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Villa d'Este, Tivoli

Brève description

La Villa d'Este à Tivoli avec son palais et son jardin est un des témoignages les plus remarquables et complets de la culture de la Renaissance dans ce qu'elle a de plus raffiné. La Villa d'Este, de par sa conception novatrice et l'ingéniosité des ouvrages architecturaux de son jardin (fontaines, bassins, etc.), est un exemple incomparable de jardin italien du XVIe siècle. La Villa d'Este, un des premiers « giardini delle meraviglie », a servi très tôt de modèle pour le développement des jardins en Europe.

© OUR PLACE The World Heritage Collection

Justification d'inscription

Critère i La Villa d’Este est l’une des illustrations les plus exceptionnelles de la culture de la Renaissance à son apogée. Critère ii Les jardins de la Villa d’Este ont eu une profonde influence sur le développement du paysagisme dans toute l’Europe. Critère iii Les jardins de la Villa d’Este reflètent de façon remarquable les principes de la Renaissance en matière de conception et d’esthétique. Critère iv Les jardins de la Villa d’Este figurent parmi les premiers et les plus beaux des giardini delle meraviglie et symbolisent l’épanouissement de la culture de la Renaissance.

Description longue

Les jardins de la villa d'Este ont exercé une influence considérable sur le développement de l'art des jardins dans toute l'Europe. Ils comptent parmi le plus anciens et les plus beaux des giardini delle meraviglie , et symbolisent l'épanouissement de la culture de la Renaissance.

Le 9 septembre 1550, le cardinal Hippolyte II d'Este (1509-1572) arriva à Tivoli, ville dont il était devenu gouverneur. La résidence officielle qu'on lui avait destinée, dans une partie du monastère de l'église Santa Maria Maggiore, ne lui convenant pas, il décida de construire une splendide villa entourée de jardins dont le dessin est traditionnellement attribué à Pirro Ligorio (1500-1583).

L'ensemble formé par le palais et les jardins forme un quadrilatère irrégulier et couvre une aire d'environ 4,5 ha. Le plan de la villa doit son irrégularité au fait que l'architecte fut obligé d'intégrer certaines parties du monastère antérieur. Côté jardins, l'architecture du palais est très dépouillée : un long corps de bâtiment comportant deux étages, seulement animé par des bandeaux simples, des rangées de fenêtres et des pavillons latéraux qui saillent à peine de son alignement. Cette façade uniforme est interrompue par une élégante loggia centrale, avec deux niveaux et une rampe d'escalier, construite par Raffaello da Firenze et Biasioto (1566-1567) ; le niveau inférieur est occupé par la fontaine de Léda. Les salles principales de la villa sont disposées en ligne sur deux étages, et ouvrent sur les jardins. L'appartement privé du cardinal, formé de quatre salles, est au même niveau que la cour, tandis que les salles de réception, reliées entre elles par un long couloir postérieur appelé la manica lunga , se trouvent au niveau inférieur.

Les jardins de la villa d'Este occupent deux pentes escarpées qui descendent depuis le palais jusqu'à une terrasse plane, au niveau inférieur, à la manière de celles d'un théâtre. La loggia du palais marque l'axe central longitudinal du jardin. Cinq axes transversaux principaux sont en fait, vus depuis la villa, des axes majeurs, puisque chacun d'entre eux s'achève par l'une des grandes fontaines du jardin. Même si l'axe central s'arrête en retrait des Cent Fontaines, pour faire place à un réseau de sentiers diagonaux qui facilitent la remontée vers le palais, il demeure bien le principal axe visuel. Le premier axe transversal principal, qui longe la partie plane du jardin, les Peschiere , est formé d'une suite de trois bassins dont l'extrémité orientale est occupée par la fontana dell'Organo : de forme rectangulaire, celle-ci est composée de deux ordres surmontés par un fronton à double volute. L'orgue hydraulique construit par Claude Vénard s'inspire d'exemples de l'Antiquité ; il produit des sons par l'interaction de l'eau et de l'air. Derrière les Peschiere , deux escaliers mènent à la villa. Ces escaliers latéraux, les scalinate dei Bollori , de 1567, sont flanqués de deux hauts parapets couronnés de bassins d'où se déversent des torrents d'eau. Derrière le sentier transversal des Dragons, l'escalier central est divisé en volées de marches curvilignes autour de la fontana dei Draghi . Ce nymphée et son exèdre forment le véritable centre de cet ensemble. Quatre dragons ailés émergent du milieu d'un grand bassin ovale, crachant des jets d'eau. Le parapet est décoré de vases d'où l'eau jaillit également. L'allée des Cent Fontaines est formée de trois longs bassins superposés qui traversent le jardin dans toute sa largeur.

Toutefois, l'effet le plus saisissant est produit par la grande cascade tombant d'un cratère placé en hauteur au milieu de l'exèdre ; on pouvait y activer soudainement d'autres jets d'eau lorsque des passants insouciants se promenaient sous ses arcades. Derrière l'exèdre se trouve une colline artificielle, comportant trois niches contenant des statues de la sibylle de Tibur avec son fils Melicerte (1568) et des divinités fluviales Erculaneo et Anio. À l'ouest, son pendant est formé par la fontaine de Rome, la Rometta , construite en 1567-1570.

La fontana del Bicchierone (fontaine du Grand Verre), construite sur un dessin du Bernin (1660-1661), a été ajoutée au décor de l'axe central longitudinal au XVIIe  siècle. Cette fontaine a la forme d'un calice dentelé, d'où part un haut jet d'eau qui retombe dans une coquille. C'est également au cours de cette période qu'une grande pergola qui se trouvait à l'origine à l'entrée de la villa fut remplacée par la rotonde des Cyprès (vers 1640), un espace circulaire doté de quatre petites fontaines et entouré de cyprès.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Le 9 septembre 1550, le cardinal Hippolyte II d'Este (1509-1572) fait son entrée à Tivoli dont il a obtenu le gouvernement. Le cardinal est un homme imprégné du raffinement de la cour de Ferrare, des études humanistes et un mécène cultivé qui est entouré d'artistes célèbres, peintres (Girolamo da Carpi, Girolamo Muziano, Federico Zuccari, Livio Agresti, etc.), orfèvres (Benvenuto Cellini), musiciens (Palestrina) et poètes (Le Tasse, l'Arioste). La résidence officielle qui lui est assignée à Tivoli, une partie du monastère de l'église Sainte-Marie-Majeure, ne lui convient pas. Il décide alors de bâtir une splendide villa avec des jardins dont on attribue traditionnellement le projet à l'architecte Pirro Ligorio (1500-1583), « antiquaire » et archéologue qui mena des fouilles à la proche Villa Adriana.

L'église et le monastère sont situés au sommet d'une colline dont la pente est couverte de jardins, de vignes et de quelques maisons et églises. Il faut au cardinal, éloigné un temps du gouvernement de Tivoli et de Rome pour simonie (1555-1559), un peu plus d'une dizaine d'années pour acheter ces terrains et démolir les bâtiments.

Entre 1563 et 1565, le terrain est remodelé pour créer une pente raide qui descend de l'ancien monastère et une autre, plus douce, au nord-est. Une terrasse est formée au sudouest, soutenue par l'ancien mur de la ville.

Dès 1560, un grand effort est consenti pour fournir l'eau nécessaire aux nombreuses fontaines projetées qui doivent orner le jardin. Un aqueduc est tout d'abord construit pour capter les eaux du Monte Sant'Angelo mais cette source d'alimentation s'avère insuffisante et un conduit souterrain est creusé sous la ville pour capter les eaux de l'Aniene (1564-1565).

L'alimentation en eau ainsi garantie et le flux de gravité naturelle créé par les différents niveaux du jardin permettent d'ouvrir le chantier de construction des fontaines, bassins, grottes et l'aménagement paysager.

Au cours de cette période, l'ancien monastère est transformé en villa, le cloître d'origine réaménagé en devient la cour centrale dont le mur sud-est est celui de l'ancienne église Sainte-Marie-Majeure. Le rythme des travaux de décoration du palais s'accélère entre 1565 et 1572, année de la disparition du cardinal Hippolyte II d'Este. Toutes les oeuvres ne sont pas achevées et de nombreuses fontaines du jardin doivent toujours être réalisées.

Le cardinal Louis d'Este (1538-1586), hérite de son oncle mais ses ressources ne lui permettent que de compléter les ouvrages déjà commencés et de faire quelques travaux de réparation. Après la mise à disposition de la Villa d'Este au doyen du Saint Collège des Cardinaux, elle passa de nouveau en 1605 à un cardinal de la maison d'Este, Alexandre (1568-1624). Il ne tarda pas à engager un vaste programme d'interventions qui ne s'est pas limité à réparer les dégâts occasionnés par le manque d'entretien du doyenné mais a apporté de nombreuses innovations à la disposition du jardin et à la décoration des fontaines.

Les travaux d'entretien, de restauration et d'aménagement (rotonde des Cyprès, vers 1640) se poursuivent sous la direction des ducs de Modène, apparentés à la maison d'Este, jusqu'en 1641. Le cardinal Rinaldo I (1618-1672) fait appel au Bernin (fontaine du Bicchierone) dans les années 1660-1661 puis à partir de 1670, l'architecte Mattia de Rossi apporte, entre autre, des modifications au palais.

La période d'abandon de la Villa d'Este a commencé avec Rinaldo II (1655-1736). La situation s'est aggravée avec le passage de l'ensemble à la maison de Habsbourg en 1803 mais, grâce aux travaux entrepris par le cardinal Gustav von Hohenlohe (1823-1896), la villa est sauvée d'une perte irréversible. En 1920, la Villa d'Este revient à l'État italien qui engage une campagne de restauration dans les années 1920-1930 et une autre à la suite des dégâts occasionnés par les bombardements de 1944.

Source : évaluation des Organisations consultatives