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Décisions du Comité

CONF 202 IV.A.18

Ensemble monumental de Hampi (Inde)

Suite à la décision du Comité d'inscrire le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril à sa vingt-troisième session, une mission commune UNESCO-ICOMOS de suivi réactif a été entreprise en février 2000. Elle avait plusieurs objectifs : discuter avec les autorités nationales et régionales compétentes en vue de supprimer les menaces sur le site précisées par le Comité et fournir une assistance technique pour la mise au point d'un plan de gestion d'ensemble. En dépit des informations fournies pendant le Comité du patrimoine mondial signalant l'arrêt de la construction des deux ponts, la mission a pu constater la poursuite de la construction et l'avancement des travaux du grand pont réservé aux véhicules comme du pont piétonnier. Vu la situation alarmante sur le site, la mission commune UNESCO-ICOMOS a formulé une recommandation de mesures correctives en quatre points afin de supprimer les menaces qui pèsent sur Hampi. Ces mesures recommandées ont été transmises au gouvernement de l'Etat du Karnataka et au gouvernement central indien lors de la mission commune et ultérieurement.

Le Bureau a été informé que depuis l'inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril en décembre 1999, le ministre en chef du gouvernement de l'Etat du Karnataka avait constitué un groupe d'étude à la mi-janvier 2000 pour étudier la situation à Hampi et proposer des mesures à long terme pour préserver ce site du patrimoine mondial. Le groupe d'étude a étudié attentivement l'état de conservation de Hampi, les travaux d'aménagement de l'infrastructure en cours dans le périmètre du site et les recommandation de mesures correctives en quatre points de la mission commune UNESCO-ICOMOS de suivi réactif. En mai 2000, le groupe d'étude a recommandé de réinstaller les deux ponts gênants hors du site du patrimoine mondial. Cette recommandation du groupe d'étude a été unanimement approuvée par le Conseil des ministres du cabinet du gouvernement de l'Etat du Karnataka en mai 2000. Le 16 mai 2000, le Président du groupe d'étude a informé le Directeur général de l'UNESCO de cette décision de l'Etat, accueillie favorablement par l'opinion publique au Karnataka comme en Inde.

Le Bureau a cependant été informé que le Centre avait reçu des informations à la mi-juin 2000 indiquant que la construction des deux ponts avait de nouveau repris le 31 mai 2000.

Le délégué du Zimbabwe a demandé une clarification sur l'intention des autorités indiennes et si elles souhaitaient ou non supprimer le site de la Liste du patrimoine mondial. Le Centre du patrimoine mondial a informé le Bureau qu'au cours des consultations entreprises entre l'UNESCO et les autorités nationales et régionales compétentes, celles-ci avaient manifesté leur souhait d'un retrait du site de la Liste du patrimoine mondial en péril dès que l'on aurait limité les menaces sur le site. Le Bureau a également été informé que l'Archaeological Survey of India – autorité du gouvernement central responsable du site – avait informé le Centre, par le biais du Bureau de l'UNESCO à New Delhi, de ses intentions d'organiser un atelier national pour les gestionnaires de sites culturels du patrimoine mondial à Hampi en octobre 2000, pour débattre de l'état de conservation des sites culturels indiens du patrimoine mondial et en renforcer la gestion, en utilisant Hampi comme étude de cas.

L'observateur du Royaume-Uni a demandé une clarification quant au degré de dommage irréversible causé au site par les travaux de construction et quelles actions pourraient être entreprises pour réduire de nouvelles menaces sur le site. Le Bureau a été informé par le Centre que des constructions historiques – comme la mandapa près de la porte d'Anegundi – démantelées et reconstruites en utilisant à la fois des matériaux de construction traditionnels et nouveaux dans un autre emplacement, auraient perdu une partie de leur authenticité, même si l’on les réinstallait à leur emplacement initial. L'impact visuel négatif des ponts qui dominent le cadre naturel extraordinaire du site, pourrait être annulé et entièrement supprimé si le gouvernement de l'Etat appliquait sa décision de réinstaller les ponts à l'extérieur du site du patrimoine mondial. Le Centre a souligné que la menace la plus grave à laquelle le site devait actuellement faire face était le dommage qu'entraînerait l'augmentation considérable de la circulation des véhicules dès que le grand pont relierait les deux routes actuelles d'Anegundi et Hampi qui traversent déjà des monuments historiques ayant valeur de patrimoine mondial ou passent juste à côté.

L'observateur de l'Allemagne, rappelant la demande du Comité et de l'ICOMOS faite à l'Etat partie depuis 1986 concernant l'établissement d'un plan de gestion d'ensemble pour Hampi, a souligné que l'impact négatif causé par les activités d'aménagement actuelles pourrait avoir été réduit si un plan de gestion d'ensemble avait été préparé. L'observateur du Royaume-Uni a attiré l'attention du Bureau sur les leçons à tirer du cas d'Hampi et il a souligné la nécessité pour l'Etat partie d'informer le Comité d'importants travaux publics de ce genre avant de commencer la construction, comme le stipulent les Orientations.

Le Bureau a étudié les informations complémentaires présentées par le Secrétariat sur l'état de conservation de Hampi. Le Bureau a félicité le groupe d'étude sur Hampi – créé par le gouvernement de l'Etat du Karnataka – de son travail qui a abouti à la décision prise le 16 mai 2000 par le gouvernement de l'Etat de réinstaller les deux ponts à l'extérieur du site du patrimoine mondial. Cependant, le Bureau s'est montré sérieusement préoccupé par les nouveaux rapports indiquant une reprise de la construction des deux ponts dans le périmètre du site du patrimoine mondial depuis le 31 mai 2000. Il a donc demandé aux autorités indiennes de mettre en œuvre les mesures correctives recommandées par la mission commune ICOMOS-UNESCO, afin de supprimer les menaces qui pèsent sur le site et qui ont été précisées par le Comité du patrimoine mondial à sa vingt-troisième session.

Le Bureau, rappelant la recommandation du Comité à l'Etat partie lors de l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial, a demandé aux autorités compétentes de mettre au point un plan de gestion d'ensemble du site. Le Bureau a demandé au Centre du patrimoine mondial de continuer à aider l'Etat partie à mettre au point ce plan de gestion d'ensemble, en étroite coopération avec les autorités compétentes et les organes consultatifs. Le Bureau a demandé aux autorités de soumettre, d'ici le 15 septembre 2000, un rapport sur l'avancement réalisé pour (a) réinstaller les deux ponts gênants à l'extérieur du site du patrimoine mondial ; (b) supprimer les menaces qui pèsent sur ce site ; (c) mettre en œuvre les recommandations faites par la mission UNESCO-ICOMOS en février 2000 ; et (d) préparer un plan de gestion d'ensemble du site.

Le Bureau a recommandé que le Comité maintienne ce site sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

L'observateur de l'Inde a remercié le Bureau et le Comité du patrimoine mondial de leur intérêt pour sauvegarder ce site unique d'une valeur universelle exceptionnelle, qui témoigne de l'apogée et du déclin de l'Empire de Vijayanagara. Il a assuré le Bureau que l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial en péril est prise au sérieux par le gouvernement indien central et le gouvernement de l'Etat du Karnataka. Un groupe d'étude de haut niveau a été créé pour étudier la situation à Hampi. L'observateur a souligné que la récente décision prise par le gouvernement de l'Etat du Karnataka de réinstaller les deux ponts à l'extérieur du site du patrimoine mondial serait appliquée et que les autorités compétentes s'étaient engagées à protéger le site, conformément aux recommandations du Comité du patrimoine mondial.

Documents
PDF Document original de la décision
Contexte de la décision
PDF WHC-00/CONF.202/17
Thèmes : Conservation
Etats Parties : Inde
Session : 24BUR