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Aires protégées de la Région florale du Cap

Brève description

Ce site sériel situé dans la province du Cap, Afrique du Sud, est composé de huit aires protégées couvrant un total de 553 000 ha. La région florale du Cap est l’une des zones les plus riches de la planète du point de vue végétal. Bien que représentant moins de 0,5 % de la superficie de l’Afrique, elle abrite presque 20 % de la flore du continent. Le site présente des processus écologiques et biologiques extraordinaires associés à la végétation du fynbos (brousse fine), végétation propre à la région florale du Cap. La densité et l’endémisme de la flore, ainsi que sa remarquable diversité, sont parmi les plus élevés de la planète. Des phénomènes uniques au monde notamment en matière de stratégie de reproduction végétale, de réaction des plantes au feu, de pollinisation des plantes par les insectes, ainsi que des structures intéressantes d’endémisme et de rayonnement adaptatif confèrent à la région une valeur exceptionnelle pour la science.

Aires protégées de la Région florale du Cap © Winfried Bruenken Plus d'images ...

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La Région florale du Cap a été reconnue comme l'une des plus éminentes au monde pour les plantes - en termes de diversité, de densité et de nombre d'espèces endémiques. Couvrant moins de 0,5 % de la superficie de l'Afrique, mais abritant près de 20 % de la flore du continent, cet extraordinaire assemblage de vie végétale et sa faune associée est représenté par une série de huit aires protégées occupant une surface de 553 000 ha. Ces aires protégées conservent également les plus remarquables processus écologiques, biologiques et évolutifs associés à la belle végétation distinctive du fynbos, unique à la Région florale du Cap.

Critère (ix) : Le bien est considéré comme ayant une valeur universelle exceptionnelle car il représente des processus écologiques et biologiques en cours associés à l'évolution du biome du fynbos qui est unique. Ces processus sont généralement représentés au sein de la Région florale du Cap et observés dans les huit aires protégées. Les stratégies de reproduction des plantes, y compris leur capacité d'adaptation au feu et les structures de dispersion des graines par les insectes sont particulièrement intéressantes sur le plan scientifique. La biologie de la pollinisation et le cycle des matières nutritives sont d'autres processus écologiques distinctifs du site. La Région florale du Cap est un centre de spéciation actif où l'on trouve dans la flore d'intéressantes structures d'endémisme et de rayonnement adaptatif.

Critère (x) : La Région florale du Cap est l'une des régions les plus riches pour les plantes comparée à d'autres régions de taille équivalente dans le monde. Elle représente une superficie inférieure à 0,5 % de celle de l'Afrique, mais elle abrite près de 20 % de la flore du continent. L'extraordinaire diversité, la densité et l'endémisme de la flore sont parmi les plus élevés au monde. Près de 69 % des 9 000 espèces de plantes estimées dans la région sont endémiques, avec 1 435 espèces considérées comme menacées. La Région florale du Cap a été identifiée comme l'un des 18 centres (« points chauds ») de la biodiversité dans le monde.

Intégrité

Les Aires protégées de la Région florale du Cap forment actuellement un bien en série composé de huit unités protégées couvrant au total 553 000 ha, avec une zone tampon de 1 315 000 ha destinée à faciliter la connectivité fonctionnelle et à atténuer les effets du changement climatique planétaire et d'autres influences anthropogéniques. Au moment de l'inscription, six des aires protégées étaient entourées par d'autres terres réservées à la conservation, tandis que le Complexe de montagne de Boland était entouré de terres essentiellement rurales. L'aire soumise aux plus fortes pressions extérieures est le Parc national de la péninsule du Cap, et des progrès sont accomplis pour renforcer la protection à travers des programmes sociaux de lutte contre la pauvreté, de sensibilisation du public, et des programmes de gestion et de surveillance des bassins versants montagnards. L'ensemble des huit aires protégées, toutes dotées de plans de gestion, s'additionne de manière synergique pour illustrer la richesse biologique et l'histoire de l'évolution de la Région florale du Cap.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

La protection juridique et la gestion du bien sont assurées par trois autorités (South African National Parks, Western Cape Nature Conservation Board et Eastern Cape Parks Board) qui, avec le Département national des Affaires environnementales et du Tourisme, constituent le « Comité de gestion conjoint du bien du patrimoine mondial des Aires protégées de la Région florale du Cap ». Les systèmes de gestion des connaissances sont étendus pour mieux conseiller la prise de décisions en matière de planification et de gestion, facilitant ainsi l'utilisation efficace des ressources limitées, mais croissantes liées en particulier à la gestion des feux et des espèces allogènes envahissantes.

Il y a actuellement un processus en cours pour obtenir la proclamation du bien sériel comme site du patrimoine mondial en vertu de la loi sur la Convention du patrimoine mondial (loi N°49 de 1999). Une fois que le bien sériel sera proclamé comme site du patrimoine mondial, son statut sera automatiquement reconnu en tant qu'aire protégée et bénéficiera ainsi d'une protection au regard des lois fondamentales sur l'environnement : la loi nationale sur la gestion de l'environnement (loi N°107 de 1998), la loi sur l'aménagement du territoire (loi N°88 de 1967), la loi nationale sur la gestion de l'environnement : Biodiversité (loi N°10 de 2004) et la loi nationale sur la gestion de l'environnement : Aires protégées (loi N°57 de 2003). Selon ces textes de loi, l'exploitation ou la prospection minière est absolument interdite sur les sites du patrimoine mondial et tous les projets de développement sont soumis à des évaluations d'impact environnemental.

Les plus grosses difficultés auxquelles est confronté le bien en ce moment sont les espèces envahissantes et les incendies. Les menaces à plus long terme sont le changement climatique et les pressions du développement causées par une population croissante, particulièrement dans la péninsule du Cap. Les espèces envahissantes sont traitées grâce à des programmes de contrôle manuel qui ont été utilisés comme référence pour d'autres parties du monde, et tous les sites sont gérés conformément à des plans de gestion agréés.

Description longue

[Uniquement en anglais]

The Cape Floral Region is located in the south-west corner of South Africa in the Cape Province. The site's eight clusters form a representative sample of the eight phytogeographical centres of the region. Elevations range from 2,077 m in the Groot Winterhoek to sea level in the De Hoop Nature Reserve. A great part of the area is characterized by rugged mountain passes, rivers, rapids, cascades and pools.

The area has been called the world's 'hottest hot-spot' for plant diversity and endemism and has been designated as one of the World Centres of Plant Diversity. It has some 44% of the subcontinental flora of 20,367 species (vascular plant species), including endemic and subendemic families and threatened species. The Cape Peninsula contains almost half of these species, with 25% of the flora of the whole region. The richness is due to the wide variety of macrohabitats and microhabitat mosaics resulting from the range of elevations, soils and climatic conditions, including the co-existence of winter-rainfall species with summer-rainfall species from further east. The flora is also characterized by concentrations of relict endemics and massive ongoing speciation due to its isolation in an area of very long established climatic stability. The flora of each area is sufficiently distinct to justify representation of the region by several sites, each of which is large enough to preserve the genetic viability of its types of diversity and to accommodate large-scale natural processes such as fire and drought. Eight phytogeographical centres of endemism have been distinguished in the Cape Floral Region.

The distinctive flora of the region, comprising 80% of its richness, is the fynbos (fine bush), fine-leaved vegetation adapted to both the Mediterranean type of climate and to periodic fires, and defined by the location or dominant species. Plant variety is based on soil types which vary from predominantly coarse, sandy, acidic nutrient-poor soils, to alkaline marine sands and slightly richer alluvials. There are pockets of evergreen forest in fire-protected gorges and on deeper soils; in the east are valley thickets and succulent thickets, which are less fire-dependent, and in the drier north, low succulent Karoo shrubland.

Four other characteristics of the Cape Floral Region of global scientific interest are:

  • the responses of the plants to fire;
  • seed dispersal by ants and termites;
  • the high level (83%) of plant pollination by insects, mainly beetles and flies;
  • its linkages to Gondwanaland allowing reconstruction of the flora's ancient connections.

Adaptation to fire include geophytes that sprout from underground and seed storage both underground and in the canopy, some species requiring fire for germination. Ants take the seeds to eat the lipid deposits; about 28% of the region's flora, including over half of the Proteaceae, is dispersed by them. Most of the shrubs so dispersed are both endemic and threatened species but the latter lack a way of regenerating after fire. Pollination and nutrient-cycling by termites, and termite-mound communities are notable and the region has very high levels of bird- and mammal-pollinated plants.

Source : UNESCO/CLT/WHC