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Décisions du Comité

CONF 209 X.A.7

SOC : Réserve naturelle du mont Nimba (Guinée/Côte d'Ivoire)

X.7 Réserve naturelle du mont Nimba (Guinée/Côte d'Ivoire)

Le directeur général du Centre pour la gestion de l'environnement du Mont Nimba (CEGEN), par lettre du 21 septembre 1999, a informé le Centre que le gouvernement guinéen a créé le CEGEN en 1995 et qu'il continue à étudier la faisabilité de l'exploitation de la mine adjacente au Mont Nimba de manière à respecter l'intégrité du site du patrimoine mondial. Le gouvernement guinéen, via le CEGEN, a entamé des négociations ces derniers mois avec le PNUD et le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) pour financer un projet de protection du Mont Nimba et de développement intégré des zones avoisinantes. Le projet est conçu dans le cadre d'un programme de développement durable qui intégrerait le projet d'exploitation minière comme moteur de relance de la croissance économique de toute la région. La phase d'étude du projet devait débuter en octobre. Le projet bénéficie de l'appui financier de la partie française du FEM et de l'USAID. Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, par lettre du 20 septembre 1999, a également indiqué au Centre que la nouvelle de la dissolution de la Compagnie minière du Mont Nimba (NIMCO) - mentionnée dans le rapport de la dernière session du Comité - était inexacte. Selon la lettre du ministère, la NIMCO n'a jamais été dissoute.

Le CEGEN a confirmé qu'au cours des quinze derniers mois, le ministère des Mines, de la Géologie et de l'Environnement a tenté de relancer le projet d'exploitation des ressources minérales du Mont Nimba. Le ministère poursuit les négociations avec des partenaires industriels en vue de conclure un accord d'ici la fin de l'année 1999. Par ailleurs, le directeur général du CEGEN fait remarquer que le CEGEN a été associé à l'élaboration d'un accord portant sur l'environnement avec des investisseurs potentiels concernés par le projet d'exploitation minière. Plusieurs articles de l'accord en cours d'élaboration étaient joints à la lettre du CEGEN. L'accord demande aux deux parties (le gouvernement guinéen et les investisseurs) de reconnaître que la zone d'exploitation minière est adjacente à la zone centrale de la Réserve de biosphère du Mont Nimba, inscrite sur la Liste du patrimoine mondial. Les deux parties devront prendre toutes les mesures possibles pour protéger l'environnement et, en particulier, la zone de patrimoine mondial. Elles devront réaffirmer leur engagement de se conformer aux dix-huit recommandations faites par le Comité du patrimoine mondial en 1993. De plus, les deux parties vont demander à toutes les organisations internationales (Centre du patrimoine mondial, PNUD, PNUE et UICN) et non gouvernementales qui ont pris part aux débats permettant la révision des limites du site du patrimoine mondial de s'engager à participer à l'élaboration de l'accord. Le CEGEN a fait remarquer que la signature de l'accord devait obligatoirement intervenir avant l'achèvement de l'étude de faisabilité du projet d'exploitation minière. Le directeur général du CEGEN estime que la mise en oeuvre du projet d'exploitation minière aiderait à la création d'une Fondation internationale pour le Mont Nimba.

Le Comité a décidé de maintenir ce site sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Il a noté le fait que contrairement aux rapports soumis à sa dernière session en 1998, la Compagnie nationale d'exploitation minière n'a pas été dissoute et que le ministère des Mines, de la Géologie et de l'Environnement poursuit les négociations avec des investisseurs potentiels pour commencer les activités d'exploitation minière. Le Comité a cependant reconnu les efforts de la CEGEN pour établir un accord sur l'environnement que les investisseurs qui s'intéressent à l'exploitation de la mine devraient signer avant finalisation de l'étude de faisabilité du projet d'exploitation minière. Il a pris connaissance avec satisfaction des intentions du CEGEN d'inviter l'UNESCO, l'UICN et d'autres agences internationales à participer à l'élaboration de cet accord. Le Comité a toutefois de nouveau recommandé, comme il l'avait fait à sa dernière session, que la Guinée et la Côte d'Ivoire invitent le Bureau régional de l'UICN pour l'Afrique de l'Ouest au Burkina Faso à entreprendre une visite sur site et préparer un rapport détaillé sur l'état de conservation du site et sur l'avenir du projet minier et ses implications pour la conservation du site, pour soumission à sa vingt-quatrième session en l'an 2000.

 

Documents
PDF Document original de la décision
Contexte de la décision
PDF WHC-99/CONF.209/13
Thèmes : Conservation, Liste du patrimoine mondial en péril
Etats Parties : Côte d'Ivoire Guinée
Session : 23COM