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Décisions du Comité

CONF 202 IV.B.46

Parc national de Kakadu (Australie)

Le Bureau a pris note des documents d'information suivants demandés par la troisième session extraordinaire du Comité en juillet 1999 : WHC-2000/CONF.207/INF.6 intitulé « Australia’s Commitments: Protecting Kakadu National Park » et WHC-2000/CONF.202/INF.7, rapport du Comité scientifique indépendant (ISP) de l'ICSU concernant les questions scientifiques en suspens relatives à l'exploitation minière à Jabiluka. De plus, le Bureau a pris note de la correspondance que le Centre a reçu de la Corporation aborigène des Gundjehmi (GAC) s'inquiétant d'une accumulation d'eau dans le bassin provisoire de gestion de l'eau (IWMP) à Jabiluka. Le Bureau a été informé que le Délégué permanent de l'Australie auprès de l'UNESCO avait observé par lettre datée du 17 avril au Directeur du Centre qu'il n'y avait pas de risque imminent de débordement du bassin provisoire de gestion de l'eau (IWMP), que les Ressources en énergie de l’Australie (ERA) réalisaient actuellement une nouvelle évaluation du système de gestion de l'eau et que l'option qui serait finalement adoptée assurerait la protection permanente des valeurs de patrimoine mondial du Parc national de Kakadu.

Le Bureau a noté qu'une fuite d'eau d'un bassin de décantation de résidus miniers et contaminée par du manganèse à la mine d'uranium de Ranger (mine exploitée par l'ERA dans une enclave du Parc national de Kakadu), avait été signalée au début de mai 2000. Dans une déclaration publiée le 3 mai 2000, le Gouvernement australien avait souligné qu'il prenait au sérieux les rapports signalant de tels incidents de fuites d'eau résiduelle et que l'on avait demandé une explication complète à l'ERA et aux autorités de contrôle du Territoire du Nord. Selon la déclaration publiée par le Gouvernement australien, aucun résidu provenant de la fuite d'eau ne s'était échappé de l'enceinte de confinement sur le site minier et l'autorité statutaire indépendante – le scientifique superviseur – avait indiqué qu'après examen des informations disponibles, il n'y avait pas de preuve de nuisance écologique à l'extérieur de la zone du projet et la qualité de l'eau en aval n'avait pas été affectée. Cette déclaration insistait sur le fait qu'il n'y avait pas d'impact en aval sur les valeurs de patrimoine mondial du Parc national de Kakadu. Le scientifique superviseur avait été chargé d'entreprendre une évaluation indépendante des circonstances relatives à la fuite et de l'impact environnemental possible. Le GAC, des ONG australiennes et le Northern Land Council (NLC) avaient soumis des rapports à ce sujet au Centre ; ils ont été transmis au Délégué permanent de l'Australie auprès de l'UNESCO. Le Gouvernement australien avait répondu aux préoccupations signalées dans tous les rapports dans des lettres séparées adressées au Directeur les 21, 23 et 26 juin 2000.

A la mi-mai, le Centre avait reçu des doubles de l'échange de correspondance entre le Sénateur Hill, Ministre australien de l'environnement et du patrimoine et Mme Yvonne Margarula, Présidente de la Corporation aborigène des Gundjehmi, au sujet de discussions sur la manière de procéder à un relevé cartographique du patrimoine culturel et à la mise au point d'un plan de gestion du patrimoine culturel (CHMP) pour la concession minière de Jabiluka.

Le Bureau a noté que les autorités australiennes ont fourni les deux rapports suivants au Centre, au cours de sa vingt-quatrième session, le 27 juin 2000 :

  •  Recherches concernant une fuite d'eau résiduelle à la mine d'uranium de Ranger, préparé par le scientifique superviseur, d'Environment Australia (juin 2000) ; le Bureau a noté que ce rapport était soumis au Parlement australien le 27 juin 2000 ; et
  •  Etude d'impact social dans la région de Kakadu (KRSIS) – Rapport communautaire. Rapport sur les initiatives : novembre 1998-juin 2000, par Bob Collins, Président de l'équipe de mise en œuvre de la KRSIS (juin 2000).

Le Bureau a noté avec satisfaction que la mission du Comité scientifique indépendant (ISP) du Conseil international pour la science (ICSU) sur le site devait être organisée du 3 au 7 juillet 2000. Le représentant de l'UICN a informé le Bureau qu'un expert de l'UICN se joindrait à l'équipe et que l'UICN espérait avoir des discussions de fond sur les valeurs de patrimoine naturel du Parc national de Kakadu pendant la mission. L'UICN a suggéré que de plus amples discussions sur des questions de fond relatives à la conservation des valeurs de patrimoine naturel aient lieu après la mission et soient abordées pendant la vingt-quatrième session extraordinaire du Bureau à Cairns, Australie.

La représentante de l'ICSU a exprimé sa satisfaction de la collaboration entre son Organisation et le Centre pour faciliter le travail de l'ISP – créé par l'ICSU pour traiter des questions scientifiques relatives à la mine de Jabiluka. Le Professeur B. Wilkinson, responsable de l'ISP de l'ICSU et de l'équipe qui doit visiter Kakadu du 3 au 7 juillet 2000, a rappelé la décision de la troisième session extraordinaire du Comité en juillet 1999, demandant la poursuite du travail de l'ISP de l'ICSU pour aborder et résoudre une certain nombre de questions scientifiques en suspens. Il a déclaré que le rapport d'avancement soumis par le scientifique superviseur s'était avéré utile pour réduire des incertitudes sur certaines questions, tandis que la résolution d'autres questions exigeait une visite sur le terrain à Kakadu. Il a déclaré que ces questions en suspens seraient traitées lors de la mission de l'ISP de l'ICSU sur le site, en consultation avec le scientifique superviseur et ses consultants, l'ERA, le gestionnaire et des membres du personnel du Parc ainsi que plusieurs scientifiques australiens qui continuent à se déclarer préoccupés au sujet de la mine de Jabiluka et de ses impacts potentiels sur l'intégrité de Kakadu. Il a également informé le Bureau qu'il avait récemment reçu des informations concernant des fuites à la mine de Ranger et que les motifs de préoccupation causés par cet incident, qui relèvent de la gestion de la mine de Jabiluka, seraient également discutés.

Le représentant de l'ICOMOS a noté la position de l'UICN et l'a approuvée. Il a observé que l'ICOMOS devrait étudier les nouveaux rapports complémentaires avant d'entamer des discussions de fond sur l'état de conservation de Kakadu. Il a suggéré de reporter de plus amples discussions sur Kakadu à la session extraordinaire du Bureau en novembre 2000.

Le délégué de la Hongrie a noté que la mission de l'ISP de l'ICSU visiterait le site du 3 au 7 juillet 2000 et rassemblerait de nouvelles informations sur les questions scientifiques relatives à la mine de Jabiluka. Il a demandé si la mission de l'ISP de l'ICSU comptait un archéologue ou un anthropologue. Les délégués du Zimbabwe, de la Finlande et de la Grèce ont convenu que, si cela était possible, cet apport pourrait être utile.

Répondant à une question soulevée par le Président sur le fait de savoir si l'ICOMOS pourrait proposer un expert en archéologie ou en anthropologie pour participer à la mission de l'ISP de l'ICSU, le représentant de l'ICOMOS a déclaré que le temps disponible entre la fin de la session du Bureau (le 1er juillet) et le départ de l'équipe de la mission (le 3 juillet) était insuffisant pour trouver un expert approprié. Il a également indiqué qu'étant donné que la mission de l'ISP de l'ICSU devait traiter des questions scientifiques bien précises en une période très courte de quatre jours, il ne serait pas souhaitable d'ajouter un expert du patrimoine culturel pour participer à cette mission et que l'ICOMOS serait disposé à envisager d'autres moyens de participer à des activités visant à résoudre des questions du patrimoine culturel liées à la gestion du Parc national de Kakadu.

Le délégué de l'Australie a noté que son Gouvernement avait fourni plusieurs rapports volumineux en diverses occasions et qu'il se réjouissait de recevoir la mission de l'ISP de l'ICSU prévue du 3 au 7 juillet 2000 pour discuter des questions scientifiques à résoudre. Il a déclaré que la visite de l'ISP de l'ICSU était étroitement centrée sur les questions scientifiques et que l'Australie n'accepterait aucune mission sans orientation précise, telle que celle qui avait visité l'Australie et Kakadu à la fin de l'année 1998.

Le délégué de l’Australie a informé le Bureau que son Gouvernement avait proposé une personne indépendante, un ancien de la communauté aborigène, pour être le coordonnateur principal des discussions pour la préparation du Plan de gestion du patrimoine culturel (CHMP)  pour Kakadu. Les comités australiens de l’ICOMOS et de l’ICCROM, aussi bien que les représentants de la NLC, avaient  été invités à participer à ces discussions. Le délégué a noté que l’ERA avait l’obligation légale de préparer le CHMP et qu’il lui était demandé de s’assurer de la participation du peuple Mirrar. Il a noté que la Gundjehmi, en revanche, n’avait pas accepté l’ancien nommé par le Gouvernement pour diriger les discussions du CHMP.

Le délégué de l'Australie a également mentionné les questions relatives à l'accumulation d'eau dans le bassin de rétention provisoire et il a estimé qu'il n'y avait pas de menace de fuite. S'agissant de la fuite d'eau résiduelle signalée à la mine de Ranger, il a déclaré qu'il n'y avait pas de danger pour la qualité de l'eau dans la région et que son Gouvernement avait pris la question au sérieux et demandé un rapport au scientifique superviseur. Il a fait remarquer que le rapport du scientifique superviseur avait été transmis au Centre. Il a également déclaré que l'ERA était toujours en négociation avec le NLC sur diverses questions concernant la mine de Jabiluka et qu'aucune activité d'exploitation minière n'avait démarré.

Le Bureau a pris note du rapport du Gouvernement australien sur la réalisation de ses engagements envers le Comité du patrimoine mondial et des assurances selon lesquelles les fuites récentes à la mine de Ranger n'affectaient pas la qualité de l'eau dans l'aire de patrimoine mondial. Le Bureau a également noté qu'un rapport du scientifique superviseur commandé par le Gouvernement et traitant de la fuite et des questions associées a été finalisé et soumis au Centre. Le Bureau a demandé au Centre de soumettre le rapport du scientifique superviseur aux organismes consultatifs pour examen et commentaires à la vingt-quatrième session extraordinaire en novembre 2000.

Le Bureau a noté que le Comité scientifique indépendant de l'ICSU visiterait Kakadu pendant la semaine du 3 au 7 juillet, afin de passer en revue le second rapport du scientifique superviseur. Le Bureau a également noté que les autorités australiennes avaient invité l'ICOMOS à fournir un avis dans le domaine de l'anthropologie et de la culture pour la mise au point d'un plan de gestion du patrimoine culturel. Il a noté qu'ICOMOS-Australie avait accepté l'invitation le 28 mars 2000.

Le Bureau a recommandé que le Bureau, à sa vingt-quatrième session extraordinaire à Cairns, Australie, étudie le rapport du Comité scientifique indépendant de l’ICSU. Le Bureau a demandé que toutes les parties affectées et le Gouvernement australien travaillent pour trouver une solution constructive afin de répondre aux attentes économiques, sociales et culturelles de la population de Kakadu tout en protégeant l'ensemble des valeurs de patrimoine mondial.

Documents
PDF Document original de la décision
Contexte de la décision
PDF WHC-00/CONF.202/17
Thèmes : Conservation
Etats Parties : Australie
Session : 24BUR