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Décisions du Comité

33 COM 8B.38

Biens culturels - Nouvelles propositions d'inscription - Ville sacrée de Caral-Supe (Pérou)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-09/33.COM/8B et WHC-09/33.COM/INF.8B1,

2. Inscrit la Ville sacrée de Caral-Supe, Pérou, sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (ii), (iii) et (iv) ;

3. Adopte la déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante :

Brève synthèse

La ville sacrée de Caral-Supe reflète l'avènement de la civilisation dans les Amériques. État sociopolitique pleinement développé, elle est remarquable pour sa complexité et son impact sur le développement des établissements dans toute la vallée de Supe et au-delà. Son utilisation précoce du quipu comme dispositif d'archivage est considérée comme d'une grande importance. La conception des éléments aussi bien architecturaux que spatiaux de la ville est magistrale, tandis que les plates-formes monumentales et les cours circulaires creuses sont des expressions puissantes et influentes d'un État consolidé.

Critère (ii) : Caral est la meilleure représentation de l'architecture et de l'urbanisme archaïque tardif dans l'ancienne civilisation péruvienne. Les monticules, les cours circulaires creuses et le plan urbain, qui se sont développés pendant des siècles, ont influencé les établissements voisins et par la suite une grande partie de la côte péruvienne.

Critère (iii) : Dans la vallée de Supe, la plus ancienne manifestation connue de la civilisation des Amériques, Caral est l'exemple le plus hautement développé et le plus complexe dans la période formative de la civilisation (période archaïque tardive).

Critère (iv) : Caral est impressionnante en termes de conception et de complexité de ses éléments architecturaux et spatiaux, particulièrement ses plates-formes monumentales en terre et ses cours circulaires creuses, des éléments qui devaient devenir prédominants sur une grande partie de la côte péruvienne pendant de nombreux siècles.

Intégrité et authenticité

Caral est remarquablement intacte, en grande partie grâce à son abandon précoce et sa découverte tardive. Après son abandon, elle semble n'avoir plus été habitée que deux fois, et de façon non systématique : une première fois dans la période dite formative moyenne ou horizon précoce, aux environs de 1000 av. J.-C., et une autre pendant la période des États et des seigneuries, entre 900 et 1440 après J.C. Ces deux établissements étant situés à la périphérie de la cité, ils n'ont pas perturbé les anciennes structures architecturales. En outre, le site ne recélant pas de vestiges en or et en argent, il y a eu peu de pillages. Il n'y a dans le voisinage immédiat du site aucune construction permanente (à l'exception d'installations touristiques bâties avec des matériaux locaux). Il s'inscrit dans un paysage culturel et naturel d'une grande beauté, relativement épargné par le développement. Ce dernier a surtout eu lieu dans les zones de plaines à faible altitude près de Lima (au sud du site). La moyenne vallée de Supe, où se trouve le site, est une zone consacrée à une agriculture non industrialisée. On peut difficilement contester l'authenticité du site. L'analyse au radiocarbone réalisée par le projet archéologique spécial de Caral-Supe (PEACS) sur le site de Caral confirme que le développement du site peut être daté d'une époque entre 3000 et 1800 av. J.-C. et rattaché plus précisément à la période archaïque tardive.

Mesures de gestion et de protection

Le système de gestion en place est approprié, et un plan de gestion récemment modifié (fin 2008) a été mis en place. Ce plan révisé comprend des réglementations pour garantir la préservation et la conservation du bien.

4. Recommande à l'État partie de considérer les points suivants :

a) clarifier le ou les niveaux acceptables d'intervention pour consolider les structures archéologiques et, une fois ce point clarifié, rédiger des directives détaillées pour ces interventions ;

b) fournir de plus amples informations sur le calendrier d'enfouissement ou de réenfouissement de l'architecture quincha (clayonnage enduit de torchis) et concernant le processus de prise de décision sur les édifices et les structures devant restés exposés pour accueillir les visiteurs ainsi que sur les justifications de ces décisions.

Thèmes : Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial
Etats Parties : Pérou
Session : 33COM