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Tombeau des Askia

Tomb of Askia

The dramatic 17-m pyramidal structure of the Tomb of Askia was built by Askia Mohamed, the Emperor of Songhai, in 1495 in his capital Gao. It bears testimony to the power and riches of the empire that flourished in the 15th and 16th centuries through its control of the trans-Saharan trade, notably in salt and gold. It is also a fine example of the monumental mud-building traditions of the West African Sahel. The complex, including the pyramidal tomb, two flat-roofed mosque buildings, the mosque cemetery and the open-air assembly ground, was built when Gao became the capital of the Songhai Empire and after Askia Mohamed had returned from Mecca and made Islam the official religion of the empire.

Tombeau des Askia

La spectaculaire structure pyramidale du tombeau des Askia, édifiée par Askia Mohamed, Empereur du Songhaï, en 1495 dans sa capitale Gao, témoigne de la puissance et de la richesse de l’empire qui s’épanouit aux XVe et XVIe siècles grâce au contrôle du commerce transsaharien, notamment du sel et de l’or. L’ensemble, y compris la tombe pyramidale, les deux mosquées à toit plat, le cimetière de la mosquée et l’espace des assemblées en plein air, fut édifié lorsque Gao devint la capitale de l’Empire songhaï et après qu’Askia Mohamed eut fait de l’islam la religion officielle de l’Empire à son retour de La Mecque.

مدفن أسكيا

يشهد مدفن أسكيا المميَّز والهرمي الشكل الذي بناه سلطان السونغاي، أسكيا محمد، في العام 1495، في عاصمته مدينة غاو، على سلطة الإمبراطوريّة التي ازدهرت في القرنَيْن الخامس عشر والسادس عشر من جرّاء السيطرة على التجارة التي كانت تُمارَس عبر الصحراء، لا سيّما تجارة الملح والذهب وغناها. فمجموعة الآثار ومن ضمنها القبر الهرمي الشكل والمسجدان المسطّحَا السقف ومقبرة المسجد والمكان حيث كانت تدور الاجتماعات في الهواء الطلق، تمّ تشييدها عندما صارت غاو عاصمة إمبراطورية السونغاي وبعد أن جعل أسكيا محمد من الإسلام الديانة الرسميّة للإمبراطوريّة غداة عودته من مكّة المكرّمة.

source: UNESCO/ERI

阿斯基亚王陵

阿斯吉亚王陵给人印象深刻的17米高的金字塔形建筑,由桑海帝国国王阿斯基亚·穆罕默德于1495年建于首都加奥。由这个王陵可以看出15世纪至16世纪这个帝国的强大、富裕和繁荣。当时,桑海帝国控制了横跨撒哈拉的贸易,特别是盐和黄金。它也是西非萨赫勒地区具有重要意义的泥土建筑传统的范例。阿斯基亚王陵包括了金字塔形坟墓、两个平顶清真寺建筑、清真寺公墓和露天的聚会场地。这些都是在阿斯基亚·穆罕默德从麦加回来定伊斯兰教为国教并将加奥作为首都后建造的。

source: UNESCO/ERI

Гробница императора Аския-Мохамеда (город Гао)

Эффектное 17-метровое пирамидальное сооружение-гробница было воздвигнуто в 1495 г. императором Мохамедом I Аския в столице Сонгаи. Этот памятник – свидетельство силы, власти и богатства империи, которая процветала в XV-XVI вв. благодаря контролю над транссахарской торговлей, в основном – солью и золотом. Это также прекрасный пример традиционной монументальной глинобитной постройки на западной окраине Сахары. Комплекс, включающий пирамидальную гробницу, две мечети с плоскими крышами, кладбище при мечети, а также площадь под открытым небом для собраний, был построен, когда столицей империи Сонгаи стал город Гао.

source: UNESCO/ERI

Tumba de los Askia

La espectacular estructura piramidal de 17 metros de altura de la tumba de la dinastía de los Askia, erigida en 1495 por Askia Mohamed, emperador de Songhai, en su capital de Gao, atestigua la potencia y riqueza de un imperio que cobró auge entre los siglos XV y XVI gracias al control del comercio de la sal y del oro practicado a través del Sahara. Esta tumba es también un magnífico ejemplo de la tradición arquitectónica de construcción de edificios con adobe, característica de la región del Sahel Occidental. El conjunto monumental –que comprende la pirámide funeraria, dos edificios de techo plano de la mezquita, el cementerio de ésta y un ágora al aire libre– fue construido cuando Gao se convirtió en la capital del Imperio Songhai, después del retorno de Askia Mohamed de su peregrinación a La Meca y de la subsiguiente declaración del Islam como religión oficial en sus dominios.

source: UNESCO/ERI

アスキア墳墓

source: NFUAJ

Tombe van Askia

De spectaculaire 17 meter hoge, als piramide gebouwde Tombe van Askia werd in 1495 gebouwd door Askia Mohamed. Het graf getuigt van de macht en de rijkdom van zijn keizerrijk, dat bloeide in de 15e en 16e eeuw vanwege de machtspositie in de trans-Sahara handel, met name in zout en goud. De tombe is een mooi voorbeeld van de West-Afrikaanse Sahel traditie om te bouwen met modder. Het complex bestaat uit het piramidale graf, twee moskeeën, een moskeekerkhof en een openlucht ruimte. Het werd gebouwd toen Gao de hoofdstad werd van het Songhai Rijk en Askia de islam tot de officiële religie van het rijk maakte.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le site Tombeau des Askia est situé dans la ville de Gao. Le bien comprend les éléments suivants : la tour pyramidale, les deux mosquées à toit plat, les nécropoles et la place de la pierre blanche. La spectaculaire structure pyramidale a été édifiée par Askia Mohamed, empereur de l’Empire Songhaï, en 1495. Le Tombeau des Askia a été bâti lorsque Gao devint la capitale de l’Empire et que l’Islam fut adopté comme religion officielle.

Le Tombeau des Askia est un magnifique exemple de la façon dont les traditions locales ont adapté les exigences de l’Islam en créant une forme architecturale unique dans tout le Sahel d’Afrique de l’Ouest. Vestige le plus important et le mieux conservé du puissant et riche Empire Songhoy qui s’épanouit dans l’ouest de l’Afrique aux XVe et XVIe siècles, sa valeur repose également sur sa forme architecturale de tombeau/minaret, ses salles de prières, son cimetière et son espace pour les assemblées qui ont survécu et sont encore en activité. Sur le plan architectural, le Tombeau des Askia est un exemple éminent du style soudano-sahélien qui se caractérise par des formes arrondies résultant du renouvellement régulier de la couche d’enduit érodée à chaque hivernage par les pluies rares mais violentes. La forme pyramidale du tombeau, sa fonction de minaret central ainsi que la longueur et la forme des pièces de bois composant l’échafaudage permanent, apportent au Tombeau des Askia des caractéristiques architecturales uniques.

Critère (ii) : Le Tombeau des Askia reflète la façon dont les traditions de construction locales ont intégré, en réponse aux besoins de l’Islam, des influences de l’Afrique du Nord pour créer un style architectural unique dans le Sahel d’Afrique de l’Ouest.

Critère (iii) : Le Tombeau des Askia est un vestige important de l’empire Songhaï qui domina les terres du Sahel d’Afrique de l’Ouest et contrôla le commerce lucratif transsaharien.

Critère : (iv) : Le Tombeau des Askia reflète la tradition architecturale caractéristique du Sahel d’Afrique de l’Ouest et en particulier l’évolution des édifices au fil des siècles à travers les pratiques traditionnelles régulières d’entretien continu.

Intégrité

Le site présente une grande intégrité en ce que toutes ses composantes sont encore en place et qu’il demeure visuellement, socialement et culturellement associé, d’abord à la ville de Gao où ses éléments s’insèrent aux traditions architecturales, puis aux sites associés (Saneye, Gounzourey, Koïma, Mosquée de Kankou Moussa), éléments importants de son interprétation.

Authenticité

Le monument reflète la culture constructive des populations locales en matière d’architecture de terre, même si les réparations nécessaires effectuées de façon régulière ont fini par entrainer quelques altérations mineures. Réversibles, ces altérations (gargouilles en tôles, escalier en ciment, bois d’échafaudage autres que le hasu - Maerua crassifolia) ne nuisent toutefois pas à l’authenticité du site.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le site est propriété de l’état. Il a été classé en 2003 sur la liste du patrimoine national du Mali et la zone tampon est officiellement reconnue par décret municipal. La gestion du site est confiée à une association créée par le préfet de Gao en 2002 et composée de représentants de toutes les principales parties prenantes.

Le Plan de conservation et de gestion 2002-2007 a été élaboré dans le cadre du programme Africa 2009, en collaboration avec deux experts de CRAterre-ENSAG (Centre international de la construction en terre, Grenoble, France). Sa mise en œuvre a permis d’améliorer l’état de conservation et l’authenticité du site, et de maintenir son harmonie avec le tissu urbain de Gao.

Les objectifs spécifiques à long terme pour la conservation du Tombeau des Askia sont les suivants : réaménager le mur d’enceinte afin d’inclure l’ensemble de l’aire de prière et d’assurer une meilleure visibilité du site depuis l’Avenue des Askia et l’aire des prières ; améliorer progressivement l’état de conservation et l’authenticité du site tout en poursuivant les pratiques traditionnelles d’entretien ; assurer la promotion du site et sa meilleure utilisation en tant que ressource éducative et touristique.

Description longue

Le tombeau des Askia reflète la manière dont les traditions de construction locales, répondant à des besoins islamiques, ont su absorber des influences venues du nord de l'Afrique pour créer un style architectural unique dans tout le Sahel de l'Afrique de l'Ouest. Le site reflète la tradition architecturale spécifique de cette région, et notamment la manière dont les constructions ont évolué, au fil des siècles, grâce à un entretien régulier, réalisé selon des techniques traditionnelles. C'est la caractéristique principale de la grande mosquée de Gao, qui domine la partie nord de cette ville, près du fleuve Niger.

Le site consiste en une tombe et une mosquée enfermée dans une enceinte. Cette dernière occupe la partie ouest, entre la tombe et le fleuve, et une partie de l'aire située au nord. La ville entourant le site n'est composée, en grande partie, que de maisons traditionnelles aux murs de terre et aux toits plats, entourées par des cours de plan régulier, disposées selon un plan rectiligne. La mosquée et la vieille ville de Gao forment ensemble l'un des sites majeurs de la partie centrale du Mali ; cette petite oasis occupe l'extrémité méridionale du désert du Sahara.

Le tombeau pyramidal est fait de briques crues revêtues d'un enduit de terre. Des pieux en bois tortueux hérissent la façade de la tombe, et permettaient de refaire facilement l'enduit. Du côté est, un escalier extérieur en colimaçon mène à son sommet. La forêt des échafaudages de bois, et les lignes sculptées de l'édifice, qui se sont développées au cours de siècles entiers de réfections de l'enduit, se combinent pour créer un ensemble architectural tout à fait unique.

Deux bâtiments de mosquée à toit plat. Du côté est de la tombe se trouve une grande salle de prière à toit plat, destinée aux hommes. Le plafond, fait de poteaux de bois recouverts de terre, repose sur 69 robustes piliers en brique crue enduits, carrés, proches l'un de l'autre, et disposés sur trois files. Le milieu du mur oriental du sanctuaire est occupé par un mihrab à double niche. Le cimetière de la mosquée , à l'extérieur du mur interne, entoure la tombe et la mosquée, et comporte de nombreuses stèles en pierre inscrites. Remontant à l'époque des Askia, il était encore utilisé à la fin des années quatre-vingt du XXe  siècle.

L'espace des assemblées à ciel ouvert. La partie orientale de la plus grande enceinte, dont la superficie est de l'ordre de un hectare, est un espace ouvert utilisé pour les prières collectives lors du festival de Tabaski. Il a été régulièrement utilisé depuis le XVe  siècle pour d'autres fonctions cultuelles, comme les mariages locaux au cours desquels les cérémonies islamiques se mêlaient de traditions animistes.

Gao, probablement fondée à la fin du VIIe  siècle, apparaît dans les chroniques arabes sous le nom de Kaw Kaw. La construction de la tombe, qui remonte au XIe  siècle, est attribuée à Mohamed Aboubacar Sylla (Askia Mohamed), le fondateur de la dynastie Askia. La prospérité de son empire se fondait sur le contrôle des routes transsahariennes dirigées vers le nord, et de celles qui menaient des forêts vers sud, ainsi que sur le commerce de l'or et du sel qui empruntait ces voies. On raconte qu'Askia Mohamed, traversant l'Égypte pour se rendre à La Mecque, fut impressionné par les pyramides et décida de construire pour lui-même une tombe pyramidale. Toutefois, cet édifice se rattache aussi à une longue tradition saharienne de grands tumuli ancestraux ou de collines funéraires, telles qu'il en existait dès le Ier  millénaire av. J.-C. Ce choix peut également avoir été influencé par les minarets carrés, les escaliers à trois marches des zawiyas ibadites, ces sanctuaires de la région du Mzab, au sud de l'Algérie.

Au cours du règne d'Askia Mohamed, l'Empire songhaï devint, avec Tombouctou, le centre intellectuel et religieux de l'Afrique de l'Ouest, et développa des liens culturels et commerciaux étroits avec le nord de l'Afrique, l'Europe et le Moyen-Orient. Différents conflits internes et l'importance croissante prise par les routes maritimes de l'Afrique occidentale au XVIe  siècle portèrent au déclin graduel de l'empire. Au milieu du XIXe  siècle, la ville était devenue un village de trois ou quatre cents maisons dans lequel ne subsistait plus qu'un monument, le tombeau des Askia.

La tombe semble avoir toujours été utilisée comme une partie de la mosquée : son nom d'Askia Djira , qui signifie littéralement « la mosquée d'Askia », paraît avoir été celui utilisé au cours de l'époque coloniale. Au cours des années soixante du XXe  siècle, la salle de prière des hommes, jugée trop petite, a été agrandie en recourant à des techniques et à des matériaux traditionnels. La modification la plus importante apportée depuis au site a été la construction, en 1999, d'un vaste mur d'enceinte en ciment.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Gao est l'une des anciennes villes d'Afrique au sud du Sahara. Probablement fondée à la fin du VIIe siècle, elle apparaît au XIe siècle dans les chroniques arabes sous le nom de Kaw Kaw. En 1137, elle devint la capitale de l'empire Songhaï.

La construction du tombeau est attribuée à Mohamed Aboubacar Sylla, neveu de Sonni Ali Ber, qui régna de 1464 à 1492 et étendit les limites de l'empire Songhaï par de nombreuses batailles contre les Touaregs nomades, les Peuls et les Mossi qui harcelaient les frontières de l'empire. À la mort de Sonni Ali Ber, son neveu Mohamed Aboubacar Sylla, connu sous le nom de Askia Mohamed, inaugura la dynastie des Askia.

Askia Mohamed a poursuivi les politiques expansionnistes de son oncle et agrandi l'empire jusqu'à la côte atlantique à l'ouest, jusqu'à l'Aïr au nord (aujourd'hui au Niger) et au sud jusqu'aux limites de la forêt. La prospérité de l'empire reposait sur le contrôle des routes transsahariennes au nord, des routes en provenance de la forêt au sud, et du négoce de l'or et du sel qui les traversait. L'empire était un successeur des empires plus anciens du Ghana et du Mali, qui ont eux aussi prospéré grâce au contrôle des précieuses routes marchandes.

On dit qu'Askia Mohamed, lorsqu'il traversa l'Égypte lors de son pèlerinage pour la Mecque, fut très impressionné par les pyramides et décida à son retour de construire un tombeau pyramidal. Cependant, on pourrait aussi penser que ce tombeau s'inscrit dans la tradition saharienne ancestrale de tumuli ou de tertres funéraires érigés sur les tombeaux dès le premier millénaire av. J.-C. Ce style pourrait aussi avoir été influencé par les minarets carrés, les escaliers à trois marches des zawiyas ibadites, ou sanctuaires sacrés, de la région du Mzab au sud de l'Algérie, un lien peut-être renforcé par les nombreux érudits ibadites qu'accueillit Askia Mohamed.

Sous le règne d'Askia Mohamed, l'empire Songhaï devint, avec Tombouctou, le centre intellectuel et religieux d'Afrique de l'Ouest, instaurant des liens culturels et commerciaux forts avec l'Afrique du Nord, l'Europe et le Moyen-Orient.

Des querelles internes et l'importance croissante des routes maritimes vers l'Afrique de l'Ouest au XVIe siècle a entraîné le déclin progressif de l'Empire. Au milieu du XIXe siècle, il était devenu un village de trois à quatre cent maisons, avec un seul monument restant : le tombeau des Askia.

Il y a débat quant à la question de savoir si Askia Mohamed a été enterré dans le tombeau à son décès en 1529. De l'avis général à Gao, son corps ne s'y trouve pas et il fut enterré totalement à l'écart du site.

Le tombeau semble avoir toujours été utilisé en tant que partie de la mosquée - on dit que le nom Askia Djira, littéralement la mosquée de l'Askia, fut le sien jusqu'à l'ère coloniale.

Dans les années 1960, la salle des prières pour les hommes fut jugée trop petite et fut agrandie. Deux nouvelles rangées de colonnes furent construites le long des quatre rangées d'origine. En 1975, le bâtiment fut encore agrandi pour englober le mihrab, isolé à l'origine dans la cour. Tous ces travaux furent effectués à l'aide des techniques et matériaux traditionnels et ils s'intègrent bien à l'original. Le plus grand changement du site est la construction en 1999 d'un grand mur d'enceinte en ciment, apparemment nécessaire pour garder le contrôle des usages du site.

Source : évaluation des Organisations consultatives