Forteresses parthes de Nisa
Brève description
Les deux tells de l’ancienne et de la nouvelle Nisa signalent le site de l’une des plus anciennes et importantes cités de l’Empire parthe, une grande puissance du milieu du IIIe siècle av. J.-C jusqu’au IIIe siècle de notre ère. Ces tells conservent enfouis dans leur sol les vestiges d’une puissante civilisation antique qui associa avec ingéniosité des éléments de sa culture traditionnelle avec ceux des cultures occidentales hellénistique et romaine. Des fouilles archéologiques dans deux parties du site ont révélé une architecture richement décorée correspondant à des fonctions domestiques, officielles et religieuses. Situé au carrefour d’importants axes commerciaux et stratégiques, cet empire puissant formait une barrière à l’expansion romaine tout en servant d’important centre de communication et de négoce entre l’est et l’ouest, le nord et le sud.
Valeur universelle exceptionnelle
Nisa fut la capitale de l'Empire parthe qui domina cette région d'Asie centrale du milieu du IIIe siècle av. J.-C. jusqu'à l'aube du IIIe siècle de notre ère. En cette qualité, elle forma un rempart contre l'expansion romaine, tout en servant de centre important pour le commerce et les communications, au carrefour des routes nord-sud et est-ouest. Sa puissance économique et politique est bien illustrée par les vestiges subsistant qui soulignent l'interaction entre les cultures de l'Asie centrale et de la Méditerranée.
Critère (ii) : Nisa est située au carrefour d'axes commerciaux et stratégiques importants. Les vestiges archéologiques illustrent de manière vivante la profonde interaction des influences culturelles de l'Asie centrale et du monde méditerranéen.
Critère (iii) : L'Empire parthe fut l'une des civilisations les plus puissantes et les plus influentes du monde antique, un brillant rival de Rome qui empêcha l'expansion vers l'est de l'Empire romain. Nisa, la capitale de l'Empire parthe, est le symbole exceptionnel de l'importance de ce pouvoir impérial.
L'intégrité et l'authenticité du bien ainsi que du paysage environnant sont incontestables, en ce qui concerne les dimensions des deux tells et l'emplacement de la capitale au pied des montagnes de Kopet-Dag. Les deux tells ne représentent en aucun cas l'aspect d'origine de la capitale parthe, mais leur aspect actuel est uniquement le résultat de l'érosion naturelle.
Le site est officiellement enregistré comme l'un des 1 300 monuments historiques et culturels du Turkménistan. Nisa est également l'un des huit parcs nationaux historiques et culturels (SHCP), créés pour protéger les plus importants sites turkmènes. Une zone tampon a été établie. Le bien entre dans le champ d'application du plan de développement de la ville de Bagyr. De sérieux efforts restent à faire pour instaurer un système efficace d'entretien préventif, garantissant la survie des parties du site récemment mises au jour. Un plan quinquennal a donc été rédigé pour la période 2006-2010, afin d'assurer un meilleur équilibre entre les diverses activités (par ex. l'archéologie par rapport à la conservation) et d'associer en les harmonisant tous les documents et stratégies existants qui se rapportent au site.
Description historique
Les traces d'activité humaine datant du IVe au IIe millénaire av. J.-C. indiquent que, bien avant le début de l'Empire parthe, la zone de Nisa était déjà colonisée par des populations sédentaires. On estime qu'un vaste établissement y fut créé dès le Ier millénaire av. J.-C.
Nisa s'est fortement développée au milieu du IIIe siècle, avec la construction d'imposants édifices par les Parthes, qui décidèrent de bâtir une résidence royale, probablement la première de la dynastie des Parthes. Le nom du site, Mithradatkert, et une indication sur la date de sa fondation ont été livrés par une inscription sur l'une des 2 700 céramiques à caractère administratif (ostraka) découvertes à Nisa. Mithradatkert signifie « la forteresse de Mithridate », faisant référence au roi Mithridate Ier (174-138 av. J.-C.).
En outre, certaines sources antiques, comme Isidorus de Kharax, mentionnent la cité de Parthaunisa en la qualifiant de centre administratif et économique de la dynastie des Arsacides. Depuis leur résidence royale (ancienne Nisa) et la cité adjacente (nouvelle Nisa), la dynastie des Arsacides se lança dans de vastes conquêtes pour occuper l'immense territoire s'étendant de l'Indus à l'Euphrate. Nisa devint une cité importante située à un point stratégique, au carrefour de nombreuses cultures - de Perse, de Grèce et d'Asie.
Au niveau local, les siècles précédant notre ère correspondent à l'âge d'or des forteresses, avec les premières étapes de la construction monumentale (ancienne Nisa) et l'expansion de l'économie. Cette période semble avoir perduré jusqu'aux premiers siècles de notre ère.
En 224, le royaume parthe s'est néanmoins effondré. Ardashir, gouverneur général parthe en Perse aux origines de la dynastie sassanide, s'opposa à l'expansion des Parthes en conquérant leurs cités et territoires. Les destructions et une diminution de sa population conduisirent à l'abandon partiel de Nisa, qui demeura pourtant un centre important jusqu'à la période islamique (du XIIe au XIVe siècle).
Source : évaluation des Organisations consultatives
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