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Décisions du Comité

31 COM 8B.26

Propositions d'inscription de biens naturels, mixtes et culturels sur la liste du patrimoine mondial - Mine d’argent d’Iwami Ginzan et son paysage culturel

Le Comité du patrimoine mondial, 

1.Ayant examiné les documents WHC-06/30.COM/8B et WHC-06/30.COM/INF.8B.1,

2.Inscrit la Mine d'argent d'Iwami Ginzan et son paysage culturel, Japon, sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (ii), (iii) et (v);

3.Adopte la déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante:

La mine d'argent d'Iwami Ginzan a été la première à exploiter ce minerai dans l'Asie pré-moderne. Elle a contribué à l'échange des valeurs entre l'Orient et l'Occident en réalisant la production à grande échelle d'argent de haute qualité grâce à des techniques avancées de coupellation venues de Chine en passant par la Corée ; elle a utilisé l'association japonaise unique de nombreuses petites entreprises à forte intensité de travail fondées sur des techniques manuelles du XVIe siècle. L'ensemble exceptionnel, composé de vestiges archéologiques de l'extraction minière, de sites de peuplement, de forteresses, de routes de transport et de ports marchands représente une utilisation des terres caractéristique des activités d'extraction de l'argent. Une fois le gisement d'argent épuisé, la production a pris fin, laissant place dans ce cadre naturel d'une grande richesse, à un paysage culturel qui a évolué parallèlement à la mine d'argent.

Critère (ii) : A l'époque des Grandes Découvertes, au XVIe siècle et au début du XVIIe siècle, l'importante production d'argent de la mine d'Iwami Ginzan suscita d'importants échanges commerciaux et culturels entre le Japon et les pays marchands d'Extrême-Orient et d'Europe.

Critère (iii) : Les développements technologiques de l'extraction minière et de la production de métal au Japon ont donné naissance à un système prospère fondé sur de petites unités à forte main-d'œuvre couvrant tout l'éventail des compétences, du creusement au raffinage. L'isolement politique et économique du Japon pendant la période Edo (de 1603 à 1868) empêcha l'introduction de technologies mises au point en Europe pendant la Révolution industrielle. Ceci fut concomitant à l'épuisement des gisements de minerai d'argent commercialement viables, et entraîna la cessation des activités minières par les technologies traditionnelles dans la zone à la seconde moitié du XIXe siècle, laissant sur le site des traces archéologiques bien préservées de ces activités.

Critère (v) : Les traces abondantes de production d'argent qui subsistent quasiment intactes sur la mine d'argent d'Iwami Ginzan, telles que les mines, les sites de fonte et de raffinage, les routes de transport et les infrastructures portuaires, sont désormais dans une grande mesure cachées par les forêts de montagne qui ont envahi le passage. Le paysage relique qui en résulte, avec ses vestiges de peuplement associés à la production de l'argent, est un exemple éminent d'occupation traditionnelle du territoire d'une valeur universelle exceptionnelle.

Les éléments constitutifs du bien témoignant du système initial d'occupation du territoire sont restés intacts ; les relations organiques entre les différents éléments illustrent de manière détaillée le mécanisme du système initial d'occupation du territoire. Ils continuent à animer la vie contemporaine et le mode de vie de la société locale en union avec les forêts de montagne abondantes. L'intégrité de ce paysage culturel est donc maintenue. Les éléments constitutifs du bien qui illustrent le processus - de la production à l'acheminement de l'argent en bon état de conservation - conservent un haut degré d'authenticité. Dans les villages miniers, il reste un groupe de bâtiments traditionnels en bois des XVIIe et XXe siècle bien entretenus, conservés et réparés, qui garde son authenticité en termes de conception, matériaux, techniques, fonctions, cadre et environnement.

Le bien et sa zone tampon sont bien protégés par la législation nationale et un arrêté municipal. Un dispositif de gestion de l'ensemble du bien a été mis en œuvre dans le cadre du plan de gestion et de conservation stratégique. Des mesures de suivi sont mises en place annuellement.

4.Recommande de veiller à mettre en place les mesures de gestion proposées, finaliser le plan de gestion du tourisme et d'interprétation, et poursuivre les travaux de conservation des structures historiques;

5.Recommande en outre de mettre au point une stratégie archéologique plus détaillée pour veiller à consolider les vestiges souterrains contre l'envahissement de la forêt, et une étude sur la pollution de l'eau, mais aussi d'adopter des stratégies concernant les nouvelles autoroutes et la possibilité d'extraction d'argile;

6.Demande aussi, conformément au paragraphe 147 des Orientations, de faire une étude thématique du site d'Iwami et d'autres sites miniers de la région en collaboration avec les Organisations consultatives et les États parties concernés.

Documents
PDF Document original de la décision
Contexte de la décision
PDF WHC-07/31.COM/8B
Thèmes : Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial
Etats Parties : Japon
Session : 31COM