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Tsodilo

Tsodilo

With one of the highest concentrations of rock art in the world, Tsodilo has been called the ''Louvre of the Desert''. Over 4,500 paintings are preserved in an area of only 10 km2 of the Kalahari Desert. The archaeological record of the area gives a chronological account of human activities and environmental changes over at least 100,000 years. Local communities in this hostile environment respect Tsodilo as a place of worship frequented by ancestral spirits.

Tsodilo

Avec l’une des plus fortes concentrations d’art rupestre au monde, Tsodilo est parfois appelé le ''Louvre du désert''. Plus de 4 500 peintures sont conservées dans une zone de seulement 10km2 dans le désert du Kalahari. Le site renferme la mémoire de l’évolution humaine et environnementale sur une durée d’au moins 100 000 ans. Les communautés qui vivent encore dans cet environnement hostile respectent Tsodilo en tant que lieu de culte peuplé des esprits ancestraux.

تسوديلو

يحتوي موقع تسوديلو على أكبر مجموعة من الفن الصخري في العالم لدرجة أنّه يُطلق عليه أحياناً لقب "لوفر الصحراء". وهو يضم أكثر من 4500 رسمة في مساحة لا تزيد على 10 كم٢ فقط في صحراء كالاهاري. ويختصر هذا الموقع ذاكرة التطور البشري والبيئي على مرّ100000 سنة على الأقل. ولا تزال المجتمعات المحلية التي تقطن هذه البيئة المعادية تحترم تسوديلو كمكان عبادة تسكنه أرواح الأجداد والأسلاف.

source: UNESCO/ERI

措迪洛山

被誉为“沙漠卢浮宫”的措迪洛山是世界上岩石艺术最集中的地区之一。在卡拉哈里沙漠(Kalahari Desert)仅10平方公里的地方就保存了4500多幅绘画作品。这个地区的考古发现按年代顺序记载了至少10万年间的人类活动和环境变化。恶劣环境中生存的当地居民十分敬畏措迪洛山,将其作为对祖先神灵的膜拜之地。

source: UNESCO/ERI

Наскальная живопись в районе Цодило

Район Цодило, обладающий одним из самых значительных в мире собраний доисторического наскального искусства, называют «Лувром в пустыне». Свыше 4,5 тыс. изображений сохранилось на территории всего 10 кв. км в пустыне Калахари. Археологические находки этого района отражают хронологию деятельности человека и изменений природной среды на протяжении периода, по крайней мере, в 100 тыс. лет. Туземцы, проживающие в трудных условиях пустыни, считают Цодило священным местом и верят, что его посещают духи их предков.

source: UNESCO/ERI

Tsodilo

Llamado a veces el ”Louvre del desierto“, Tsodilo cuenta con una de las mayores concentraciones de arte rupestre del mundo. En una zona de unos 10 km² escasos del desierto de Kalahari se conservan mí¡s de 4.500 pinturas. Este sitio conserva la memoria de las actividades humanas y las mutaciones del medio ambiente de los últimos 100.000 años por lo menos. Las comunidades que viven hoy en dí­a en este medio hostil veneran Tsodilo por considerarlo un lugar de culto habitado por espí­ritus ancestrales.

source: UNESCO/ERI

ツォディロ 

source: NFUAJ

Tsodilo

Met een van de hoogste concentraties van rotskunst in de wereld is Tsodilo ook wel het ‘Louvre van de woestijn’. Meer dan 4.500 schilderijen zijn bewaard gebleven in een gebied van slechts tien vierkante kilometer van de Kalahari woestijn. De heuvels van Tsodilo liggen in het noordwesten van Botswana in de buurt van de grens met Namibië en boden mensen meer dan 100.000 jaar onderdak en andere middelen. De archeologische vondsten van het gebied geven een chronologisch verslag van de menselijke activiteiten en milieuveranderingen gedurende deze lange periode. De lokale gemeenschappen in deze vijandige omgeving beschouwen Tsodilo als een plaats van voorouderverering.

Source : unesco.nl

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Tsodilo © Our Place
Valeur universelle exceptionnelle

 

Brève synthèse

Situé dans le nord-ouest du Botswana non loin de la frontière namibienne dans le sous-district de l’Okavango, Tsodilo constitue une petite zone de formations massives de quartzite qui se dressent entre d’anciennes dunes de sable à l’est et le lit d’un lac fossile asséché à l’ouest, dans le désert du Kalahari. Le site a procuré un abri et d’autres ressources aux populations pendant plus de 100 000 ans. Il conserve aujourd’hui, dans son archéologie, son art rupestre et ses traditions vivantes, la trace remarquable non seulement de cette utilisation, mais encore du développement de la culture humaine et de la relation symbiotique entre l’homme et la nature au fil des millénaires.

L’archéologie du site conserve la mémoire de l’évolution chronologique des activités humaines et des transformations de l’environnement sur une période d’au moins 100 000 ans, malgré quelques interruptions.

On découvre des peintures rupestres souvent larges et imposantes dans les abris sous roche et les cavités rocheuses, et bien qu’elles ne soient pas datées avec précision, leur production semble s’étendre de façon ininterrompue depuis l’Âge de pierre jusqu’au XIXe siècle. En outre, les sédiments de Tsodilo livrent une somme considérable d’informations sur le paléo-environnement. Cette conjugaison d’éléments donne un aperçu des modes de vie ancestraux et apporte un témoignage de l’interaction de l’homme et de son environnement aussi bien dans le temps que dans l’espace.

Les communautés locales vénèrent Tsodilo comme un lieu de culte habité par les esprits ancestraux. Ses trous d’eau et ses monticules sont vénérés comme un paysage culturel sacré par les communautés Hambukushu et San.

Critère (i) :Pendant des milliers d’années, les hommes ont visité les affleurements rocheux de Tsodilo, dans le paysage aride du désert du Kalahari, et s’y sont installés, laissant de nombreuses traces de leur présence, sous la forme d’un art rupestre exceptionnel.

Critère (iii) :Le site de Tsodilo témoigne des visites et des peuplements de communautés humaines successives pendant des millénaires.

Critère (vi) :Les affleurements rocheux de Tsodilo ont une immense signification symbolique et religieuse pour les communautés humaines qui survivent encore aujourd’hui dans ce milieu hostile.

 

Intégrité (2011)

Les limites contiennent tous les sites principaux. Trois facteurs essentiels ont contribué à long terme à l’état de conservation exceptionnel de Tsodilo : son éloignement, sa faible densité de population et le haut degré de résistance à l’érosion des quartzites. Les témoignages archéologiques considérables sont généralement bien conservés. Toutes les fouilles sont contrôlées conformément à la législation nationale. Les fouilles antérieures ont été correctement remblayées en laissant la plupart du temps des gisements et des strates intacts à titre d’information pour de futures investigations.

Le bien attire un nombre croissant de visiteurs, ce qui oblige à gérer le problème  que pose l’accroissement des déchets. Malgré ces visites plus nombreuses, un nombre limité de cas de vandalisme et de graffiti a été signalé du fait de la réglementation mise en place qui rend les visites guidées obligatoires.

 

Authenticité (2011)

L’authenticité de l’art rupestre est impeccable en termes de matériaux, de techniques, de cadre et d’habileté d’exécution et, en dehors du préjudice causé par la dégradation naturelle et les visiteurs, cet art reste aussi original qu’au moment de sa création. Le travail de conservation a été limité à des interventions préventives sans altérer l’art ni son substrat.

Les valeurs intangibles du site continuent d’être pratiquées, ce que en authentifie le caractère sacré et pertinent pour les communautés locales. Cette approche assure leur évolution continue conformément aux systèmes de protection traditionnels.

 

Eléments requis en matière de protection et de gestion (2011)

Le site, propriété du Gouvernement, est actuellement protégé aux termes de la loi de 2001 sur les monuments et les vestiges, et selon les dispositions de la loi de 1967 sur la recherche anthropologique, la loi de 1967 sur les parcs nationaux et la loi de 1968 sur les tribus.

Déclaré monument national en 1927, la responsabilité de la gestion de Tsodilo incombe au Service des monuments et du musée national en collaboration avec l’Autorité de gestion de Tsodilo, groupe consultatif indépendant composé du Tsodilo Community Trust, d’organisations locales, d’ONG et d’une sélection des principaux services administratifs. 

Afin d’assurer la bonne conservation de tous les attributs du site, un plan de gestion intégrée révisé a été élaboré et approuvé par les acteurs en 1997. Un plan de gestion intégrée détaillant les initiatives communautaires a été établi en 2007 et est aujourd’hui en application dans la zone tampon du site. Avec l’assistance du Fonds africain du patrimoine mondial, un plan de gestion de la zone centrale a été élaboré pour le site en 2009.

Le principal objectif des plans de gestion passés et présents est d’assurer la conservation des valeurs du site. Outre le bureau et l’autorité de gestion de Tsodilo déjà existants, le Gouvernement a ouvert un office régional des monuments chargé de surveiller directement la mise en œuvre du plan de gestion du site.

 

Description longue

Pendant plusieurs milliers d'années, les affleurements rocheux du Tsodilo, dans le rude paysage du désert du Kalahari, ont été visités et habités par des hommes qui ont laissé des traces importantes de leur présence sous la forme de magnifiques œuvres d'art rupestre. Cette région présente un intérêt symbolique et religieux considérable pour les communautés d'hommes qui ont continué à survivre dans cet environnement hostile.

Le Tsodilo se trouve à l'extrémité nord-ouest du Bostwana, près de la frontière de la Namibie. Ses formations massives de quartzite s'élèvent au-dessus d'anciennes dunes de sable, à l'est, et d'un lac fossile asséché, à l'ouest. Ces petites montagnes résiduelles, isolées, et entourées par de vastes plaines érodées sont connues dans cette région sèche sous le nom d'inselbergs . Leur hauteur, leur forme et leur place dans l'environnement leur ont valu différents noms : l'Homme , la Femme , l'Enfant , le Petit-Fils .

Les grottes et les abris sous roche ont à l'origine représenté pour l'homme le principal intérêt de ces affleurements rocheux. Ceux qui ont été fouillés témoignent d'une longue occupation qui a débuté, dans certains cas, voici 100 000 ans, et paraît depuis avoir été presque continue : les nombreux objets découverts semblent en effet refléter les visites, peut-être saisonnières, régulièrement effectuées par un petit groupe humain. Divuyu et Nqoma sont deux sites fouillés particulièrement importants pour le premier millénaire av. J.-C. Divuyu occupe une selle au sommet de la Femme  ; Nqoma se trouve dans le plateau situé en contrebas. Le plan de l'agglomération paraît consister en édifices publics et en maisons privées, flanquées par des dépotoirs collectifs et peut-être par des aires funéraires, comme c'est le cas dans les villages du centre de l'Afrique.

Les peintures rupestres sont dessinées en ocre rouge, provenant de l'hématite contenue dans la pierre locale. Cet art présente, pour une large part, des thèmes naturalistes et un style schématique, caractérisé par une grande variété de symboles géométriques, un traitement spécifique de la figure humaine, et par les proportions exagérées du corps de nombreux animaux. En termes de style et de contenu, cet art présente de nombreux points communs avec des témoignages semblables de Zambie et d'Angola, plutôt qu'avec les pays voisins - Namibie, Zimbabwe et Afrique du Sud. Une série caractéristique de peintures blanches n'est attestée que sur douze sites : les animaux peints en blanc sont plus rares, et comportent plus d'espèces domestiques que ceux peints en rouge. Les figures humaines et les dessins géométriques sont fréquents.

Cet art n'est pas bien daté, mais certaines œuvres pourraient remonter à plus de 2 000 ans. L'élevage n'ayant été introduit au Tsodilo que postérieurement au VIe  siècle apr. J.-C., les représentations de troupeaux sont datées entre 600 et 1200. L'art géométrique est généralement daté d'un millier d'années environ. Selon différents témoignages oraux, les peintures les plus récentes remonteraient au XIXe  siècle. Plusieurs peintures blanches figurent des cavaliers sur des chevaux, qui étaient inconnus dans cette région jusqu'en 1850.

Les petites cavités creusées dans la roche en forme de coupe ou de canoë, fréquentes sur tout le continent, sont particulièrement nombreuses au Tsodilo. Un groupe qui s'étend sur plusieurs centaines de mètres, interprété comme une piste d'empreintes animales, représente l'un des plus grands décors rupestres du monde ; ces cavités remontent peut-être à la fin de l'âge de pierre, voici environ 2 000 ans.

L'extension et la densité des vestiges d'activité minière menée dans les montagnes pour en extraire l'ocre, la spécularite et la pierre verte, utilisées pour les décors rupestres, sont impressionnantes. Ces mines sont manifestement antérieures à la colonisation.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

En l'état actuel des connaissances, la présence des premiers occupants de Tsodilo remonte probablement à l'âge de la pierre moyen, il y a environ 100 000 ans ou même plus. Une présence est datée à environ 70 000 avant notre ère. En général, la réutilisation d'un site sur une longue période semble refléter la présence de petits groupes mobiles campant pour des périodes courtes ou saisonnières, par exemple pour la cueillette des fruits du mongongo (Ricinodendron rautanenii). Le quartz trouvé localement ainsi que des pierres importées sont utilisées pour la fabrication d'outils à l'âge de la pierre moyen et supérieur. L'utilisation de matières premières importées suggère l'existence de contacts et d'échanges entretenus à Tsodilo pendant des dizaines de milliers d'années. L'âge de la pierre moyen est marqué par l'apparition de grandes lames de pierre. Tsodilo est unique dans le témoignage d'une pêche importante de poissons d'eau douce dans une région devenue aride mais où, jadis, coulaient des fleuves. Des 67 arrêtes de poissons ont probablement servi de pointes pour des harpons. La fabrication d'outils en os à Tsodilo remonte vraisemblablement à 40 000 ans.

Les objets en pierre et en arrête se font plus rares à la fin de l'âge de la pierre (vers 30 000 avant notre ère). L'apparition des oeufs d'autruche dans les dépôts archéologiques indique le développement d'une nouvelle stratégie pour procurer une autre ressource pour l'alimentation et la fabrication d'objets. En particulier, la tradition de la fabrication de perles en coquilles d'oeuf d'autruche est née à cette période et se poursuit actuellement. Jusque vers l'an 600 de notre ère, les hommes de Tsodilo vivaient exclusivement de la chasse, de la pêche et de la cueillette.

Au VIIe siècle, l'évolution des technologies, des modes de vie et de l'occupation s'accélère cependant avec l'introduction de la métallurgie du cuivre et du fer. Cette période est également marquée par l'introduction de l'élevage. Il s'est alors produit une interaction entre les groupes humains de la fin de l'âge de la pierre vivant de la cueillette et les sociétés agricoles et pastorales du début de l'âge de fer. Les établissements humains ont pris la forme de structures sociales originales. Divuyu est le site le plus riche découvert à ce jour dans le sud de l'Afrique, pour cette période. Les perles de cuivre et de fer, les bracelets et autres ornements y sont produits en grande quantité. Le fer, provenant d'un gisement situé à 40 km seulement et le cuivre, venant probablement du sud du Zaïre ou du nord-est de l'Afrique du sud, étaient importés et travaillés sur place. À la fin du premier millénaire, Nqoma possède une grande variété de bijoux en métal sans égal avec tous les autres sites connus du sud de l'Afrique.

Sur les deux sites de Divuyu et Nqoma, on trouve des fondations de maisons et des fosses à détritus révélant la présence de sociétés vivant de l'élevage dès les VIIe et VIIIe siècles de notre ère. La culture du sorgho et du millet complétait l'alimentation. Des moutons et des chèvres vinrent compléter les maigres troupeaux que possédaient déjà les groupes vivant de la cueillette. Ils avaient une production souvent élaborée de poteries à usage domestique et pour l'ornementation. Les hommes pratiquèrent l'exploitation extensive de la spécularite du VIIIe au IXe siècle et jusqu'au XIXe siècle. La production était très importante, contribuant sans doute à la prospérité du peuple de Nqoma qui se manifestait par l'abondance de bijoux et l'importance du cheptel qu'ils possédaient. Les richesses de la culture de l'âge du fer à Tsodilo se sont maintenues jusqu'au XIIIe siècle, époque à laquelle Nqoma connut un déclin, probablement dû à la sécheresse ou à la guerre. Aucun autre objet ne semble avoir été importé dans la région de Tsodilo avant que le commerce européen, venu par l'Atlantique, n'exerce une influence au XVIIIe siècle. Tsodilo se trouva sur la route commerciale du Portugal avec le Congo et l'Angola.

Historiquement, la région de Tsodilo était occupée par les N/hae, qui la quittèrent au milieu du XIXe siècle. Sa première apparition sur les cartes date de 1857, d'après des informations recueillies par Livingstone au cours de sa campagne d'exploration de 1849 à 1856. Dans les années 1850, les premiers groupes à cheval connus, les chasseurs d'ivoire Griqua, traversèrent la région. Les !Kung arrivèrent dans la région et réalisèrent au moins quelques-unes des peintures, peut-être celles qui représentent des cavaliers. L'art rupestre fut porté à la connaissance de l'occident en 1907 par le géologue allemand Siegfried Passarge.

Les deux communautés locales aujourd'hui présentes, les Hambukushu et les !Kung, ne sont arrivées dans la région que vers 1860. Elles possèdent néanmoins toutes les deux des mythes de la création associés à Tsodilo, et leurs croyances traditionnelles impliquent le respect de Tsodilo en tant que lieu de culte peuplé des esprits ancestraux. La spiritualité du lieu a été révélée aux étrangers, notamment par les écrits de Laurens van der Post, en particulier dans The Lost World of the Kalahari (1958). Aujourd'hui, les églises locales et les médecins traditionnels viennent à Tsodilo pour prier, méditer et soigner. La plupart des visiteurs viennent en pèlerinage, pour des raisons religieuses.

Source : évaluation des Organisations consultatives