jump to the content

Temple de Preah Vihear

Brève description

Le temple de Preah Vihear, dédié à Shiva, se trouve au bord d’un plateau qui domine la plaine du Cambodge. Composé d'une série de sanctuaires reliés par un système de chaussées et d'escaliers s'étendant sur un axe de 800 m, le temple date de la première moitié du XIe siècle. Son histoire complexe remonte cependant au IXe siècle, époque à laquelle un ermitage a été fondé. Ce site est particulièrement bien préservé, essentiellement en raison de sa situation reculée. L'ensemble est exceptionnel pour son architecture, adaptée à la fois aux contraintes naturelles du site et aux fonctions religieuses du temple, ainsi que pour la qualité des ornementations de pierre sculptée.

Temple de Preah Vihear © Jean-Jacques Dupuy

Valeur universelle exceptionnelle

Le Temple de Preah Vihear, ensemble architectural unique composé d’une série de sanctuaires reliés entre eux par un système de chaussées et d’escaliers le long d’un axe de 800 mètres, est un chef-d’œuvre remarquable de l’architecture khmère, de par sa topographie, ses décors et sa relation avec le cadre naturel spectaculaire.

Critère (i) : Preah Vihear est un chef-d’œuvre remarquable de l’architecture khmère. Il est très « pur » dans sa configuration comme dans la finesse de ses décors.

L’authenticité a été établie du fait que les édifices et leurs matériaux expriment parfaitement les valeurs du bien. Les attributs du site sont constitués par l’ensemble du temple ; l’intégrité du bien est compromise, dans une certaine mesure, par l’absence d’une partie du promontoire dans le périmètre du bien. Les mesures de protection du temple sont satisfaisantes en termes de protection juridique ; les progrès réalisés pour définir les paramètres du plan de gestion doivent être consolidés dans un plan de gestion complet approuvé.

Description historique

À l'origine, Preah Vihear abritait une communauté érémitique ; on peut encore voir dans les falaises les grottes où vivaient les ermites, une caractéristique du paysage khmer. La fondation de l'ermitage est souvent associée à la construction d'un sanctuaire par le prince Indrâyudha, fils du roi Jayavarman II, à la demande de Shiva, au début du IXe siècle. Le prince y installa une partie du grand linga de Vat Phou. Toutefois, les origines de Preah Vihear étaient probablement plus anciennes. Le bâtiment de Indrâyudha était une modeste structure en bois, située à l'emplacement du bâtiment en pierre existant, et seules quelques modifications mineures sont intervenues sous les seigneurs khmers qui se succédèrent au Xe siècle.

Quatre inscriptions khmères et sanskrites fournissent une précieuse datation du bien, et confirment que le roi Sûryavarman I fut étroitement impliqué dans la construction de l'ensemble actuel. Ce roi fit ériger des piliers gravés (lingas) à différents points de son vaste territoire, portant son nom et son titre Sûryavarmeshvara (Seigneur Sûryavarman), et l'un d'entre eux fut dressé à Preah Vihear au début du XIe siècle, là encore à la demande de Shiva. Celui-ci était situé à proximité du temple initial, qui fut rapidement reconstruit en grès à l'occasion de travaux d'extension du temple.

Vers 1050, les nouvelles constructions avaient atteint le gopura n° 3, puis les travaux progressèrent plus lentement, en partie en raison du terrain difficile et des fréquents glissements de terrain. L'ensemble ne fut terminé qu'au XIIe siècle, lorsque le roi Sûryavarman II confia les travaux à l'un de ses meilleurs architectes, Divâkarapandita.

La propriété du bien fit l'objet de tractations intenses au XIXe siècle et au début du XXe siècle entre les Français et les gouvernements thaïlandais. Un traité de 1904 la conféra à la France, dont le Cambodge était un protectorat. Il fut revendiqué par la Thaïlande en 1934 et occupé six ans plus tard. Ce n'est qu'en 1962 que la Cour internationale de justice de La Haye en confirma la propriété par le nouvel État indépendant du Cambodge.

Le site fut fermé pendant plus de vingt ans dans les années 1970 en raison de l'histoire troublée du Cambodge. Heureusement, son isolement permit que Preah Vihear soit peu altéré durant cette période, même s'il fut miné par les Khmers rouges, qui quittèrent les lieux en 1998.

Source : évaluation des Organisations consultatives