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Décisions du Comité

CONF 203 VII.16

SOC : Angkor (Cambodge)

VII.16 Angkor (Cambodge)

Le Directeur de la Division du Patrimoine culturel de l'UNESCO a rendu compte de l'avancement des opérations de sauvegarde du site d'Angkor inscrit simultanément sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1992. Il a rappelé que l'assistance internationale pour Angkor relève d'un Comité international de coordination, sous la coprésidence des ambassadeurs du Japon et de la France à Phnom Penh, dont le secrétariat est assuré par l'UNESCO. Ce Comité se réunit périodiquement pour définir les priorités, inspecter les travaux de conservation sur le site et mobiliser les fonds nécessaires. M. Bouchenaki a ajouté que les efforts internationaux pour la sauvegarde d'Angkor en font aujourd'hui de ce site le plus vaste atelier de conservation au monde.

Parmi les priorités fixées par le Comité international de coordination pour 1998, avec l'appui des ministres d'Etat et de la Culture du Cambodge, figurent les études hydrologiques des douves d'Angkor financées au titre de l'assistance d'urgence dont le Bureau du Comité du patrimoine mondial a approuvé le montant en juin 1998. Le Directeur a indiqué que les projets en cours financés par les fonds-en-dépôt auprès de l'UNESCO et gérés par les différentes équipes internationales, se poursuivent normalement. La phase II du projet de restauration du temple du Pre Rup que finance le gouvernement italien avec son fonds-endépôt auprès de l'UNESCO commencera en novembre 1998. Un département d'imagerie numérique est aussi en cours d'installation au laboratoire photographique de l'Office de Conservation d'Angkor, avec l'assistance internationale de l'UNESCO.

Le Directeur a indiqué, en outre, qu'un projet de restauration du temple du Preah Ko financé dans le cadre d'un accord bilatéral, reprendra en novembre 1998.

En commentant le rapport du Secrétariat, le délégué du Japon a annoncé que les activités comprises dans la "Première phase de sauvegarde d'Angkor" seraient achevées au printemps 1999 et financées par le gouvernement japonais qui versera une contribution de 10 millions de dollars au fonds-en-dépôt auprès de l'UNESCO. La "Deuxième phase" qui débutera en juin 1999, sera financée grâce à une contribution supplémentaire de 10 millions de dollars que le Japon s'est engagé à verser sur six ans, et aussi par ce fonds-en-dépôt. Le délégué du Japon a demandé de maintenir une coordination plus étroite entre le Centre et la Division du Patrimoine culturel dans la mise en oeuvre des activités d'assistance internationale à Angkor.

Intervenant en sa qualité de délégué de la Hongrie, le Rapporteur a demandé que la documentation sur les activités entreprises dans le cadre de l'assistance internationale, et qui est régulièrement préparée pour le Comité international de coordination d'Angkor, soit mise à la disposition du Comité. Il a expliqué qu'une documentation de ce type - notamment les données topographiques - a aussi son importance pour le suivi périodique. Le délégué de la France a fait remarquer que, dans le cas d'Angkor, l'assistance est coordonnée au niveau international avec les contributions de nombreux pays donateurs, dont la France, et que c'est là un facteur important que le Comité ne doit pas perdre de vue.

Le délégué de la République de Corée a signalé qu'en dépit des moyens considérables déployés par la communauté internationale à Angkor, cela n'aura pas l'effet escompté pour la sauvegarde du site à moins que le gouvernement cambodgien et la communauté internationale fassent preuve de plus de diligence pour empêcher les vols et le trafic de biens culturels en provenance d'Angkor. Il s'est enquis des garanties de transparence et de l'utilisation judicieuse des sommes considérables versées pour la sauvegarde d'Angkor.

L'Italie a appuyé la nécessité de veiller à empêcher le trafic illicite des biens culturels en rappelant les dispositions de la Convention UNIDROIT à cet égard.

La Thaïlande a expliqué les mesures positives qui ont été adoptées pour mettre fin au trafic illicite transfrontalier de biens culturels du Cambodge vers la Thaïlande.

Le Directeur de la Division du patrimoine culturel a expliqué les formes de soutien de l'UNESCO dans la lutte contre le trafic illicite de biens culturels en provenance du Cambodge. Il a aussi précisé que les fonds-en-dépôt auprès de l'UNESCO sont soumis à des audits internes et externes.

Le Rapporteur, intervenant en sa qualité de délégué de la Hongrie, a également observé que la Convention UNIDROIT commençait à être appliquée dans les pays où sont écoulées les pièces destinées au marché de l'art, comme dans les pays qui alimentent ce marché, se référant spécifiquement au retour par le Metropolitan Museum de New York d'oeuvres d'art soupçonnées d'avoir été volées.

Le Comité a pris note du rapport du Secrétariat concernant Angkor et s'est félicité des efforts permanents du Comité international de coordination pour mobiliser l'appui international en faveur d'Angkor. Il s'est déclaré satisfait des progrès réalisés dans la mise en oeuvre des divers projets de restauration et de formation. Il a demandé à l'Etat partie et au Secrétariat de poursuivre leur travail en préconisant des mesures afin d'empêcher le trafic illicite de biens culturels et de le tenir informé des suites données à cet égard.

Le Comité a décidé de maintenir Angkor sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

 

Documents
PDF Document original de la décision
Contexte de la décision
PDF WHC-98/CONF.203/07
Thèmes : Conservation, Liste du patrimoine mondial en péril
Etats Parties : Cambodge
Biens : Angkor
Session : 22COM