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Paysage archéologique des premières plantations de café du sud-est de Cuba

Archaeological Landscape of the First Coffee Plantations in the South-East of Cuba

The remains of the 19th-century coffee plantations in the foothills of the Sierra Maestra are unique evidence of a pioneer form of agriculture in a difficult terrain. They throw considerable light on the economic, social, and technological history of the Caribbean and Latin American region.

Paysage archéologique des premières plantations de café du sud-est de Cuba

Les vestiges des plantations de café du XIXe siècle, au pied de la Sierra Maestra, constituent un témoignage unique d'une forme novatrice d'agriculture en terrain difficile. Ils éclairent l'histoire économique, sociale et technologique de la région Caraïbes-Amérique latine.

منظر أثري لمشاتل القهوة الأولى في جنوب شرق كوبا

تشكّل بقايا مشاتل القهوة التي تعود الى القرن التاسع عشر والواقعة عند قدم سييرا مايسترا البرهان الوحيد على نمط مبتكرٍ للزراعة في أرضٍ صعبة. وهي تسلط الضوء على التاريخ الاقتصادي والاجتماعي والتكنولوجي لمنطقة الكاريبي وأمريكا اللاتينيّة.

source: UNESCO/ERI

古巴东南第一个咖啡种植园考古风景区

这个座落在喜瑞拉梅斯特拉(the Sierra Maestra)丘陵间的19世纪咖啡种植园遗迹见证了在不规则土地上进行农业种植的创新形式,清晰地展示了加勒比海地区和拉丁美洲地区经济、社会和技术发展的历史。

source: UNESCO/ERI

Археологический ландшафт первых кофейных плантаций на юго-востоке Кубы

Остатки кофейных плантаций XIX в. у подножия гор Сьерра-Маэстра – это уникальное свидетельство ранних форм сельского хозяйства, развивавшегося на сложной для освоения территории. Они помогают значительно лучше понять экономическую, социальную и технологическую историю Карибского региона и Латинской Америки.

source: UNESCO/ERI

Paisaje arqueológico de las primeras plantaciones de caféen el sudeste de Cuba

Los vestigios de las plantaciones de café del siglo XIX, situados al pie de la Sierra Maestra, constituyen un testimonio excepcional del uso de técnicas agrícolas precursoras en terrenos difíciles. Estos vestigios aclaran aspectos de la historia económica, social y tecnológica del Caribe y América Latina.

source: UNESCO/ERI

キューバ南東部のコーヒー農園発祥地の景観
シエラ・マエストラ山麓の丘陵地帯の乾燥した気候は、コーヒー栽培には理想的である。19世紀に本格化したコーヒー農園の経営は、この困難な地形に挑んだ開拓当時の農業形態を今に伝える唯一の例証である。しかし、その労働力は100万人を超えると推測されるアフリカから連行された黒人奴隷であった。これらのプランテーションは、カリブ海およびラテン・アメリカ地域の経済、社会、技術の歴史を明らかにする上で大きな意義を有する。

source: NFUAJ

Archeologisch landschap van de eerste koffieplantages in het Zuidoosten van Cuba

De resten van de 19e-eeuwse koffieplantages bestaan uit de overblijfselen van 171 historische koffieplantages op de steile en ruige hellingen van de bergvalleien in Sierra Maestra regio. Ze zijn het unieke bewijs van een pioniersvorm van landbouw op een moeilijk terrein. De koffieproductie werd in de 18e eeuw gestart op het eiland Santo Domingo door de Franse kolonisten. Zij waren met hun slaven gevlucht naar Cuba vanwege de opstanden in 1790 en de jaren daarna. Het archeologisch landschap werpt veel licht op de economische, sociale en technologische geschiedenis van het Caribisch gebied en de Latijns-Amerikaanse regio.

Source : unesco.nl

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Paysage archéologique des premières plantations de café du sud-est de Cuba © Ko Hon Chiu Vincent
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les premières plantations de café du sud-est de Cuba constituent un paysage culturel illustrant la production caféières coloniale du XIXe au début du XXe siècle. Celui-ci renferme  non seulement les vestiges architecturaux et archéologiques  de 171 anciennes plantations de café ou cafetales, mais aussi l'infrastructure pour l’irrigation et la gestion de l'eau, et le réseau de transport constitué de routes de montagne et de ponts qui reliaient les plantations entre elles et avec les points d'exportation du café. La topographie, dominée par les pentes abruptes et escarpées des contreforts de la Sierra Maestra, illustre l’ingéniosité des propriétaires de plantations (principalement d'origine française et haïtienne) dans l’exploitation de l'environnement naturel par la sueur et le sang de leurs esclaves africains. Le bien inscrit occupe une superficie totale de 81 475 ha dans les deux provinces de Guantanamo et Santiago de Cuba. Le grand parc national de Sierra Maestra  englobe la zone du bien inscrit situé à Santiago de Cuba.

Les plantations présentent divers états de conservation allant de la maison de planteur restaurée à  La Isabelica, aux ruines de plantations qui ne sont que des sites archéologiques. Typiquement, les plantations comprennent la maison du planteur, la terrasse de séchage, les aires de production pour la moulure et la torréfaction, et les quartiers des esclaves. On trouve d’autres dépendances, comme des ateliers, dans les plus grandes plantations. Le système de traitement du café  par dépulpage par voie humide, développé exclusivement par les Français dans cette zone, exigeait une infrastructure hydraulique spécifique de citernes, d’aqueducs et de  viaducs qui sont encore visibles dans le paysage. La  végétation qui reste montre l'intégration de la culture du café à l’ombre des forêts naturelles ou des arbres fruitiers ainsi que des jardins à la française intégrant la flore locale.

Critère (ii) : Les vestiges des plantations de café du XIXe et du début du XXe siècle dans l'est de Cuba sont les témoignages uniques et éloquents d'une forme d'exploitation agricole de la forêt vierge, dont les traces ont disparu dans les autres parties du monde.

Critère (iv) : La production caféières dans l'est de Cuba au XIXe et au début du XXe siècle a créé un paysage culturel unique, illustrant un stade important du développement de cette agriculture.

 Intégrité

Le paysage des premières plantations de café du sud-est de Cuba est resté intact principalement grâce au fait que la région a été presque abandonnée au début du XXe siècle, parce que les techniques  traditionnelles de culture du café de cette région pouvaient de moins en moins rivaliser avec les nouvelles méthodes adoptées ailleurs en Amérique latine. La vaste zone que couvre  le bien inscrit, avec 171 plantations sur plus de 800 km2, a permis la préservation d'un paysage culturel destiné à la production du café, allant du niveau agricole à son traitement, et des routes, des sentiers et des ponts qui reliaient le produit au marché. Les plantations individuelles comprennent la maison du planteur (souvent inspirée de traditions basques), des aqueducs, des minoteries, des cuves de fermentation, des hangars de séchage  et des baraques.

Les menaces actuelles qui pèsent sur le bien inscrit sont principalement dues à son statut de site archéologique en grande partie abandonné et à la reconquête du paysage par la nature. Des efforts ont été entrepris pour dégager et clôturer les plantations afin de les protéger contre les intrusions. La région est une zone tectonique active avec un historique de tremblements de terre. A l'avenir, cette zone peut être soumise à une menace croissante du fait d’un tourisme incontrôlé et de  l'exploitation des ressources naturelles, bien que la majorité des biens culturels soient actuellement peu accessibles en raison de leur isolement. Des menaces supplémentaires peuvent venir des effets possibles du changement climatique sur les plantations de café, en particulier la sécheresse. 

Authenticité

Les cafetales au sein de la zone inscrite illustrent une histoire riche et complète d'une ère de l'industrie agricole avec d’importants éléments culturels. Les vestiges incluent des exemples de systèmes ingénieux d’aqueducs et de viaducs ainsi que des citernes et des moulins utilisés pour le dépulpage des baies par voie humide, nécessaires à la production du café.  Les propriétaires de plantation étaient généralement d'origine française ou haïtienne et ont créé une culture régionale distincte par leur musique, leur danse et leur gastronomie qui se perpétue jusqu’à aujourd’hui.

L’authenticité du  processus de restauration est maintenue grâce à des excavations minutieuses et à l’étude d'une cinquantaine de sites archéologiques liée à un examen de la documentation écrite tels que les testaments, les journaux et  les récits de voyageurs, qui se trouvent  dans les archives cubaines et françaises.

Les plantations abandonnées se trouvent dans des états de restauration variables. Même si  les plantations ont des caractéristiques communes, chacune est distincte avec ses propres éléments.

Les projets de restauration entrepris dans diverses plantations s’appuient sur une  recherche archéologique et documentaire détaillée et utilisent des matériaux et des techniques authentiques. Ces projets ont inclus dans les années 1960 le développement du musée La Isabelica, et plus récemment la maison du planteur au musée de la plantation de Ti Arriba et le jardin à San Juan de Escocia. Une partie de l'infrastructure routière originale a été améliorée  mais  la plupart des chemins gardent leur  forme originale de simples  pistes et sentiers muletiers. 

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Les composants du bien inscrit sont la propriété du gouvernement cubain à travers diverses institutions du Ministère de l'Agriculture (MINAGRI). Le gouvernement national prévoit la protection juridique et la conservation du système de ruines des colonies françaises des plantations de café par le biais de la Commission des monuments nationaux. Au niveau provincial, c'est la responsabilité des centres du patrimoine culturel provincial, avec la participation du Bureau du conservateur de la ville de Santiago.

Une protection législative solide est en vigueur dans la région, en particulier dans le grand  parc national de la Sierra Maestra (1980). Les plantations dans la province de Guantanamo bénéficient d'une protection spéciale dans le cadre de la réglementation sur l'aménagement du territoire de la zone de crête de la montagne Nipe-Sagua-Baracoa.

Les plans de développement du tourisme sont axés sur le contrôle du tourisme dans des zones définies par des sentiers où le transport motorisé n'est pas possible. Des initiatives supplémentaires, destinées à améliorer la situation socio-économique de la région, portent sur  le développement économique et des études sur l'utilisation des sols.

Exceptionnellement, le bien inscrit ne comporte pas de zone tampon, en raison de l’étendue du territoire couvert, qui renferme  171 plantations et le paysage qui les relie.

Description longue

Les vestiges des plantations de café du XIXe et du début du XXe  siècle à l'est de Cuba représentent un témoignage unique et éloquent d'une forme d'exploitation de la forêt vierge dont les traces ont disparu partout ailleurs dans le monde. La production de café dans cette région, au cours de cette période, a contribué à forger un paysage culturel unique qui illustre une phase significative du développement de cette forme d'agriculture.

La production de café a été introduite dans l'île de Saint-Domingue (Hispaniola) par des colons français au cours du XVIIIe  siècle. Les insurrections qui éclatèrent à partir de 1790, aboutissant à la création d'un État indépendant à Haïti en 1804, poussèrent au départ de nombreux propriétaires de plantations français, accompagnés par des foules d'esclaves africains, qui s'installèrent dans l'île voisine de Cuba, alors sous domination espagnole. Ils furent bientôt rejoints par d'autres planteurs de café venus de France métropolitaine ou d'ailleurs, pendant tout le XIXe  siècle. À la fin de ce même siècle, d'autres parties de l'Amérique latine, comme le Brésil, la Colombie et le Costa Rica, commencèrent à produire du café. De nouvelles techniques, fondées sur des principes d'agriculture plus avancés, furent alors introduites, si bien que les anciennes plantations de l'est de Cuba furent incapables d'affronter la concurrence à un niveau de plus en plus international et fermèrent leurs portes l'une après l'autre.

Le site renferme les restes de 171 plantations de café historiques disséminées sur les pentes abruptes et ravinées des vallées montagneuses de cette région de la sierra Maestra. La plantation traditionnelle comporte un certain nombre d'éléments fondamentaux : au centre, la résidence du propriétaire, entourée par des habitations beaucoup plus modestes pour les esclaves affectés au service de la maison ou à la terre. La maison du propriétaire domine toujours la principale installation industrielle, la terrasse de séchage (secadero ), sur laquelle les grains de café étaient éparpillés et plongés dans l'eau pour préparer les phases suivantes de la transformation. Les grandes plantations comportent des ateliers où l'on travaillait le bois et le métal et parfois, comme à San Luís de Jacas, des fours à chaux.

Les plantations sont reliées entre elles par des routes bien tracées, parfaitement empierrées à l'intérieur des limites des domaines. Des canaux complexes, empruntant souvent des aqueducs sur arcades (comme à San Luís de Jacas) et des écluses acheminent, depuis les torrents et les sources, l'eau nécessaire à l'irrigation et à la fabrication du café ; de nombreuses plantations sont dotées de grandes citernes construites en pierre.

Les caféiers ont besoin d'ombre, si bien qu'ils ont été plantés sous le couvert des arbres de la forêt ; parallèlement, des zones déboisées ont été plantées avec une alternance de caféiers et d'arbres fruitiers, citronniers, goyaves et autres fruits exotiques qui constituaient une source d'alimentation pour les propriétaires de la plantation et pour leurs esclaves.

Les maisons des propriétaires étaient des édifices importants, adaptés aux exigences du climat tropical. Construites pour l'essentiel en bois sur des fondations en pierre, et dotées de toits de bardeaux, elles possédaient des salles de séjour et des chambres à coucher, souvent décorées à la mode du jour. Les cuisines se trouvaient dans des édifices séparés, proches des maisons principales. On ne connaît pas grand-chose des cabanes des esclaves, qui ne sont attestées que par des trous de poteaux et des sols de terre battue : il s'agissait de fragiles structures de bois et de branchages dont le toit était probablement formé de branchages et de feuilles. Les rares objets trouvés au cours des fouilles indiquent que le niveau de vie de ces travailleurs était extrêmement bas.

Les secaderos sont tout à fait caractéristiques : ce sont de grandes aires semi-enterrées, entourées de murs bas et reliées à des citernes ou à des canalisations. Un parti ingénieux a été tiré de la topographie naturelle, de manière à réduire l'effort physique en cours de production et à faciliter l'alimentation en eau.

Hormis les édifices restaurés (La Isabelica, Ti Arriba) et le jardin de San Juan de Escocia, où tout a été fait pour utiliser les matériaux et les techniques d'origine, documentées grâce à une recherche méticuleuse faite sur le site et à des recherches d'archives, l'authenticité des vestiges des cafetales est totale.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Au XVIIIe siècle, des colons français établirent la culture du café dans l'île de Saint Domingue (Hispaniola). Les soulèvements de 1790 et des années suivantes, aboutissant à la création de l'État indépendant de Haïti en 1804, entraînèrent la fuite de ces planteurs, accompagnés de beaucoup de leurs esclaves africains, à destination de l'île voisine de Cuba, alors placée sous domination espagnole. Ils obtinrent des terres dans le sud-est de l'île, au pied de la Sierra Maestra, à l'époque peu peuplée et convenant parfaitement à la culture des caféiers en raison de son climat et de son couvert forestier naturel.

Ils fondèrent rapidement des plantations de café (cafetales) sur une très vaste zone, appliquant les principes et les techniques développées dans les plantations d'Haïti et d'ailleurs en les améliorant. Ils furent rejoints par d'autres planteurs venus de France métropolitaine et d'ailleurs - Catalans, Anglais, Allemands et Américains du Nord et créoles originaires de la région - tout au long du XIXe siècle. Les nombreux mariages et les échanges culturels intenses avec la population créole locale, d'origine espagnole, firent naître une vigoureuse culture multi-éthnique.

Les planteurs créèrent un réseau routier important et organisèrent la gestion de l'eau dans cet environnement difficile, afin de servir leurs activités. Une grande partie de cette infrastructure - ponts et routes de montagne - survit aujourd'hui.

À partir de la fin du XIXe siècle, la production de café fit son apparition dans d'autres pays de l'Amérique latine, comme le Brésil, la Colombie et le Costa Rica. De nouvelles techniques furent introduites, sur la base de systèmes agricoles modernes, et les premières plantations de l'est de Cuba furent incapables de résister à la concurrence sur le marché mondial en expansion. Elles cessèrent progressivement leur activité et seule une poignée d'entre elles survit, continuant d'utiliser les techniques traditionnelles de la région.

Source : évaluation des Organisations consultatives