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Sites sacrés et chemins de pèlerinage dans les monts Kii

Sacred Sites and Pilgrimage Routes in the Kii Mountain Range

Set in the dense forests of the Kii Mountains overlooking the Pacific Ocean, three sacred sites – Yoshino and Omine, Kumano Sanzan, Koyasan – linked by pilgrimage routes to the ancient capital cities of Nara and Kyoto, reflect the fusion of Shinto, rooted in the ancient tradition of nature worship in Japan, and Buddhism, which was introduced from China and the Korean Peninsula. The sites (495.3 ha) and their surrounding forest landscape reflect a persistent and extraordinarily well-documented tradition of sacred mountains over 1,200 years. The area, with its abundance of streams, rivers and waterfalls, is still part of the living culture of Japan and is much visited for ritual purposes and hiking, with up to 15 million visitors annually. Each of the three sites contains shrines, some of which were founded as early as the 9th century.

Sites sacrés et chemins de pèlerinage dans les monts Kii

Nichés au cœur de forêts denses, dans les monts Kii qui surplombent l’océan Pacifique, trois sites sacrés, Yoshino et Omine, Kumano Sanzan et Koyasan, reliés par des chemins de pèlerinage aux anciennes capitales de Nara et Kyoto, reflètent la fusion entre le shinto, enraciné dans l’antique tradition japonaise du culte de la nature, et le bouddhisme venu depuis la Chine et la péninsule coréenne s’implanter au Japon. Les sites (495,3 ha) et la forêt qui les entoure reflètent une tradition pérenne et extraordinairement bien documentée de sanctification des montagnes, vivante depuis 1 200 ans. L’endroit, qui abonde en torrents, rivières et chutes d’eau, fait toujours partie de la culture vivante du Japon et accueille jusqu’à 15 millions de visiteurs par an, pèlerins ou randonneurs. Chacun des trois sites renferme des sanctuaires, dont certains remontent au IXe siècle.

المواقع المقدّسة وطرق الحج في جبال كيئي

تقع المواقع المقدَّسة الثلاثة "يوشينو وأوميني" و"كومانو سانزان" و"كيواسان" في الغابات الكثيفة في جبال كيئي المُطِّلة على المحيط الهادئ والتي تربطها ببعضها مسالكُ للحجّاج وتصلها بالعاصمتَيْن القديمتَيْن نارا وكيوتو. وتعكس هذه المواقع التداخل بين الشنتو، الدّيانة المتأصّلة في التّقليد الياباني القديم والتي تتمحور حول عبادة الطبيعة من جهة، والبوذيّة الآتية من الصين وشبه الجزيرة الكورية لتفرض نفسها في اليابان، من جهة أخرى. وتعكس هذه المواقع، بالإضافة إلى الغابة التي تُحيط بها، تقليدًا خالدًا. كما أنّها تتميّز بشكلٍ مُدهشٍ، بقدسيّة الجبال التي عمرها 1200 سنة. ولا يزال يشكّل هذا المكان حيث تكثر الفيضانات والأنهر والشلالات، جزءًا من الثّقافة الحيّة لليابان ويستقطب حوالى 15 مليون زائرٍ سنويًا بين حجّاج وسوّاح. كل موقع من هذه المواقع الثلاثة يضمّ معابدَ يعود بعضها إلى القرن التاسع.

source: UNESCO/ERI

纪伊山地的圣地与参拜道

大峰、熊野三山以及高野山三座圣地坐落在纪伊山地茂密的森林中,俯瞰太平洋,它们通过多条参拜古道连接奈良和京都两个古都,反映出根植于日本自然崇拜古老传统的神道教与自中国和朝鲜半岛引入日本的佛教的相互融合。该遗址(面积为495.3公顷)及其周围的森林景观是1200多年来持续保留完好的圣山传统的写照。这个地区连同其丰富的小溪、河流和瀑布仍然是日本现存文化的一部分,每年吸引多达1500万游客来参拜和游览。三个遗址内都有神殿,有些神殿甚至修建于9世纪。

source: UNESCO/ERI

Священные места и дороги паломников в горах Кии

Три священных места – Йошино-Омайн, Кумано-Санзан, и Койясан – расположены посреди густых лесов в горах Кии, протягивающихся на юге острова Хонсю. Они связаны между собой паломническими дорогами, ведущими в сторону древних столиц – Нара и Киото. Территория имеет площадь около 500 га и включает прекрасный окружающий горно-лесной ландшафт с изобилием рек, ручьев и водопадов. Ежегодно сюда приезжает почти 15 млн. туристов, главной целью которых является совершение разных ритуалов, а также пешие прогулки. В каждом из трех священных мест есть усыпальницы, причем некоторые из них датируются еще IX в.

source: UNESCO/ERI

Sitios sagrados y rutas de peregrinación de los Montes Kii

Los tres sitios sagrados de Yoshino-Omine, Kumano Sanzan y Koyasan están escondidos en medio de los frondosos bosques de los montes Kii que dominan el Océano Pacífico. Unidos por rutas de peregrinación a las antiguas capitales de Nara y Kyoto, son una muestra excepcional de la fusión entre la religión sintoísta –emanada de la antigua tradición japonesa del culto a la naturaleza– y el budismo venido al Japón desde China y la Península de Corea. Los tres sitios (495,3 hectáreas) y el bosque circundante son exponentes de una tradición ancestral de sacralización de las montañas, que se mantiene viva desde hace 1.200 años y está sólidamente atestiguada por una abundante documentación. Surcada por abundantes arroyos, ríos y cascadas, esta región sigue estando muy arraigada en las vivencias culturales de los japoneses, como lo demuestra el hecho de que la visiten anualmente 15 millones de personas por motivos religiosos, o para practicar el excursionismo. Cada uno de los tres sitios posee varios santuarios, algunos de los cuales fueron erigidos en el siglo IX.

source: UNESCO/ERI

紀伊山地の霊場と参詣道

source: NFUAJ

Heilige plaatsen en pelgrimsroutes in het Kii-gebergte

In de dichtbeboste wouden van het Kii-gebergte bevinden zich drie heilige plaatsen: Yoshino en Omine, Kumano Sanzan en Koyasan. Ze zijn met elkaar verbonden door pelgrimsroutes naar de oude hoofdsteden Nara en Kyoto. De drie plaatsen weerspiegelen de fusie van het shintoïsme – geworteld in de oude traditie van het aanbidden van de natuur in Japan – en het boeddhisme, ingevoerd vanuit China en Korea. Het gebied is nog steeds een deel van de levende cultuur van Japan en wordt veel bezocht voor rituele doeleinden en wandelingen. Jaarlijks trekken deze plaatsen tot wel 15 miljoen bezoekers.

Source : unesco.nl

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© UNESCO
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Nichés au cœur de forêts denses, dans les monts Kii, sur une péninsule qui surplombe l'océan Pacifique, dans la partie méridionale de la partie continentale du Japon, trois sites sacrés - Yoshino et Omine, Kumano Sanzan et Koyasan - sont reliés par des chemins de pèlerinage aux anciennes capitales de Nara et Kyoto. L'ensemble de ces sites, les chemins de pèlerinage qui les relient, et les forêts environnantes forment un paysage culturel qui reflète la fusion du shintoïsme, enraciné dans l'antique tradition japonaise du culte de la nature, et du bouddhisme, venu de la Chine et de la péninsule coréenne. Les sites sacrés sont reliés par 307 km de chemins de pèlerinage qui couvrent une superficie totale de 495,3 ha. Avec la forêt qui les entoure, ils reflètent une tradition continue et très bien documentée liée aux montagnes sacrées depuis 1200 ans.

Critère (ii) : Les monuments et les sites qui composent le paysage culturel des monts Kii forment une fusion unique entre le shintoïsme et le bouddhisme qui illustre l’échange et le développement des cultures religieuses en Asie orientale.

Critère (iii) :Les sanctuaires shintoïstes et les temples bouddhistes des monts Kii, et leurs rituels associés, sont le témoignage exceptionnel du développement d’une culture religieuse japonaise sur plus de mille ans.

Critère (iv) : Les monts Kii sont devenus le lieu de la création de formes uniques de sanctuaires et de temples qui ont eu une influence profonde sur la construction des temples et des sanctuaires ailleurs au Japon.

Critère (vi) : Ensemble, les sites et le paysage de forêt des monts Kii reflètent une tradition continue et très bien documentée liée aux montagnes sacrées sur les 1.200 dernières années.

Intégrité

Le bien se compose de trois sites sacrés, avec les enceintes et les bâtiments des temples et des sanctuaires dans les monts Kii très boisés, et un réseau complexe de chemins et de sentiers qui relient les sites entre eux. Ces composants sont essentiels pour démontrer le cadre religieux du shintoïsme (enraciné dans l'antique tradition japonaise du culte de la nature), du bouddhisme (introduit au Japon depuis la Chine et la péninsule coréenne), et du Shingon (la secte Shingon) qui a été influencé par les deux religions. Les trois sites sacrés et leur environnement présentent un degré élevé d'intégrité. En outre, les chemins de pèlerinage, qui font partie d’un vaste paysage culturel, conservent à l'heure actuelle un degré élevé d'intégrité.

Chaque composant est doté d’une zone tampon suffisante pour que soit assurée  l'intégrité de l’ensemble du bien et de ses éléments.

Authenticité

Grâce à une longue tradition de reconstruction et de renouvellement des structures de bois, l'authenticité de chaque bâtiment en bois est bien préservée en termes de forme/conception, matériaux /substance, traditions/techniques et emplacement/cadre.

Dans les trois sites sacrés, divers cultes et rituels religieux, liés principalement au shintoïsme, au bouddhisme et au Shingon, ont été constamment pratiqués. Ces activités ont toujours lieu aujourd’hui et un degré élevé d'authenticité spirituelle est donc maintenu. Ces sites sacrés et les paysages de la forêt qui les entourent conservent un très haut degré d’authenticité, en termes non seulement d’éléments tangibles mais aussi d’éléments immatériels que représentent les activités religieuses.

Les Sites sacrés et chemins de pèlerinage attirent des fidèles depuis les XIe ou XIIe siècles et ont ainsi conservé un haut degré d'authenticité de fonction.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Ce vaste bien est placé sous la responsabilité d'un certain nombre de juridictions et protégé par plusieurs niveaux de législations qui permettent une application intégrée des mesures nécessaires. Les principes fondamentaux et les méthodes de conservation compréhensive et de gestion globale des biens culturels tangibles de chaque composant sont prévus dans le Plan de gestion et de préservation de 2003.

Les bâtiments qui constituent les composants du bien ont été classés trésors nationaux et biens culturels importants en vertu de la Loi japonaise de protection des biens culturels. Les zones des temples et des sanctuaires, les chemins de pèlerinage, et le paysage de forêt qui le entoure, ont été classés lieux historiques, lieux de beauté scénique, sites et monuments naturels en vertu de la même loi. Ainsi, ces composants sont rigoureusement préservés et des activités entrainant des altérations sont strictement limitées et nécessitent l'accord préalable du gouvernement national.

Le bien comprend des zones désignées comme parc national et parc naturel départemental en vertu de la Loi sur les parcs nationaux, et donc l'environnement naturel est bien conservé, car des activités de développement telles que la construction de nouveaux bâtiments ou l'abattage d'arbres ne peuvent être effectuées sans l'autorisation préalable de l'Assemblée nationale ou des autorités préfectorales.

Tous les bâtiments et les terrains des temples et sanctuaires sont bien conservés grâce à des activités de conservation et d'entretien effectués par les organisations religieuses concernées. Yoshinoyama est préservé et maintenu en collaboration avec les propriétaires privés et les collectivités locales, conformément au plan de gestion produit par le comité pour l’Education local. La même chose s'applique aux chemins de pèlerinage qui sont conservés et entretenus par les propriétaires privés, les gouvernements locaux et le gouvernement national. Le gouvernement national peut fournir un soutien financier et technique pour des projets de restauration et de réparation sur la base de plans de gestion individuels.

Chaque composant est doté d’une zone tampon claire et appropriée définie en vertu de la Loi sur les parcs nationaux, la Loi sur les forêts, les réglementations gouvernementales locales, ou d’autres textes.

Le comité scientifique de coordination, composé de représentants des comités pour l’éducation des trois préfectures, s'emploie à faciliter la communication et le partage d'informations entre les administrations locales concernées. Le comité a approuvé un plan de conservation et de gestion globale qui est soutenu par la coordination de trois plans préfectoraux supplémentaires. L'état de préservation et de gestion du bien fait l’objet de rapports périodiques afin de s'assurer que ce plan est pleinement mis en œuvre.

Description longue

Les sanctuaires shinto et les temples bouddhiques qui forment le paysage culturel des monts Kii représentent une fusion unique entre le shintoïsme et le bouddhisme, qui illustre les échanges culturels et le développement des cultures religieuses de l'Asie orientale. Ils ont été le lieu de création de types bien spécifiques de sanctuaires et de temples, qui ont exercé une influence considérable sur l'architecture sacrée du Japon.

Le complexe est formé par trois sites sacrés des monts Kii, une péninsule qui s'avance dans l'océan Pacifique, et par un réseau complexe de sentiers et d'allées qui relient les différents sites entre eux et aux anciennes capitales de Nara et de Kyoto au nord, florissantes du VIe  siècle à 1868. Les montagnes abruptes et déchirées de la péninsule de Kii, qui culminent entre 1 000 et 2 000 m, sont très boisées. La beauté naturelle de cette zone, et son environnement de montagne rude mais plein de sérénité, ont probablement été révérés dès l'époque préhistorique. Les trois sites mentionnés sont devenus de grands lieux sacrés dès les XIe et XIIe  siècles, et attirèrent un grand nombre de fidèles. La zone fait encore partie de la culture actuelle du Japon, et ses sites sont très visités, à des fins rituelles ou pour la randonnée. Les routes de pèlerinage ne sont plus toutes continues, dans la mesure où différents tronçons en ont été retranchés par l'urbanisation moderne. Les forêts montagneuses soulignent la signification de tout le site, parce que c'est la beauté et la grandeur des montagnes, et leur contraste avec la rive de l'océan, au sud, qui y ont attiré l'homme depuis plus de deux mille ans.

Chacun de ces trois complexes renferme à la fois des édifices (temples, sanctuaires, stupas) et des objets d'art (sculptures), révérés au même titre que les éléments naturels comme les arbres, les chutes d'eau ou les rochers. Les édifices sont presque entièrement construits en bois, avec des poteaux et des piliers, comme dans les maisons japonaises. Beaucoup d'entre eux ont été reconstruits à différentes reprises.

L'Yoshino et l'Omine se trouvent dans la partie la plus septentrionale du site, près de Nara. Yoshino, ou partie nord du site, était considéré au milieu du Xe  siècle comme la plus importante montagne sacrée du Japon, et sa réputation a atteint la Chine. Elle faisait l'objet d'un culte shinto à la montagne aux VIIe et VIIIe  siècles et devint, plus tard dans le VIIIe  siècle, l'un des principaux lieux sacrés de la secte Shugen du bouddhisme ascétique. Omine, au sud, était également associé à la secte Shugen, et notamment avec les pratiques ascétiques liées à son âpre environnement montagneux. Le site consiste en groupes d'édifices construits dans ce qui est considéré comme un style architectural unique, conçu comme une matérialisation de la fusion religieuse entre shintoïsme et bouddhisme.

Kumano Sanzan . Les édifices de ce complexe, situé à l'extrémité sud, sont considérés comme sans rivaux dans l'architecture en bois. Le site comporte trois sanctuaires et deux temples reliés les uns aux autres par une route de pèlerinage. Ils se rattachent aux sectes Shinto et Shugen du shinto-bouddhisme, et étaient étroitement associés à la recherche de la « terre de Pureté » bouddhique dans la mer du Sud.

Koyasan . Ce site, au sud de Nara, est en partie un bassin « alpin » situé à une altitude de 800 m, et en partie un site de piémont. Il est très fréquenté lors des festivals annuels ou pour les rites consacrés à la divinité du pays, ainsi que pour ceux de la secte bouddhique Shingon.

Routes de pèlerinage. Lorsque les sites sacrés commencèrent à être fréquentés, aux XIe et XIIe  siècles, une série de routes de pèlerinage se développa pour relier les sites à Kyoto et à d'autres villes du Japon ; certaines d'entre elles reprennent des itinéraires plus anciens. Les routes de montagne étaient volontairement tracées pour être difficiles à parcourir, le voyage étant moins un moyen d'atteindre une fin qu'une partie de l'expérience religieuse. La plupart des routes ne sont pas larges de plus de un mètre, et sont en terre ; des escaliers ou des dallages de pierre ont été construits en certains points, comme un tronçon de 34 km de pavement de pierre qui traverse la forêt, sur la route de Kumano Sankeimichi, entre Kumano Sanzen et Ise Jungu.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Du IIIe au IIe siècle avant J.-C., lorsque la culture du riz fut introduite au Japon et que les peuplements commencèrent à se développer dans les basses terres, la religion shintoïste, où les grands éléments de la nature comme les montagnes, les forêts, les rochers et les arbres étaient révérés à l'égal de dieux, fut adoptée - peut-être comme lien avec d'anciens sites d'habitation dans les collines. On croyait que les dieux de la montagne contrôlaient l'eau, essentielle à la culture du riz dans les plaines, et le minerai d'or, nécessaire au développement des villes. On croyait également que le dieu qui invita le premier empereur à construire Nara, première capitale, résidait dans les montagnes. La religion shintoïste devint ainsi influente non seulement dans les zones rurales, mais aussi dans les villes, au fur et à mesure de leur formation.

L'introduction du bouddhisme au milieu du VIe siècle coïncida avec le développement par le gouvernement d'un système centralisé de lois, d'après l'exemple de la Chine et de la péninsule coréenne. Le gouvernement adopta le bouddhisme comme religion garante de la stabilité de la nation et, au milieu du VIIIe siècle, des temples furent construits dans chaque province du Japon. Parallèlement, le concept de la Terre de Pureté associée aux monts Kii commença à gagner du terrain et les gens commencèrent des apprentissages dans les montagnes.

Au VIIIe siècle, la capitale fut transférée à Kyoto et au siècle suivant, la secte bouddhiste ésotérique Mikkyo fut importée au Japon depuis la Chine, ce qui souligna la croyance selon laquelle les montagnes sont des lieux de formation pour atteindre l'éveil. De là naquit la secte locale Shingon et beaucoup de nouveaux temples furent construits dans les monts Kii. L'essor de Mikkyo/Shingon coïncida avec l'ascension au pouvoir des aristocrates dont l'autorité reposait sur la possession des terres. Ils embrassèrent la nouvelle secte, tout comme l'empereur qui accueillit divers rites religieux dans ce qui allait devenir les monts sacrés Kii. La nouvelle secte présentait également des interactions avec le shinto, une fusion existant depuis le VIIIe siècle et, de cette interaction, la religion shinto-bouddhiste purement japonaise émergea, force puissante jusqu'au XIXe siècle.

L'essor du nombre de pèlerins visitant les sites des monts Kii semble avoir coïncidé avec l'essor de l'agitation sociale autour de la capitale du IXe au Xe siècle. C'est à cette époque que beaucoup des chemins de pèlerinage furent tracés.

Durant les deux siècles qui suivirent, le XIe et le XIIe siècle, l'expansion japonaise distincte de pratiques bouddhistes, et les édifices associés à ces croyances, furent renforcés par la décision du gouvernement de mettre un terme à l'envoi de délégations en Chine. La consécration des trois grands sites des monts Kii était en cours, obtenant un soutien considérable auprès du peuple qui cherchait à s'échapper de conditions sociales en pleine dégradation, caractérisées par des conflits entre samouraïs. La famille impériale, les aristocrates et les samouraïs devinrent tous les bienfaiteurs de nouveaux temples et de nouvelles terres pour les soutenir, comme un moyen de leur garantir une vie meilleure après la mort, et un empereur retiré fit un premier pèlerinage à Koyasan et à Kumano Sanzan à la fin du XIe siècle - encourageant d'autres à le suivre toujours plus nombreux. Cela marqua l'apparition d'hospices, l'amélioration des sanctuaires et des temples, la construction de sanctuaires Oji le long des chemins principaux, et le financement par la famille impériale et des aristocrates de la gestion des sites.

Les sites des monts Kii ont donc été établis à la fin du XIIe siècle comme les principaux sites de montagnes sacrées du Japon, et leur statut perdure à ce jour.

À la fin du XIIe siècle, le gouvernement fut transféré à Kamkura - bien que la famille régnante demeura à Kyoto. Du XIVe au XVIe siècle, le conflit entre factions impériales, la puissance des samouraïs et les batailles entre seigneurs féodaux entraînèrent un affaiblissement de l'autorité impériale et centralisée mais, parallèlement, l'essor d'une économie monétaire et l'amélioration des méthodes de production firent apparaître une nouvelle classe aisée, les pèlerinages s'étendant alors à tous ceux qui pouvaient s'offrir le voyage.

Du XVIIe siècle à 1868, un puissant gouvernement féodal fut établi à Edo (qui devint plus tard Tokyo), et une grande partie de la terre associée aux temples fut absorbée par le gouvernement. Toutefois, le gouvernement et les gens du peuple continuèrent d'apporter leur soutien aux temples. Dans le même temps, l'amélioration des routes rendant le voyage plus facile, le nombre de pèlerins augmenta, de même que celui des simples touristes.

En 1868, l'empereur reprit le contrôle au gouvernement féodal et la capitale impériale fut transférée à Tokyo. Le nouveau gouvernement introduisit des mesures de contrôle des religions au Japon, et publia le décret de séparation du shinto et du bouddhisme en 1868, interdisant les activités liées au syncrétisme shinto-bouddhiste, et les statues du Bouddha furent enlevées des sanctuaires. Cependant, du fait du grand soutien apporté par la société dans son ensemble aux montagnes Kii et à leurs sanctuaires, beaucoup survécurent. Tant de biens sortirent du Japon en conséquence de cette loi qu'en 1897 le gouvernement promulgua la loi de préservation des anciens temples et sanctuaires, la renforçant en 1929, et l'étendant en 1919 aux sites naturels.

Après la Seconde Guerre mondiale, avec la revitalisation de l'économie, les visiteurs revinrent aux monts Kii, les visitant en grand nombre.

Source : évaluation des Organisations consultatives
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