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Décisions du Comité

37 COM 8B.30

Monuments et sites historiques de Kaesong (République populaire démocratique de Corée)

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les documents WHC-13/37.COM/8B, WHC-13/37.COM/INF.8B1 et WHC-13/37.COM/INF.8B4,

2.  Inscrit les Monuments et sites historiques de Kaesong, République populaire démocratique de Corée , sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (ii) et (iii)  ;

3.  Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante :

Brève synthèse

Dans le bassin entouré de montagnes et les collines qui s’étendent à l’ouest de la ville de Kaesong, les monuments et sites historiques de Kaesong forment un ensemble qui représente la base du pouvoir de la dynastie Koryo (918-1392) avec ses tombes associées. Cet ensemble incarne les valeurs politiques, culturelles, philosophiques et spirituelles de la capitale de l’État Koryo unifié au moment de son passage de la philosophie bouddhiste au confucianisme, au travers de la configuration géomantique de la ville, des palais et des tombes, des structures défensives urbaines composées de remparts et de portes et des institutions pédagogiques. Le bien en série est constitué de douze éléments distincts, cinq d’entre eux correspondant à cinq sections distinctes des murailles de Kaesong ; le système défensif triple Koryo comprend le mur intérieur Palocham de 896, dans l’enceinte duquel fut ultérieurement construit le palais de Manwoldae ; le mur extérieur construit entre 1009 et 1029, qui entoure la ville et relie les montagnes qui la protègent selon les principes de la géomancie (mont Songak, mont Puhung, pic Tokam, mont Ryongsu et mont Jine) ; et le mur intérieur datant de 1391-1393. Les sept autres éléments sont : le site archéologique du palais de Manwoldae et les vestiges du Chomsongdae de Kaesong (un observatoire astronomique et météorologique) ; la porte de Namdae (la porte principale sud du mur intérieur) ; Koryo Songgyungwan (un ancien institut d’État d’enseignement supérieur qui formait les fonctionnaires nationaux Koryo) ; Sungyang Sowon (une académie confucianiste sur le site de l’ancienne résidence de Jong Mong Ju, 1337-1392, ministre Koryo dont l’assassinat marqua le renversement de la dynastie Koryo) ; le pont Sonjuk (où Jong Mong Ju fut assassiné) et les monuments de Phyochung (deux stèles commémorant Jong Mong Ju) ; le mausolée du roi Wanggon, ses sept tombes associées et les tombes de Myongrung ; le mausolée du roi Kongmin.

Critère (ii) : les monuments et sites historiques de Kaesong montrent l’assimilation des influences culturelles, spirituelles et politiques des différents États qui existaient sur la péninsule coréenne avant Koryo et l’échange de ces influences avec d’autres royaumes voisins pendant cinq siècles.

Critère (iii) : Les monuments et sites historiques de Kaesong sont un témoignage exceptionnel sur la civilisation unifiée Koryo alors que le bouddhisme cédait la place au néo-confucianisme en Asie de l’Est.

Intégrité

Les éléments du bien, considérés individuellement et conjointement, assurent la représentation complète des valeurs de l’État Koryo au moment de sa transition du bouddhisme au néoconfucianisme – et ne souffrent ni du développement ni d’abandon. Les vestiges mis au jour du palais de Manwoldae expriment de manière crédible et fidèle sa valeur, en démontrant le fondement bouddhiste et les croyances géomantiques de la dynastie Koryo, et la zone est d’une taille suffisante pour inclure des gisements archéologiques susceptibles de compléter la compréhension du palais et de l’observatoire. Son environnement naturel est resté intact. La zone tampon englobe l’environnement géomantique du bien, tous les éléments constitutifs du bien et couvre le bassin dans lequel est implantée la ville de Kaesong, y compris des zones d’architecture traditionnelle et les collines à l’ouest où se trouvent les tombes. Elle comprend les repères géomantiques autour de la ville : le mont Songak au nord, le mont Jine à l’ouest, le mont Puhung et le pic Tokam à l’est et le mont Ryongsu au sud. Une gestion rigoureuse de la zone tampon, laquelle réunit les éléments du bien qui reflètent la dynastie Koryo, garantira la pérennité de tout ce qui fonde ce site.

Authenticité

L’authenticité des éléments individuels du bien proposé pour inscription est conservée en termes de forme, de conception, de matériaux, d’esprit et d’expression, d’emplacement et d’environnement géomantique composé par les montagnes qui l’entourent.

Mesures de gestion et de protection

Les éléments du bien en série sont protégés au niveau national par la Loi de la République populaire démocratique de Corée sur la protection des biens culturels (1994) et ses réglementations (2009) et administrés par le Bureau national pour la conservation des biens culturels (NBCPC). Tous les éléments, à l’exception de l’ensemble des sept tombes et de l’ensemble des tombes de Myongrung, sont des sites classés trésors nationaux ; ces deux derniers éléments sont protégés en tant que sites de préservation. Les montagnes et les forêts de la zone tampon sont protégées par la Loi de la République populaire démocratique de Corée sur la protection de l’environnement (1986) et la Loi sur les forêts de la République populaire démocratique de Corée (1992). L’emprise urbaine de la zone tampon est gérée par la Loi sur le foncier de la RPD de Corée (1977) et la Loi de la RPD de Corée sur la gestion municipale (1992). La Loi sur la protection des biens culturels amendée, la réglementation pour la mise en œuvre de la Loi sur la protection des biens culturels et les nouvelles Orientations pour la protection et la gestion des monuments et des sites historiques de Kaesong qui doivent être approuvées et mises en œuvre en septembre 2013 assureront la protection de la zone tampon en tant que bien contigu et une protection spécifique du quartier des maisons traditionnelles immédiatement au nord-nord-ouest de la porte de Namdae.

La gestion des éléments constitutifs du bien en série dans son ensemble est supervisée par le Comité de préservation du patrimoine culturel de la ville de Kaesong, qui comprend des représentants officiels des institutions impliquées dans la mise en œuvre des lois et des politiques nationales en matière de protection des biens culturels à Kaesong. Les biens individuels sont gérés par la Section pour la préservation culturelle du Comité populaire de Kaesong, au sein de laquelle le Bureau de gestion des biens culturels et le Bureau de gestion du mausolée du roi Wanggon sont responsables de l’exécution du plan de gestion. Délégués par ces Bureaux, des gestionnaires de sites sont affectés à chacun des biens, assistés de gardiens et de responsables du suivi. Ils supervisent les opérations d’entretien quotidien des sites, notamment les travaux de réparation et de restauration, et sont chargés d’associer les communautés aux activités et à l’entretien réguliers des biens.

Le plan de gestion du bien a été préparé par le Centre de préservation culturelle de Corée (KCPC), avec l’aval du Bureau national pour la Conservation des biens culturels (NBCPC) et a été approuvé par le gouvernement de la République populaire démocratique de Corée le 15 janvier 2011. Ses objectifs à 5 et 10 ans sont établis en consultation avec le Comité populaire de la ville de Kaesong et le Comité de gestion des fermes coopératives de Kaesong. Il sera complété par des orientations pour le développement dans la zone tampon qui devraient être prises en compte par les organes du gouvernement local pour l’élaboration et la mise en œuvre de leurs plans de gestion régionale. Les orientations spécifieront que les hauteurs des constructions seront contrôlées en fonction des vues entre les éléments principaux du bien et les caractéristiques naturelles du site ; que le tracé d’origine des anciennes routes de la ville de Kaesong sera préservé ; que l’harmonie visuelle des formes et des couleurs des bâtiments sera contrôlée ; que le tracé des canaux et le volume d’eau au voisinage des sites historiques seront contrôlés ; que tout nouveau développement dans le cadre naturel environnant qui montre les relations de feng shui avec les sites historiques individuels, y compris le mont Songak, le mont Jine, le mont Ryongsu, le mont Puhung, le pic Tokam, le mont Janam, la colline Jujak, le mont Mansu et le pic Acha, sera interdit ; que toute structure superflue et intrusive sera supprimée et que le paysage naturel sera rétabli autant que possible en favorisant le reboisement partout où cela sera approprié ; que la construction d’usines sera interdite dans la zone urbaine. Un plan de gestion du tourisme et un plan d’interprétation sont également requis.

4.  Recommande que l’État partie prenne en considération les points suivants :

a)  développer des plans de gestion du tourisme et d’interprétation pour les éléments du bien proposé pour inscription ;

b)  poursuivre le développement du système de suivi afin d’assurer la coordination entre les organes de suivi ;

5.  Demande à l’Etat partie de soumettre, au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport soulignant les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations susmentionnées, ainsi que les directives pour la protection et la gestion, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.

Thèmes : Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial, Valeur universelle exceptionnelle
Session : 37COM