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Décisions du Comité

CONF 201 XII.56-62

Sanctuaire historique de Machu Picchu (Pérou)

XII.56            Le Bureau a été informé que l’Etat partie avait soumis le 6 décembre 2001 un rapport détaillé indiquant que presque toutes les recommandations de la mission de 1999 avait été suivies, notamment un plan du village d’Aguas Calientes, des études détaillées sur la capacité d’accueil du sanctuaire et ses moyens d’accès, la limitation des installations réservées aux visiteurs dans la zone entourant la Ciudadela et les avantages d’agrandir le site. Cependant, d’autres rapports reçus par le Bureau de l’UNESCO à Lima semblent indiquer une poursuite de la dégradation.

XII.57            De plus, un « Symposium sur la limitation des risques de glissements de terrain » s’est tenu du 21 au 26 janvier 2002 à l’Institut de recherche sur la prévention des catastrophes de l’Université de Kyoto (Japon). Un accord y a été conclu entre cet Institut et les experts péruviens sur la marche à suivre pour poursuivre les études sur les risques de glissements de terrain à Machu Picchu.

XII.58            Ce site est une source de grande inquiétude pour le Comité du patrimoine mondial depuis 1996. Les dispositions administratives et les mécanismes de planification adoptés pour la préservation du sanctuaire, un projet de téléphérique entre Aguas Calientes et la Ciudadela, l’agrandissement d’un hôtel et les dégâts subis par le cadran solaire d’Intihuantana sont les principales causes de cette inquiétude.

XII.59            Trois missions de suivi ont été envoyées en 1997, 1999 et 2002 au sanctuaire historique de Machu Picchu pour évaluer la gestion et la planification du site. La dernière en date avait pour objet de faire le point sur la mise en œuvre des recommandations de la mission de 1999 et, à la suite des dégâts causés au cadran solaire d’Intihuatana, d’étudier la politique d’exploitation commerciale du site. Cette mission s’est déroulée du 25 février au 1er mars 2002 et a permis de constater que seules quelques-unes des recommandations de la mission de 1999 avaient été totalement concrétisées :

  • Les dispositions prises pour la planification et la gestion du sanctuaire ne se sont que très légèrement améliorées et restent insuffisantes : de nombreuses parties prenantes continuent en effet à agir exclusivement dans leur propre intérêt. Les stratégies du Plan directeur n’ont pas été traduites en dispositions claires de planification et autres mesures, bien qu’une amélioration soit à noter dans le Plan opérationnel pour 2002.
  • Le Programme pour le Machu Picchu, financé grâce à un accord d’annulation de créance avec la Finlande, a permis d’obtenir des informations sérieuses sur beaucoup des problèmes critiques auxquels est confronté le sanctuaire et de les analyser. Malheureusement, ces informations n’ont été que rarement utilisées pour prendre des décisions et des mesures concrètes.
  • L’accès au sanctuaire et à la Ciudadela reste tel qu’il est depuis de nombreuses années et le contrat d’étude et, à terme, de construction du téléphérique proposé a été annulé.
  • Une étude sur la capacité d’accueil du Camino Inca a été effectuée et l’utilisation de la piste des Incas a été réglementée, ce qui constitue probablement le progrès le plus important accompli dans le sanctuaire.
  • Des règles d’attribution de compétences pour l’élaboration d’un Plan d’utilisation publique du sanctuaire sont en cours de préparation en prévision de la sous-traitance de ce travail critique. Le plan d’utilisation publique jouera un rôle capital, en ce qu’il déterminera la capacité d’accueil, les différentes possibilités d’accès et la sûreté d’Aguas Calientes pour les visiteurs. Ce sont des facteurs critiques qui doivent servir de base pour planifier les services et les installations destinés aux visiteurs.
  • Si des plans d’aménagement urbain et d’atténuation des effets des catastrophes naturelles ont bien été élaborés pour le village d’Aguas Calientes, ils n’ont pas été mis en œuvre et leurs recommandations n’ont pas été suivies.
  • L’aide scientifique et financière à la gestion du sanctuaire reste un problème critique auquel le Programme pour le Machu Picchu a apporté des solutions provisoires. Or, ce Programme s’achève cette année. Il est donc urgent d’envisager la mise en place d’une institution internationale permanente et indépendante chargée d’apporter une aide scientifique à la gestion du sanctuaire. Il est également impératif de créer immédiatement, comme le préconise le Plan directeur, un fonds spécial pour le Machu Picchu, afin de faciliter la collecte, la gestion transparente et l’affectation des moyens financiers en fonction des priorités et des stratégies définies dans le Plan directeur.
  • Les dégâts causés au cadran solaire d’Intihuantana lors du tournage d’une publicité pour une marque de bière ont prouvé que l’actuelle réglementation d’exploitation commerciale du site était inadéquate. Des efforts sont actuellement faits pour renforcer dans l’avenir la réglementation et la supervision de ces activités. Des études ont été menées et montrent que la réparation des dégâts est faisable, mais rien ne peut être entrepris tant que les procédures judiciaires et administratives engagées contre la partie responsable des dégâts n’auront pas abouti. En attendant, il serait judicieux de créer une commission technique chargée d’étudier les rapports et de faire des recommandations concrètes pour la restauration du cadran solaire.

XII.60            Le rapport complet de la mission, qui sera distribué à la prochaine session du Comité, se termine par 38 recommandations spécifiques. En s’appuyant sur les conclusions de la mission et après un bref débat, le Bureau a pris note du rapport de la mission conjointe UNESCO-UICN-ICOMOS effectuée en 2002 et de ses recommandations. Tout en reconnaissant que des progrès ont été faits dans certains domaines, notamment la gestion du Camino Inca, il a exprimé la plus vive inquiétude à propos de l’inadéquation persistante des dispositions prises pour la gestion et la planification du sanctuaire. Le Bureau a demandé au Président du Comité du patrimoine mondial d’envoyer une lettre aux plus hautes autorités compétentes pour inviter le gouvernement péruvien à s’attaquer à ces problèmes de toute urgence.

XII.61            Le Bureau a, en outre, invité le gouvernement péruvien à étudier le rapport et les recommandations de la mission de 2002 et à soumettre une réponse intermédiaire d’ici le 15 septembre 2002, ainsi qu’un rapport complet sur la mise en œuvre des recommandations des missions de 1999 et 2002 d’ici le 1er  février 2003, pour considération par le Bureau en avril 2003.

XII.62            Le Bureau a demandé au Secrétariat, en coopération et en concertation avec les organes consultatifs, de maintenir un contact étroit avec le gouvernement péruvien et de le conseiller sur la mise en œuvre des recommandations de la mission.

Thèmes : Conservation
Etats Parties : Pérou
Session : 26BUR