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Koutammakou, le pays des Batammariba

Koutammakou, the Land of the Batammariba

The Koutammakou landscape in north-eastern Togo, which extends into neighbouring Benin, is home to the Batammariba whose remarkable mud tower-houses (Takienta) have come to be seen as a symbol of Togo. In this landscape, nature is strongly associated with the rituals and beliefs of society. The 50,000-ha cultural landscape is remarkable due to the architecture of its tower-houses which are a reflection of social structure; its farmland and forest; and the associations between people and landscape. Many of the buildings are two storeys high and those with granaries feature an almost spherical form above a cylindrical base. Some of the buildings have flat roofs, others have conical thatched roofs. They are grouped in villages, which also include ceremonial spaces, springs, rocks and sites reserved for initiation ceremonies.

Koutammakou, le pays des Batammariba

Le paysage du Koutammakou, situé dans le nord-est du Togo et s’étendant par-delà la frontière jusqu’au Bénin, abrite les Batammariba dont les remarquables maisons à tourelles en terre sont devenues un symbole du Togo. Dans ce paysage, la nature est étroitement associée aux rituels et aux croyances de la société. Le paysage culturel de 50 000 ha doit son aspect remarquable à ses takienta, maisons à tourelles qui sont le reflet de la structure sociale, ainsi qu’à ses terres agricoles et ses forêts, et à l’association entre le peuple et le paysage. De nombreux édifices sont à deux étages, et ceux dotés d’un grenier sont caractérisés par une forme quasi sphérique surmontant une base cylindrique. Certains bâtiments possèdent des toits plats, d’autres des toits de chaume coniques. Les maisons sont regroupées en villages qui comprennent également des espaces cérémoniels, des sources, des rochers et des sites réservés aux cérémonies d’initiation.

كوتاماكو، وطن باتاماريبا

يحتضن منظر كوتاماكو، الواقع شمال شرق توغو والممتد الى ما وراء الحدود حتى بينين، الباتاماريبا التي تحوّلت منازلها المميزة المزودة بأبراج ترابية الى رمز لتوغو. وترتبط الطبيعة في هذا المنظر ارتباطاً وثيقاً بالشعائر والمعتقدات السائدة في المجتمع. فالمنظر الثقافي الذي يشغل 50000 هكتار يستمد طابعه المميز من التاكيينتا أو المنازل ذات الأبراج التي تشكل مرآة للبنية الاجتماعية ومن الأراضي الزراعية والغابات ومن الرابط بين السكان والطبيعة. ويتألف العديد من المباني من طبقتين، بينما ترتدي تلك المزودة بمخازن شكلاً شبه دائري يعلو ركيزة اسطوانية الشكل. وتغطي بعض الأبنية سقوف مسطحة في حين تقبع أخرى تحت سقوف من القش مخروطية الشكل. وتتجمع المنازل ضمن قرى تشمل ايضاً مساحات لإقامة الاحتفالات وينابيع وصخور ومواقع مخصّصة للاحتفالات.

source: UNESCO/ERI

古帕玛库景观

古帕玛库景观位于多哥东北部,延伸入邻国贝宁,是巴塔马利巴人的居住区。当地富有特色的塔奇恩塔泥制塔屋,被认为是多哥著名的象征。在这个景观里,自然和宗教仪式以及社会信仰紧紧地联系在一起。这个占地5万公顷的文化景观因是塔奇恩塔泥制塔屋的建筑风格而闻名于世,这种风格反映了社会结构、当地的农田和森林,以及人与景观的联系。许多建筑物高为二层并且都带有谷仓,谷仓下面是圆柱形的基座,上面覆有圆形顶部。有些建筑物的屋顶是平的,其他建筑则带有锥形的干草屋顶。这些建筑分布在村落中,还包括宗教场所、泉水、岩石和举行成人仪式的场所。

source: UNESCO/ERI

Кутаммаку – земля народности батаммариба

Кутаммаку, местность на северо-востоке Того, распространяющаяся и на территорию соседнего Бенина, является районом проживания народности батаммариба, чьи замечательные башнеподобные глинобитные дома – «такиента» – стали рассматриваться, как символ Того. Многие дома двухэтажные, причем те из них, которые служат амбарами, имеют почти сферическую форму на цилиндрическом основании. Некоторые дома имеют плоские крыши, другие – конические, крытые соломой. Такие постройки образуют целые деревни, в которых также есть участки для церемоний, источники, отдельные скалы и выделены места для проведения инициаций.

source: UNESCO/ERI

Kutammaku – País de los batammariba

Situada al nordeste de Togo, la región de Kutammaku se extiende hasta la frontera con Benin. Es la cuna de los batammariba, cuyas casas-torre construidas en adobe (takienta) se han convertido en uno de los símbolos del país. En esta región, los rituales y creencias de la población están íntimamente vinculados a la naturaleza. El sitio cultural abarca 50.000 hectáreas y debe su singularidad no sólo a las takienta –fiel reflejo de la estructura social–, sino también a sus campos cultivados y bosques, y a la estrecha asociación de la población con su territorio. Muchas de las construcciones de la región tienen dos plantas y las que poseen graneros se caracterizan por su base cilíndrica rematada por una estructura semiesférica. Algunas casas tienen techumbres planas y otras están cubiertas con techos de paja de forma cónica. La población se agrupa en aldeas que cuentan con espacios para la celebración de ceremonias tradicionales, así como manantiales, rocas y otros sitios especialmente destinados a los ritos de iniciación.

source: UNESCO/ERI

クタマク、バタマリバ人の土地

source: NFUAJ

Koutammakou – land van de Batammariba

Het Koutammakou-landschap ten noordoosten van Togo strekt zich uit naar het naburige Benin. Het is de thuisbasis van de Batammariba, wiens opmerkelijke torenhuizen van gedroogde modder (Takienta) worden gezien als een symbool van Togo. Het culturele landschap van 50.000 hectare is opvallend vanwege de torenhuizenarchitectuur. Veel huizen hebben twee verdiepingen en die met graansilo's zien eruit als een bol geplaatst bovenop een cilinder. Sommige gebouwen hebben platte daken, anderen kegelvormig rietendaken. Ze zijn gegroepeerd in dorpen, met ceremoniële plekken, bronnen, rotsen en plaatsen voor initiatieceremonies. Een gevolg van de nauwe verbondenheid tussen de natuur en de rituelen en overtuigingen van de samenleving in deze streek.

Source : unesco.nl

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Koutammakou, le pays des Batammariba © CRAterre
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse 

Koutammakou est le nom d’une grande région semi-montagneuse située au nord-est du Togo et qui s’étend au-delà de la frontière du Bénin. Le Koutammakou du Togo couvre approximativement 50 000 hectares et borde la frontière du Bénin sur 15 km. Ce paysage culturel vivant est occupé par les Batammariba, peuple dont les remarquables maisons à tourelles en terre nommées « Takienta » sont devenues un symbole du Togo.

Le Koutammakou est un exemple éminent d’occupation du territoire par un peuple à la recherche constante de l’harmonie entre l’homme et la nature qui l’entoure. Le paysage culturel Koutammakou possède toutefois une caractéristique toute particulière. En effet, la « takienta », l’habitat familial de base dans lequel tout est à la fois technique, utilitaire et symbolique, est unique en son genre. Si nombre d’habitats de la région possèdent des dimensions symboliques assez fortes, aucun ne possède une interrelation aussi étroite entre symbolisme, fonction et technique. Ce type d’habitat particulier dont l’esthétique repose sur des formes spectaculaires est le  résultat du génie créateur des Batammariba : « ceux qui façonnent la terre » ou, par extension, « les bons maçons » d’après la traduction de certains anthropologues.

Le Koutammakou est un paysage évolutif vivant représentatif des traits d’une société agricole travaillant en harmonie avec le paysage et où la nature sous-tend les croyances, les rites et la vie quotidienne. Il est composé d’éléments matériels tels que les roches sacrées, les forêts, les maisons, les champs, les sources de matériaux de construction, les animaux sauvages et domestiques, ainsi que d’éléments immatériels dont les croyances, les compétences artisanales, les chants, les danses, les sports traditionnels, etc.

Critère (v) : Le Koutammakou est un exemple exceptionnel de système de peuplement traditionnel qui est toujours vivant et dynamique, soumis à des systèmes et pratiques traditionnels et durables, et qui reflète la culture singulière des Batammariba, notamment les maisons à tourelles « Takienta ».

Critère (vi) : Le Koutammakou est un témoignage éloquent de la force de l’association spirituelle entre les peuples et le paysage, tel qu’il se manifeste dans l’harmonie entre les Batammariba et les ressources naturelles environnantes.

Intégrité

L’ensemble du paysage du Koutammakou reflète chaque aspect de la vie des Batammariba, et donc le système socio-économico-culturel qu’abrite le bien inscrit. Toutefois, comme le site se poursuit de l’autre côté de la frontière avec le Bénin, il ne représente pas l’intégralité globale du système mais plutôt une partie de celui-ci.

L’habitat traditionnel reste un modèle d’actualité. Partout dans la région, on constate que le cycle de vie des bâtiments se poursuit : construction, abandon, destruction et reconstruction sur les ruines. Si une observation fine montre qu’il existe des changements en matière de matériaux utilisés, le modèle traditionnel persiste car la maison est plus qu’un habitat : c’est un temple dédié au culte ! De fait, même l’espace du rez-de-chaussée réservé aux animaux et la présence des greniers restent des éléments indispensables. Ainsi, de nombreuses maisons « modernes » sont complétées par un habitat traditionnel qui, s’il est parfois de dimensions réduites, n’en garde pas moins toutes les caractéristiques traditionnelles.

Le maintien des maisons à tourelles exige la perpétuation des traditions locales de construction et l’utilisation de matériaux locaux. L’environnement naturel a pâti d’une certaine surexploitation et il devient de plus en plus difficile de trouver suffisamment de bois pour de nouvelles maisons à proximité des villages.

Il y a un excellent état de conservation d’intégrité en lien avec l’immatériel : lien entre attributs et symbolisme - bois sacrés, cheminements rituels, et la conservation des traditions et des modes de vie qui se traduit par la construction des « sikien. »

Authenticité

Le paysage du Koutammakou est un reflet authentique d’un mode de vie particulier. Aucun élément du paysage n’est très ancien ; le paysage dans son ensemble reflète plutôt des procédés et des pratiques qui perdurent depuis des siècles. Pour conserver son authenticité, il sera essentiel que ces pratiques traditionnelles soient maintenues.

L’éducation, la centralisation du pouvoir administratif, les religions, le tourisme, la monétarisation, et l’apparition de nouveaux besoins exercent une influence. Malgré ces agressions qui tendent à ébranler la société tammari, il existe dans tous les villages des noyaux très forts et très durs qui constituent ce creuset où des éléments essentiels de la culture tammari se meuvent et se perpétuent à travers le temps et l’espace. En dépit donc de la menace de la mondialisation, des expressions culturelles et identitaires résistent. Ainsi, et malgré le développement de petits centres urbains (presque uniquement à Nodoba), c’est toujours le même paysage que l’on peut observer aujourd’hui, avec des villages aux maisons situées au milieu de leur parcelle cultivable, espacées et indépendantes. L’espace naturel est aussi très présent, même s’il serait souhaitable que certaines de ses composantes soient reconstituées - il est à noter que cela concerne surtout des zones naturelles « neutres ». En effet, l’authenticité de tous les lieux sacrés demeure.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

La région du Koutammakou bénéficie de deux types de protection : une juridique moderne et une protection traditionnelle.

L’ensemble d’outils juridiques comprend la loi 90-24 du 23 novembre 1990 relative à la protection du patrimoine culturel national ; l’arrêté n°010/MCJS du 17 juillet 2003 portant sur l’inscription des sites et des monuments sur la liste du patrimoine national des biens culturels ; l’arrêté N°124/MC/CAB du 1er octobre 2003 fixant les limites géographiques du site et déterminant les composantes du Koutammakou ; l’arrêté portant sur la composition et les attributions du comité de gestion du Koutammakou ; et l’arrêté portant sur la création du Service de Conservation et de Promotion du Koutammakou.

Les pratiques traditionnelles qui couvrent non seulement des processus techniques, mais aussi des observances sociales ayant des répercussions sur la gestion de la terre, comprennent : le respect des ancêtres ; l’observance de tabous et de restrictions ; l’obéissance absolue aux anciens, aux chefs religieux et aux chefs de clans ; la perpétuation des règles traditionnelles, réaffirmées par les cérémonies d’initiation ; les rôles soigneusement prescrits de chaque membre de clan; et la perpétuation du respect des valeurs tangibles et immatérielles associées au paysage.

Ces objectifs entrent dans la droite ligne du plan de conservation et de gestion du Koutammakou.

Le Service de Conservation et de Promotion du Koutammakou (institution administrative) est chargé de la gestion du site en collaboration avec le comité de gestion représentant les populations locales.  Sa vocation est de renforcer ou de compléter la protection traditionnelle de façon à garantir la bonne conservation du site et des éléments intangibles qui le sous-tendent. Le processus de gestion suit le schéma suivant : définition des objectifs,  recensement des activités en tenant compte des menaces qui pèsent sur le site et identification des résultats escomptés. Les objectifs visés sont de favoriser le recours aux matériaux traditionnels pour la construction des « Takienta » afin de conserver l’authenticité et l’intégrité du site ; de contrôler l’exploitation sauvage du bois dans les zones vierges ; de réussir un développement durable dans le cadre d’un paysage culturel vivant ; de valoriser la culture tammari ; et de promouvoir un tourisme respectueux des valeurs du site. 

Description longue
[Uniquement en anglais]

The Koutammakou, a cultural landscape in north-eastern Togo extending into neighbouring Benin, is home to the Batammariba people whose remarkable Takienta mud tower-houses have come to be seen as a symbol of Togo. They are also a reflection of social structure and are known to blend uniquely with the natural environment of farmland and forest. Many of the buildings are two storeys high and those with granaries feature an almost spherical form above a cylindrical base. Some of the buildings have flat roofs, others have conical thatched roofs. They are grouped in villages, which also include ceremonial spaces, springs, rocks and sites reserved for initiation ceremonies.

The word butabu describes a process of moistening earth with water in preparation for building. Whether modelled by hand or built from mud-brick, the variety of architectural forms found throughout West Africa illustrates the myriad ways in which the simple properties of earth and water have come together to create works of striking artistic sophistication and interest.

Not only do the sun's rays bathe the earthen core of a building, making it hard and resilient, but they also continually redefine the structure's surface and interior features with patterns of light and shade as they pass overhead through the course of each day. Many of these edifices, especially the tall ones, boast rows of timbers bristling from their exteriors, on which the sun's shadows play particularly dramatically. These spiky elements serve both to solidify the structure, and to help alleviate moisture, but also to offer supportive scaffolding during yearly plastering. Building roofs, which have wooden or pottery drain spouts to channel seasonal rains, are made from thatch or earth, the latter either domed or flat.

West African earthen architecture collectively challenges the inherent boundaries between built form and sculpture in their visual power and unique play of texture, geometry, light, and shade. These buildings incorporate the vital attributes of geometrical primacy and boldness that pervade so many of the continent's figural traditions and invite tactility, an element critical to appreciation. Centuries of upheaval, which led to the massive uprooting of local populations through war, migrations, and slavery, also have left a mark on the region's architecture, and in part, as a result, this architecture also expresses vital social and political concerns.

On the interior, multiple levels of space often are articulated through a combination of pole and beam flooring/terrace articulation supported by the adjacent earthen joining walls. Upper levels, which are reached by earthen steps or ladders, serve a variety of functions as both open-air spaces and enclosed chambers.

Beyond their sheer architectural value, West African buildings of earth are often imbued with potent symbolism. Cones of the same material, which historically have served as shrines in this area dedicated to deities, ancestors, wild game, and an array of spirit powers, often punctuate a portal, either at ground level or along the roofline.

In addition to the Takienta mud-tower houses, the Koutammakou landscape is also marked by its farmland and forest. There is a great value in the 'associations between people and landscape' in the hilly landscape of the Togo-Benin border, where nature is strongly associated with the rituals and beliefs of society.

The Koutammakou is an outstanding example of a system of traditional settlement that is still living and dynamic and subject to traditional and sustainable systems and practices, and which reflects the singular culture of the Batammariba, particularly the Takienta tower houses. It is eloquent testimony to the strength of spiritual association between people and landscape, as manifested in the harmony between the Batammariba and their natural surroundings.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Sur le plan linguistique, les Batammariba sont à rapprocher d'autres peuples de la région tels que les Gangan, Gurma, Moba, Bassar, Nawda, etc.

Les origines des Batammariba, toutefois, sont incertaines. Les fouilles archéologiques et la tradition orale indiquent que les Batammariba ont migré entre le XVIe et le XVIIIe siècle vers leur site actuel depuis le nord et le nordouest, aux alentours du Burkina Faso, où ils vivaient avec les Mossi.

Source : évaluation des Organisations consultatives