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Décisions du Comité

32 COM 8 B.5

Examen des propositions d’inscription de biens naturels, mixtes et culturels sur la liste du Patrimoine Mondial - Archipel de Socotra (YEMEN)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-08/32.COM/8B et WHC-08/32.COM/INF.8B2,

2. Inscrit l’Archipel de Socotra, Yémen, sur la Liste du patrimoine mondial, sur la base du critère (x) ;

3.Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante:

Valeurs

Compte tenu de sa faune et de sa flore exceptionnellement riches et distinctes, Socotra revêt une importance mondiale pour la conservation de la biodiversité. Trente-sept pour cent des espèces de plantes, 90% des espèces de reptiles et 95% des espèces d’escargots terrestres n’existent nulle part ailleurs. Socotra est particulièrement importante à l’intérieur du point chaud de la biodiversité de la corne de l’Afrique et, parce qu’elle est l’une des îles les plus riches en biodiversité et les plus distinctes du monde, a été qualifiée de « Galápagos de l’océan Indien ».

 

Critère (x) : Diversité biologique et espèces menacées : Socotra revêt une importance mondiale pour la conservation de la biodiversité en raison du niveau exceptionnel de diversité biologique et d’endémisme de beaucoup de groupes d’organismes terrestres et marins que l’on y trouve. Socotra est particulièrement importante pour la diversité de ses plantes : elle possède 825 espèces de plantes dont 307 (37%) sont endémiques. Elle est très importante pour les espèces d’oiseaux comme en témoigne l’identification, par BirdLife International, de 22 Zones importantes pour la conservation des oiseaux sur Socotra. L’archipel entretient également des populations importantes au plan mondial d’autres oiseaux terrestres et marins, notamment plusieurs espèces menacées. L’endémisme des reptiles de Socotra est élevé (34 espèces, 90% d’endémisme) de même que celui des escargots terrestres (96 espèces, 95% d’endémisme). La vie marine de Socotra est, en outre, très diverse avec 253 espèces de coraux bâtisseurs de récifs, 730 espèces de poissons côtiers et 300 espèces de crabes, de langoustes et de crevettes, et bien représentée dans les zones marines du bien.

Intégrité

La taille du bien est suffisante pour qu’il puisse représenter correctement toutes les caractéristiques et tous les processus terrestres et marins essentiels à la conservation à long terme de la biodiversité riche et particulière de l’archipel. Les sanctuaires naturels terrestres, les parcs nationaux et les zones d’intérêt botanique spécial que l’on trouve à l’intérieur du bien couvrent environ 75% de la superficie émergée. Ils protègent les principaux types de végétation, les sites de grande valeur pour la faune et pour la flore et les zones importantes pour les oiseaux. Les sanctuaires naturels marins inclus dans le bien contiennent les éléments les plus importants de la biodiversité marine. L’intégrité est, en outre, renforcée par des zones tampons terrestres et marines qui ne font pas partie du bien inscrit.

Mesures de protection et de gestion

Toutes les zones qui composent le bien sont au bénéfice d’une protection juridique; il est cependant nécessaire de renforcer le cadre législatif ainsi que la gestion et la capacité d’application. Alors que les habitats terrestres et marins du bien sont encore, généralement, en bon état, la planification de la gestion doit aborder plus efficacement les menaces actuelles et en particulier la construction de routes, le surpâturage et l’exploitation excessive des ressources naturelles terrestres et marines. Parmi les éventuelles menaces futures, on peut citer le tourisme non durable et les espèces envahissantes. Il importe d’exercer un suivi étroit sur les effets de ces menaces sur la biodiversité de Socotra et de les atténuer. Une stratégie de financement durable est aussi indispensable pour garantir les ressources humaines et financières nécessaires à la gestion à long terme du bien. Il importe de nouer des liens appropriés entre la gestion du bien, celle de ses zones tampons et celle de la Réserve de biosphère de Socotra

4. Félicite l’État partie pour les efforts considérables qu’il a déployés en faveur de la conservation à long terme du bien; et reconnaît en particulier les engagements positifs pris par l’État partie comme en témoignent les Décrets n° 45-49 du 12 février 2008 du Conseil des ministres du gouvernement du Yémen en ce qui a trait à la conservation et au développement durable de l’archipel de Socotra 

5. Demande à l’État partie d’appliquer ces décrets le plus rapidement possible et, en particulier :

a)   De renforcer la planification de la gestion du bien du patrimoine mondial pour traiter plus efficacement les principales menaces, en particulier pour garantir :

  • i)  Que les impacts des futurs travaux routiers sur la biodiversité soient atténués le plus possible et, dans la mesure du possible, que les routes passent en dehors du bien;
  • ii) Que les impacts du pâturage sur la biodiversité soient surveillés et que des mesures efficaces soient prises pour les réduire;
  • iii) Que les espèces envahissantes soient efficacement combattues, notamment en limitant l’entrée d’espèces envahissantes dans les ports et à l’aéroport ;

b) D’établir une autorité de gestion distincte pour le bien du patrimoine mondial qui serait chargée d’accorder la priorité à la conservation de la biodiversité unique de ce bien. Cette autorité devrait disposer en permanence de ressources humaines et financières suffisantes ainsi que d’une capacité d’application ;

c)  De gérer les zones tampons (qui ne feraient pas partie du bien inscrit) de façon complémentaire avec le bien, en mettant en place les liens pertinents avec la gestion de la Réserve de biosphère de Socotra ;

d)   D’élaborer une stratégie de financement durable pour le bien du patrimoine mondial qui bénéficie d’un appui suffisant et continu du gouvernement du Yémen ainsi que d’un appui international de donateurs et de partenaires ;

6. Reconnaît les efforts entrepris par l’Etat partie en formulant un cadre de bio sécurité et ratifiant le Protocole de Carthagène, et encourage l’Etat partie à renforcer de telles régulations, en particulier celles concernant les espèces endémiques dans l’Archipel de Socotra pour prévenir la perte d’une biodiversité unique ;

7.  Demande en outre à l’État partie d’inviter une mission sur place en 2012 pour évaluer les progrès des recommandations qui précèdent et faire rapport au Comité du patrimoine mondial.

Thèmes : Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial
Etats Parties : Yémen
Session : 32COM