English Français
Aidez maintenant !

Vieille ville de Lamu

Lamu Old Town

Lamu Old Town is the oldest and best-preserved Swahili settlement in East Africa, retaining its traditional functions. Built in coral stone and mangrove timber, the town is characterized by the simplicity of structural forms enriched by such features as inner courtyards, verandas, and elaborately carved wooden doors. Lamu has hosted major Muslim religious festivals since the 19th century, and has become a significant centre for the study of Islamic and Swahili cultures.

Vieille ville de Lamu

La vieille ville de Lamu, qui est le plus ancien et le mieux préservé des lieux de peuplement swahilis en Afrique de l'Est, conserve ses fonctions traditionnelles. Construite en roches coralliennes et de bois de palétuvier, la ville se caractérise par la simplicité de ses formes structurelles, enrichies d'éléments comme des cours intérieures, des vérandas et des portes de bois sculptées avec soin. Siège depuis le XIXe siècle de grandes célébrations religieuses, Lamu est devenue un centre important pour l'étude des cultures islamique et swahilie.

مدينة لامو القديمة

لا تزال مدينة لامو القديمة تحافظ على عاداتها التقليديّة وهي أقدم المناطق التي سكنتها الشّعوب السواحليّة في أفريقيا الشرقيّة وأكثر مدينة قد تمَّت المحافظة عليها. بُنيت هذه المدينة من صخورٍ مرجانيّةٍ ومن خشب الشورى وتتميّز ببساطة أشكال أبنيتها الغنيّة بعناصرَ مثل الساحات الداخليّة والشرفات والأبواب الخشبيّة المنقوشة بدقة. ومنذ القرن التاسع عشر، شكّلت لامو مركزًا للاحتفالات الدينيّة الكبرى، كما أصبحت مركزًا مهمًّا لدراسة الثقافات الاسلاميّة والسواحلية.

source: UNESCO/ERI

拉穆古镇

拉穆古镇是东非最古老、保存最完整的斯瓦希里人聚居地,并仍然保持着它的传统作用。这个镇用珊瑚石和红树林木材建造而成,以简朴的结构为特色,同时,庭院、阳台走廊、精心雕刻的木门为其增添了很多特有风貌。从19世纪开始,主要的穆斯林宗教节日活动都在这里举行,这里也已经成为伊斯兰和斯瓦希里文化的重要研究中心。

source: UNESCO/ERI

Старый город в Ламу

Старый город в Ламу – это старейшее и наиболее хорошо сохранившееся поселение суахили в Восточной Африке, продолжающее выполнять свои традиционные функции. Построенный из кораллового известняка и мангровой древесины, город характерен простотой строительных форм, которые обогащены такими элементами как внутренние дворики, веранды и искусно украшенные резьбой деревянные двери. В Ламу, начиная с XIX в., проводятся крупные мусульманские религиозные праздники, и он превратился в важный центр изучения культур ислама и суахили.

source: UNESCO/ERI

Ciudad vieja de Lamu

La ciudad vieja de Lamu no sólo es el más antiguo y el mejor conservado de los lugares de poblamiento swahilíes del África Oriental, sino que además ha conservado sus funciones tradicionales. Construida con roca de coral y madera de mangle, la ciudad se caracteriza por la simplicidad de sus formas estructurales, enriquecidas por elementos como patios interiores, galerías y puertas de madera primorosamente esculpidas. Sede de grandes celebraciones religiosas desde el siglo XIX, Lamu se ha convertido en un centro importante de estudio de la cultura islámica y la swahili.

source: UNESCO/ERI

ラム旧市街 
ケニア南東部の港町で、インド洋西端部、アフリカ大陸沿岸部のラム群島中のラム島北東部に位置する。もともとペルシアの植民地でザンジバルの土侯の支配下にあったが、19世紀末まではモンバサと並んで、黄金・象牙・奴隷などの集散地として繁栄した。旧市街は東アフリカで最古のスワヒリの居住地であり、その伝統的な様式をよく保存している。19世紀以来、重要な宗教儀式を執り行い、イスラムとスワヒリ文化研究の宝庫となっている。

source: NFUAJ

Oude stad van Lamu

De Oude stad van Lamu ligt op een eiland met dezelfde naam, 350 kilometer ten noorden van Mombasa. Het is het oudste en best bewaarde voorbeeld van een Swahili nederzetting in Oost-Afrika, met behoud van traditionele functies. De stad is gebouwd van koraalsteen en mangrove hout. De Swahili huizen zijn eenvoudig en uniform aan de buitenkant, maar hebben uitvoerig uitgesneden en versierde houten deuren, kenmerkend voor Lamu. De eenvoudige (bouw)structuren van de stad zijn verder verrijkt met binnenplaatsen en veranda’s. Lamu heeft belangrijke islamitische religieuze festivals gehouden sinds de 19e eeuw en is uitgegroeid tot een belangrijk centrum voor de bestudering van islamitische en Swahili culturen.

Source : unesco.nl

  • Anglais
  • Français
  • Arabe
  • Chinois
  • Russe
  • Espagnol
  • Japonais
  • Néerlandais
Vieille ville de Lamu © UNESCO – National Museums of Kenya
Valeur universelle exceptionnelle

 

Brève synthèse

La vieille ville de Lamu, située sur l’île du même nom proche de la côte Est de l’Afrique, à environ 350 km au nord de Mombasa, est le plus ancien et le mieux préservé des lieux de peuplement swahilis d’Afrique orientale.

Avec son centre historique de 16 hectares qui comporte de nombreux édifices, Lamu a conservé son intégrité sociale et culturelle ; elle a également maintenu l’authenticité de son tissu urbain jusqu’à nos jours. Autrefois principal centre commerçant d’Afrique de l’Est, Lamu a exercé une importante influence sur toute la région en matière d’érudition religieuse et culturelle et de compétences techniques. Société étroitement soudée et d’esprit conservateur, Lamu a gardé son rôle éminent de haut lieu d’éducation de la culture islamique et swahilie, comme en témoignent sa fête religieuse annuelle de Maulidi et ses festivals culturels.

Contrairement à d’autres foyers d’implantation swahilis peu à peu abandonnés le long de la côte Est de l’Afrique, Lamu est habitée en permanence depuis plus de 700 ans.

L’expansion et le déclin des ports maritimes sur la côte d’Afrique de l’Est et les interactions entre Bantous, Arabes, Perses, Indiens et Européens représentent une phase culturelle et économique importante de l’histoire de la région, qui trouve son expression la plus remarquable dans la vieille ville de Lamu, son architecture et son urbanisme.

La ville se caractérise par ses rues étroites et ses magnifiques maisons de pierre aux imposantes portes arrondies, inspirées par la fusion unique de styles de constructions swahilis, arabes, perses, indiens et européens. Les édifices du front de mer, avec leurs arcades et leurs vérandas ouvertes, donnent une impression visuelle uniforme de la ville depuis la mer. Quant aux bâtiments de style vernaculaire ils sont décorés à l’intérieur de plafonds peints, de grandes niches (madaka), de petites niches (zidaka), et de porcelaines de Chine. Les bâtiments sont bien préservés et témoignent d’une longue histoire retraçant le développement des techniques de construction swahilies qui utilisent le corail, la chaux et le bois de palétuvier.

L’architecture et la structure urbaine de Lamu montrent de manière vivante les influences culturelles d’Europe, d’Arabie et de l’Inde qui s’y sont mêlées pendant plus de 700 ans, recourant aux techniques swahilies traditionnelles pour produire une culture originale. Le bien se caractérise par son architecture swahilie unique par son organisation spatiale et ses ruelles tortueuses. Ce tracé des rues en labyrinthe s’inspire des traditions arabes de distribution du sol et d’aménagement urbain. L’urbanisme local se définit aussi par ses groupes d’habitations divisées en petits quartiers (mitaa) comprenant chacun des bâtiments regroupant plusieurs lignées de parents d’une même famille.

Considérée par d’éminents chercheurs swahilis comme le berceau de la civilisation swahilie, Lamu est devenue un important centre religieux pour l’Afrique Orientale et Centrale depuis le XIXe siècle, et un pôle d’attraction pour les spécialistes de la religion islamique et de la culture swahilie. C’est aujourd’hui un haut lieu de culture swahilie dont Les habitants ont su maintenir leurs valeurs traditionnelles caractérisées par le sens de l’unité et de la cohésion sociale.

Critère (ii) :L’architecture et la structure urbaine de Lamu démontrent de manière vivante les influences culturelles venues d’Europe, d’Arabie et d’Inde qui s’y sont mêlées pendant plusieurs siècles, utilisant les techniques swahilies traditionnelles pour donner naissance à une culture bien distincte.

Critère (iv) :L’expansion et le déclin des ports maritimes sur la côte d’Afrique de l’Est et les interactions entre Bantous, Arabes, Perses, Indiens et Européens représentent une phase culturelle et économique importante de l’histoire de la région, qui trouve son expression la plus remarquable dans la Vieille ville de Lamu.

Critère (vi) :Son rôle prépondérant de pôle commercial et l’attrait qu’elle présentait pour les érudits et les professeurs conféra à Lamu une importante fonction religieuse (comme en témoignent le Maulidi annuel et les festivals culturels de Lamu) en Afrique Orientale et Centrale. La ville demeure un important centre d’éducation de la culture islamique et swahilie.

Intégrité (2010)

Le bien, qui couvre 16 hectares, intègre comme il convient tous les éléments matériels et immatériels représentatifs de sa valeur universelle exceptionnelle. Un important pourcentage (65 %) des structures matérielles est en bon état ; 20 % seulement des bâtiments exigent une rénovation mineure ; les 15 % restants pourraient nécessiter une restauration totale. La plupart des bâtiments de la ville sont toujours utilisés.

La ville doit maintenir ses relations avec le paysage environnant. Le cadre de la vieille ville est vulnérable aux empiétements et aux aménagements illégaux sur les dunes de Shela qui constituent un élément capital de son environnement. Le développement représente une menace pour l’intégrité visuelle de Lamu, ville insulaire étroitement liée à la mer et aux dunes de sable, ainsi que pour sa sauvegarde à long terme car ces dunes de sable constituent sa principale source d’approvisionnement en eau douce. L’environnement de la ville comprend aussi les îles voisines – qu’il faut toutes protéger contre des installations illégales –, ainsi que les mangroves qui abritent le port.

Authenticité (2010)

L’architecture de Lamu a utilisé des matériaux disponibles sur place et des techniques qui sont encore utilisées. La population de Lamu a su conserver des traditions séculaires qui ont renforcé son sens de l’appartenance et de la cohésion sociale. Le plan de la ville en témoigne avec ses nombreux espaces sociaux tels que les porches (daka), places publiques et lieux de détente (barazas) sur le front de mer. La ville demeure un important centre d’éducation de la culture islamique et swahilie.

L’authenticité de la vieille ville est menacée par le développement et l’absence d’infrastructures adaptées, qui  pourraient avoir un effet néfaste pour les constructions et espaces publics sensibles et relativement fragiles qui donnent à la ville son caractère profondément original.

Eléments requis en matière de protection et de gestion (2010)

La Vieille ville de Lamu est administrée selon la loi de 2006 sur les musées nationaux et le patrimoine (qui remplace la loi CAP 216 de 1983 sur les musées nationaux et la loi CAP 215 sur les antiquités et les monuments) et selon la loi sur les collectivités locales (et ses arrêtés connexes). Les constructions et aménagements sont également régis par l’EMCA (loi sur la coordination de la gestion de l’environnement) et la loi de 2006 sur l’aménagement du territoire, qui reconnaît l’importance de l’étude des vestiges archéologiques. La vieille ville possède une zone tampon classée qui inclut le paysage de mangrove de Manda et Ras Kitau et les dunes de sable de Shela, également respectivement protégés par la législation sur les forêts et la législation sur l’eau (bien que la zone tampon n’ait pas été officiellement approuvée par le Comité du patrimoine mondial). Tous les éléments constitutifs du bien bénéficient donc d’une protection juridique.

Le Bureau de Conservation de la Ville de pierre de Lamu, maintenant renommé Bureau du Site du patrimoine mondial de Lamu et de la Conservation, a été créé par les Musées nationaux du Kenya et est opérationnel depuis 1986. Un responsable de la conservation est détaché auprès de la mairie de Lamu pour donner des avis en matière de conservation. Une Commission de planification, créée en 1991, est chargée de la supervision et traite les nouveaux problèmes de conservation.

Il existe un plan de conservation de la Vieille ville de Lamu qui aide à trouver l’équilibre entre besoins communautaires de développement et maintien des valeurs architecturales de la ville. Le bien est en bon état de conservation. Des institutions locales veillent à ce que Lamu conserve aussi son importance de centre d’éducation culturelle et de pratiques islamiques et swahilies.

Un projet de plan de gestion a été établi pour traiter certains problèmes comme l’expansion spectaculaire d’installations officieuses dans le bien, les empiétements et aménagements illégaux sur le captage d’eau des dunes de sable, le projet de port et de mouillage de bateaux de croisière, et la prospection pétrolière. Ce plan va aussi renforcer les relations interministérielles en vue de favoriser la mise en place d’une politique de gestion intégrée, avec création d’un fonds pour assurer la conservation et la gestion durables du bien.

 

Description longue

Le développement et le déclin des ports maritimes de la côte d'Afrique orientale, ainsi que les contacts entre Bantous, Arabes, Perses, Indiens et Européens, représentent une phase culturelle et économique importante dans l'histoire de cette région, dont la meilleure illustration est certainement la vieille ville de Lamu. L'architecture et l'urbanisme de Lamu reflètent admirablement les influences culturelles venues d'Europe, d'Arabie ou d'Inde qui s'y sont mêlées au cours de plusieurs siècles, tout en recourant à des techniques swahilies traditionnelles pour produire une culture originale.

Les origines de la ville de Lamu remontent au XIIe  siècle, mais le site a probablement été habité plus tôt. La ville actuelle faisait partie d'un certain nombre de cités-États indépendantes de la côte d'Afrique orientale. En 1506, elle fut conquise par les Portugais qui monopolisèrent le commerce maritime et supprimèrent le trafic côtier, en faisant ainsi perdre à cette ville prospère sa position, et en entraînant son déclin progressif.

Sous la protection des sultans d'Oman, le trafic côtier reprit lentement son importance, en suscitant un nouveau développement de Lamu et la construction, par d'habiles artisans et par des esclaves, de maisons et de mosquées édifiées en roches coralliennes et en bois de palétuvier. En 1890, toute la frange côtière au nord de Zanzibar fut assignée à la Compagnie britannique impériale des Indes orientales. Le protectorat d'Afrique orientale, créé en 1895, fut organisé en provinces et en districts sous la nouvelle administration britannique en 1898. Depuis 1963, Lamu fait partie de l'État indépendant du Kenya.

La ville occupe une île qui porte le même nom, située à quelque 250 km au nord de Mombasa. Elle est formée de deux parties distinctes, l'une construite en pierre, l'autre en brique crue. Le centre historique de la ville est formé de grandes maisons construites en roche corallienne et en bois de palétuvier. L'aire un peu plus vaste qui l'entoure est faite de maisons en terre, en clayonnage et en makuti . L'ensemble couvre environ 37 ha, dont la ville construite en pierre n'en occupe que 15,60 environ. Elle se subdivise en trois zones distinctes. La partie la plus ancienne se trouve au nord, avec les aires de Pangahari et de Yumbe qui renferment la Chambre du Conseil et la mosquée du Vendredi ; au cours du XVIIIe  siècle, cette zone s'est étendue vers l'ouest et vers le sud (aire de Mkomani ) ; la rue des bazars court derrière le front de mer ; le fort et les maisons du front de mer ont été construits au XIXe  siècle. Les quelque 400 maisons de l'aire de Mkomani datent pour la plupart du XVIIIe  siècle, et forment la partie la plus vaste et la plus intéressante, sur les plans historique et architectural, de la vieille ville. Elle se caractérise par ses rues étroites et par ses édifices construits sur deux ou trois niveaux, séparés par de petits jardins.

Les maisons swahilies présentent un extérieur simple et uniforme, mais leurs portes sculptées en bois sont particulièrement caractéristiques de Lamu. Leurs murs massifs sont enduits de mortier de chaux. Ces maisons sont dotées d'un porche d'entrée (daka) et d'un vestibule intérieur (tekani) équipé de sièges. Leur intérieur s'organise autour de petites cours (kiwanda) et de galeries ouvertes (misana)  ; elles sont décorées de plafonds peints, de grandes niches (madaka), de petites niches (zidaka) et de porcelaines de Chine.

Le fort de Lamu a été construit entre 1813 et 1821 au sud de la partie de la ville construite en pierre, dont il a suscité l'expansion, notamment sur le front de mer. Le fort est une construction massive dotée de plusieurs étages, avec une cour centrale aujourd'hui utilisée pour des mariages, des réunions et des représentations théâtrales, et qui est ainsi devenu un véritable symbole de la communauté lamu. Les édifices du front de mer, avec leurs arcades et leurs vérandas ouvertes, donnent une impression visuelle unitaire de la ville depuis la mer. L'un des plus vastes d'entre eux, construit en 1892, est devenu aujourd'hui le musée de Lamu, et représente le plus bel exemple de construction à vérandas du XIXe  siècle.

La partie de la ville formée de maisons construites en brique crue couvre une aire de quelque 21 hectares, et s'étend entre Langoni (la partie la plus ancienne, au sud du fort), Tundami (au nord de la vieille ville) et Gademi (la partie la plus récente de la vieille ville). Elle s'est d'abord développée spontanément, mais la plupart de ses maisons ont été transformées par la suite en habitations permanentes avec des murs en blocs de béton et des toits de tôle ondulée. Cette évolution est en grande partie une conséquence des incendies de 1962 et de 1981.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Première phase : La ville de Lamu représente la culture swahilie, fruit des interactions entre les Bantous, les Arabes, les Perses, les Indiens et les Européens (en arabe, « sawahili » signifie « de la côte »). Fondamentalement, la langue swahilie est un mélange de bantou et d'arabe. Culturellement, la région va de l'île de Lamu, au nord, à la Tanzanie et au Mozambique, au sud, longeant la côte est africaine.

Les origines de la ville de Lamu remontent au XIIe siècle, mais le site a été probablement déjà habité auparavant. Les fouilles archéologiques ont démontré qu'il existait deux anciens peuplements swahilis entourés de remparts, l'un au sud et l'autre au nord de la ville actuelle, qui se sont développés au début du XIIIe siècle, parmi d'autres villes État indépendantes sur la côte d'Afrique orientale. Elle a été enregistrée comme grande ville auprès du bureau du Qadi (juge musulman) au milieu du XVe siècle. Elle s'est développée tout d'abord sous la forme de petits groupes de bâtiments en pierre, parmi lesquels la chambre du Conseil, dans le nord de la ville actuelle (Pangahari, Yumbe), où se trouve toujours la mosquée du Vendredi. Le marché originel (Utuku Mkuu, le Grand Marché) s'étend à l'ouest de ce quartier. Plus tard, la ville s'agrandit vers le sud (Mtamwini), avec un quartier au nord du fort, prenant ainsi sa taille définitive au XVIIIe siècle. Lamu tomba ensuite aux mains des sultans d'Oman, et accueillit d'importants flux migratoires composés de marchands indiens venus du Gujarat au XIXe siècle : ce fut l'époque de la construction du nouveau fort, du développement de la rue des bazars, Usita wa Mui, et du quartier bordant la ligne côtière.

L'expansion de Lamu est tout d'abord le fait de la population locale Bantoue et de marins marchands venus de la péninsule arabique, du Golfe persique et d'Extrême-Orient. Les marchands de la ville prospèrent dans un rôle d'intermédiaires entre le continent et l'océan Indien, exportant de l'ivoire et du bois en échange de produits finis comme des vêtements, de la porcelaine et des épices. En 1506, les Portugais envahissent Lamu ; ils s'arrogent le monopole du transport maritime et éliminent le commerce côtier ; la ville jadis prospère perd son statut de cité État, et sombre progressivement dans le déclin. En 1585 et 1588, Lamu et d'autres villes côtières subissent des raids turcs ; les mouvements de rébellion sont écrasés par les Portugais. En 1652, le sultanat d'Oman est appelé à la rescousse pour aider les villes États à renverser le régime portugais ; en 1698, c'est chose faite.

Période omanaise : Sous la protection omanaise, le commerce côtier reprend lentement, amenant à Lamu un regain d'expansion, et la construction - par des artisans compétents et des esclaves - de maisons et de mosquées en roche corallienne et bois de palétuvier. Les maisons des marchands sont décorées de porcelaine chinoise ; dans les plantations travaillent des esclaves, en échange d'une part des récoltes. En 1744, le clan Mazrui prend la tête de Mombasa, formant une alliance avec la ville de Pate dans le nord, et forçant Lamu à renforcer ses défenses. Après une bataille victorieuse en 1813, Lamu invite Seyyid Said Ibn Sultan-al-Busaidi, sultan d'Oman, à installer une garnison pour protéger la ville, ce qui entraîne la construction du fort, achevé en 1821. En 1840, Seyyid Said transfère sa capitale d'Oman à Zanzibar, favorisant ainsi la prospérité de Lamu. Dans les années 1880, le sultan de Zanzibar se voit concéder les îles de Zanzibar, Maria, Pemba et Lamu, et une bande de terre continentale jusqu'à Kipini, au nord. Les terres intérieures sont déclarées ouvertes à l'exploitation européenne.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la population comporte un grand nombre d'esclaves, main d'oeuvre peu onéreuse qui vit à la fois dans l'arrière-pays et dans des maisons. Les hommes libres se décomposent en trois groupes sociaux : les marchands, souvent propriétaires terriens, qui vivent dans des maisons de pierre, les Sharifs qui affirment être des descendants du prophète Mahomet puis, enfin, les pêcheurs et artisans. Au XIXe siècle, Lamu devient un important pôle religieux, du fait des activités tarika (la voie du Prophète) introduites par Habib Swaleh, un Sharif, descendant en droite ligne du prophète Mahomet. Le festival annuel religieux de Maulidi continue à ce jour, attirant de nombreux croyants. Lamu est devenu également un haut lieu du savoir islamique et swahili en Afrique de l'est, du fait du caractère relativement inchangé et conservateur de sa société musulmane.

Période britannique : En 1890, toute la bande côtière au nord de Zanzibar est cédée à la Compagnie Britannique Impériale de l'Afrique de l'Est (Imperial British East African Company). Le protectorat d'Afrique orientale est établi en 1895 et organisé en provinces et districts sous la nouvelle administration britannique en 1898. Lamu devient siège du district de Lamu, administré par un officier britannique résident et par un officier musulman (Liwali, vice-roi). Sous la domination britannique, de nombreuses maisons sont bâties sur le front de mer mais, après la construction du chemin de fer de Mombasa jusqu'en Ouganda en 1901, et le transfert du gouvernement du protectorat de Mombasa à Nairobi, l'économie de la ville décline graduellement. Cet étiolement est dû en partie à l'abolition de l'esclavage à la fin du XIXe siècle et à la perte de cette main d'oeuvre bon marché. Ceci a permis à Lamu de préserver dans une certaine mesure son caractère traditionnel.

Kenya : En 1963, Lamu intègre l'État indépendant du Kenya. Conscient de la valeur culturelle de la ville, le gouvernement autorise en 1974 la première étude de conservation, parrainée par l'UNESCO, et la vieille ville est déclarée monument national en 1983.

Source : évaluation des Organisations consultatives