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Tombes impériales des dynasties Ming et Qing

Brève description

L’extension ajoute trois tombes impériales de la dynastie Qing à Liaoning aux tombes Ming inscrites en 2000 et 2003. Les trois tombes impériales de la dynastie Qing dans la province de Liaoning comprennent la tombe Yongling, la tombe Fuling et la tombe Zhaoling, toutes construites au XVIIe siècle. Erigées pour les empereurs fondateurs de la dynastie Qing et leurs ancêtres, ces tombes obéissent aux préceptes de la géomancie chinoise traditionnelle et de la théorie du fengshui. Elles offrent une riche décoration de statues en pierre, de bas-reliefs et de dalles ornées de dragons, illustrant l’évolution de l’architecture funéraire sous la dynastie Qing. Les trois complexes funéraires et leurs nombreux édifices conjuguent les traditions héritées des dynasties précédentes et les innovations de la civilisation mandchoue.

Tombes impériales des dynasties Ming et Qing © Lemoncat1

Justification d'inscription

Critère (i) : l'intégration harmonieuse d'ensembles architecturaux remarquables dans un cadre naturel judicieusement choisi pour répondre aux critères de la géomancie (Fengshui) fait des tombes impériales Ming et Qing des chefs d'oeuvre du génie créateur humain.

Critères (ii), (iii) et (iv) : les mausolées impériaux sont les témoignages exceptionnels d'une tradition culturelle et architecturale de plus de cinq siècles qui a connu un grand rayonnement dans cette partie du monde; par leur intégration dans l'environnement naturel, ils composent des paysages culturels tout à fait singuliers.

Critère (vi) : les tombes Ming et Qing sont de brillantes illustrations des croyances, de la conception du monde et des théories géomanciennes du Fengshui de la Chine féodale; elles ont servi de sépultures à des générations de personnages illustres et ont été le théâtre d'évènements majeurs qui ont marqué l'histoire de la Chine.

Description longue

Les tombes impériales des Ming et des Qing sont de précieux témoignages d'une tradition culturelle et architecturale qui domina cette partie du monde pendant plus de cinq cents ans. Leur intégration remarquable à l'environnement naturel en fait un ensemble tout à fait unique de paysages culturels.

Durant des temps immémoriaux, les souverains de Chine attachèrent une importance considérable à la construction d'imposants mausolées qui ne reflétaient pas seulement leur croyance en l'Au-delà, mais représentaient aussi une affirmation de leur autorité. Lorsque la dynastie des Ming prit le pouvoir (1368), ses souverains adoptèrent un modèle commun pour ce type de construction, que caractérisait la recherche d'une harmonie totale entre un site naturel choisi en fonction de critères de sélection précis et un complexe d'édifices appelé à remplir un certain nombre de fonctions codifiées. Le site naturel, plaine ou large vallée, devait être délimité vers le nord par une chaîne de montagnes sur laquelle les tombes se détachaient, avec une élévation plus basse vers le sud ; il devait être bordé à l'est comme à l'ouest par des collines, et présenter au moins un cours d'eau. Pour réaliser la fusion avec le site naturel, les multiples édifices étaient construits le long de la principale voie d'accès, longue de plusieurs kilomètres, connue sous le nom de voie des Esprits, d'où partaient différentes voies secondaires menant aux autres mausolées.

Un portique d'entrée formé de cinq portes marque le début de la voie des Esprits, qui traverse ou longe ensuite de nombreux édifices, notamment un pavillon de réception, un pavillon abritant les stèles des Mérites Divins, des colonnes de pierre et des sculptures représentant des animaux, des généraux et des ministres, figurés par deux. Après un ou plusieurs ponts de pierre et un portique du Dragon et du Phénix, la voie sacrée parvenait à un complexe de bâtiments qui inclut une salle de méditation flanquée par des pavillons latéraux et une tour mémorial menant au tumulus enclos sous lequel se trouvent les chambres funéraires. Ce paysage culturel est profondément imprégné d'une forme de cosmogonie qui lui confère un statut sacré.

Les tombes xianling, de la dynastie des Ming, se trouvent près de la ville de Zhongxiang, dans la province du Hubei, à plus de 1 000 km de Beijing. Les premiers travaux de construction du mausolée sont l'œuvre de Xing, qui avait projeté d'y être enterré ; il fut déclaré empereur en 1519 à titre posthume, sur la base de considérations généalogiques. Des travaux furent entrepris par la suite pour adapter la tombe aux principes d'harmonie de la dynastie des Ming et pour créer un second tumulus, destiné à abriter les chambres funéraires de sa famille, y compris celle de l'impératrice.

La tombe qing occidentale renferme 14 sépultures impériales et deux groupes d'édifices : le temple bouddhique tibétain Yongfu et le palais temporaire où la famille impériale résidait lorsqu'elle venait honorer ses ancêtres. Le site naturel est d'une très grande beauté, notamment parce qu'il comporte une forêt d'élégants pins séculaires.

Le site des tombes qing orientales comporte 15 mausolées dans lesquels 161 corps ont été enterrés - empereurs, impératrices, concubines et princesses. C'est notamment là que reposent les empereurs Kangxi et Qianlong, qui ont laissé le souvenir de grands souverains et de protagonistes majeurs du développement de la Chine, ainsi que l'impératrice Dowager Cixi qui gouverna l'Empire, par le truchement d'intermédiaires, durant toute la seconde moitié du XIXe  siècle.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

La dynastie Qing fut fondée en 1636 par les Mandchous - pour désigner leur régime en Mandchourie. Les trois tombes impériales furent construites à l'époque où leur capitale était Shenyang. En 1644, le siège de la capitale fut transféré à Beijing et les Mandchous établirent leur dynastie en Chine.

La première phase de construction de la tombe Yongling eut lieu dans les dernières années de la dynastie Ming ; elle servit de tombeau familial à l'empereur Fuman. En 1636, l'empereur Huangtaiji de la dynastie Qing conféra à ce tombeau le titre de tombe Xingjing. En 1648, l'empereur Fulin nomma ses quatre ancêtres empereurs à titre posthume et, en 1651, baptisa les montagnes où se trouvaient les tombes les monts Qiyun.

La construction de la tombe Fuling commença en 1629 (sous le règne de Tiancong, de la dynastie des Jin postérieurs) pour s'achever en 1644 (sous le règne de l'empereur Shunzhi de la dynastie Qing). Le site fut agrandi et reconstruit entre 1645 (empereur Shunzhi) et 1688.

La tombe Zhaoling fut tout d'abord construite entre 1643 et 1651. Elle fit l'objet de travaux d'agrandissement et de reconstruction dont la durée s'étala du règne de l'empereur Kangxi jusqu'à celui de l'empereur Qianlong dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Source : évaluation des Organisations consultatives