jump to the content
  •  

Parc national de Purnululu

Brève description

Le Parc national de Purnululu (239 723 ha), situé dans l’État d’Australie occidentale, contient le massif très découpé des Bungle Bungle, composé de grès quartzique du dévonien érodé pendant 20 millions d’années. Il en reste un ensemble de tourelles et de cônes en forme de ruches aux flancs abrupts, à la surface striée de bandes horizontales de croûte gris foncé de cyanobactéries (organismes photosynthétiques unicellulaires). Ces exemples exceptionnels de karst à cônes de grès doivent leur existence et leur caractère unique à l’interaction de plusieurs phénomènes géologiques, biologiques, climatiques et de l’érosion.

© Evergreen Plus d'images ...

Justification d'inscription

Critère (viii): histoire de la terre et processus géologiques La valeur universelle géologique exceptionnelle est attribuée au massif des Bungle Bungle. Les Bungle Bungle sont, de loin, l’exemple le plus exceptionnel de karst gréseux à cônes dans le monde et doivent leur existence et leur caractère unique à plusieurs phénomènes géologiques, biologiques, érosifs et climatiques interdépendants. Le karst gréseux du PNP a une grande importance scientifique car il démontre clairement le processus de formation de karst à cônes dans le grès – un phénomène qui n’est reconnu par les géomorphologistes que depuis 25 ans et qui n’est pas encore totalement compris malgré un intérêt et des travaux de recherche récemment renouvelés. Le massif des Bungle Bungle du PNP illustre aussi, à un degré exceptionnel, les processus géomorphologiques de dissolution, altération et érosion dans l’évolution d’un relief soumis à un régime climatique de savane, dans un paysage ancien et stable du point de vue sédimentaire. L’UICN considère que le site proposé remplit ce critère.

Critère (ix): processus écologiques La valeur exceptionnelle du PNP pour la biodiversité est attribuée à trois raisons principales: représentation de la diversité du biote australien ; association peu courante des biotes tropical et de désert ; et illustration de l’adaptation et de l’évolution du biote australien. La région de Purnululu présente un exemple intéressant du biote de la zone de transition entre les domaines biogéographiques septentrional (de mousson) et central (aride) d’Australie. Toutefois, vu que les études biologiques du PNP (en particulier pour les reptiles et les invertébrés) sont incomplètes et compte tenu de l’absence de toute analyse comparative nationale ou internationale rigoureuse, l’importance générale des espèces et des écosystèmes du PNP est difficile à déterminer. Le biote semble être plutôt typique et représentatif d’une large zone de transition biogéographique entre l’Australie aride et l’Australie de la mousson à l’échelle du continent plutôt que réellement exceptionnel. Bien des éléments clés se trouvent probablement aussi dans des biens du patrimoine existants tels que le Parc national du Kakadu et le Parc national Uluru-Kata Tjuta. La valeur biologique d’importance universelle exceptionnelle ne peut donc, pour le moment, être confirmée. L’UICN considère que le site proposé ne remplit pas ce critère.

Critère (vii): phénomènes naturels éminemment remarquables ou de beauté exceptionnelle Bien que le PNP ne soit largement connu en Australie que depuis 20 ans et reste relativement inaccessible, il est reconnu au niveau international pour sa beauté naturelle exceptionnelle. La principale attraction panoramique est la gamme extraordinaire de tourelles coniques en forme de ruches et regroupées qui se trouvent dans le massif des Bungle Bungle. Ces tourelles sont devenues l’emblème du parc et sont un des attraits naturels de l’Australie célèbres au niveau international. Les structures sculptées de manière saisissante, sans égal à cette échelle, dans cette étendue et dans la grandeur et la diversité des formes où que ce soit dans le monde, subissent des variations saisonnières remarquables dans leur apparence, y compris des transitions de couleurs frappantes après la pluie. Le labyrinthe de tourelles est accentué par des gorges sinueuses, étroites, aux pentes raides, ourlées de majestueux palmiers Livistona en éventail. Ces caractéristiques et les falaises abruptes qui s’élèvent jusqu’à 250 m de haut sont coupées par des cascades et des mares saisonnières – important attrait touristique pour le parc – et répondent à des noms évocateurs tels que Echidna Chasm (le Chaos de l’Échidné), Frog Hole (le Trou de la Grenouille), Piccaninny et les Gorges de la Cathédrale. La diversité des reliefs et des écosystèmes, ailleurs dans le parc, est représentative de toute la région et n’a pas de qualité esthétique particulière mais constitue une toile de fond agréable pour le massif. L’expérience esthétique puissante qu’offrent les Bungle Bungle a suscité un intérêt important du public et le massif est en bonne place dans la publicité vantant les attraits touristiques de l’Australie aux niveaux national et international, à l’égal du Parc national Uluru-Kata Tjuta. Photographes et écrivains considèrent les Bungle Bungle comme l’une des merveilles naturelles du monde et certains les décrivent comme l’équivalent australien du Grand Canyon. L’UICN considère que le site proposé remplit ce critère.

Description longue

[Uniquement en anglais]

Purnululu National Park is located in the East Kimberley Region of Western Australia located 300 km by road south of Kununurra in Western Australia's Ord Region; the listed area is almost 240,000 ha. There is an adjacent buffer zone to the north and west (the Purnululu Conservation Zone) of approximately 79,600 ha, which is not part of the nominated area. The park comprises four major ecosystems: the Bungle Bungle Mountain Range, a deeply dissected plateau that dominates the centre of the park; wide sand plains surrounding the Bungle Bungles; the Ord River valley to the east and south of the park; and limestone ridges and ranges to the west and north of the park.

The Bungle Bungle Mountains are an unusual and very dramatic plateau of Devonian quartz sandstone, created through a complex process of sedimentation, compaction, uplift (caused by the collision of Gondwanaland and Laurasia approximately 300 million years ago and the convergence of the Indo-Australian Plate and the Pacific Plate 20 million years ago), as well as long periods of erosion. The Bungle Bungle landscape comprises a mass of beehive-shaped towers with regularly alternating, dark grey bands of cynobacterial crust (single-cell photosynthetic organisms). The plateau is dissected by 100-200 m deep, sheer-sided gorges. The cone-towers are steep-sided, with an abrupt break of slope at the base and have domed summits. Their surface is fragile but stabilized by crusts of iron oxide and bacteria. They provide an outstanding example of land formation by dissolutional weathering of sandstone, with removal of sand grains by wind, rain and sheet wash on slopes.

The Bungle Bungle Range is one of the most extensive and impressive occurrences of sandstone tower karst in the world

The grassy Ord River valley on the east and south of the park is deeply incised as a result of crustal uplifting during relatively recent geological times. The wide sand plains between the uplands and the river are composed of infertile black soil covered with grassland and scattered trees. The limestone ridges to the west and Osmand Range to the north are better wooded, especially in the forested Osmand Creek valley. These rocks are believed to be of Cambrian age (550-500 million years old). There are stromatolites in the Osmand range.

Purnululu also has a rich Aboriginal cultural heritage spanning over some 20,000 years. The park provides exceptional testimony to this hunter-gatherer cultural tradition, which has survived to the present day despite the impact of colonization.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

L’activité humaine dans la région existe depuis quelque 40 000 ans. Les datations au carbone 14 indiquent que la première occupation de la vallée de l’Ord, en aval du parc, remonte à quelques 20 000 ans. La grande richesse de vestiges archéologiques, qui restent en partie à découvrir, suggère que la région a été longuement habitée.

Les premières reconnaissances dans la zone eurent lieu en juillet 1879. Les premiers colons arrivèrent dans la région du Middle Ord au milieu des années 1880. En dépit de la découverte de gisements d’or en 1885, l’élevage devint l’activité principale. « Dès juin 1884, le premier troupeau de 4 000 bêtes fut convoyé vers les prairies de l’Ord (…) » ; 6 000 têtes de bétail s’y ajoutèrent l’année suivante. En 1902, la région comptait quelque 47 000 bêtes.

Le bétail en surnombre entraîna une surexploitation des pâturages et « initia un processus destructeur d’érosion intense du paysage », au cours duquel la population aborigène effectua un travail saisonnier non rémunéré dans les fermes, alors même que ses ressources alimentaires naturelles disparaissaient. On estime que la population autochtone a pu se réduire alors de 50 %.

À partir de 1967, des procédures furent lancées pour inverser ce processus. Des programmes de contrôle des troupeaux et de restauration de la végétation furent mis en place et le Pastoral Award de 1968 mis fin aux abus en matière de travail des Aborigènes. Toutefois, en déplaçant les personnes hors des fermes, ces mesures contribuèrent à créer de nouveaux lieux de vie, les humpies [sortes de huttes], bientôt devenus synonymes de dépossession sociale.

À partir de 1985 environ, un grand nombre de bovins et d’ânes (respectivement 25 000 et 4 000) furent retirés pour réduire encore la surexploitation des pâturages. Le parc national fut créé en 1987, lorsque la région devint inhabitée. Cette même année, un programme de feux de protection visant à réduire les incendies de forêt accidentels et à créer des mosaïques de végétation fut lancé. Au milieu des années quatre-vingt-dix, le tourisme était devenu une activité locale en dépit des difficultés d’accès ; le nombre de visiteurs par voie terrestre avoisinait les 20 000 par an, avec peut-être le même nombre de visiteurs survolant le parc chaque année.

En dépit de plus d’un siècle d’intervention extérieure et des fortes modifications du paysage et des structures sociales qui en ont résulté, la proposition d’inscription soutient que les Aborigènes qui vivent près de Purnululu conservent des souvenirs communautaires des pratiques traditionnelles de gestion des terres et des associations ngarrangkarni, et continuent à utiliser les terres pour récolter des aliments naturels et effectuer des rassemblements.

Source : évaluation des Organisations consultatives