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Mausolée de Khoja Ahmad Yasawi

Mausoleum of Khoja Ahmed Yasawi

The Mausoleum of Khoja Ahmed Yasawi, in the town of Yasi, now Turkestan, was built at the time of Timur (Tamerlane), from 1389 to 1405. In this partly unfinished building, Persian master builders experimented with architectural and structural solutions later used in the construction of Samarkand, the capital of the Timurid Empire. Today, it is one of the largest and best-preserved constructions of the Timurid period.

Mausolée de Khoja Ahmad Yasawi

Le mausolée de Khoja Ahmad Yasawi, dans la ville de Yasi, aujourd’hui appelée Turkestan, fut construit à l’époque de Tamerlan, de 1389 à 1405. Dans ce bâtiment, dont certaines parties demeurèrent inachevées, les maîtres constructeurs perses expérimentèrent de nouvelles solutions architecturales et structurelles qui furent ensuite adoptées pour la construction de Samarkand, capitale de l’Empire timuride. C’est aujourd’hui l’une des constructions les plus grandes et les mieux conservées de l’époque timuride.

ضريح الخوجه أحمد يسوي

 تمّ إنشاء ضريح الخوجه أحمد يسوي في مدينة ياسي المعروفة اليوم باسم تركستان في عهد تيمورلنك من 1389 حتى 1405. في هذا المبنى حيث لا يزال بعض الأجزاء منه غير منتهية، اختبر المهندسون الفرس تجارب هندسيّةً و بنيويّةً جديدةً تمّ اعتمادها في ما بعد لبناء سمرقند عاصمة الامبراطوريّة التيموريّة. وهو الآن من أكبر المباني المتبقيّة من العصر التيموري وتتمّ المُحافظة عليه بأفضل الطرق.  

source: UNESCO/ERI

霍贾•艾哈迈德•亚萨维陵墓

霍贾·艾哈迈德·亚萨维陵墓,位于突厥斯坦(以前称为亚瑟市),建造于帖木儿时期,即公元1389年至1405年。就是从这座未完工的建筑中,波斯高明的建筑者们试验了各种建筑方法,后来使用到了帖木儿王国都城撒马尔罕的建造中。今天,霍贾·艾哈迈德·亚萨维陵墓成为了帖木儿时期规模最大、保存最完整的建筑之一。

source: UNESCO/ERI

Мавзолей Ходжи Ахмеда Яссави (город Туркестан)

Мавзолей Ходжи Ахмеда Яссави в городе Ясы (ныне Туркестан) был построен в период правления Тимура (Тамерлана) в конце XIV-начале XV вв. При сооружении этого не совсем законченного здания персидские зодчие применяли ряд новаторских архитектурных и строительных решений, которые были использованы также при возведении Самарканда, столицы империи Тимуридов. Сегодня мавзолей является одним из самых значительных и хорошо сохранившихся сооружений той эпохи.

source: UNESCO/ERI

Mausoleo de Khoja Ahmad Yasawi

Este mausoleo está situado en la ciudad de Yasi, hoy denominada Turkestán, y fue construido entre 1389 y 1405, en tiempos de Tamerlán. En este edificio, que quedó inconcluso en parte, los maestros de obras persas experimentaron nuevas soluciones estructurales y arquitectónicas que se utilizarían posteriormente en la construcción de Samarcanda, la capital del Imperio Timúrida. Es una de las construcciones más monumentales y mejor conservadas de la época timúrida.

source: UNESCO/ERI

ホンジャ・アフメッド・ヤサウイ廟 

source: NFUAJ

Mausoleum van Khoja Ahmed Yasawi

Het mausoleum van Khoja Ahmed Yasawi ligt in de stad Yasi (nu Turkestan) in het zuiden van Kazachstan. Het werd van 1389 tot 1405 gebouwd in opdracht van de heerser van Centraal-Azië Timur (Tamerlan). In dit deels onvoltooide gebouw hebben Perzische bouwmeesters geëxperimenteerd met architecturale en structurele oplossingen die later werden gebruikt in de bouw van Samarkand, de hoofdstad van de Timuride dynastie. Het mausoleum geldt tegenwoordig als een van de grootste en best bewaarde constructies uit de Timuride periode. Het multifunctionele mausoleum is gebouwd van gebakken steen en bevat vijfendertig kamers met verschillende functies.

Source : unesco.nl

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Mausolée de Khoja Ahmad Yasawi © OUR PLACE
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le mausolée de Khoja Ahmad Yasawi, illustre maître soufi du XIIe siècle, se trouve dans le sud du Kazakhstan, dans la partie nord-est de la ville de Turkestan (Yasi). Il fut construit entre 1389 et 1405 sur l'ordre de Timur (Tamerlan), alors maître de l'Asie centrale, en remplacement d'un plus petit mausolée du XIIe siècle. La construction de l'édifice, interrompue en 1405 à la mort du souverain, n'a jamais été achevée. Le bien (0,55 ha) se limite au mausolée, situé dans l'ancienne citadelle et la zone archéologique de la ville médiévale de Yasi. Cette dernière (88,15 ha) sert de zone tampon.

De plan rectangulaire, d'une hauteur de 38,7 mètres, le mausolée est l'un des exemples les plus grands et les mieux préservés de l'architecture timuride. Timur aurait, dit-on, participé personnellement à sa construction, à laquelle furent employés des maîtres artisans persans. Les innovations introduites dans l'organisation spatiale, les voûtes, les coupoles et la décoration ont servi de prototypes à d'autres édifices majeurs de la période timuride, en particulier à  Samarkand. Les parties inachevées nous renseignent sur les techniques de construction alors en vigueur, contribuant à son image architecturale incomparable.

Considéré comme un exemple exceptionnel de style timuride, qui contribua au développement de l'architecture religieuse islamique, le mausolée est construit en briques cuites et se compose de trente-cinq salles remplissant différentes fonctions. Il s'agit d'une structure multifonctionnelle de type « khanaqa », à la fois mausolée et mosquée. Une coupole sphérique et conique, la plus grande d'Asie centrale, surmonte le hall principal (kazandyk). Parmi les autres attributs remarquables figurent les fragments des peintures murales d'origine de la mosquée, les stalactites d'albâtre (muqarnas) de l'intrados des coupoles, les tuiles vernissées à motifs géométriques et ornements épigraphiques recouvrant les murs extérieurs et intérieurs, de belles inscriptions coufiques et suls ornant les murs, et les textes du Coran inscrits sur les tambours des coupoles. L'entrée principale et plusieurs parties de l'intérieur sont demeurées inachevées, apportant une preuve exceptionnelle des techniques de construction de l'époque.

Le bien, les sépultures et les vestiges de la vieille ville offrent un important témoignage de l'histoire de l'Asie centrale. Le mausolée est étroitement associé à la diffusion de l'islam dans cette région, à laquelle contribuèrent les ordres soufis, et à l'idéologie politique de Timur.

Critère (i) : Le mausolée de Khoja Ahmad Yasawi est une réalisation exceptionnelle de l'architecture timuride ; il a contribué de manière importante au développement de l'architecture religieuse islamique.

Critère (iii) : Le mausolée et son site représentent un témoignage exceptionnel de la culture de la région d'Asie centrale et du développement de la technologie de la construction.

Critère (iv) : Le mausolée de Khoja Ahmad Yasawi fut un modèle pour le développement d'un type majeur de construction sous la période timuride, devenant une référence importante dans l'histoire de l'architecture timuride.

Intégrité

Toutes les composantes du mausolée de Khoja Ahmad Yasawi ont été incluses dans les limites du bien. Son cadre historique, l'ancienne citadelle et les vestiges archéologiques de la ville médiévale de Yasi servent de zone tampon. 

Le mausolée de Khoja Ahmad Yasawi est considéré comme stable, bien que les détériorations associées à l'augmentation de l'humidité et de la salinité, due à l'affleurement des eaux souterraines, puissent potentiellement menacer son intégrité structurelle. Pour préserver les conditions d'intégrité, il convient d'atténuer l'impact de la nappe élevée, ainsi que des autres facteurs d'humidité susceptibles d'accroître les risques de condensation et de remontées de sels.

Le mausolée se dresse au milieu de la zone de l'ancienne ville, une zone archéologique dont les maisons ont été détruites au XIXe siècle. Dans la mesure où elle n'a pas été rebâtie, elle offre des perspectives précieuses pour l'archéologie médiévale, puisque les couches culturelles, à tous les stades d'évolution de cet important centre religieux, culturel, économique et administratif d'une grande région, ont été préservées.  

La partie nord du mur de l'ancienne citadelle a été relevée dans les années 1970, offrant un enclos pour le mausolée et ses bâtiments adjacents. La nouvelle ville de Turkestan, qui s'est développée vers l'ouest, a conservé un profil urbain peu élevé, de sorte que le mausolée se signale comme un monument phare qui conserve l'intégrité visuelle requise. Turkestan étant situé dans une vaste plaine, tout bâtiment de grande hauteur hors de la zone tampon aurait un grave impact sur l'intégrité visuelle du mausolée. Cette situation devra être contrôlée par une application permanente des règles d'urbanisme permettant d'assurer la protection requise.

 

Authenticité

Le mausolée de Khoja Ahmad Yasawi conserve un degré d'authenticité exceptionnellement élevé en tant que monument, car il a préservé son plan et son exécution architecturale, ainsi que ses matériaux d'origine. Il n'a pas subi de changements majeurs au fil des siècles et peut être considéré comme une représentation authentique de l'architecture de la période timuride. Bien qu'il ait souffert d'abandon et d'utilisations inappropriées, en particulier au milieu du XIXe siècle, il est mieux préservé que certains autres monuments timurides, tels que le sanctuaire de Bibi Khanum à Samarkand, qui est de dimensions comparables.

Le mausolée a conservé ses voûtes d'origine et une grande part de sa décoration extérieure. Certains vestiges des peintures murales d'origine sont visibles à l'intérieur et il est probable que des restaurations futures mettent au jour d'autres de ces peintures sous les surfaces chaulées.  Les muqarnas des plafonds sont encore en place. L'état inachevé de l'entrée principale et de certaines parties de l'intérieur ajoutent à l'intérêt du monument, nous renseignant sur les méthodes de construction de l'époque.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le mausolée de Khoja Ahmad Yasawi est un monument national, inscrit sur la Liste des biens nationaux du Kazakhstan (décret 38 du 26 janvier 1982). Il est propriété de l'État et protégé par la Loi de la République du Kazakhstan sur la protection et l'exploitation du patrimoine historique et culturel (n° 1488-XII, du 2 juillet 1992). Le site du mausolée est inclus dans le Plan des zones de protection des monuments historiques et culturels de la ville de Turkestan (1986), préparé sous le contrôle du Ministère de la culture par l'Institut d'État pour la recherche scientifique et la programmation des monuments de culture matérielle (NIPI/PMK, Almaty). Dans les limites qui sont les siennes, le site jouit du plus haut niveau de protection. Ses limites sont adjacentes à des zones d'urbanisme contrôlé soumises à différentes réglementations et à une zone de cadre naturel protégé. Le plan a été approuvé par le Comité de la culture et confirmé par décret n ° 628 du 22 novembre 1988, toujours en vigueur.

Au niveau national, la gestion du bien est placée sous la responsabilité du Comité de la culture du Ministère de la culture et de l'information. Localement, l'entretien du mausolée et de son cadre est confié au musée-réserve d'État historique et culturel « Azret-Sultan », créé sous le contrôle du Comité de la culture du Ministère de la culture et de l'information (décret 265 du 28 août 1989). Le musée-réserve comprend le complexe architectural du mausolée de Khoja Ahmad Yasawi, les vestiges archéologiques de la ville médiévale de Yasi, dans les limites de la zone tampon, et les monuments adjacents secondaires. La tâche principale du musée-réserve   consiste à assurer la protection et la préservation des monuments archéologiques et architecturaux dans leur état authentique, de leurs intérieurs, du cadre historique et des territoires associés. Le musée-réserve élabore ses activités en coopération avec l'Institut de la« Kazrestavratziya », l'Institut d'archéologie de l'Académie des sciences et d'autres organismes concernés, effectue des études historiques du site et de ses monuments, développe les fonds et les collections du musée pour la recherche scientifique et les rend accessibles au grand public. Depuis l'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial, le budget annuel et le personnel permanent du musée-réserve se sont accrus. L'entreprise d'État « Kazrestavratziya », sous contrôle du Ministère de la culture, est chargée depuis 2006 des projets de conservation et de leur mise en œuvre. 

Le plan de répartition en zones de protection (Plan des zones de protection des monuments historiques et culturels de la ville de Turkestan) (1986) n'a pas été intégré au dernier plan de développement de la ville de Turkestan. Le musée et la « Kazrestavratziya » travaillent à la révision du plan de répartition en zones de protection, en vue de son adoption légale et de son intégration dans le nouveau plan directeur de la ville de Turkestan, afin de renforcer le contrôle des constructions qui sont en cours à l'extérieur immédiat de la zone tampon. Cette mesure permettra la complète résolution des problèmes posés par l'augmentation des pressions exercées sur le bien et sa zone tampon, résultant des constructions illégales et de grande hauteur.

Le plan de gestion pour la période 2004-2009 n'a pas été appliqué et a besoin d'être mis à jour. Un nouveau plan de gestion quinquennal pour la protection et la préservation du mausolée de Khoja Ahmad Yasawi et des monuments architecturaux et archéologiques de l'ancienne ville de Turkestan, axé sur le bien et sa zone tampon, est en cours d'élaboration. Le Ministère de la culture prévoit de réviser et d'actualiser le plan de gestion à long terme du mausolée, qui abordera les questions liées à la sauvegarde, à la recherche, à la conservation, au suivi, à l'entretien, à l'éducation et à la formation, au contrôle des visites, à la sensibilisation du public et à la préparation aux risques. Le plan de gestion, qui sera élaboré en coopération avec les associations et les autorités concernées par le site, devrait prévoir des directives en matière de conservation, indiquant les méthodes adéquates de restauration des peintures murales, des éléments en bois et en métal et des finitions de surfaces.

La gestion et la conservation durables du bien exigeront l'affectation de ressources financières, techniques et matérielles appropriées. On aura besoin d'une équipe technique qualifiée et permanente composée de techniciens spécialisés et d'artisans qualifiés responsables de l'entretien du bien. Un centre de documentation sur le bien et sa zone tampon seront aussi des outils importants pour faciliter les efforts de conservation et de gestion et promouvoir une plus grande prise de conscience des questions législatives et de préservation du patrimoine.

 

Description longue

Le mausolée de Khoja Ahmad Yasawi et son site représentent un témoignage exceptionnel de la culture de l'Asie centrale et du développement des techniques de construction. Il fut un prototype pour le développement de modèles architecturaux majeurs de l'époque timuride, et devint ainsi un point de référence fondamental dans l'histoire de cette architecture, tout en contribuant de manière significative au développement de l'architecture religieuse islamique.

Les origines de la ville moderne de Turkestan remontent au début du Moyen Âge. D'abord appelée Yasi, c'était un faubourg de Shavgar, dans la région de Syr Daria, à la croisée de cultures agraires et nomades. Shavgar devint un grand centre d'artisanat et de commerce, mais Yasi le supplanta à partir du XIIe  siècle. Le pèlerinage sur la tombe d'Ahmad Yasawi contribua également à son développement. Dans les années soixante-dix du XIVe  siècle, Tamerlan (1328-1405) devint le nouveau souverain de l'Asie centrale, et son règne s'étendit de la Mésopotamie et de l'Iran à la Transoxiane. Sa capitale se trouvait à Samarkand.

La politique menée par Tamerlan prévoyait entre autres la construction d'édifices publics et de lieux de culte (mosquées, mausolées, medersas ) dans des régions comme le Syr Daria, où les villes, mais aussi le mausolée d'Ahmad Yasawi, étaient des avant-postes fondamentaux à la frontière nord de son territoire. Tamerlan voulait contribuer ainsi à la diffusion de l'islam, mais plus encore réaliser des objectifs politiques bien précis. Le mausolée de Khoja Ahmad Yasawi, un distingué maître soufi du XIIe  siècle, se trouve au sud du Kazakhstan, dans la ville de Turkestan (Yasi). Le mausolée a été construit dans l'aire de l'ancienne citadelle, au nord-est de la ville ancienne, qui est aujourd'hui un site archéologique ouvert. Une zone de protection de la nature se trouve au sud, tandis que la ville de Turkestan entoure les autres côtés du bien, qui se limite au mausolée d'Ahmad Yasawi ; la zone tampon couvre la partie archéologique de la ville ancienne.

La construction du mausolée, effectuée pour l'essentiel entre 1389 et 1399, se poursuivit jusqu'à la mort de Tamerlan, survenue en 1405. Les parties inachevées de l'édifice - son entrée, et certaines salles internes - nous renseignent sur les techniques de construction alors en vigueur. Au XVIe  siècle, le principal portail du mausolée fit l'objet de réparations et d'une reconstruction ; son arc fut réparé par Abdullah Khan, le gouverneur de Bokhara. Entre cette époque et le XIXe  siècle, Turkestan demeura la résidence des khans du Kazakh. Au cours du XIXe  siècle, le khan Kokand transforma le mausolée en forteresse, et construisit tout autour un mur défensif en briques d'argile crue.

Le mausolée est l'un des plus grands construits au cours de l'époque timuride. Il existe quelques autres édifices aux environs, notamment des mausolées consacrés à des personnages importants, de petites mosquées et un établissement de bains médiéval. Vers le nord, le mausolée est séparé de la ville neuve par un tronçon de l'ancien mur d'enceinte, qui y a été reconstruit. L'édifice est fait de briques cuites liées au mortier de gypse mélangé à de l'argile (ganch). Les fondations étaient formées, à l'origine, de couches d'argile, mais elles ont été récemment reconstruites en blocage. L'entrée principale se trouve au sud-est, où l'iwan mène dans une salle principale carrée, le Kazandyk , couverte par une coupole hémisphérique qui est la plus grande d'Asie centrale, avec ses 18,20 m. Le centre de cette salle est occupé par un chaudron en bronze utilisé à des fins rituelles (kazan ), et daté de 1399. La tombe de Khoja Ahmad Yasawi (Gur khana), qui est la salle la plus importante, se trouve sur l'axe central, à l'extrémité nord-ouest de l'édifice ; le sarcophage est placé au centre.

L'édifice comporte aussi des salles destinées à différents usages : salles de réunions, réfectoire (Ash khana), bibliothèque (Kitab khana) et mosquée. Cette dernière est la seule salle qui ait conservé des lambeaux de ses peintures murales d'origine, formées de motifs géométriques et floraux peints en bleu clair. L'intrados des coupoles est décoré de stalactites d'albâtre (muqarnas). Le parement externe des murs est revêtu de carreaux vernissés qui présentent de grands dessins géométriques et des décors épigraphiques, caractéristiques de l'architecture timuride.

Les murs sont ornés de belles inscriptions coufiques, et le tambour des coupoles de textes du Coran. L'édifice, qui était encore inachevé à la mort de Tamerlan, ne fut jamais terminé, si bien que la finition des murs de l'entrée principale n'a jamais été faite, et que les deux minarets prévus n'ont jamais été construits.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Le soufisme (tassawwuf du mot « laine » en arabe) est un mouvement mystique musulman. Il se développa en tant que mouvement psycho-spirituel et mystique de l'Islam dès le IXe et le Xe siècle. Les idées soufies évoluèrent surtout aux XIIe et XIIIe siècles dans la pensée et les écrits de personnages tels que Attar (mort en 1221), Ibn Arabi (1165-1240) et Jalal al-Din Rumi (1207-1273).

Au début du XIIe siècle, le soufisme se développa en plusieurs écoles régionales, dont la branche turque fut dirigée par Khoja Ahmad Yasawi. Le soufisme fut l'une des forces qui soutint la propagation de l'Islam, empêchant son effondrement, en particulier durant la période difficile qui suivit l'invasion mongole au XIIe siècle. Yasawi est né à Yasi ou Ispidjab (Sairam) en 1103. Après une première instruction reçue de son père, il étudia à Boukhara, un des principaux centres de l'Islam à l'époque. Il passa la plus grande partie de sa vie à Yasi et y mourut en 1166. Sa contribution fut fondamentale pour l'Asie centrale où il popularisa le soufisme et contribua à la propagation de l'Islam.

La ville de Turkestan : La ville moderne de Turkestan est liée aux anciennes villes kazakhes, et son origine remonte au début du Moyen Âge. Jusqu'au XVIe siècle, on l'appela Yasi. Au début, elle fut une banlieue de Shavgar, dans la région du Syr Daria, au croisement des cultures nomades et agricoles. Shavgar se développa en un grand centre artisanal et commercial ; à partir du XIIe siècle, Yasi la supplanta. Ce fut aussi un des quelques lieux qui ne semble pas avoir été détruit par les Mongols au XIIIe siècle. Le pèlerinage au sépulcre de Ahmad Yasawi fut un facteur supplémentaire qui contribua au développement de la ville.

Dans les années 1370, Tamerlan (1328-1405) domina l'Asie centrale et son empire s'étendit de la Mésopotamie à l'Iran et à la Transoxiane. Sa capitale fut Samarkand. La politique de Tamerlan comprenait aussi un volet concernant la construction d'édifices publics et cultuels monumentaux (mosquées, mausolées, médersas) dans des régions comme le Syr Daria où les villes étaient des avantpostes vitaux sur la frontière nord de son empire ; le mausolée de Ahmad Yasawi faisait partie de cette politique. En effet, le souhait de Tamerlan était de contribuer à la diffusion de l'Islam, mais encore plus de remplir des objectifs politiques spécifiques. Considérant que les ordres soufis déterminaient le soutien des tribus nomades des steppes, la construction de ce remarquable sanctuaire visait à gagner le soutien des Soufis et de la grande communauté nomade, qui, autrement, auraient pu présenter un risque pour son pouvoir. On dit qu'il participa personnellement à la conception du mausolée, qui fut construit en même temps que la mosquée de Samarkand. Pour la première fois en ce lieu, Tamerlan utilisa une équipe de maîtres constructeurs immigrés de Chiraz et Ispahan. L'architecture de l'édifice présentait une innovation de l'organisation spatiale, de nouveaux types de voûtes et de coupoles, repris par la suite dans les différentes capitales.

Du XVIe au XVIIIe siècle, Turkestan fut la capitale et la résidence du Khanat du Kazakh, devenant le plus grand centre commercial et artisanal. Le mausolée d'Ahmad Yasawi était le monument remarquable de la ville et plusieurs puissantes personnalités furent enterrées à proximité. Toutefois, les luttes politiques et le déclin des routes commerciales terrestres au profit des routes maritimes entraînèrent le déclin de la vie de la cité. En 1864 Turkestan fut envahie par l'armée russe. La vieille ville fut détruite et désertée. Une nouvelle gare ferroviaire fut construite à l'écart de la ville ancienne, devenant le nouveau centre de développement. Quelques habitations vernaculaires ont été construites près de la vieille ville appelée « Eski Turkistan ». Aujourd'hui, la vieille ville est un site archéologique et l'un des 14 sites de réserve muséale au Kazakhstan.

Le mausolée: la construction fut réalisée entre 1389 et 1399 et se poursuivit jusqu'à la mort de Tamerlan en 1405. L'édifice demeura inachevé au niveau de l'entrée et de certaines parties de l'intérieur, fournissant ainsi des informations visuelles sur les méthodes de travail de l'époque. Au XVIe siècle, le portail principal fut restauré et reconstruit et la voûte réparée sur l'ordre d'Abdullah Khan, gouverneur de Boukhara. De cette époque jusqu'au XIXe siècle, Turkestan fut la résidence des khans du Kazakh. Au XIXe siècle, le khan de Kokand transforma le mausolée en forteresse et l'encercla d'un mur de défense en briques de terre. En 1864, lorsque l'armée russe prit le Turkestan, l'édifice était en très mauvais état. En 1872, les autorités décidèrent de le préserver. À partir de 1938 l'édifice a été régulièrement entretenu et, depuis 1945, plusieurs campagnes de restauration se sont succédées, la dernière datant de 1993 à 2000. Pendant la période soviétique, ce monument fut considéré comme un bâtiment historique et un musée. Depuis l'indépendance du Kazakhstan en 1991, sa fonction spirituelle a prévalu et il en est même venu à symboliser l'identité nationale.

Source : évaluation des Organisations consultatives