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Décisions du Comité

CONF 001 VI.B

Tombouctou (Mali)

Les trois mosquées de Djingareiber, Sankore et Sidi Yahia ont été inscrites sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1990. Ces biens sont menacés par des dangers prouvés, précis et imminents qui sont:

a) une altération grave des matériaux (le banco);

b) une altération grave des structures;

c) un facteur climatique: la désertification.

Le Bureau a été informé de la teneur du rapport sur l'état de conservation de ces trois mosquées qui a été établi en français par le consultant de l'UNESCO qui avait élaboré en 1990 la proposition d'inscription sur la Liste du patrimoine en péril. Dans son rapport, le consultant a constaté que la situation était sensiblement la même, et que les mosquées étaient toujours menacées des périls qui avaient été identifiés en 1990. Le consultant a également mis en relief les risques encourus par les mosquées lors des travaux annuels d'entretien. Ces travaux qui sont coordonnés par les autorités religieuses en consultation avec les comités de gestion et les maçons rattachés à chaque mosquée sont organisés en faisant appel à des dons pour la collecte des matériaux et au travail de bénévoles. Le système de bénévolat en vigueur contribue à la rapide dégradation de la technologie traditionnelle. La mauvaise qualité du banco préparé et apposé chaque année par des mains inexpertes entraîne non seulement des infiltrations d'eaux et des attaques des micro­organismes mais tend également à "blinder" le bâtiment en fragilisant sa structure. Le rapport préconise une méthode d'intervention qui implique la participation de la population locale qui, depuis la construction des mosquées, est chargée de leur entretien et continue d'exprimer ainsi la réalité d'une culture religieuse bien vivante. Cette méthode prévoit l'organisation d'un chantier pilote sur une zone restreinte dans chaque mosquée, en trois temps:

1) préparation d'une étude documentée répertoriant toutes les phases des travaux d'entretien annuels afin de bien cerner les méthodes d'organisation des chantiers de bénévoles;

2) identification avec les spécialistes des adjuvants et stabilisateurs adéquats pour le banco de Tombouctou;

3) organisation du chantier pilote qui devrait être confié à un- architecte malien, secondé par des techniciens de la municipalité. L'architecte aurait également la responsabilité de définir un programme de conservation à long terme en tenant compte des réalités locales, tout en veillant au respect et à l'amélioration de la technique traditionnelle.

Le Bureau a demandé au Centre du patrimoine mondial de prendre contact avec les autorités maliennes afin qu'elles préparent un rapport, qui sera soumis à la 18e session du Comité, sur les suites réservées au rapport du consultant de l'UNESCO. Vu la situation dramatique de la ville où l'insécurité règne et qui est menacée par l'avancée des dunes, le Centre du patrimoine mondial devra définir de concert avec les autorités maliennes des modalités de coopération adaptées à la gravité de la situation.

Documents
PDF Document original de la décision
Contexte de la décision
PDF WHC-94/CONF.001/10
Thèmes : Conservation
Etats Parties : Mali
Biens : Tombouctou
Session : 18BUR