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Décisions du Comité

36 COM 8B.24

Biens culturels - Gonbad-e Qābus, (République Islamique d’Iran)

Le Comité du patrimoine mondial,

1.    Ayant examiné les documents WHC-12/36.COM/8B et WHC-12/36.COM/INF.8B1, 

2.    Inscrit Gonbad-e Qābus, Iran (République Islamique d’), sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (i), (ii), (iii) et (iv) ;

3.    Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante :

Brève synthèse

Visible de loin dans les plaines environnantes à proximité de l’ancienne capitale ziyaride Djordjan, la tour de Gonbad-e Qābus, haute de 53 mètres, domine la ville qui est née autour d’elle au début du XXe siècle. Le tronc cylindrique creux de la tour, construit en briques cuites non vernissées, s’effile depuis un plan géométrique complexe en forme d’étoile à dix branches jusqu’à un toit conique. Deux inscriptions kufiques qui l’entourent commémorent Qābus Ibn Voshmgir, souverain ziyaride et lettré, en tant que fondateur de la tour en 1006 apr. J.-C.

La tour est un exemple exceptionnel de conception structurelle innovante du début de l’art islamique, basée sur des formules géométriques qui permettaient de réaliser des maçonneries porteuses capables de soutenir des structures très hautes. Sa forme à toit conique est devenue le prototype des tours funéraires et des autres tours commémoratives dans la région, représentant un échange culturel architectural entre les nomades d’Asie centrale et l’ancienne civilisation iranienne.

Critère (i) : Gonbad-e Qābus est un chef-d’œuvre et une réalisation exceptionnelle de l’architecture en briques du début de l’art islamique, par les qualités structurelles et esthétiques de sa géométrie particulière.

Critère (ii) : La forme à toit conique de Gonbad-e Qābus est significative en tant que prototype des tours funéraires en Iran, en Anatolie et en Asie centrale, représentant un échange culturel architectural entre les nomades d’Asie centrale et l’ancienne civilisation iranienne.

Critère (iii) : Gonbad-e Qābus est un témoignage exceptionnel de la puissance et de la qualité de la civilisation ziyaride qui domina une grande partie de la région aux Xe et XIe siècles. Construite pour un émir qui était aussi un écrivain, la tour marqua le début d’une tradition culturelle régionale de construction de tombes monumentales, y compris pour les lettrés.

Critère (iv) : Le monument est un exemple exceptionnel de tour commémorative islamique dont la conception structurelle innovante illustre le développement extraordinaire des mathématiques et des sciences dans le monde musulman au tournant du premier millénaire apr. J.-C.

Intégrité

Le bien manifeste sa valeur en tant que structure géométrique exceptionnelle et icône dans la petite ville de Gonbad-e Qābus, parfaitement visible depuis de nombreuses directions. Il continue de présenter les caractéristiques d’un monument commémoratif islamique associant les traditions d’Asie centrale et d’Iran. Les contreforts extérieurs et les bandeaux d’inscription sont en bon état, mais l’insertion de la rampe et le mur de soutènement à flanc de colline ont légèrement endommagé la forme de la colline sur laquelle il se dresse.

Authenticité

Le monument conserve sa forme et sa conception, ses matériaux, sa prédominance visuelle dans le paysage, et reste un lieu saint visité par les populations locales et par des étrangers, ainsi que le théâtre de manifestations traditionnelles.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Gonbad-e Qābus est protégé par la Loi de protection du patrimoine national (1930) et a été inscrit sur la liste des monuments nationaux d’Iran en 1975, sous le numéro 1097. Les réglementations relatives au bien stipulent que les activités préjudiciables sont interdites et que toute intervention, y compris les fouilles, la restauration et les travaux sur le site, doit recevoir l’agrément de l’Organisation iranienne du patrimoine culturel, de l’artisanat et du tourisme (ICHHTO). La tour funéraire et la zone avoisinante sont gérées conjointement par la municipalité et par l’ICHHTO conformément au plan directeur pour la ville de Gonbad-e Qābus (1989) et au plan détaillé (2009), qui visent à préserver les caractéristiques historiques et visuelles de la ville. Le plan directeur soutient les mesures de protection de contrôle des hauteurs dans la zone tampon et la zone paysagère. Le plan de gestion devrait être développé pour inclure un programme de conservation.

4.    Recommande que l’État partie développe le plan de gestion afin d’intégrer un programme de conservation pour le bien, à mettre en œuvre sous l’égide du Comité directeur. Il devrait couvrir :

a)   l’achèvement du programme de recherche géotechnique concernant la consolidation de la colline et de l’édifice lui-même,

b)   un enregistrement détaillé de l’état actuel de la structure, comme base pour le programme de conservation,

c)   des orientations pour les interventions sur le monument, ainsi qu’un suivi et un retour d’information réguliers au Comité directeur en tant que base pour l’entretien continu,

d)   une stratégie de préparation aux risques,

e)   une révision de l’aménagement paysager de la colline en conjonction avec le développement d’une stratégie pour s’attaquer au problème des remontées d’humidité,

f)    une stratégie de gestion du tourisme.

Thèmes : Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial, Valeur universelle exceptionnelle
Biens : Gonbad-e Qābus
Session : 36COM