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Parc national de Purnululu

Purnululu National Park

The 239,723 ha Purnululu National Park is located in the State of Western Australia. It contains the deeply dissected Bungle Bungle Range composed of Devonian-age quartz sandstone eroded over a period of 20 million years into a series of beehive-shaped towers or cones, whose steeply sloping surfaces are distinctly marked by regular horizontal bands of dark-grey cyanobacterial crust (single-celled photosynthetic organisms). These outstanding examples of cone karst owe their existence and uniqueness to several interacting geological, biological, erosional and climatic phenomena.

Parc national de Purnululu

Le Parc national de Purnululu (239 723 ha), situé dans l’État d’Australie occidentale, contient le massif très découpé des Bungle Bungle, composé de grès quartzique du dévonien érodé pendant 20 millions d’années. Il en reste un ensemble de tourelles et de cônes en forme de ruches aux flancs abrupts, à la surface striée de bandes horizontales de croûte gris foncé de cyanobactéries (organismes photosynthétiques unicellulaires). Ces exemples exceptionnels de karst à cônes de grès doivent leur existence et leur caractère unique à l’interaction de plusieurs phénomènes géologiques, biologiques, climatiques et de l’érosion.

منتزه بورنولولو الوطني

يشمل منتزه بورنولولو الوطني (239723 هكتارا) الواقع في أوستراليا الغربية سلسلة جبال البانغل بانغل المتراصة والشديدة التقطّع. يتميز المنتزه بتكوينه من الكلس الصوّاني الديفوني المتآكل خلال 20 مليون سنة. وقد بقي منه مجموعة بريجات ومخروطيات على شكل خلايا ذات منحدرات قاسية لها سطح مزيّح أفقياً باللون الرمادي الغامق بالسيانو باكتيريا (الطحالب الزرقاء سابقاً) (جسيمات مثيلية ضوئية أحادية خلية). وتعود أمثلة التضاريس الكلسية الاستثنائية هذه التي تشمل المخروطيات الصلصالية في وجودها وطابعها الفردي إلى تفاعل عدد من الظواهر الجيولوجية والبيولوجية والطقسية والتآكلية.

source: UNESCO/ERI

波奴鲁鲁国家公园

占地面积239 723公顷的波奴鲁鲁国家公园位于西澳大利亚州。公园内有挺拔独立的“嘣咯嘣咯山”(Bungle Bungle Range)。泥盆纪时代的石英砂经过2000万年的侵蚀,形成了蜂巢状塔形和圆锥形山峦。这些山峦的峭壁上是规则的暗灰色水平带,由古代藻青菌(一种能进行光合作用的单细胞生物)沉积而成。这些极具特色的圆锥形喀斯特地貌,是由地质变化、生物影响、侵蚀作用和气候变化等诸多因素之间相互影响而形成的。

source: UNESCO/ERI

Национальный парк Пурнулулу

Парк Пурнулулу, площадью 239,7 тыс. га, располагается на севере штата Западная Австралия, в районе сильно расчлененного хребта Бангл-Бангл, образованного песчаником девонского возраста. За последние 20 млн. лет этот песчаниковый массив под воздействием сил эрозии приобрел вид причудливых конических останцев, островных элементов рельефа. На крутых бортах четко видны темные горизонтальные слои – результат жизнедеятельности цианобактерий. Этот ярчайший пример конического карста возник благодаря редкостному сочетанию геологических, биологических и климатических факторов.

source: UNESCO/ERI

Parque Nacional de Purnululu

Este sitio de 239.723 hectáreas está situado en el Estado de Australia Occidental y comprende el macizo de los Bungle Bungle. Este núcleo montañoso de arenisca cuarzosa, sumamente recortado, data del periodo devónico y ha estado sometido a la erosión durante 20 millones de años. El desgaste ha creado un conjunto de torrecillas y conos en forma de colmenas con flancos de pendiente muy pronunciada, cuya superficie está estriada en bandas horizontales por una capa de color gris oscuro formada por cianobacterias (organismos fotosintéticos unicelulares). Este conjunto kárstico excepcional de conos de arenisca es producto de la interacción de diversos fenómenos geológicos, biológicos, climáticos y erosivos.

source: UNESCO/ERI

パーヌルル国立公園 

source: NFUAJ

Nationaal Park Purnululu

Het Nationaal Park Purnululu is bijna 240.000 hectare groot en ligt in Noordwest-Australië. Onderdeel van het park zijn de diep uitgesneden ‘Bungle bungle’-bergen van kwartszandsteen uit het Devoon-tijdperk. Meer dan 20 miljoen jaar heeft er erosie plaatsgevonden waardoor er bijenkorfachtige kegels zijn ontstaan. Hun steile hellingen worden nadrukkelijk gemarkeerd door regelmatig verdeelde, horizontale, donkergrijze strepen van een korst van cyanobacterieën (een eencellig fotosynthetisch organisme). De dramatisch gebeeldhouwde structuren zijn ongeëvenaard in hun schaal, omvang, grandeur, verscheidenheid van vorm en schoonheid. Zo veranderen de kegels qua kleuren per seizoen en na regen.

Source : unesco.nl

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© Evergreen
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Parc national de Purnululu, situé dans la région de Kimberley en Australie occidentale, s’étend sur une superficie presque de 240 000 h. Cette région isolée est gérée comme un milieu sauvage. Le bien comprend le massif des Bungle Bungle, paysage spectaculairement entrecoupé de roches sculptées parmi lesquelles figurent notamment des exemples exceptionnels de karst gréseux à cônes s’élevant jusqu’à 250 mètres au-dessus d’une savane semi-aride. Résultat de processus uniques de dépôt et d’érosion, les extraordinaires bandes orange et noir de ces élévations se sont formées sous l’action biologique de cyanobactéries (organismes photosynthétiques unicellulaires), qui stabilisent et protègent ces anciennes formations gréseuses. Ces remarquables exemples de karst à cônes qui se sont érodés pendant 20 millions d’années sont d’une grande beauté et revêtent un intérêt géologique inestimable.      

 

Critère (vii) : Bien que le Parc national de Purnululu ne soit largement connu en Australie jusqu'à récemment et reste relativement inaccessible, il est reconnu au niveau international pour sa beauté naturelle exceptionnelle. La principale attraction panoramique est la gamme extraordinaire de tourelles coniques en forme de ruches et regroupées qui se trouvent dans le massif des Bungle Bungle. Ces tourelles sont devenues l'emblème du parc et sont un des attraits naturels de l'Australie célèbres au niveau international. Les structures sculptées de manière saisissante, sans égal à cette échelle, dans cette étendue et dans la grandeur et la diversité des formes où que ce soit dans le monde, subissent des variations saisonnières remarquables dans leur apparence, y compris des transitions de couleurs frappantes après la pluie et le positionnement de soleil. Le labyrinthe de tourelles est accentué par des gorges sinueuses, étroites, aux pentes raides, ourlées de majestueux palmiers Livistona en éventail. Ces caractéristiques et les falaises abruptes qui s'élèvent jusqu'à 250 m de haut sont coupées par des cascades et des mares saisonnières - important attrait touristique pour le parc - et répondent à des noms évocateurs tels qu’Echidna Chasm (le Chaos de l'Échidné), Piccaninny et les Gorges de la Cathédrale. La diversité des reliefs et des écosystèmes, ailleurs dans le parc, est représentative du paysage semi-aride où  Purnululu est située et constitue une toile de fond agréable pour le massif.

 

Critère (viii) : Les Bungle Bungle sont, de loin, l'exemple le plus exceptionnel de karst gréseux à cônes dans le monde et doivent leur existence et leur caractère unique à plusieurs phénomènes géologiques, biologiques, érosifs et climatiques interdépendants.

Le karst gréseux du Parc national de Purnululu a une grande importance scientifique car il démontre clairement le processus de formation de karst à cônes dans le grès - un phénomène qui n'est reconnu par les géomorphologues ce n’est que récemment  et qui n'est pas encore totalement compris. Le massif des Bungle Bungle du PNP illustre aussi, à un degré exceptionnel des processus géomorphologiques de dissolution, altération et érosion dans l'évolution d'un relief soumis à un régime climatique de savane, dans un paysage ancien et stable du point de vue sédimentaire.

Intégrité

Le Parc national de Purnululu comprend la totalité du massif des Bungle Bungle, principale caractéristique du bien du patrimoine mondial. Le massif est entouré de toutes parts de terres protégées, y compris, au nord, au sud et à l’est, dans le parc même, par des plaines de sable où règnent les spinifex et des acacias. A l’ouest, le paysage est dominé par le massif d’Osmond, qui se dresse dans la Réserve de conservation de Purnululu (RCP) attenante. On considère que ces zones tampons garantissent de manière suffisante la protection des valeurs de patrimoine mondial des Bungle Bungle, bien qu’il ait été recommandé que le PCP et la zone pastorale environnante soient incorporés au Parc, et ce afin de renforcer la protection et la délimitation du site. Les limites actuelles du Parc ne sont pas idéales car elles suivent essentiellement des cours d’eau plutôt que les limites de bassins hydrographiques. Elles peuvent donc être perméables aux impacts nuisibles provenant des bassins hydrographiques situés en amont du parc dans les zones voisines, par exemple les déchets et les effluents issus des activités minières.

Depuis l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial, de vastes surfaces ont été ajoutées aux réserves contiguës au bien. En conséquence, le Parc est entièrement entouré de grandes étendues de réserves de conservation. Les réserves comprennent la Réserve de conservation de Purnululu du gouvernement d’Australie occidentale et la Réserve de régénération de l’Ord. 

La question des impacts provenant de l’extérieur de la réserve relève de la loi sur la protection de l’environnement et la conservation de la biodiversité (Environment Protection and Biodiversity Conservation Act) de 1999 du Gouvernement australien, qui concerne tout impact potentiel produit sur les valeurs de patrimoine mondial du bien. Si, au moment de l’inscription, personne ne résidait à titre permanent sur le bien, à l’heure actuelle trois “zones concessionnaires d’habitation” sont occupées à titre saisonnier par les propriétaires traditionnels. Les litiges fonciers qui opposent la Communauté autochtone (titres revendiqués par les Autochtones sur les terres visées) à l’État sont en cours de résolution. 

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le Parc national de Purnululu, bien du patrimoine mondial, fait partie du domaine public et jouit d’une solide protection juridique. Il est administré au quotidien par le gouvernement d’Australie occidentale. Les rangers résident dans le Parc dans le cadre de leurs fonctions mais pendant la saison humide, de décembre à début avril, le Parc est fermé. 

L’accès par voie terrestre au Parc et la circulation dans le site sont difficiles en raison de l’éloignement de la région et de la localisation du bien, à la limite de la partie de l’Australie caractérisée par un climat de mousson. Le financement des infrastructures a servi à améliorer les sentiers de randonnée, la piste d’atterrissage et l’hélistation. Les survols aériens sont réglementés et des couloirs aériens ont été définis afin de contrôler le bruit et de faciliter la sécurité.

Bien qu’au fil du temps le nombre de visiteurs ait augmenté, les mesures de gestion actuelles suffisent à faire face aux incidences éventuelles. Le financement des infrastructures s’est accru dès lors que le Parc a été inscrit au patrimoine mondial. Cependant, en raison de l’éloignement de la région, le maintien d’un effectif suffisant s’avère parfois difficile. Par le passé, le pâturage du bétail et des ânes sauvages a entraîné des effets préjudiciables. Au moment de l’inscription, le problème du bétail errant et des autres animaux nuisibles n’avait pas été réglé et a exigé la coopération des propriétaires voisins. Les espèces envahissantes comme les chats sauvages et, plus récemment, l’arrivée imminente de crapauds géants sont des problèmes auxquels il est nécessaire de remédier.

Les incendies constituent eux aussi un grave sujet de préoccupation, et ce d’autant plus que le couvert végétal a à présent regagné les zones autrefois dévolues au surpâturage. Diverses mesures sont prises pour faire face à cette menace, telles que les brûlages dirigés pendant la mousson. 

L’impact potentiel des activités minières sur les valeurs de patrimoine universel est bien géré au moyen de diverses mesures. En premier lieu, le gouvernement de l’état interdit la prospection et l’exploitation minières dans le Parc. En second lieu, bien que ces activités soient autorisées dans les zones voisines du Parc de conservation de Purnululu et de la Réserve de régénération de l’Ord, toute incidence potentielle sur les valeurs de patrimoine universel relève de l’Environment Protection and Biodiversity Conservation Act 1999 (loi EPBC) du Gouvernement australien.  

Depuis juillet 2000, toute activité pouvant entraîner un impact non négligeable sur le bien doit être conforme aux dispositions de la loi EPBC, qui réglemente les activités qui auront ou sont susceptibles d’avoir un impact important sur les valeurs du patrimoine mondial. En 2007, Purnululu a été ajouté à la Liste du patrimoine national en considération de son importance pour le patrimoine national aux termes de la loi.

Depuis l’inscription, le changement climatique risque de constituer en outre une menace supplémentaire pour les valeurs de patrimoine mondial du bien. En conséquence, afin de faire face à ces menaces, l’Australie a adopté un ensemble de mesures de portée nationale ainsi qu’à l’échelle du bien.

L’Australie rend compte régulièrement au Comité du patrimoine mondial d’un certain nombre de points relatifs à la gestion du Parc national de Purnululu. Il s’agit notamment de l’ajout de réserves pour élargir la zone tampon du Parc, de mesures garantissant que les activités minières menées en dehors du Parc soient correctement gérées afin d’éviter toute incidence sur les valeurs de patrimoine universel, de la gestion des espèces envahissantes exotiques et du financement du personnel et des infrastructures du Parc.

Description longue
[Uniquement en anglais]

Purnululu National Park is located in the East Kimberley Region of Western Australia located 300 km by road south of Kununurra in Western Australia's Ord Region; the listed area is almost 240,000 ha. There is an adjacent buffer zone to the north and west (the Purnululu Conservation Zone) of approximately 79,600 ha, which is not part of the nominated area. The park comprises four major ecosystems: the Bungle Bungle Mountain Range, a deeply dissected plateau that dominates the centre of the park; wide sand plains surrounding the Bungle Bungles; the Ord River valley to the east and south of the park; and limestone ridges and ranges to the west and north of the park.

The Bungle Bungle Mountains are an unusual and very dramatic plateau of Devonian quartz sandstone, created through a complex process of sedimentation, compaction, uplift (caused by the collision of Gondwanaland and Laurasia approximately 300 million years ago and the convergence of the Indo-Australian Plate and the Pacific Plate 20 million years ago), as well as long periods of erosion. The Bungle Bungle landscape comprises a mass of beehive-shaped towers with regularly alternating, dark grey bands of cynobacterial crust (single-cell photosynthetic organisms). The plateau is dissected by 100-200 m deep, sheer-sided gorges. The cone-towers are steep-sided, with an abrupt break of slope at the base and have domed summits. Their surface is fragile but stabilized by crusts of iron oxide and bacteria. They provide an outstanding example of land formation by dissolutional weathering of sandstone, with removal of sand grains by wind, rain and sheet wash on slopes.

The Bungle Bungle Range is one of the most extensive and impressive occurrences of sandstone tower karst in the world

The grassy Ord River valley on the east and south of the park is deeply incised as a result of crustal uplifting during relatively recent geological times. The wide sand plains between the uplands and the river are composed of infertile black soil covered with grassland and scattered trees. The limestone ridges to the west and Osmand Range to the north are better wooded, especially in the forested Osmand Creek valley. These rocks are believed to be of Cambrian age (550-500 million years old). There are stromatolites in the Osmand range.

Purnululu also has a rich Aboriginal cultural heritage spanning over some 20,000 years. The park provides exceptional testimony to this hunter-gatherer cultural tradition, which has survived to the present day despite the impact of colonization.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

L’activité humaine dans la région existe depuis quelque 40 000 ans. Les datations au carbone 14 indiquent que la première occupation de la vallée de l’Ord, en aval du parc, remonte à quelques 20 000 ans. La grande richesse de vestiges archéologiques, qui restent en partie à découvrir, suggère que la région a été longuement habitée.

Les premières reconnaissances dans la zone eurent lieu en juillet 1879. Les premiers colons arrivèrent dans la région du Middle Ord au milieu des années 1880. En dépit de la découverte de gisements d’or en 1885, l’élevage devint l’activité principale. « Dès juin 1884, le premier troupeau de 4 000 bêtes fut convoyé vers les prairies de l’Ord (…) » ; 6 000 têtes de bétail s’y ajoutèrent l’année suivante. En 1902, la région comptait quelque 47 000 bêtes.

Le bétail en surnombre entraîna une surexploitation des pâturages et « initia un processus destructeur d’érosion intense du paysage », au cours duquel la population aborigène effectua un travail saisonnier non rémunéré dans les fermes, alors même que ses ressources alimentaires naturelles disparaissaient. On estime que la population autochtone a pu se réduire alors de 50 %.

À partir de 1967, des procédures furent lancées pour inverser ce processus. Des programmes de contrôle des troupeaux et de restauration de la végétation furent mis en place et le Pastoral Award de 1968 mis fin aux abus en matière de travail des Aborigènes. Toutefois, en déplaçant les personnes hors des fermes, ces mesures contribuèrent à créer de nouveaux lieux de vie, les humpies [sortes de huttes], bientôt devenus synonymes de dépossession sociale.

À partir de 1985 environ, un grand nombre de bovins et d’ânes (respectivement 25 000 et 4 000) furent retirés pour réduire encore la surexploitation des pâturages. Le parc national fut créé en 1987, lorsque la région devint inhabitée. Cette même année, un programme de feux de protection visant à réduire les incendies de forêt accidentels et à créer des mosaïques de végétation fut lancé. Au milieu des années quatre-vingt-dix, le tourisme était devenu une activité locale en dépit des difficultés d’accès ; le nombre de visiteurs par voie terrestre avoisinait les 20 000 par an, avec peut-être le même nombre de visiteurs survolant le parc chaque année.

En dépit de plus d’un siècle d’intervention extérieure et des fortes modifications du paysage et des structures sociales qui en ont résulté, la proposition d’inscription soutient que les Aborigènes qui vivent près de Purnululu conservent des souvenirs communautaires des pratiques traditionnelles de gestion des terres et des associations ngarrangkarni, et continuent à utiliser les terres pour récolter des aliments naturels et effectuer des rassemblements.

Source : évaluation des Organisations consultatives