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Ensemble du temple de la Mahabodhi à Bodhgaya

Brève description

L'ensemble du temple de la Mahabodhi constitue l'un des quatre lieux saints associés à la vie du Bouddha et notamment à son Éveil. Le premier temple a été érigé par l'empereur Asoka au IIIe siècle av. J.C., alors que le temple actuel date du Ve ou VIe siècle. C'est l'un des plus anciens temples bouddhistes en Inde qui soit toujours debout, et l'un des rares temples de la fin de la période Gupta construits entièrement en briques.

Ensemble du temple de la Mahabodhi à Bodhgaya © query_squidier

Justification d'inscription

Critère (i) : Le grand temple de la Mahabodhi (5e - 6e siècle), 50 m de hauteur, est d'une importance immense, étant une des premières construction de temple sur le sous-continent indien. Il est une des rares représentation du génie architectural du peuple indien par la construction de temple en briques durant cette période.

Critère (ii) : Le temple de la Mahabodhi, l’un des rares exemples survivants de constructions anciennes en brique en Inde, a eu une influence importante sur le développement de l’architecture au fil des siècles.

Critère (iii) : Le site du temple de la Mahabodhi offre un témoignage exceptionnel des événements associés à la vie du Bouddha et du culte dont il a été l’objet, en particulier depuis que l’empereur Asoka a construit le premier temple, les balustrades et la colonne commémorative.

Critère (iv) : Le temple actuel est un des plus anciens et des plus impressionnants édifices construits entièrement en briques datant de la période Gupta. Les balustrades sculptées en pierre sont un exemple remarquable des plus anciens bas-reliefs sculptés.

Critère (vi) : L’ensemble du temple de la Mahabodhi à Bodhgaya est directement lié à la vie du Bouddha, car c’est le lieu où il parvint à l’Éveil suprême et parfait.

Description longue

Le temple de Mahabodhi, qui est l'une des rares structures en brique précoces conservées en Inde, a exercé une influence importante sur le développement de l'architecture au cours des siècles. Le temple actuel est l'une des plus anciennes et des plus imposantes structures entièrement construites en brique de la fin de la période gupta. Ses balustrades en pierre sculptée sont de remarquables exemples de reliefs en pierre.

Le complexe du temple est directement associé à la vie de Bouddha (566-486 av. J.-C.) : c'est là que celui-ci parvint, en 531 av. J.-C., à atteindre l'Éveil suprême et parfait, assis sous l'arbre de la Bodhi. Le lieu conserve des souvenirs exceptionnels d'événements liés à sa vie et au culte qui en a procédé, notamment à partir du moment où l'empereur Asoka, en ayant fait un lieu de pèlerinage vers 260 av. J.-C., construisit le premier temple sur le site de l'arbre de la Bodhi. Le complexe sacré de Mahabodhi se trouve au cœur même de la ville de Bodhgaya. Le site consiste en un temple principal et six lieux sacrés compris dans son enceinte, tandis qu'un septième, l'étang aux Lotus, se trouve juste à l'extérieur, au sud.

Le plus important des lieux sacrés est l'arbre géant de la Bodhi (Ficus religiosa) , qui se trouve à l'ouest du temple principal, et dont on suppose qu'il est un descendant direct de celui sous lequel Bouddha passa sa première semaine, et où il connut l'Éveil. Au nord de l'allée centrale, sur une aire surélevée, se trouve le Animeshlochan Chaitya (salle de prière), à l'emplacement où l'on pense que Bouddha passa sa deuxième semaine. Bouddha passa sa troisième semaine à marcher, 18 pas en avant et 18 pas en arrière dans un endroit appelé Ratnachakrama (la promenade dorée), qui se trouve près du mur nord du temple principal. Le lieu où il passa la quatrième semaine est le Ratnaghar Chaitya , au nord-est du mur d'enceinte. Juste après les marches de l'entrée orientale à l'allée centrale, un pilier marque le site de l'arbre Ajapala Nigrodh , sous lequel Bouddha médita au cours de sa cinquième semaine, en répondant aux questions des brahmanes. Il passa la sixième semaine près de l'étang aux Lotus, au sud de l'enceinte, et la septième sous l'arbre Rajyatana , dont l'emplacement est aujourd'hui encore marqué par un arbre.

Le temple principal est construit dans le style classique de l'architecture sacrée de l'Inde. Il s'élève sur un soubassement peu élevé dont les moulures sont décorées de figures représentant du chèvrefeuille et des oies. Au-dessus, une série de niches renferme des images de Bouddha. Plus haut encore se trouvent des moulures et des niches chaitya , puis le shikhara curviligne, la tour du temple, surmontée par l'amalaka et le kalasha (éléments d'architecture dans la tradition des temples indiens). Les quatre angles du parapet du temple sont occupés par quatre statues de Bouddha placées dans de petites chambres-sanctuaires, dont chacune est surmontée par une petite tour. Le temple, orienté vers l'est, est formé d'une petite cour antérieure à l'est, dotée de niches de part et d'autre, qui contiennent des statues de Bouddha.

Près de l'arbre de la Bodhi se trouve une statue de Bouddha installée sur une partie du Vajrasana en grès poli (le trône de Diamant) construit par l'empereur Asoka pour marquer l'emplacement où Bouddha méditait assis. Des piliers de grès y furent ajoutés par la suite, aux Ve et IVe  siècles av. J.-C. En remontant encore l'allée centrale vers le temple principal au sud, un petit sanctuaire dont le fond est occupé par une statue de Bouddha debout, présente les empreintes des pieds (Padas) du Bouddha gravées sur une pierre noire, qui remontent au IIIe  siècle av. J.-C., lorsque l'empereur Asoka proclama le bouddhisme religion officielle de l'État. En remontant encore vers le temple principal, on trouve un édifice qui contient différentes statues de bouddhas et de bodhisattvas. Face à cet édifice se trouve un mémorial à un Mahant hindou qui vécut sur ce site aux XVe et XVIe  siècles. Un groupe de stupas votifs construits par des rois, des princes, des nobles et des laïques se trouve au sud de l'allée.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Le temple de la Mahabodhi à Bodhgaya est un lieu sacré, car c'est là que Bouddha (566-486 avant J.-C.), assis sous l'arbre de la Bodhi, parvient à l'Éveil en 531, à l'âge de 35 ans. Aux alentours de 260 avant J.-C., l'empereur Asoka fait de l'endroit un lieu de pèlerinage, et fait construire le premier temple sur le site de l'arbre de la Bodhi, sous les branches duquel le Bouddha a médité. Il comprend une balustrade autour de l'arbre, et un petit temple à proximité. Asoka offre de surcroît un Vajrasana (trône de diamant) placé au milieu du temple, à l'endroit même où le Bouddha est supposé être resté assis. Des fouilles conduites en 1863 et 1881 mettent le Vajrasana au jour. La plaque d'argile, au musée de Patna, porte des inscriptions des Ier et IIe siècles de l'ère chrétienne montrant qu'un nouveau temple a remplacé celui d'Asoka. Les Indiens construisent une balustrade de pierre sculptée à l'image du dieu soleil, autour du nouveau temple. Il semble que de nombreux ajouts et rénovations aient été réalisés au IIe siècle après J.-C.

Le plus ancien récit historique mentionnant le temple de la Mohabodhi est le fait du voyageur chinois Faxian, et date de 404-405 de notre ère. Le temple principal du site et l'arbre de la Bodhi y sont brièvement mentionnés. Selon lui, une Grande Pagode a été construite sur les quatre sites majeurs dans la vie du Bouddha. En 637 après J.-C., Xuanzang, autre voyageur chinois, arrive à Bodhgaya et y trouve l'arbre de la Bodhi encerclé de murs solides. Dans cette enceinte s'élèvent le grand temple de la Mahabodhi, de 48 m de haut, et un grand et beau sanctuaire. Il mentionne les briques bleutées, le plâtre, les niches contenant des statues dorées du Bouddha, et bien d'autres détails encore. À cette époque, le porche, la tour d'angle et le haut soubassement sont ajoutés au temple principal. Diverses parties du temple ont été datées, comme les balustrades, du IIIe ou du Ier siècle avant notre ère, et le temple lui-même de 450 ou du VIe siècle après J.-C.

On dispose de peu d'informations sur les réparations entreprises du VIIe au XIe siècle, mais il semble que les Birmans, au XIe siècle, aient réalisé des travaux de grande envergure. D'autres ouvrages sont documentés au XIIe siècle. Dans les siècles qui suivent la conquête musulmane, au XIIIe siècle, le temple de la Mahabodhi est déserté et, à partir de là, tombe peu à peu en ruines. Au XIXe siècle, les souverains birmans se lancent dans des travaux de réparation, que les Britanniques reprennent en 1880-1884. En 1949, la loi du temple de Bodhgaya est édictée pour protéger l'édifice, et une campagne de restauration est mise en oeuvre en 1953-1956, suivi d'autres améliorations dans les décennies suivantes.

Source : évaluation des Organisations consultatives