est. Cette protection est fourni par : la loi fédérale sur l'aménagement du territoire (LAT) ; l'Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels (IFP) tiré de la LAT, son Inventaire fédéral des sites construits (ISOS), la loi cantonal sur le plan de protection de Lavaux (LPPL), l'inventaire cantonal des monuments naturels et des sites (IMNS), et le plan cantonal d'utilisation du sol (Plan général d'affectation - PGA) et les réglementations de la construction (RPGA). Une zone tampon a été établie. L'état de conservation des villages, des bâtiments individuels, des routes, des chemins, des parcelles dans la zone principale est excellent. Un plan de gestion a été approuvé pour le bien. Il fournit une analyse des données socioéconomiques et une série de stratégies de gestion pour la recherche et la culture, l'économie, l'utilisation des sols et le tourisme.

Description historique

La découverte fortuite d'une inscription latine sur le culte du vin dans l'Antiquité, ainsi que la présence de nombreux vestiges romains - Saint-Saphorin est construit sur les ruines d'une grande villa romaine construite le long de la principale voie romaine et Lausanne était un établissement romain - suggèrent que la zone possédait probablement des vignes à l'époque romaine.

La ville de Lausanne, qui se développa à partir d'un camp romain, fut dominée par les ducs de Savoie et l'évêque de Lausanne puis par Berne avant de rejoindre la Confédération suisse en 1803.

Les écrits les plus anciens qui attestent la production viticole datent du IXe siècle et mentionnent plusieurs lieux de l'actuel canton de Vaud. Au XIIe siècle, plusieurs grandes abbayes reçurent des terres de l'évêque de Lausanne - telles que les abbayes cisterciennes de Hauterive (1138), Hautcrêt (1141) et Montheron (1142) - et pendant les quatre siècles suivants, jusqu'à la Réforme, ce furent ces abbayes qui gérèrent ces terres fertiles et façonnèrent le paysage en introduisant les terrasses et en développant les routes pour exporter les vins. Nombre de limites de parcelles et des routes actuelles suivent les structures médiévales.

Au XIVe siècle, la croissance et l'étendue des terrasses avaient encouragé les moines et les frères des monastères à louer la plus grande partie de leurs terres à des tenanciers qui exploitaient des fermes mixtes - à côté des vignes ils exploitaient des champs arables, élevaient du bétail à pâture et soignaient des vergers - en échange d'un pourcentage de leur récolte (une moitié, un tiers ou deux cinquièmes du fruit) remis aux monastères. C'est à cette époque que se fixèrent beaucoup de familles qui exploitent encore les terres de la région. Par exemple, la famille Chappuis compte des vignerons depuis 1335.

Un document daté de 1331 contient les premières description des structures créées pour les vignes : terrasses de 10 à 15 mètres de large, soutenues par des murs de 5 ou 6 mètres de haut. Les contrats exigeant des vignerons qu'ils entretiennent les murs et les « glissières » pour diriger et récupérer les eaux firent leur apparition en 1391.

En 1536, Lausanne fut assujettie aux Bernois et plusieurs riches familles patriciennes de Berne commencèrent à acquérir des terres à Lavaux. Berne améliora les routes, par exemple entre Vevey et Moudon.

La qualité de la vigne et du vin était soigneusement contrôlée, d'abord par les princes-évêques de Lausanne puis par les Bernois. Les premiers témoignages de ce contrôle remontent à 1368. Les lieux d'encavage furent définis et les vins locaux furent encouragés, tandis que la consommation des vins étrangers était contingentée et la distillation combattue, car elle privait les vignes d'engrais et exigeait de grosses consommations de bois. La valeur foncière des vignes dépassait largement celle des champs - expliquant l'intérêt des bourgeois de Lausanne et la pression pour étendre la zone viticole - et les législations pour empêcher cela et maintenir la qualité furent souvent vouées à l'échec.

Au XIXe siècle, il existait un grand nombre de petites parcelles et une grande diversité de propriétaires (y compris quelques monastères, tels que Hauterive associé à Fribourg, qui étaient parvenus à conserver leurs terres après la Réforme), ainsi que de nombreux représentants des riches familles séculières et ecclésiastiques. Cette multiplicité de propriétés souvent très petites empêchait toute rentabilité. Après 1803, lorsque Lausanne devint la capitale du nouveau canton de Vaud qui rejoignit la Confédération suisse, la région connut une période d'amélioration de l'agriculture. Les terrasses furent rationalisées, des murs plus larges furent construits et un nouveau système de drainage de secteurs entiers permit de limiter l'érosion.

En 1849, le Grand Conseil vaudois accepta enfin d'améliorer et d'élargir la route reliant Lausanne à Vevey en bordure du lac. À la fin du XIXe siècle, la route de la Corniche longeant le lac permit de relier les villages entre Cully et Chexbres. Enfin, le chemin de fer arriva en 1861; il fut complété en 1862 puis en 1904 et les lignes forment maintenant un triangle autour du site.
Une des plus grandes évolutions de la viticulture fut la conséquence du phylloxéra, importé d'Amérique du Nord, qui atteignit Lavaux en 1886. Pour combattre les maladies, les vignerons changèrent leurs méthodes pour faciliter l'accès aux vignes pour le traitement chimique. Nombre des anciennes méthodes disparurent avec la culture de nouveaux plants greffés en lignes plutôt qu'à « la brasse ».

Le changement vint aussi du canton : en réponse à la crise, les autorités cantonales et fédérales intervinrent pour soutenir l'industrie. En retour, l'industrie fut réglementée bien plus étroitement avec l'introduction du « Statut du vin » pour garantir la qualité ainsi qu'un revenu décent aux vignerons. Cela mit fin à la relative indépendance des vignerons.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'extension de Lausanne et d'autres villes incita les vignerons à quitter leurs parcelles et, simultanément, l'amélioration des transports leur offrit la possibilité de vivre en ville. Ce fut la fin de l'agriculture mixte et avec elle la fin des vergers et des élevages de vaches et de cochons. Entre 1957 et 1977, une loi fut introduite (voir ci-dessous) pour protéger ce que l'on en était venu à considérer comme une partie de la culture suisse. Combattue par beaucoup au début, elle est aujourd'hui reconnue pour avoir sauvé l'industrie en protégeant non seulement la production du vin, mais aussi le paysage du vignoble.


La dernière modification majeure du paysage fut la construction de l'autoroute A9 qui passe en haut du site, dans la zone tampon.

Source : évaluation des Organisations consultatives
Activités (1)