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Ensemble architectural, résidentiel et culturel de la famille Radziwill à Nesvizh

Brève description

L’ensemble architectural, résidentiel et culturel de la famille Radziwill à Nesvizh se trouve en Bélarus central. De la dynastie Radziwill, qui construisit et conserva cet ensemble du XVIe siècle à 1939, sont issues certaines des plus importantes personnalités de l’histoire et de la culture de l’Europe. Grâce à leurs efforts, Nesvizh devint un lieu crucial d’influence dans les différents domaines de la culture, des sciences, des arts, de l’artisanat et de l’architecture. Cet ensemble se compose d’un palais et de l’église mausolée du Corpus Christi. Le château est constitué de dix bâtiments mitoyens, qui ont évolué comme un seul et même ensemble architectural autour d’une cour hexagonale. Les palais, ainsi que l’église du Corpus Christi, sont devenus d’importants modèles qui ont marqué le développement de l’architecture dans toute l’Europe centrale et la Russie.

Vue g © © OUR PLACE THE WORLD HERITAGE COLLECTION

Justification d'inscription

Critère (ii) : L’ensemble architectural, résidentiel et culturel de la famille Radziwill à Nesvizh fut le berceau de l’introduction de nouveaux concepts basés sur la synthèse des traditions occidentales, qui conduisit à l’apparition d’une nouvelle école architecturale en Europe centrale.

 

Critère (iv) : L’ensemble des Radziwill représente une étape importante dans l’évolution de la typologie des bâtiments dans l’histoire de l’architecture de l’Europe centrale aux XVIe et XVIIe siècles. Cela concerne notamment l’église du Corpus Christi avec sa typologie de basilique à coupole.

Critère (vi) : La famille Radziwill fut particulièrement importante pour son association à l’interprétation des influences de l’Europe de l’Ouest et du Sud et à la transmission des idées en Europe centrale et de l’Est.

Description longue

L'ensemble architectural, résidentiel et culturel de la famille Radziwill à Nesvizh a été à l'origine de l'introduction de nouveaux principes fondés sur la synthèse des traditions occidentales, qui ont suscité la naissance d'une nouvelle école d'architecture dans le centre de l'Europe. Il représente une étape importante dans le développement de l'histoire de l'architecture de cette région aux XVIe et XVIIe  siècles, notamment avec la basilique cruciforme du Corpus Christi, surmontée par une coupole.

Construit et occupé par la famille Radziwill du XVIe au XXe  siècle, l'ensemble se trouve dans la province de Minsk, au centre du Bélarus. Il se compose d'un château-résidence et de l'église-mausolée du Corpus Christi, avec leur environnement. Le château comporte dix corps de bâtiments mitoyens, dont le palais, les galeries, la résidence et l'arsenal, qui ont évolué comme un seul et même ensemble architectural autour d'une cour hexagonale. Ces constructions sont englobées dans les vestiges d'une fortification du XVIe  siècle formée de quatre bastions et de quatre murs-rideaux de plan rectangulaire, entourée par un fossé. Un barrage met en relation le château avec l'église du Corpus Christi, qui est intégrée dans l'aire urbaine de Nesvizh. L'ensemble se trouve au centre d'un paysage culturel qui présente différents aspects. La zone forme un territoire allongé, dont l'axe principal est parallèle à l'Usha.

Le château est orienté ouest/est. L'entrée se fait par l'ouest, en traversant un édifice qui fait office de porte et dont la partie inférieure est noyée dans le rempart. Il se compose d'une tour octogonale à deux étages dont la partie la plus ancienne remonte au XVIe  siècle ; le premier étage et la tour ont été ajoutés au XVIIIe  siècle. Le principal édifice du complexe est le palais qui occupe le centre du côté est de la cour intérieure. Cet édifice à trois étages, de plan presque carré, remonte également au XVIe  siècle, et fut agrandi au XVIIIe  siècle.

            Les angles sont renforcés par huit tours octogonales dotées d'alcôves. La façade présente un décor de stucs d'Antoni Zaleski. Le rez-de-chaussée, utilisé à l'origine comme salle du trésor, a conservé ses voûtes du XVIe  siècle. Le grand escalier est décoré par une représentation de l'Aurore, peinte au XIXe  siècle. Le côté sud de la cour est occupé par une résidence à trois étages dotée d'une tour, construite au XVIe  siècle, le côté nord par l'édifice de l'arsenal, qui fut également utilisé pour abriter une chapelle. Ces différents corps de bâtiment sont reliés au palais par des galeries qui coupent les angles de la cour ; celle-ci est elle-même fermée par des annexes qui relient ces édifices à la porte du château.

L'église du Corpus Christi se trouve dans la partie est de la ville de Nesvizh, à l'extrémité de la rue menant au château. Le plan de l'édifice est celui d'une croix latine, avec une nef rectangulaire allongée prolongée par deux chapelles latérales pentagonales et par un chœur absidial. La croisée de la nef et du transept est surmontée par un dôme, tandis que les chapelles latérales sont coiffées par des coupoles dépourvues de lanternes.

Les œuvres d'art les plus remarquables de l'église sont la tombe de Krzysztof Radziwill (1607) et l'autel de la Sainte-Croix (1583), par les sculpteurs vénitiens Girolamo Campagna et Cesare Franco. Les voûtes présentent des fresques de Ksawery D. Heski, peintes entre 1852 et 1853. La façade à deux étages est divisée par une corniche saillante, placée légèrement hors axe par rapport aux pilastres, et surmontée par un fronton triangulaire. Sous l'église, une crypte renferme les cercueils de 72 des membres de la famille Radziwill ayant vécu entre le XVIe et le XXe  siècle. L'église est entourée par un mur de clôture du XVIIIe  siècle.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Historiquement, le Belarus est un lieu transfrontalier dans le contexte européen. Son territoire a successivement appartenu à la Russie de Kiev et aux principautés médiévales de la Russie (Xe-XIIIe siècle), au grand duché de Lituanie (XIVe siècle), à l'État uni de Pologne et de Lituanie, à la république de Rzeczpopolita (1569-1795), à l'empire russe (1772/1795-1917), à la Pologne (pour la Biélorussie occidentale, 1921-1939), à l'URSS en tant que République Socialiste Soviétique de Biélorussie (à partir de 1922) et à la République de Belarus (à partir de 1991). Ce contexte a fait du territoire du Belarus un carrefour entre l'Orient et l'Occident, tant du point de vue historique, culturel, artistique, politique et militaire que religieux (calvinisme, catholicisme, orthodoxes, église uniate, judaïsme).

La dynastie Radziwill, à laquelle la résidence de Nesvizh appartenait de 1523 à 1939, regroupe certaines des figures les plus éminentes de l'histoire et de la culture européenne depuis le XVe siècle. Les seigneurs de Radziwill gouvernaient le territoire de l'ancienne Rzeczpopolita (aujourd'hui Belarus), et ils étaient depuis 1518 des princes du Saint-Empire romain germanique.

Les premiers témoignages confirmés de Nesvizh datent du XVe siècle. L'ensemble appartenait aux Radziwill depuis 1513, et ils y vécurent jusqu'en 1939. Avant le château, il y avait un manoir, habité par le duc Mikolaj Radziwill, chancelier de Lituanie et voïvode de Vilnius. Le duc était protestant, ce qui fit de Nesvizh un important centre de la Réforme. Le premier catéchisme en biélorusse fut imprimé dans la presse ducale.

La première phase du château va de 1582 à 1604, époque à laquelle Mikolaj Radziwill commença la construction de la nouvelle résidence. Le château est représenté avec des fortifications et des bastions dans un dessin de 1604 de T. Makowski (« Nesvisium »). La résidence a quasiment survécu sous sa forme originale jusqu'à nos jours, tandis que les autres parties ont été modifiées ou ajoutées plus tard. Les galeries ont été construites en 1650.

En 1706, le château fut occupé par les Suèdes, qui détruisirent les fortifications. Après leur départ, le château fut rénové en 1732-1758 par Michal Radziwill, qui fit appel pour ce faire à des architectes venus d'Allemagne, d'Italie, de Pologne et de Belarus même.

Au XIXe siècle, le château demeura inhabité jusqu'à ce qu'il devienne la propriété d'Antoni Radziwill et de son épouse française Marie de Castellane, qui rénovèrent les intérieurs en 1881-1886. Ils ajoutèrent également une terrasse avec des tourelles néo-gothiques au palais. Ils dessinèrent et firent réaliser le jardin paysager romantique autour de l'ensemble du château (1878-1911). Après 1939, le château fut saisi par l'armée soviétique, puis utilisé par les Allemands comme hôpital militaire. De 1945 à 2001, il abrita un sanatorium. Depuis lors, il a fait l'objet de restaurations et d'adaptations, en vue d'en faire un musée et un centre culturel et touristique. En 2002, un incendie détruisit la partie haute de la résidence et une partie de la galerie, qui furent reconstruites en 2003.

Source : évaluation des Organisations consultatives