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Tombes des rois du Buganda à Kasubi

Année d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril : 2010

Brève description

Les tombeaux des rois du Buganda à Kasubi s'étendent sur près de 30 ha de collines dans le district de Kampala. La plus grande partie du site est une zone agricole, exploitée selon les méthodes traditionnelles. Son centre, au sommet de la colline, est l'ancien palais des Kabakas du Buganda, construit en 1882 et transformé en cimetière royal en 1884. Quatre tombes royales se trouvent maintenant dans le Muzibu Azaala Mpanga, le bâtiment principal de plan circulaire et surmonté d'un dôme. C'est un exemple important de réalisation architecturale en matériaux organiques - bois, chaume, roseaux et enduits en particulier. La signification essentielle du site réside toutefois dans sa valeur immatérielle faite de croyance, de spiritualité, de continuité et d'identité.

Tombes des rois du Buganda à Kasubi © UNESCO

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le site des tombes des rois du Buganda couvre une superficie 26,8 hectares de collines à Kasubi, dans la ville de Kampala.

Le site est un centre spirituel majeur pour les Bagandas, où les pratiques traditionnelles et culturelles ont été préservées. Les tombes de Kasubi sont le lieu religieux le plus actif du royaume, où des rituels sont encore fréquemment pratiqués. Demeure funéraire des quatre derniers Kabakas (rois), le site est aussi un centre religieux pour la famille royale, un lieu où le Kabaka et ses représentants accomplissent des rites importants de la culture du Buganda. C'est un lieu où les liens de communication avec le monde des esprits sont maintenus.

Son organisation spatiale, commençant à la limite du site définie par la traditionnelle clôture d'arbres à écorce, en passant par la maison des gardes, la cour principale et atteignant son apogée avec l'imposant bâtiment au toit de chaume, abritant les tombes des quatre Kabakas, est le meilleur exemple existant de palais/ensemble funéraire des Bagandas.

En son centre sur la colline se dresse le principal édifice funéraire, le "Muzibu-Azaala-Mpanga", chef-d'œuvre de cet ensemble. Un édifice funéraire a existé depuis le XIIIe siècle. Le bâtiment le plus récent est l'ancien palais des Kabakas des Bagandas, construit en 1882 et converti en sépulture royale en 1884. Le Muzibu-Azaala-Mpanga abrite désormais quatre tombes royales.

Le principal édifice funéraire, de plan circulaire et surmonté d'un dôme, est un exemple majeur de réalisation architecturale érigée à l'aide de matériaux organiques composés de poteaux de bois, chaume, roseaux et clayonnage. Ses dimensions inhabituelles et les remarquables détails d'assemblage témoignent du génie créateur des Bagandas et en font un chef-d'œuvre dans la forme et la réalisation. Il s'agit d'un exemple intact exceptionnel du style architectural développé par le puissant royaume du Buganda à partir du XIIIe siècle.

Les éléments bâtis et naturels du site des tombes de Kasubi sont chargés de valeurs historiques, traditionnelles et spirituelles. Le site est un centre spirituel majeur pour les Bagandas et le lieu de culte le plus actif du royaume. Les structures et les pratiques traditionnelles qui y sont associées sont une des représentations exceptionnelles de la culture africaine et décrivent la continuité d'une tradition vivante. La signification essentielle du site réside dans sa valeur immatérielle faite de croyances, spiritualité, continuité et identité du peuple Baganda. Le site est un important symbole historique et culturel pour l'Ouganda et l'Afrique de l'Est dans son ensemble.

Critère (i) : Le site des tombes de Kasubi est un chef d'œuvre du génie créateur humain, tant par sa conception que par son exécution.

Critère (iii) : Le site des tombes de Kasubi témoigne avec éloquence des traditions culturelles vivantes des Bagandas.

Critère (iv) : L'organisation spatiale du site des tombes de Kasubi est le plus bel exemple de palais/ensemble architectural Baganda. Construit dans la plus pure tradition de l'architecture et de la conception palatiale Ganda, il atteste des techniques développées au fil des siècles.

Critère (vi) : Les éléments bâtis et naturels du site des tombes de Kasubi sont chargés de valeurs historiques, traditionnelles et spirituelles. C'est un pôle spirituel majeur pour les Bagandas, et le lieu de culte le plus actif du royaume.

Intégrité (2010)

La limite du territoire sur lequel les tombes sont implantées est clairement définie par les traditionnels arbres à écorce (Ficus sp.) et coïncide avec la frontière traditionnelle de 1882. Ces marqueurs vivants ont été utiles pour éviter les empiètements à des fins de construction résidentielle et autres développements, préservant ainsi la taille originale du site. La conception architecturale du palais incluant la disposition des édifices et des tombes / sépultures des membres de la famille royale autour du Muzibu-Azaala- Mpanga, reflet de la structure palatiale traditionnelle, est maintenue dans son ensemble original.

Bien que le récent incendie tragique, qui a détruit le principal édifice funéraire, ait entraîné la disparition d'un attribut clé, les traditions culturelles associées aux constructions en bois, chaume, roseaux et clayonnage sont toujours vivantes et en permettront la reconstruction.

Les autres structures traditionnelles sont toujours en place et les principaux attributs se rapportant aux pratiques cérémoniales et religieuses traditionnelles ainsi qu'au régime foncier et à l'occupation des sols, sont toujours maintenus.

Authenticité (2010)

L'authenticité des tombes des rois du Buganda à Kasubi se reflète dans la continuité des pratiques traditionnelles et culturelles qui sont associées au site. Le système funéraire original des Kabakas du Buganda est toujours maintenu. Le Muzibu-Azaala- Mpanga disposé au milieu des autres édifices, avec une grande cour centrale (Olugya) et une avant-cour abritant la maison des tambours et la maison des gardes, sont un ensemble palatial typique du royaume du Buganda. L'utilisation du toit de chaume reposant sur des structures arrondies de feuilles de palmier est préservée, de même que les éléments intérieurs et les matériaux de finition tels que les poteaux de bois habillés d'écorces décoratives. Bien que l'authenticité du site ait été affaiblie par la perte, en raison de l'incendie, de la principale structure tombale, le savoir-faire architectural traditionnel de l'édifice et les compétences requises sont toujours disponibles pour en permettre la reconstruction. Un facteur qui, conjugué à l'importante documentation existant sur l'édifice, va permettre une authentique rénovation de ce principal attribut.

Besoins en matière de protection et de gestion (2010)

Géré par le royaume du Buganda, le bien a officiellement été promulgué site protégé par le texte réglementaire n° 163 de 1972 et la loi 22 de 1967 sur les monuments historiques. Ce statut légal a été renforcé par la Constitution nationale (1995). La loi sur les monuments historiques protège les tombes de Kasubi des empiètements résidentiels et autres occupations incompatibles avec son caractère. Le sol qui accueille les tombes est régi par la loi agraire (1998). Le titre foncier est confié en dépôt au Kabaka (roi) pour le compte du royaume.

La protection du site est renforcée par les diverses politiques de tourisme de l'Ouganda. Le site possède un plan de gestion général approuvé (2009 - 2015). Un gestionnaire de site est en place.

La plus grande menace qui pèse sur le site est l'incendie. Il est nécessaire d'élaborer un plan de gestion des risques détaillé pour prendre en compte cette menace, en particulier, et de veiller à ce que la documentation sur le site soit aussi complète que possible et conservée en sécurité.

Afin de garantir la préservation dans le temps des procédés de construction traditionnels associés au site, il est actuellement nécessaire de former des jeunes gens éduqués.

Il est également nécessaire de veiller à ce que les principes guidant la reconstruction du principal édifice funéraire soient convenus par l'ensemble des parties prenantes clés - le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO, le royaume du Buganda et le gouvernement de la République de l'Ouganda - et que le processus de recréation de l'édifice soit méthodique, basé sur des faits et convenablement consigné.

Description longue

[Uniquement en anglais]

The Kasubi site bears eloquent witness to the living cultural traditions of the Baganda. The spatial organization of the Tombs represents the best extant example of a Baganda palace/architectural ensemble. Built in the finest traditions of Ganda architecture and palace design, it reflects technical achievements developed over many centuries. The built and natural elements of the tombs are charged with historical, traditional, and spiritual values. It is a major spiritual centre for the Baganda and is the most active religious place in the kingdom.

The Baganda belong to the Bantu-speaking people and date their political civilization from about the 13th century AD. Today, the Baganda are the major ethnic group in Uganda. The present tomb structure dates to around 1882. Muteesa I became a very powerful Kabaka, the first to be influenced by foreign cultures. He adopted some Islamic religious practices learnt from ivory and slave traders from Zanzibar. He also showed interest in Europe after acting as host in 1862 to John Hanning Speke, the first European visitor. Some surviving artefacts reflect this pivotal period in local history when the Baganda were first exposed to Arab traders and European explorers.

When Muteesa 1st died in 1884 he was buried in his palace, Kasubi, establishing Kasubi as an important burial place of the Kabakas of Buganda. After independence in 1962 Muteesa II became president, with his own prime minister. Kasubi was stormed in 1966 and the president went into exile, but when he died in 1969 his remains were returned and buried at Kasubi in 1971. Four successive Kabakas of Buganda were therefore buried in the same tomb house at Kasubi, the building which is at the core of this World Heritage site. Each prince and princess who is a descendant of the four Kabakas is also buried there behind the main shrine.

Kabaka Ronald Mutebi II was crowned as the Kabaka of Buganda, and in 1997 the Kasubi tombs were returned to the Buganda kingdom. Buganda is today one of four kingdoms in Uganda.

The Kasubi Tombs site is situated on a hill within Kampala. It consists of three main zones: the main tomb area, located at the western end of the site on top of the hill; an area located behind the main tombs containing a number of buildings and graveyards; and a large area on the eastern side of the site used primarily for agricultural purposes.

The structure was constructed of wooden columns and invisible walls of fired brick. Beyond is a small courtyard containing a circular building with the royal drums.

The D-shaped main courtyard (Olugya) lies through a gap in a reed fence. This fence encloses the courtyard and links nine buildings, five of them houses for the widows of the Kabakas, the other four respectively a twins' house, two tombs, and a mortuary.

Beyond the Olugya is scattered a large number of buildings - houses, royal tombs and ones for agricultural purposes - and a royal cemetery. The whole area is sacred and is not open to visitors.

Since 1938 the building has suffered several processes of restoration and modification, primarily to meet threats of structural failure. It was completely reconstructed in 1938-40, when modern materials were introduced, such as some concrete columns. During the 1990s, changes incurred by most of the buildings have slightly changed the architectural value of the site; which suffers badly from rain, drainage problems, and termites, with a constant threat of fire.

Most of the smaller buildings show deficiencies. One building burnt down in 1998 has been rebuilt but is without a thatch roof for lack of funds. The original reed fence around the whole site has long since disappeared; the living fence of bark-cloth trees around the site has suffered quite badly as an obvious target in the endless search for firewood. The site has, nevertheless, to an extent been preserved out of fear and respect for its sacred and religious nature.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

[Uniquement en anglais]

The Baganda belong to the Bantu-speaking people and date their political civilization from about the 13th century AD. Today, the Baganda are the major ethnic group in Uganda, their 6 million people constituting about 28% of the population. The Buganda region covers about 66,350km². From Kintu, the first legendary Kabaka, to Muteesa I there were 35 Kabakas. Precise dates, however, are known only from Suuna II (1836-56), who established his palace at Kasubi. He was succeeded by his son Muteesa I who did likewise, constructing the present tomb structure as his palace in 1882. He became a very powerful Kabaka, the first to be influenced by foreign cultures. He adopted some Islamic religious practices learnt from ivory and slave traders from Zanzibar. He also showed interest in Europe after acting as host in 1862 to John Hanning Speke, the first European visitor. In 1875 he asked Henry Morton Stanley, the explorer, for teachers of European learning and religion. Some remaining artefacts reflect this pivotal period in local history when the Baganda were first exposed to Arab traders and European explorers.

When Muteesa I died in 1884, he broke two traditions: his body was buried whole and it was buried in his palace, Kasubi, not somewhere else. This practice was followed when, in 1910, the remains of his successor, Mwanga II (ob. 1903), were brought back from the Seychelles and also buried there, establishing Kasubi as an important burial place of the Kabakas of Buganda. This status was reinforced when his son and successor, Daudi Chwa II, died in 1939 and was also buried at Kasubi.

His son and successor, Edward Muteesa II, was first in conflict with Britain and then, after independence in 1962 when he became President, with his own Prime Minister. Kasubi was stormed in 1966 and the President went into exile, but when he died in 1969 his remains were returned and buried at Kasubi in 1971. Four successive Kabakas of Buganda were therefore buried in the same tomb house at Kasubi, the building which is at the core of this nomination. Each prince and princess who is a descendant of the four Kabakas is also buried there behind the main shrine.

Between 1967 and 1993 the site was controlled by central government, but the traditional institutions of kingship were restored in 1993. Kabaka Ronald Mutebi II was crowned as the Kabaka of Buganda, and in 1997 the Kasubi tombs were returned to the Buganda kingdom. Buganda is today one of four kingdoms in Uganda. The site is now not only the most important cultural shrine for the Baganda but also the most attractive tourist site in the country.

Source : évaluation des Organisations consultatives