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Centre historique de la ville d’Arequipa

Historical Centre of the City of Arequipa

The historic centre of Arequipa, built in volcanic sillar rock, represents an integration of European and native building techniques and characteristics, expressed in the admirable work of colonial masters and Criollo and Indian masons. This combination of influences is illustrated by the city's robust walls, archways and vaults, courtyards and open spaces, and the intricate Baroque decoration of its facades.

Centre historique de la ville d’Arequipa

Le centre historique d'Arequipa, construit en sillar – une roche volcanique – représente la fusion de techniques de construction européennes et autochtones qui s'expriment dans l'œuvre admirable des maîtres coloniaux et des maçons « criollos » et indiens. Cette fusion se manifeste dans ses murs robustes, ses arcades et ses voûtes, ses cours et ses espaces ouverts, ainsi que dans la complexe décoration baroque de ses façades.

وسط مدينة أريكيبا التاريخي

يمثّل وسط أريكيبا التاريخي الذي بُني من السيلار وهي صخرة بركانية، تداخل تقنّيتي العمار الأوروبية والمحليّة الأصيلة اللتان تتجلّيان في تحفة أسياد الاستعمار الجميلة وعمارات "الكريولوس" والهنديّة. كما يظهر هذا التمازج في الجدران الصلبة وفي القناطر والقبب والباحات والساحات المفتوحة، كذلك في الزخرفة الباروكية المعقَّدة للواجهات.

source: UNESCO/ERI

阿雷基帕城历史中心

秘鲁阿雷基帕城历史中心由火山岩石建成,它代表了欧洲与本土建筑技术、风格的融合,这些技术和风格体现在殖民宗主、克里奥尔人和印度人的作品中。城市灵动的城墙、拱门、拱形屋顶、院子、开阔的空间,以及建筑正面复杂的巴洛克式装饰,这些都表明了欧洲与本土风格的双重影响。

source: UNESCO/ERI

Исторический центр города Арекипа

Исторический центр Арекипы, расположенный на скалистых вулканических породах, демонстрирует сочетание европейских и индейских строительных технологий, а также великолепную работу мастеров, прибывших из Испании, креольских и индейских каменщиков. Взаимовлияние разных стилей просматривается в мощных стенах, арках и сводах, внутренних дворах и открытых пространствах города, а также в замысловатых барочных украшениях фасадов.

source: UNESCO/ERI

Centro histórico de la ciudad de Arequipa

Construidos con la roca volcánica denominada sillar, los edificios del centro histórico de Arequipa son representativos de la fusión de las técnicas de construcción europeas y autóctonas, plasmadas en el trabajo admirable de los arquitectos y maestros de obras españoles y los albañiles criollos e indígenas. Esa fusión se patentiza en los robustos muros de las edificaciones, las arcadas y bóvedas, los patios y espacios abiertos, y la compleja decoración barroca de las fachadas.

source: UNESCO/ERI

アレキーパ市歴史地区
ペルー南部、シラーと呼ばれる火山岩で建造されたアレキーパは、1540年にスペイン人が建設した。歴史地区のアルマス広場の中心には、イベロ・アメリカン・バロック様式の最も重要な建築物イエズス会ラ・コンパーニャの大聖堂や旧領主菅カソネスなど、ヨーロッパの建築技術と特徴が現地のペルー様式と見事に融合した建造物が残る。文化史上、最も重要な建造物はサンタ・カタリーナ修道院で、16世紀のオリジナルのまま現存している。

source: NFUAJ

Historisch centrum van Arequipa

Arequipa is gebouwd op een vulkanische rots van sillar (parelwit vulkanisch gesteente). Het historisch centrum van Arequipa weerspiegelt een integratie van de Europese en inheemse bouwtechnieken. Het toont ook het bewonderenswaardige werk van koloniale meesters, Criollo en Indiaanse metselaars. Deze combinatie van invloeden wordt geïllustreerd door de robuuste muren van de stad, de zuilengangen en gewelven, de hofjes en open ruimtes en de ingewikkelde barok decoraties op de gevels. De kern van deze historische stad is het Plaza de Armas (Plaza Mayor) met zijn zuilengangen en de 19e-eeuwse kathedraal, het belangrijkste neoklassieke religieuze gebouw in Peru.

Source : unesco.nl

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Centre historique de la ville d’Arequipa
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le centre historique d’Arequipa, situé dans la province d’Arequipa, au pied de trois volcans aux cimes enneigées, représente la réponse intégrée des mains et des techniques et caractéristiques de construction avec les créations européennes, qui s’exprime à travers l’œuvre admirable des maîtres coloniaux et des maçons indiens. Cette combinaison d’influences alliée à la réponse à l’instabilité du sol due à l’activité sismique, est illustrée par les murs robustes, les arcades, les porches, les voûtes, les cours et les espaces ouverts, avec une forte influence autochtone dans la décoration baroque et élaborée des façades.

Ses bâtiments construits essentiellement dans une roche volcanique blanche ou rose, le sillar, donnent au centre historique d’Arequipa un caractère distinctif, fruit de circonstances naturelles et du contexte historique. Les peuples autochtones préexistants, la conquête espagnole et l’évangélisation, le cadre naturel spectaculaire et les fréquents séismes sont tous des facteurs primordiaux dans la définition de l’identité d’Arequipa. La ville est le produit de la résistance de sa population à des processus naturels et de la capacité des cultures à surmonter les crises. Arequipa a été fondée en 1540 dans une vallée qui avait été intensivement cultivée par les communautés préhispaniques. Le schéma d’un hameau indigène a survécu près du centre historique, dans le quartier de San Lázaro. Le site du patrimoine mondial se compose de 49 pâtés de maisons d’origine du schéma espagnol auxquels s’ajoutent 24 pâtés de maisons de la période coloniale et du XIXe siècle.

Des tremblements de terre majeurs ont marqué les moments clés de l’évolution architecturale d’Arequipa. On peut ainsi identifier cinq périodes de développement : la fondation en tant que village (1540-82), la splendeur baroque (1582-1784), l’apparition du rococo et du néoclassicisme (1784-1868), l’empirisme moderne et la mode néoclassique (1868-1960), et la création contemporaine. Le cœur de la ville historique est la Plaza de Armas (Plaza Mayor) avec ses arcades, l’hôtel de ville et la cathédrale. Dans un angle de la place se dressent l’église et les cloîtres de La Compañia, l’ensemble le plus représentatif de la période du baroque mestizo de la fin du XVIIIe siècle.

Le monastère de Santa Catalina est une spectaculaire citadelle religieuse qui intègre des styles architecturaux du XVIe au XIXe siècle. Le complexe de San Francisco comprend une petite place, l’église principale, le couvent et les cloîtres du tiers ordre. Les chapelles et les couvents de Santo Domingo datent du XVIe au XVIIIe siècle : San Agustín, La Merced et l’église de Santa Maria ; Santa Teresa et Santa Rosa ; le Puente Real (aujourd’hui Puente Bolognesi) et le Puente Grau sont aussi faits de sillar.

Le mérite de l’architecture d’Arequipa ne se limite pas à la somptuosité de ses monuments religieux. Il réside aussi dans la profusion des nobles casonas, maisons vernaculaires caractéristiques aux proportions bien équilibrées ; le centre historique compte quelque 500 casonas. L’espace urbain pénètre à l’intérieur des pâtés de maisons par le biais de grandes portes et de grands couloirs donnant sur les cours où sont reproduites les sculptures des façades, accentuant ainsi la continuité spatiale. Les portes et les fenêtres sont flanquées de piliers et couronnées de frontons en saillie qui se marient aux grands murs. La sobriété ornementale des porches s’harmonise avec la forme des voûtes, les corniches en saillie et les encorbellements sculptés. Les fenêtres étroites laissent pénétrer la lumière dans les arches semi-circulaires et sous les toits voûtés. Les casonas, avec les ensembles monumentaux, les rues et les places assurent l’harmonie et l’intégrité du paysage urbain, et confèrent à la ville une valeur urbaine exceptionnelle.

Le centre historique d’Arequipa se caractérise donc par son originalité et sa représentativité, le respect de la tradition, l’influence dans la région de peuplement, la géographie privilégiée, le plan d’aménagement, son schéma urbain et sa conception, ses matériaux, les systèmes de construction et de décoration et le riche métissage social et culturel.

Critère (i): L’architecture ornementée du centre historique d’Arequipa représente un chef-d’œuvre de l’intégration créative des caractéristiques européennes et autochtones qui a joué un rôle crucial dans l’expression culturelle de toute la région.

Critère (iv): Le centre historique d’Arequipa est un exemple exceptionnel de peuplement colonial, caractérisé par les conditions naturelles, les influences indigènes, la conquête et l’évangélisation, ainsi que la nature spectaculaire de son environnement.

Intégrité

La zone de protection du centre historique d’Arequipa couvre 166,52 hectares, comprend tous les éléments représentatifs et les caractéristiques physiques de l’ensemble architectural et urbain et son évolution historique qui expriment la valeur universelle exceptionnelle du site. Le tracé urbain de la ville, ses monuments en milieu urbain et ses édifices religieux et civils construits entre le XVIIe et le XXe siècle, lui donnent son caractère d’ensemble urbain historique. De même, les techniques de construction –avec une pierre volcanique, des façades sculptées et autres- contribuent à préserver des exemples intacts et originaux qui ont survécu depuis le XVIIe siècle. Le centre historique d’Arequipa s’intègre dans le milieu naturel et culturel de la vallée du Chili, dominé par trois volcans enneigés et les terrasses agricoles préhispaniques dans la campagne.

Ces attributs sont toujours conservés aujourd’hui et maintiennent une relation étroite et harmonieuse sans grande modification. Le centre historique d’Arequipa est vulnérable aux phénomènes naturels, tels que l’activité sismique, l’activité volcanique de faible intensité et le phénomène El Niño-oscillation australe (ENSO). Qui plus est, suite aux multiples pressions socio-économiques, comme le commerce, la circulation, l’absence d’une politique efficace de maintenance, d’urbanisme et de contrôle, le centre ville souffre de surpeuplement, de la dégradation de ses monuments qui deviennent des taudis et des embouteillages, d’une forte pollution due à l’émission de gaz toxiques en raison du mauvais état de son parc automobile, du commerce formel et informel, de la démolition de biens immobiliers sur des parcelles reconverties en parkings et de la perte de la zone agricole de la ville. Tous ces facteurs, ajoutés à la négligence d’autrui et à la mauvaise gestion, mettent sérieusement en danger le tissu historique, ce qui a déjà entraîné la perte de nombreux bâtiments de valeur historique et doivent être pris en compte afin de maintenir les conditions d’intégrité.

Authenticité

Le plan du schéma urbain fondamental du centre historique d’Arequipa garde son originalité et tout un pan du tissu urbain qui reflète le métissage et l’identité historique de la ville, et ajoute une valeur urbaine exceptionnelle à l’ensemble. Les techniques de construction à l’aide d’une pierre volcanique et la finesse des œuvres sculpturales sur les porches et autres structures taillées dans le sillar témoignent aussi du développement technologique et du mélange d’art baroque local préservant des exemples authentiques et intacts qui ont survécu depuis le XVIIe siècle. Les églises sont toujours utilisées comme lieux de culte ; cependant, beaucoup de casonas ont perdu leur fonction résidentielle d’origine et ont été restaurées et reconverties dans des activités administratives ou culturelles.  

En dépit des innombrables catastrophes naturelles qu’a subi le centre historique d’Arequipa, la plupart des édifices ont été réparés à maintes reprises et reconstruits pour résister au milieu géographique sans perdre leur typologie ni leurs caractéristiques ornementales, en gardant des caractéristiques exceptionnellement cohérentes et homogènes grâce à l’intégration de ces facteurs. Cela s’est fait grâce à l’intégration de nombreux éléments, à la continuation des traditions de construction (savoir-faire), à l’emploi d’une main-d’œuvre locale expérimentée et à la connaissance des matériaux de construction locaux, comme le sillar, ainsi que plusieurs sources documentaires et notes graphiques.

Le milieu naturel et culturel du centre historique d’Arequipa –constitué de volcans enneigées et des paysages de la vallée du Chili avec des terrasses agricoles préhispaniques – donnent à la ville un cadre spectaculaire d’une beauté remarquable en lien étroit et harmonieux avec elle.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le centre historique d’Arequipa est protégé par la Constitution nationale et par la loi Nº 28296 de 2004, loi générale sur le patrimoine culturel national. La résolution suprême Nº 2900 de 1972 déclare le centre historique d’Arequipa « zone monumentale » et reconnaît comme monuments les bâtiments les plus importants ayant une valeur patrimoniale et en établit les limites. Le décret suprême Nº 012-77-IT/DS de 1977 définit les limites de la zone monumentale qu’il déclare aussi immatérielle qu’une « zone touristique, monumentale, blanche ». L’ordonnance municipale Nº 13-99 détermine la protection du centre historique d’Arequipa et crée l’office de gestion municipale et de contrôle du centre historique d’Arequipa.

Le périmètre du site (166,52 ha) est clairement délimité et protégé par une réglementation nationale. La zone tampon n’est pas encore définie bien qu’elle figure sur les cartes.

Aujourd’hui, les principaux édifices religieux sont généralement bien conservés ; 20 % des casonas sont complètement restaurées et près de 30% de ces manoirs sont en mauvais état.

Les espaces publics du centre historique d’Arequipa appartiennent au Gouvernement péruvien et sont gérés par la Municipalité provinciale d’Arequipa. Les couvents et les églises du centre historique sont la propriété de l’Église catholique et sont gérés par les ordres religieux à l’archevêché d’Arequipa. Les principales casonas classées ‘monuments historiques’ sont le plus souvent la propriété d’institutions publiques et privées. Un petit nombre d’entre elles appartient à des particuliers.

La gestion de tout le centre historique d’Arequipa est du ressort de l’office municipal de gestion et de contrôle récemment engagé, en coordination avec le Ministère de la Culture. L’une de ses tâches principales sera d’élaborer et mettre en œuvre un plan directeur. Cependant, des politiques précises de contrôle, gestion et maintenance par des agences impliquées dans la conservation et la gestion du centre historique d’Arequipa devront être développées et appliquées pour assurer la protection du bien du patrimoine mondial.