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Takht-e Sulaiman

Takht-e Soleyman

The archaeological site of Takht-e Soleyman, in north-western Iran, is situated in a valley set in a volcanic mountain region. The site includes the principal Zoroastrian sanctuary partly rebuilt in the Ilkhanid (Mongol) period (13th century) as well as a temple of the Sasanian period (6th and 7th centuries) dedicated to Anahita. The site has important symbolic significance. The designs of the fire temple, the palace and the general layout have strongly influenced the development of Islamic architecture.

Takht-e Sulaiman

Le site archéologique de Takht-e Sulaiman, dans le nord-ouest de l’Iran, est situé dans une vallée, au milieu d’une région de montagnes volcaniques. Le site comprend le principal sanctuaire zoroastrien, en partie reconstruit sous la période des Ilkhans (Mongols), au XIIIe  siècle, ainsi qu’un temple dédié à Anahita datant de la période sassanide, VIe et VIIe  siècles. Le site a une valeur symbolique importante. La conception du temple du feu, celle du palais et la disposition générale du site ont sensiblement influencé le développement de l’architecture islamique.

تخت سليمان

يقع موقع تخت سليمان الأثري شمال غرب إيران في وادٍ وسط منطقة جبلية بركانية. ويشمل الموقع المزار الزرادشتي الأساسي الذي أعيد بناؤه جزئيًا في حقبة الإيلخانيين (المغول) في القرن الثالث عشر، بالإضافة إلى معبد مخصص لـ"أناهيتا" وعائد إلى الحقبة الساسانية، في القرنين السادس والسابع. وللموقع قيمة رمزية هامة. فتصميم معبد النار والقصر والترتيب العام للموقع تأثير شديد على تطور الهندسة المعمارية الإسلامية.

source: UNESCO/ERI

塔赫特苏莱曼

塔赫特苏莱曼考古遗址在伊朗的西北部,坐落于一个火山地区的山谷中。该遗址包括了索罗亚斯德教避难所的主要部分、伊卡哈尼德(蒙古)13世纪重建地区的一部分、以及萨桑时代(6世纪到7世纪)一些属于阿纳海塔的庙宇,具有十分重要的象征意义。其中火庙宫殿的设计和总体布局都对伊斯兰教建筑的发展产生了深远影响。

source: UNESCO/ERI

Древний город Техте-Солейман

Археологический комплекс Техте-Солейман расположен на северо-западе Ирана, в одной из долин гористого вулканического района. Объект включает главное зороастрийское святилище, частично перестроенное в период власти ильханов (монголов) в ХIII в., а также храм Сасанидского периода VI-VII вв., посвященный богу Анахите, и имеет большое символическое значение. Конструкция храма огня и дворца, а также общая планировка комплекса оказали большое влияние на развитие исламской архитектуры.

source: UNESCO/ERI

Takht-e Sulaiman

El sitio arqueológico de Takht-e Sulaiman se halla en un valle del noroeste del Irán situado en medio de una región de montañas volcánicas. En él se encuentran el santuario zoroástrico más importante –que fue parcialmente reconstruido en época de los iljanidas (siglo XIII)– y un templo del periodo sasánida (siglos VI y VII) dedicado a la diosa Anahita. Además de su importante valor simbólico, los monumentos de este sitio –y más concretamente el trazado global y el diseño del templo del fuego y el palacio– influyeron considerablemente en el desarrollo de la arquitectura islámica.

source: UNESCO/ERI

タハテ・スレマーン 

source: NFUAJ

Takht-e Soleyman

Het archeologische erfgoed van Takht-e Soleyman (Salomon’s troon) ligt in een vallei van een vulkanisch berggebied, in noordwestelijk Iran. De plaats bevat het belangrijkste Zoroastrische heiligdom – gedeeltelijk herbouwd in de periode van het Il-kanaat (Mongoolse periode, 13e eeuw) – en een tempel uit de Sassanidische periode (6e en 7e eeuw) gewijd aan Anahita. De ontwerpen van de vuurtempel, het paleis en de algemene indeling hebben grote invloed gehad op de ontwikkeling van de islamitische architectuur. Takht-e Soleyman is een goed voorbeeld van koninklijke architectuur die de belangrijkste architectonische elementen van de Sassanieden samenvoegt tot een harmonieus geheel, geïnspireerd door de natuurlijke context.

Source : unesco.nl

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Takht-e Sulaiman © Sacred Sites / Martin Gray
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

L’ensemble archéologique appelé Takht-e Sulaiman (« Trône de Salomon ») est situé dans une plaine au milieu d’une région de montagnes dans la province iranienne d'Azerbaïdjan occidental au nord-ouest de l’Iran. Le site a une signification symbolique et spirituelle forte liée au feu et à l'eau - les raisons principales de son occupation depuis les temps anciens - et représente un témoignage exceptionnel de la pérennité d'un culte lié au feu et à l'eau sur une période d'environ 2.500 ans. Les vestiges d'un ensemble exceptionnel d'architecture royale de la dynastie sassanide de Perse (IIIe au VIIe siècles) s’y trouvent dans une composition harmonieuse inspirée par son environnement naturel. Un exemple exceptionnel de sanctuaire zoroastrien est intégré à l’architecture palatiale; cette composition à Takht- e Sulaiman doit être considérée comme un véritable prototype.

Un lac artésien et un volcan sont des éléments essentiels de Takht-e Sulaiman. Au cœur du site se trouve une plate-forme ovale fortifiée qui s’élève à quelque 60 mètres au-dessus de la vallée environnante et mesure environ 350 m sur 550 m. Cette plate-forme comporte un lac artésien, un temple du feu zoroastrien, un temple dédié à Anahita (la divinité des eaux) et un sanctuaire royal sassanide. Le site fut détruit à la fin de l'ère sassanide, mais retrouva une nouvelle vie et fut en partie reconstruit au XIIIe siècle. A environ trois kilomètres à l'ouest, un ancien volcan, le Zendane Sulaiman, s'élève à quelque 100 m au-dessus des terres environnantes. A son sommet se trouvent les vestiges de sanctuaires et de temples qui datent du premier millénaire av J.-C.

Takht-e Sulaiman était le principal sanctuaire et le site plus important du zoroastrisme, la religion d'Etat des Sassanides. Cette ancienne religion monothéiste a eu une profonde influence sur l'Islam et sur la Chrétienté; de même, la conception du temple du feu et du palais royal, et l’agencement général du site, ont eu une influence importante sur le développement de l'architecture religieuse à la période islamique, et a devenu une majeure référence architectural pour des autres cultures à la fois en orient et en occident. Le site possède également des liens symboliques forts, car associés à des croyances beaucoup plus anciennes que le zoroastrisme, ainsi qu’avec des légendes et des personnages bibliques importants.

Le bien, qui couvre 10 ha, comprend également le Tepe Majid, un tumulus archéologique culturellement lié au Zendane Sulaiman; une montagne à l'est de Takht-e Sulaiman qui a servi de carrière pour le site, et le mont Belqeis à 7,5 km au nord-est, sur lequel subsistent les vestiges d’une citadelle de la période des Sassanides. Le patrimoine archéologique de l’ensemble de Takht-e Sulaiman est enrichi par la ville sassanide (qui n'ont pas encore été fouillés) situés dans les 7,438 ha de paysage des zones tampons.

Critère (i) : Takth-e Sulaiman est un ensemble exceptionnel d’architecture royale, regroupant les principaux éléments architecturaux créés par les Sassanides dans une composition harmonieuse inspirée par le contexte naturel.
Critère (ii) : la composition et les éléments architecturaux créés par les Sassanides à Takht-e Sulaiman ont fortement influencé non seulement l’architecture religieuse de la période islamique mais aussi d’autres cultures.
Critère (iii) : l’ensemble de Takht-e Sulaiman est un témoignage exceptionnel de la pérennité d’un culte liée au feu et à l’eau sur une période d’environ deux mille cinq cents ans. Le patrimoine archéologique du site est enrichi par la ville sassanide qui reste encore à fouiller.
Critère (iv) : Takht-e Sulaiman représente un exemple exceptionnel de sanctuaire zoroastrien, intégré à l’architecture palatine sassanide dans une composition qui peut être considérée comme un prototype.
Critère (vi) : en tant que principal sanctuaire zoroastrien, Takht-e Sulaiman est le plus important site associé à l’une des religions monothéistes les plus anciennes du monde. Le site possède des liens symboliques forts, en tant que témoignage de l’association des anciennes croyances, bien plus anciennes que le zoroastrisme, ainsi que dans son association avec des légendes et des personnages bibliques importants.

Intégrité

Les éléments constitutifs de la valeur universelle exceptionnelle du bien se trouvent dans les limites du bien, y compris le lac et le volcan, les vestiges archéologiques liés au sanctuaire zoroastrien et à l’architecture royale de la dynastie sassanide. Les toits en maçonnerie se sont effondrés par endroits, mais la configuration et les fonctions des bâtiments restent évidentes.

Le climat de la région, en particulier la longue saison des pluies et les variations extrêmes de températures, ainsi que l'action sismique, constituent les principales menaces sur l'intégrité des pierres et de la maçonnerie d'origine. Les risques potentiels futurs incluent les pressions dues au développement et la construction d’équipements pour recevoir les visiteurs dans les zones tampons autour des sites. En outre, il existe un conflit potentiel entre les intérêts des agriculteurs et ceux des archéologues, en particulier dans le cas où des fouilles seraient entreprises dans les champs de la vallée.

Authenticité

L’ensemble archéologique de Takht-e Sulaiman est authentique du point de vue de la forme et de la conception, des matériaux et de la matière, de son emplacement et de son cadre, ainsi que, dans une certaine mesure, de l’utilisation et de l'esprit du temple du feu. Comme les fouilles sont récentes, les restaurations et les reconstructions du bien ont été relativement limitées jusqu’à présent ; une section de l’enceinte extérieure près de l'entrée sud a été reconstruite, en utilisant pour la plupart des pierres d'origine trouvées parmi les décombres du mur ; et une partie des voûtes en briques des structures du palais ont été reconstruites avec des briques neuves, mais disposées de la même manière que dans la structure originale. Globalement, ces interventions peuvent être considérées comme nécessaires, et ne compromettent pas l’authenticité du bien, qui conserve son aspect de ruine historique. L’ancien temple du feu est encore utilisé par des pèlerins effectuant des cérémonies zoroastriennes.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Takht- e Sulaiman a été inscrit sur la liste du patrimoine national d’Iran en 1931, et bénéficie d’une protection juridique en vertu de la Loi sur la protection des trésors nationaux (1930, mise à jour 1998) et de la Charte de l’Organisation du patrimoine culturel iranien (n. 3487 - Qaf, 1988). Le bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, qui est propriété du gouvernement de l'Iran, est sous la protection légale et la gestion de l’organisation du Patrimoine culturel, de l'Artisanat et du Tourisme (administrée et financée par le gouvernement de l’Iran). Agissant en son nom, le bureau du patrimoine mondial de Takht- e Sulaiman est responsable de la mise en œuvre des programmes en matière d’archéologie, de conservation, de tourisme et d'éducation, ainsi que de la gestion du site. Ces activités sont financées par l’organisation du Patrimoine culturel iranien, de l'Artisanat et du Tourisme, ainsi qu’occasionnellement par des soutiens internationaux. Le plan de gestion actuel, élaboré en 2010, organise les stratégies et les activités de gestion sur une période de quinze ans.

Pour maintenir la valeur universelle exceptionnelle du bien dans le futur, il faudra mener à bien un suivi périodique sur le site afin de déterminer si le climat ou d'autres facteurs ont des impacts négatifs sur la valeur universelle exceptionnelle, l'intégrité ou l'authenticité du bien ; et faire appel à des standards et à des techniques reconnus internationalement pour assurer une protection adéquate des monuments au moment d'entreprendre tout projet de stabilisation, de conservation, ou de restauration visant à remédier à ces impacts négatifs.

Description longue

Takht-e Sulaiman est un remarquable exemple d'architecture royale, qui rassemble les principaux éléments architecturaux créés par les Sassanides en une harmonieuse composition inspirée par son contexte naturel. La composition et les éléments architecturaux qui y ont été créés par les Sassanides ont exercé une influence importante non seulement sur le développement de l'architecture au cours de l'époque islamique, mais aussi sur d'autres cultures. Cet ensemble représente un remarquable exemple de sanctuaire zoroastrien, intégré à l'architecture palatiale sassanide en une composition qui apparaît comme un véritable prototype.

Le site offre un témoignage important de continuité d'un culte lié au feu et à l'eau pendant une période de plus de 2 500 ans ; son patrimoine archéologique comporte également la ville sassanide, qui n'a pas encore été fouillée.

Takht-e Sulaiman se trouve dans la province d'Azerbaïdjan, dans une région montagneuse située à quelque 750 km de Téhéran : c'est une plaine entourée par une chaîne de montagnes comportant notamment un volcan et un lac artésien.

Le site consiste en une plate-forme ovale qui s'élève quelque 60 m au-dessus de la vallée environnante. La plate-forme mesure environ 350 x 550 m. Elle comporte un petit puits calcaire artésien, qui a formé un lac de 120 m de profondeur environ. De là, de petits torrents alimentent en eau les terres environnantes. Les Sassanides ont occupé le site à partir du Ve  siècle, et construit leur sanctuaire royal sur la plate-forme. Le sanctuaire était entouré par un mur de pierre de 13 m de hauteur, qui comporte 38 tours et 2 entrées (nord et sud) et, apparemment, avait surtout une signification symbolique. Les principaux édifices se trouvent sur le côté nord du lac, et forment un ensemble presque carré de 180 m de côté environ dont le centre est occupé par le temple zoroastrien du Feu (Azargoshnasb). Ce temple, construit en brique cuite, est de plan carré. À l'est du temple, une autre salle carrée était réservée au « feu éternel ». Plus à l'est, le temple d'Anahita présente aussi un plan carré. Les résidences royales se trouvent à l'ouest des temples.

Le lac fait partie intégrante de la composition, et était entouré par un enclos rectangulaire. Dans l'angle nord-ouest de cette aire autrefois enclose se trouve l'iwan occidental, la « galerie Khosro », une voûte de brique massive caractéristique de l'architecture sassanide. Les surfaces étaient enduites de mortier de chaux avec des motifs décoratifs en muqarnas (plafond à décor de stalactites). Le temple, détruit à la fin de l'époque sassanide, retrouva une nouvelle vie au XIIIe  siècle sous l'occupation mongole et certaines de ses parties furent reconstruites, comme le temple du Feu zoroastrien et l'iwan occidental. De nouvelles constructions furent édifiées autour du lac, et notamment deux tours octogonales derrière l'iwan , décorées de carreaux émaillés et de céramiques. Une nouvelle entrée fut ouverte dans les murs principaux, sur l'axe sud du complexe. Les terrains environnants, dans la vallée (y compris dans la zone tampon), contiennent les vestiges d'une ville sassanide qui n'a pas été fouillée. Un four de brique remontant à la période mongole a été découvert 600 m au sud de Takht-e Sulaiman. La montagne située à l'est a été exploitée par les Sassanides comme carrière pour l'extraction de la pierre utilisée dans les constructions.

Le Zendan-e Sulaiman, un ancien volcan, est une montagne conique et creuse située à 3 km environ à l'ouest de Takht-e Sulaiman. Il s'élève à quelque 100 m au-dessus du pays environnant, et son cratère de 80 m de profondeur pour 65 m environ de diamètre était autrefois rempli d'eau. Près du sommet de la montagne, les vestiges d'une série de temples et de sanctuaires ont été datés du Ier  millénaire av. J.-C.

Le mont Belqeis, qui culmine à quelque 3 200 m, se trouve à 7,5 km au nord-est de Takht-e Sulaiman. Son sommet est occupé par les restes d'une citadelle de l'époque sassanide construite en grès jaune, et qui occupe une aire de 50 x 60 m. Les explorations menées à ce jour sur le site indiquent que la citadelle devait renfermer un autre temple du Feu, dont l'orientation indique qu'il entretenait une relation étroite avec Takht-e Sulaiman.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Contexte historique : L'empire perse fut fondé par la dynastie des Achéménides qui régna du VIe au IVe siècle avant notre ère. Par la suite, un nouvel empire fut établi par les Parthes (du IIe siècle au IIIe siècle avant notre ère) qui étaient conscients de leur identité perse, bien que fortement hellénisés. L'empire de la dynastie suivante, celle des Sassanides (du IIIe au VIIe siècle), rétablit la domination perse dans la région et forma une force capable de s'opposer à l'empire romain. Fondée sur l'héritage des Achéménides et imprégnée de la période hellénistique parthe, la dynastie des Sassanides développa un nouveau style architectural et artistique. Cette architecture eut une influence importante aussi bien en Orient qu'en Occident, elle devint la référence majeure dans le développement de l'architecture de la Perse islamique.

Contexte religieux : Depuis les temps anciens, le feu et l'eau comptaient parmi les éléments fondamentaux pour les peuples iraniens. Le feu était considéré comme un messager divin entre le monde visible et le monde invisible des divinités. L'eau était source de vie. Les régions volcaniques étaient donc particulièrement attirantes, surtout lorsqu'il y avait de l'eau, comme c'est le cas pour le site de Takht-e Sulaiman.

La religion de Zoroastre est une religion iranienne. Elle puise ses origines chez le prophète Zarathoustra qui vécut probablement au VIIe siècle avant notre ère ou même avant. Cette religion se caractérise par son aspect monothéiste lié à Ahura Mazda ; elle reconnaît le conflit entre les forces du mal et celles du bien. Ahura Mazda était vénéré par les premiers Achéménides, dont les rituels se déroulaient sans aucun temple, à ciel ouvert, sur des autels du feu. Avec le retour d'un nouveau nationalisme, les Sassanides firent du zoroastrisme une religion d'État et construisirent des temples du feu pour le culte. Le zoroastrisme eut une influence importante sur la chrétienté et l'Islam ; c'est une religion vivante, encore pratiquée en Iran, en Inde et en Asie centrale.

Les Sassanides reconnurent aussi le culte d'Anahita, la déesse de la terre, associée à l'eau. Un temple dédié à Anahita se trouve dans le complexe de Takht-e Sulaiman.

La première période : Le site volcanique où les Sassanides construisirent leur sanctuaire, Azargoshnasb (Temple du feu des chevaliers), plus tard appelé Takht-e Sulaiman (Trône de Salomon), était depuis longtemps l'objet de dévotions. La montagne volcanique creuse, appelée Zendane Sulaiman (la prison de Salomon) est entourée de vestiges de temples et de sanctuaires, datés du premier millénaire avant notre ère. Ceux-ci sont associés aux Manas, qui ont régné sur la région de 830 à 660 avant notre ère. Le cratère, autrefois rempli d'eau, s'est asséché.

La période sassanide : Avec l'arrivée des Sassanides (Ve siècle de notre ère), Zendane Sulaiman perdit son importance au profit de Takht-e Sulaiman, dont la construction démarra au milieu du Ve siècle, sous le règne du roi Sassanide Peroz (459-484). Le site devint un sanctuaire royal zoroastrien sous Khosro Ier (531-579) et Khosro II (591-628), il fut le plus important des trois principaux sanctuaires zoroastriens. Les deux autres n'ont pas été identifiés à ce jour.

La construction de ce site votif coïncide avec l'introduction de la chrétienté comme principale religion de l'Empire romain. La nécessité de renforcer le zoroastrisme peut dont être vue comme un effort pour renforcer l'identité nationale en contrepoint de la chrétienté dans le monde romain. L'importance de Takht-e Sulaiman grandit encore avec l'introduction du culte d'Anahita. L'ensemble royal fut entouré d'une implantation urbaine dans la plaine. Le site fut détruit par l'armée byzantine en 627, en représailles à l'attaque Sassanide de leurs territoires.

La période mongole : Le site gagna de l'importance au XIIIe siècle, lorsque les Mongols Ilkhanides reconstruisirent une partie comme résidence pour Ilkhan Aba-Qaan, qui à l'époque domina l'Iran. La phase de reconstruction inclut le temple du feu et l'Iwan de l'Ouest, ainsi que de nouvelles structures érigées autour du lac. La réhabilitation opérée par les Mongols montre une continuité culturelle particulièrement intéressante pour la revivification de la foi zoroastrienne en pleine période islamique. En raison de ses qualités naturelles et culturelles, le site est associé à divers personnages et thèmes légendaires et bibliques tels que Salomon, le Christ, le paradis sur terre, le Saint Graal, etc.

Phases ultérieures : Après la période Ilkhanide, à partir de la moitié du XIVe siècle, le site fut abandonné et tomba progressivement en ruines. Il fut redécouvert en 1819 par le voyageur britannique, Sir Robert Ker Porter, suivi par d'autres explorateurs. En 1937, le site fut photographié par Erich F. Schmidt et étudié par Arthur U. Pope et Donald N. Wilber. En 1958 il fut exploré par des archéologues suédois. Les premières campagnes des fouilles furent entreprises par l'Institut allemand d'Archéologie sous la direction de R. Naumann et D. Huff dans les années 1970.

Source : évaluation des Organisations consultatives