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Système naturel de la Réserve de l'île Wrangel

Brève description

Situé nettement au-dessus du cercle arctique, le site comprend la montagneuse île Wrangel (7 608 km2), l’île Gerald (11 km2) et une zone maritime. Wrangel n’a pas été recouverte de glaces durant l’âge glaciaire du quaternaire, ce qui lui a permis de conserver un niveau de biodiversité exceptionnel pour cette région. L’île possède la plus vaste population de morses du Pacifique et la plus forte densité d’anciennes tanières d’ours blancs. C’est un important lieu de nourrissage pour la baleine grise, et l’endroit le plus septentrional où viennent nicher 100 espèces d’oiseaux migrateurs, dont nombre sont menacées. À l’heure actuelle, 417 espèces et sous-espèces de plantes vasculaires ont été recensées sur l’île, soit deux fois plus que sur les autres territoires de la toundra arctique de taille comparable, et plus que toute autre île de l’Arctique. Certaines espèces sont dérivées de formes continentales courantes, d’autres résultent d’une hybridation récente, 23 sont endémiques.

Système naturel de la Réserve de l'île Wrangel © Nomination File

Justification d'inscription

Critère (ix) : La Réserve de l’île Wrangel est un écosystème insulaire autonome et il est clair qu’il a subi un long processus d’évolution ininterrompu par la glaciation qui a recouvert la majeure partie de l’Arctique durant le Quaternaire. Le nombre et le type d’espèces de plantes endémiques, la diversité des communautés de plantes, la succession rapide et les mosaïques de types de la toundra, la présence de défenses et de crânes relativement récents de mammouths, la gamme des types de terrains et des formations géologiques sur un petit espace géographique sont autant de témoins de l’histoire naturelle riche de Wrangel et de sa place unique dans l’évolution de l’Arctique. En outre, le processus se poursuit comme on peut l’observer, par exemple, avec les densités exceptionnellement élevées et les comportements particuliers des populations de lemmings de Wrangel par rapport aux autres populations arctiques ou dans les adaptations physiques des rennes de Wrangel qui pourraient désormais faire partie d’une population distincte de celles du continent. Les stratégies d’interaction entre les espèces sont extrêmement au point et visibles dans toute l’île, en particulier près des nids des harfangs des neiges qui font office de protectorat pour d’autres espèces et de balises pour les espèces migratrices et, autour des tanières des renards.

Critère (x) : La Réserve de l’île Wrangel jouit du plus haut niveau de biodiversité dans le haut Arctique. L’île est l’habitat de nidification de la seule population asiatique de l’oie des neiges qui est en train de lentement se reconstituer à partir de niveaux catastrophiquement bas. Le milieu marin est un site de nourrissage de plus en plus important pour la baleine grise qui migre depuis le Mexique (certaines depuis un autre bien du patrimoine mondial, le Sanctuaire de baleines d’El Vizcaino). Les îles abritent les plus grandes colonies d’oiseaux marins de la mer des Tchoukches et constituent les sites de nidification les plus septentrionaux pour plus de 100 espèces d’oiseaux migrateurs, dont plusieurs en danger comme le faucon pèlerin. Elles possèdent d’importantes populations d’espèces d’oiseaux résidents de la toundra, mêlées à des espèces migratrices de l’Arctique et d’ailleurs et présentent la plus haute densité de tanières ancestrales de l’ours blanc. L’île Wrangel s’enorgueillit de posséder la plus grande population de morses du Pacifique avec quelque 100 000 animaux qui se rassemblent en tout temps, dans l’une des importantes colonies côtières de l’île. Étant donné que l’île Wrangel contient une haute diversité d’habitats et de climats et que les conditions varient considérablement d’un endroit à l’autre, il n’y a pratiquement jamais eu d’échec total de la reproduction d’une espèce. Compte tenu de la taille relativement petite de la région, c’est extrêmement peu habituel dans le haut Arctique.

Description longue

[Uniquement en anglais]

Located well above the Arctic Circle, the site includes the mountainous Wrangel Island (7,608 km2), Herald Island (11 km2) and surrounding waters. Wrangel was not glaciated during the Quaternary Ice Age, resulting in exceptionally high levels of biodiversity for this region.

Criterion (iv): Wrangel Island Reserve has the highest level of biodiversity in the high Arctic. The island is the breeding habitat of Asia's only snow goose population, which is slowly making a recovery from catastrophically low levels. The marine environment is an increasingly important feeding ground for the gray whale migrating from Mexico (some from another World Heritage site, the Whale Sanctuary of El Vizcaino). The islands have the largest seabird colonies on the Chukchi Sea, are the northernmost nesting grounds for over 100 migratory bird species including several that are endangered such as the peregrine falcon, have significant populations of resident tundra bird species interspersed with migratory Arctic and non-Arctic species and have the world's highest density of ancestral polar bear dens. Wrangel Island boasts the largest population of Pacific walrus with up to 100,000 animals congregating at any given time at one of the island's important coastal rookeries. As Wrangel Island contains a high diversity of habitats and climates and conditions vary considerably from one location to another, total reproductive failure of a species in any given year is practically unheard of. Given the relatively small size of the area, this is very unusual in the high Arctic.

Currently, 417 species and subspecies of vascular plant have been identified on the island, double that of any other Arctic tundra territory of comparable size and more than any other Arctic island. Some species are derivative of widespread continental forms, others are the result of recent hybridization, 23 are endemic.

The number and type of endemic plant species, the diversity within plant communities, the rapid succession and mosaic of tundra types, the presence of relatively recent mammoth tusks and skulls, the range of terrain types and geological formations in the small geographical space, are all visible evidence of Wrangel's rich natural history and its unique evolutionary status within the Arctic. Furthermore, the process is continuing as can be observed in, for example, the unusually high densities and distinct behaviours of the Wrangel lemming populations in comparison with other Arctic populations; or in the physical adaptations of the island reindeers, where they may now have evolved into a separate population from their mainland cousins.

Evidence of a Neolithic camp inhabited by palaeo-Eskimo hunters of an ancient Eskimo culture of approximately 3,400 years ago are found in Krassin Bay on the south coast of Wrangel Island. Some of their prey species are known from the remains of woolly mammoth Mammuthus primigenius and bones and tusks of the pygmy woolly mammoth Mammuth primigenius wrangelensis, which lived on the island only some 7,000-3,700 years ago - 6,000 years later than the official extinction date. There were also furry rhinoceros Coelodonta antiguitatus, primeval bison Bison priscus and Prjewalski's horse Equus caballus przevalskii, remains of which are abundant on the island's plains. Herald Island was first seen in 1849; Wrangel Island was discovered by an American whaler in 1867 and named after the Russian navigator and explorer Ferdinand von Wrangel, who had searched for the island after learning of it from mainland natives and seeing northward-migrating birds. Russian settlement began in 1926, followed by military installations at Zvezdnyi on Somnitel'naya Bay, and reindeer herder settlements, later abandoned, but with many artefacts still well preserved.

Source : UNESCO/CLT/WHC