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Décisions du Comité

37 COM 8B.26

Palais du Golestan (République islamique d’Iran)

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les documents WHC-13/37.COM/8B, WHC-13/37.COM/INF.8B.1  et WHC-13/37.COM/INF.8B4,

2.  Prend note de la zone tampon étendue proposée par l’Etat partie ;

3.  Inscrit le Palais du Golestan, Iran (République islamique d’) , sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (ii), (iii) et (iv)  ;

4.  Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle provisoire suivante :

Brève synthèse

Le palais du Golestan est situé au cœur du centre historique de Téhéran. Il est l’un des plus anciens ensembles de Téhéran, construit à l’origine par la dynastie safavide dans la ville historique fortifiée. Après la construction d’extensions et d’ajouts, il fut doté de ses éléments les plus caractéristiques au XIXe siècle, lorsque l’ensemble palatial fut choisi comme résidence royale et siège du pouvoir par la famille dirigeante kadjare. L’ensemble du palais du Golestan est actuellement composé de huit structures palatiales importantes, entourant les jardins du même nom et principalement utilisées comme musées, qu’entoure un mur extérieur percé de portes.

L’ensemble apporte un témoignage unique des réalisations artistiques et architecturales de la période kadjare, y compris l’introduction de motifs et de styles européens dans les arts perses. Il n’était pas seulement utilisé comme la base du gouvernement des souverains kadjars mais servait aussi d’enceinte résidentielle et de loisirs et de centre de production artistique au XIXe siècle. Grâce à cette dernière activité, il devint la source et le centre des arts et de l’architecture kadjars.

Le palais du Golestan représente un témoignage unique et riche du langage architectural et des arts décoratifs de l’époque kadjare, qui se manifeste essentiellement dans l’héritage légué par Naser ed-Din Shah. De considérables sources d’inspiration d’origine européenne se reflètent dans l’ensemble palatial et confirment qu’elles sont les premières représentations de la fusion des styles persans et européens, devenue si caractéristique de l’art et de l’architecture iraniens à la fin du XIXe et au XXe siècle. À ce titre, certaines parties de l’ensemble palatial peuvent être considérées comme étant à l’origine du mouvement artistique iranien moderne.

Critère (ii) : Le palais du Golestan représente un exemple important de la fusion des arts et de l’architecture persans avec des styles et motifs européens et de l’adaptation en Perse de technologies de construction européennes, comme l’utilisation de la fonte pour supporter des charges. À ce titre, le palais du Golestan peut être considéré comme un exemple exceptionnel d’une synthèse est-ouest dans les arts monumentaux, la configuration architecturale et la technologie de construction, qui est devenue une source d’inspiration pour les artistes et les architectes iraniens modernes.

Critère (iii) : Le palais du Golestan contient la représentation la plus complète de la production architecturale et artistique kadjare et apporte un témoignage sur le centre du pouvoir et des arts à cette époque. Il apporte un témoignage exceptionnel sur la période kadjare.

Critère (iv) : Le palais du Golestan est un exemple éloquent des arts et de l’architecture d’une période importante en Perse, à travers tout le XIXe siècle, où la société connut des processus de modernisation. Le rôle influent des valeurs artistiques et architecturales de l’ancienne Perse ainsi que les impacts contemporains de l’Occident sur les arts et l’architecture furent intégrés en un nouveau type d’art et d’architecture au cours d’une période transitoire remarquable.

Intégrité

La délimitation de l’enceinte palatiale englobe tous les éléments nécessaires pour exprimer la valeur universelle exceptionnelle du bien. Bien que le patrimoine architectural kadjar du palais du Golestan ait été beaucoup plus riche par le passé et que les trois quarts de l’ensemble palatial aient été démolis et remplacés sous le règne de souverains successifs, tous les éléments qui subsistent aujourd’hui sont inclus dans les limites du bien.

Actuellement, le site n’est pas exposé à de graves menaces, notamment celles qui pourraient compromettre les perspectives visuelles sur le paysage plus vaste, depuis l’intérieur de l’enceinte palatiale. Afin de garantir la pérennité de cette situation, l’accent doit être mis sur la protection des perspectives visuelles depuis l’intérieur du palais du Golestan et ses jardins.

Authenticité

Les structures architecturales caractéristiques de l’époque kadjare conservent leur conception et leur configuration et ont préservé leurs décorations exceptionnelles à l’intérieur et sur les façades extérieures. Toutes les activités de conservation menées ont pleinement respecté l’authenticité des matériaux, de la conception et de la fabrication.

De plus, l’ensemble du palais a en partie conservé son utilisation et sa fonction, en particulier les galeries et les ailes qui furent créées comme musées à l’époque des Kadjars. Beaucoup des pièces d’habitation, de représentation ou d’administration ont changé d’affectation, mais le palais continue d’être utilisé comme un lieu accueillant des activités de l’État contemporaines. C’est probablement l’environnement des monuments kadjars qui a le plus sensiblement changé à l’époque des Pahlavi et son authenticité n’est maintenue que de manière fragmentaire. Alors qu’il semble possible d’accepter cette situation à la lumière de l’authenticité qui a été démontrée pour les matériaux et la conception, il est essentiel que toutes les références à l’environnement historique kadjar du bien qui subsistent soient soigneusement gérées et conservées.

Mesures de gestion et de protection

Le palais du Golestan est classé monument national en vertu de la Loi sur la protection du patrimoine national (1930). Sa propriété a de plus été transférée au gouvernement conformément à la Loi concernant l’acquisition de terrains, de bâtiments et de locaux pour la protection des biens historiques (1969) et, en conséquence, le bien est protégé à la fois par voie législative et par le droit de propriété. La zone tampon est protégée par des dispositions légales qui ont été approuvées par l’ICHHTO. Celles-ci limitent les projets de construction et d’infrastructures, la coupe d’arbres, créent une zone piétonne et suggèrent diverses mesures pour la rénovation des façades et structures. Il est essentiel que les réglementations concernant la hauteur des constructions dans la zone tampon et l’environnement plus large du district historique de Téhéran soient strictement observées afin de protéger les vues depuis l’intérieur du palais du Golestan.

La gestion du bien est guidée par des objectifs à court, moyen et long terme qui mettent l’accent sur la conservation et la restauration de l’ensemble palatial. La responsabilité incombe à la base du palais du Golestan, une subdivision de l’ICHHTO, seule responsable du bien et fonctionnant comme un bureau de gestion du site. Les objectifs de gestion ont été présentés mais il serait souhaitable d’établir un plan complet de gestion du bien dans lequel une attention particulière sera accordée à la préparation et aux procédures de réponses aux risques.

5.  Recommande que l’État partie prenne en considération les points suivants :

a)  développer un programme de sensibilisation du public sur la préparation aux risques au sein de la zone tampon adoptée,

b)  identifier un lieu de rechange pour l’aire de stockage et la pépinière situées au nord de Shams-ol Imareh pour permettre la conservation appropriée de cette partie du palais du Golestan et l’accès du public à l’avenir.

 
Thèmes : Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial, Valeur universelle exceptionnelle
Session : 37COM