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Minières néolithiques de silex de Spiennes (Mons)

Neolithic Flint Mines at Spiennes (Mons)

The Neolithic flint mines at Spiennes, covering more than 100 ha, are the largest and earliest concentration of ancient mines in Europe. They are also remarkable for the diversity of technological solutions used for extraction and for the fact that they are directly linked to a settlement of the same period.

Minières néolithiques de silex de Spiennes (Mons)

Les mines de silex du néolithique à Spiennes, qui couvrent plus de 100 ha, sont les centres d'extraction minière les plus vastes et les plus anciens d'Europe. Elles sont aussi remarquables par la diversité des solutions techniques mises en œuvre pour l'extraction et en raison de leur lien direct avec un peuplement de la même période.

مناجم الصوان من العصر الحجري الحديث في سبيين- (مونس)

مناجم الصوان من العصر الحجري الحديث في سبيين(مونس) تُعتبر مناجم الصوان العائدة إلى العصر الحجري الحديث في سبيين والتي تفوق مساحتها 100 هكتار، المراكز الأكبر والأقدم في أوروبا للإستخراج المنجمي. وتتميّز هذه المناجم بالحلول الفنية المتنوعة التي طُبقّت في عملية الإستخراج وبصلتها المباشرة بتوطّد سكاني من الحقبة نفسها.

source: UNESCO/ERI

斯皮耶纳新石器时代的燧石矿

斯皮耶纳新石器时代的燧石矿面积达100多公顷,是欧洲最大且最早的古代矿坑汇集地。这些燧石矿的非凡在于提炼技术的多样化,及其与当时人类聚落之间的直接联系。

source: UNESCO/ERI

Неолитические каменоломни в районе Спьенн, окрестности города Монс

Неолитические каменоломни в районе Спьенн, занимающие площадь более 100 га, являются крупнейшим и древнейшим в Европе комплексом такого рода объектов. Каменоломни примечательны разнообразием использовавшихся при добыче полезных ископаемых технологических решений, а также своей связью с поселениями того времени.

source: UNESCO/ERI

Minas neolíticas de sílex de Spiennes (Mons)

Las minas de sílex de Spiennes, que datan del Periodo Neolítico y se extienden por más de 100 hectáreas, son los centros de extracción de mineral más vastos y antiguos de Europa. Constituyen un ejemplo notable de la diversidad de técnicas utilizadas por el hombre prehistórico para extraer el sílex y ofrecen un interés excepcional por su vinculación directa con asentamientos humanos de ese periodo.

source: UNESCO/ERI

スピエンヌの新石器時代の火打石の鉱山発掘地(モンス)
モンス市はベルギー南西部、エイノー州の州都。100ha余りの面積に広がるこの鉱山発掘地は、まとまった古代採石場としてはヨーロッパ最大かつ最古の遺跡である。6000年以上前から最初の住民が、スピエンヌ近郊の台地で火打石の露天掘りを行っていた。その後、新石器時代の農耕民が竪穴の坑道を掘り始め、紀元前8世紀頃まで続いた。この遺跡の発見によって明らかになったのは、技術の多彩さばかりでなく、採石場が現代の集落と直結した点である。

source: NFUAJ

Neolithische vuursteenmijnen te Spiennes (Mons)

De neolithische vuursteenmijnen in Spiennes beslaan meer dan 100 hectare en bestaan uit twee krijtplateaus gescheiden door de Trouille vallei. Het zijn de grootste en oudste concentratie van oude mijnen in Europa. Ze zijn opmerkelijk vanwege de diverse gebruikte extractietechnieken en het feit dat ze rechtstreeks gekoppeld zijn aan een nederzetting uit dezelfde periode. De mijnen waren vele eeuwen lang in bedrijf en illustreren hoe de prehistorische mens zich ontwikkelde en aanpaste op technologisch gebied. De grote deposito's mijnmateriaal waren van essentieel belang voor de productie van instrumenten en werktuigen, en daarmee voor de culturele evolutie in het algemeen.

Source : unesco.nl

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Minières néolithiques de silex de Spiennes (Mons) © Donar Reiskoffer
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les minières néolithiques de silex de Spiennes se situent sur deux plateaux crayeux, au sud-est de la ville de Mons. Elles occupent une zone essentiellement vouée à l’agriculture. Le site apparaît en surface comme une grande étendue de prés et de champs jonchée de millions de silex taillés. En sous-sol, le site est un immense réseau de galeries reliées à la surface par des puits verticaux, creusés par les populations du Néolithique.

Les mines de silex du néolithique de Spiennes sont les centres d’extraction minière les plus vastes et parmi les plus anciens d’Europe du Nord ouest. Elles ont été en exploitation pendant de nombreux siècles et les vestiges illustrent avec force l’évolution et l’adaptation des techniques d’extraction utilisées par les populations préhistoriques dans le but d’exploiter les vastes gisements d’un matériau qui est essentiel à la fabrication d’outils, et donc à l’évolution culturelle en général. Elles sont aussi remarquables par la diversité des solutions techniques d’extraction mises en œuvre et par le fait qu’elles sont directement liées à un habitat qui leur est contemporain.

A l’époque néolithique (depuis le dernier tiers du Ve millénaire jusque dans la 1ère moitié du IIIe millénaire), le site a été le siège d’une exploitation intensive du silex présent dans le sous-sol. Différentes techniques ont été utilisées, dont la plus spectaculaire et la plus caractéristique est le creusement de puits de 0,8 à 1,20 m de diamètre et dont la profondeur pouvait atteindre 16 mètres. Les populations du Néolithique pouvaient ainsi passer en dessous des couches constituées de grandes dalles de silex (jusqu’à 2 mètres de long) qu’ils extrayaient grâce à une technique particulière dite du foudroyage (dégagement en sous-œuvre avec maintien d’un muret de craie au centre, étançonnage de la dalle, abattage du muret, retrait des étançons et affaissement de la dalle). La densité des puits est importante, jusqu’à 5000 dans la zone dite de Petit Spiennes (14 ha), amenant à des recoupements de fosses et de puits dans certains secteurs.

A ces puits d’extraction étaient associés des ateliers de taille dont témoignent les nombreux fragments de silex toujours présents à la surface et qui ont donné son nom à une partie du site, Camp à Cayaux (Champ aux cailloux). La production visait essentiellement la fabrication de haches pour l’abattage des arbres et de longues lames qui étaient transformées en outils. La standardisation de la production témoigne du haut niveau de technicité des tailleurs de silex de Spiennes. On a également découvert sur le site les vestiges d’un camp fortifié composé de deux fossés concentriques irréguliers distants de 5 à 10 mètres. Le mobilier archéologique recueilli est comparable au mobilier de type Michelsberg découvert dans le secteur minier. 

Critère (i) : Les mines de silex du Néolithique à Spiennes offrent un témoignage exceptionnel des capacités d’application et d’invention des populations préhistoriques.

Critère (iii) : L’avènement des cultures néolithiques a marqué une étape majeure dans l’évolution culturelle et technologique de l’humanité, abondamment illustrée par le vaste complexe des anciennes mines de silex de Spiennes.

Critère (iv) : Les mines de silex de Spiennes sont des exemples remarquables de la technologie de l’extraction du silex au Néolithique qui a marqué une étape déterminante du progrès technologique et culturel humain.

Intégrité

Depuis la fin des Ages des Métaux, le site n’a pas connu d’occupation significative. Les cartes anciennes le montrent voué à l’agriculture, voire laissé en friche dans les zones où l’abondance de silex le rendait impropre à la culture.

Au XVIIIe siècle, les armées de Louis XIV creuseront un fossé de 3 mètres de profondeur accompagné d’une levée de terre.

Au XIXe siècle, le silex sera de nouveau exploité, essentiellement en surface, pour la réalisation de pierres à fusil. Les faïenceries engendreront également une exploitation dans certaines parties du site mais dans des zones très limitées (inférieures à 100m²).

Le creusement d’une tranchée de chemin de fer en 1867 recoupe 25 puits d’extraction et est à l’origine de la découverte du site.

Au XXe siècle, le placement d’une conduite de gaz a occasionné une altération de la partie supérieure des puits sur une surface d’environ 1800m².

Ces quelques altérations n’ont cependant pas altéré la qualité du site qui a gardé un haut niveau d’intégrité.

Authenticité

L’authenticité des minières néolithiques de Spiennes est totale. Beaucoup d’entre elles n’ont encore jamais été fouillées, et celles qui sont ouvertes au public sont demeurées dans leur état d’origine, à l’exception de quelques installations modernes de confortement et de sécurité.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Les minières de Spiennes ont été classées par l’arrêté ministériel du 7 novembre 1991, qui protège à la fois l’ensemble comme site et les structures d’exploitation comme monument. En outre, le site figure également sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie, soit le plus haut niveau de protection prévu par la législation wallonne.

Diverses autres dispositions légales et réglementaires concourent à la protection du site des minières, dont le plan de secteur de Mons-Borinage qui affecte la zone classée aux activités agricoles, le plan communal de développement de la nature de la Ville de Mons, et la législation sur la protection des zones de captage des eaux.

Sur le plan archéologique, des fouilles limitées sont réalisées par le service compétent du Département du Patrimoine. L’objectif est à la fois de connaître le site et de le gérer comme une réserve archéologique. La présence d’archéologues constitue une surveillance de fait.

Suite à la décision du Gouvernement wallon du 25 août 2011 de doter les sites wallons inscrits sur la Liste du patrimoine mondial d’un plan de gestion, un Comité de pilotage, un Comité scientifique et un Comité de gestion ont été établis.

La descente dans les minières a longtemps été occasionnelle, et les visites guidées prises en charge par une association locale. Pour favoriser une meilleure connaissance du site, il a été décidé de créer un centre d’interprétation. La localisation a été définie de manière à limiter au maximum les emprises sur le site tout en permettant au visiteur de partager l’expérience des archéologues et d’être confronté aux conditions d’exploitation de l’époque néolithique. Les matériaux et la volumétrie favoriseront l’intégration paysagère du bâtiment et le respect du site lui-même. Ce centre d’interprétation viendra compléter les activités de la base scientifique présente au Camp à Cayaux depuis le milieu du XXe siècle.

Description longue

Le début des cultures néolithiques représente une étape majeure dans le développement culturel et technologique de l'homme, éloquemment illustré par le vaste complexe des anciennes minières néolithiques de Spiennes. Elles offrent un témoignage exceptionnel de la capacité des premiers hommes à inventer et à mettre en pratique leurs découvertes. Les minières, comme l'habitat correspondant, situé en hauteur, montrent que des changements fondamentaux se produisirent en Europe entre le cinquième et le quatrième millénaire avant notre ère, et documentent le passage des premières communautés stables à de véritables « centres claniques », qui se sont probablement formés à l'âge du bronze.

Le processus de changement qui a affecté toute l'Europe s'effectue à Spiennes durant la culture du Michelsberg, qui est attestée au cours du néolithique moyen sur un vaste territoire comprenant une grande partie de l'Allemagne, de la Belgique et du nord de la France. Spiennes offre un exemple remarquable de cette culture au travers de ses deux sites caractéristiques : un établissement fortifié sur une hauteur et une grande minière de silex.

Les minières de Spiennes sont un important exemple, et l'un des mieux connus, d'exploitation néolithique du silex, et marquent une époque décisive dans la technologie et le progrès culturel de l'homme. Ses puits sont parmi les plus profonds jamais creusés pour extraire ce matériau. Les dimensions exceptionnelles des blocs de silex extraits témoignent de l'incroyable habileté des mineurs néolithiques, qui développèrent à cet effet une technique d'extraction spécifique. La qualité des objets produits sur place en fait l'un des exemples les plus remarquables de la grande habileté des artisans, qui produisirent des lames extrêmement régulières, et des haches de 25 cm de longueur.

Les minières, qui couvrent plus de 100 hectares, sont les centres d'extraction les plus vastes et les plus anciens d'Europe. Le site se trouve à 6 km au sud-est de Mons et se développe sur deux plateaux calcaires séparés par la vallée de la Trouille, un affluent de la Haine. Elles ont été exploitées au cours de nombreux siècles, et leurs vestiges illustrent, au fil du temps, le développement et l'adaptation de la technologie mise en œuvre par les hommes préhistoriques pour exploiter les vastes gisements d'une matière première qui était essentielle à la production d'armes et d'instruments et donc, plus généralement, à l'évolution culturelle.

L'extraction souterraine du silex y a commencé à partir de la seconde moitié du cinquième millénaire (entre 4400 et 4200 avant notre ère), ce qui fait de Spiennes l'un des plus anciens sites miniers d'Europe. Plusieurs indices montrent que l'activité minière se poursuivit, apparemment sans solution de continuité, du début du néolithique moyen jusqu'à la fin du néolithique. Les objets découverts en nombre considérable à Spiennes, et plus particulièrement la poterie, nous donnent une bonne idée du type de groupe humain qui exploitait ces minières. Spiennes conserva son importance au cours des âges des métaux. Différents témoignages, probablement liés à des habitats, se rattachent à la fin de l'âge du bronze (VIIIe ou VIIe  siècle av. J.-C.) et au deuxième âge du fer.

Les premières découvertes archéologiques de puits de mines ont été effectuées dans les années quarante du XIXe  siècle, mais ce n'est qu'en 1867, lorsque la ligne ferroviaire Mons-Chimay traversa une partie du plateau du Petit-Spiennes, que furent entrepris des travaux plus systématiques. Depuis la communication de ces découvertes à l'Académie royale de Belgique, l'année suivante, les minières ont été sérieusement étudiées grâce à d'importantes campagnes de fouilles menées entre 1912 et 1914, et de manière continue depuis 1953.

Le site se présente aujourd'hui comme un vaste paysage de prairies et de champs semé de millions de déchets de taille du silex. Le sous-sol du site est un immense réseau de galeries reliées à la surface par des puits verticaux creusés au néolithique. L'authenticité du complexe est totale : beaucoup de galeries n'ont jamais été fouillées, et celles qui sont ouvertes au public se présentent dans leur état d'origine, à l'exception de quelques étais et supports qui y ont été installés pour des raisons de sécurité.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

La période au cours de laquelle Spiennes devient une minière de silex à grande échelle, grâce à des techniques que l'on pourrait qualifier de pré-industrielles, est connue grâce à la datation au carbone 14 de matières organiques telles que le charbon de bois, l'os et les bois de cerfs, et des objets abandonnés dans les mines ou les ateliers, comme les poteries ou les cordes ayant servi à lier les outils taillés en bois de cerf. L'extraction souterraine du silex était pratiquée sur ce site depuis le Ve millénaire avant notre ère (entre 4400 et 4200 av. J.-C.), faisant de Spiennes l'un des plus anciens sites miniers d'Europe. Plusieurs datations montrent que l'activité minière s'est poursuivie, apparemment sans interruption, à travers tous le IVe millénaire et même durant le première moitié du IIIe millénaire av. J.-C., autrement dit, du début du Néolithique moyen jusqu'au Néolithique final.

En raison de l'étendue du site, il est encore impossible de dater individuellement les différents secteurs d'extraction minière. Camp-à-Cayaux et Petit-Spiennes produisent cependant des datations similaires, de sorte que les deux plateaux on dû être exploités conjointement. La datation est en cours pour le Versant de la Wampe.

Cependant, sur les deux plateaux, différentes structures d'extraction se recoupent et démontrent l'existence de phases d'exploitation successives. À Petit-Spiennes, par exemple, de nouveaux puits sont creusés vers 3000 avant notre ère dans un zone qui a déjà été exploitée entre 4400 et 4000 avant notre ère.

Le grand nombre d'objets fabriqués découverts à Spiennes, plus particulièrement la céramique, permet d'établir de manière assez précise quels groupes humains ont pratiqué l'extraction souterraine de silex. D'autres groupes ont laissé parfois des traces abondantes, mais les raisons de leur présence sont plus difficiles à interpréter.

Les plus anciens vestiges néolithiques de Spiennes sont deux herminettes, caractéristiques de la culture du Néolithique ancien dite Rubané, datée de la seconde moitié du VIe millénaire avant notre ère. Cependant, ces découvertes de surface n'indiquent pas que le silex était exploité à Spiennes à cette époque.

La plus grande partie de la céramique découverte dans les structures minières, les ateliers et le comblement supérieur des puits est caractéristique de la culture dite de Michelsberg. Celle-ci couvre une zone importante qui s'étend de l'Allemagne centrale à la Rhénanie, à la Belgique et au nord de la France. Cette culture est attestée entre le dernier tiers du Ve millénaire et le milieu du IVe millénaire avant notre ère. Des objets cassés en céramique trouvés en bas des puits montrent clairement qu'ils ont été laissés sur place par les mineurs avant le remplissage des puits.

En ce qui concerne le Néolithique final, bien que les datations au carbone 14 suggèrent que l'exploitation minière s'est poursuivie, aucune céramique caractéristique de la culture Seine-Oise-Marne (un groupe local de la première moitié du IIIe millénaire avant notre ère) n'a été découverte à ce jour. L'utilisation de haches taillées à tranchant évasé suggère que le silex est débité à Spiennes pendant la période de transition entre le Néolithique final et l'âge du bronze.

Spiennes connaît encore des fréquentations importantes durant les âges des métaux. Des vestiges, probablement liés à des habitats, peuvent être attribués à l'âge du bronze final (VIIIe ou VIIe siècle avant J.-C.) et au second âge du fer (la Tène). À cette époque, la nature de l'occupation a donc changé. Cependant le silex joue encore un rôle dans la fabrication de l'outillage de ces populations. Les vestiges de l'âge du bronze final ont notamment livré un atelier de taille qui montre que le silex local est encore travaillé sur le site. La manière dont les tailleurs du bronze final s'approvisionnaient en silex n'est pas connue. Peutêtre pratiquaient-ils une extraction à faible échelle ou bien ont-ils récupéré les nombreux déchets de taille laissés par les occupations antérieures.

De nombreux puits de la Tène ont livré du silex. Là, encore, la présence d'abondants déchets de la taille a peutêtre encouragé les hommes de l'âge du fer à y recourir pour la fabrication d'outils.

Source : évaluation des Organisations consultatives