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Décisions du Comité

35 COM 8B.43

Biens Culturels - Paysage culturel du café de la Colombie (Colombie)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-11/35.COM/8B et WHC-11/35.COM/INF.8B1,

2. Inscrit le Paysage culturel du café de la Colombie, Colombie, sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (v) et (vi) ;

3. Prend note de la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle provisoire suivante :

 

Brève synthèse

Le Paysage culturel du café de la Colombie (PCCC) est un paysage culturel productif dans lequel les éléments naturels, économiques et culturels se combinent avec un degré d'homogénéité extraordinairement élevé dans la forme des plantations de café et du paysage. Quelques décennies après l'arrivée des colons à Antioquia au XIXe siècle, l'économie et la culture de la région se sont développées autour d'une tradition cafetière profondément ancrée, qui a laissé un héritage unique en définissant la culture régionale à travers de riches manifestations musicales, culinaires, architecturales et même éducatives. Les caractéristiques du PCCC résultent du processus d'adaptation de ces colons, processus qui perdure jusqu'à ce jour. La ferme de café typique du PCCC est située dans un paysage accidenté de montagnes escarpées avec "des pentes de plus de 25 % (55 degrés) de déclivité qui articulent la forme et la conception du paysage du café, sa typologie architecturale et le mode de vie de ses communautés, d'où son authenticité".  La combinaison des parcelles et la distance qui sépare les plans de café des arbres d'ombrage forment un ensemble de figures géométriques symétriques qui donnent au paysage ses caractéristiques singulières.  L'homogénéité apparaît de manière tout aussi évidente dans la tradition des "petites parcelles', qui caractérisent le type de propriété foncière de la région avec le système des petites fermes de production, façonnant le mode de vie particulier des cafeteros et définissant un héritage qui se transmet d'une génération à l'autre. En outre, en tant que paysage productif, le PCCC contient de précieux attributs naturels et esthétiques, propres à cette région caféière qui abrite un grand nombre de forêts naturelles et de corridors biologiques, considérés comme stratégiques pour la conservation de la biodiversité mondiale. L'architecture typique des établissements urbains est un mélange entre les modèles culturels espagnols et la culture autochtone de la région qui s'est adaptée par la même occasion au processus de culture du café avec l'installation de toits coulissants. L'habitat rural est aménagé en fonction de la culture du café. « La maison est à la fois le lieu d'habitation et le centre de l'activité économique ». La recherche d'un matériau plus approprié a donné naissance au « bahareque », plus souple et dynamique : une série de murs montés sur un cadre en bois avec des poutres horizontales et verticales et des supports inclinés, recouverts d'une couche d'esterilla de guadua, en bambou, réputé pour sa  résistance et sa malléabilité. 

Critère (v): Le Paysage culturel du café de la Colombie  est un exemple exceptionnel d'un centenaire paysage culturel, durable et productif, fruit des efforts collectifs de plusieurs générations de familles de campesinos qui ont forgé des institutions sociales, culturelles et productives exceptionnelles, tout en générant des pratiques innovantes de gestion des ressources naturelles dans des conditions environnementales extraordinairement difficiles. La ferme de café typique du PCCC est située dans un paysage accidenté de montagnes escarpées qui articulent la forme et la conception du paysage de café, sa typologie architecturale et le mode de vie de ses communautés. Elles ont réussi à créer une identité culturelle sans équivalent, où l'aspect institutionnel relatif au PCCC ne trouve aucun équivalent dans les autres paysages caféiers ailleurs dans le monde.   

Critère (vi) : La tradition centenaire du café est le symbole le plus emblématique de la culture nationale colombienne et ce qui a valu à la Colombie sa renommée mondiale. La culture du café a débouché sur une riche tradition culturelle de manifestations matérielles et immatérielles sur le territoire, avec un héritage unique qui recouvre mais ne se limite pas à la musique, la cuisine, l'architecture, et même l'éducation, héritage qui se transmet de génération en génération.  La typologie architecturale propre aux fermes de café et à la plupart des bâtiments des zones urbaines a évolué avec l'emploi des matériaux locaux disponibles, en particulier l'espèce indigène unique appelée Guadua angustifolia. Le PCCC représente une intégration harmonieuse du processus de production, de l'organisation sociale et de la typologie de l'habitat unique au monde et nécessaire au développement de la culture du café dans une zone rurale aux conditions aussi rudes.

Intégrité

Les éléments d'adaptation sociale du bien à une utilisation unique des sols et le développement de traditions culturelles et sociales extrêmement spécifiques autour de la production de café démontrent la valeur universelle exceptionnelle du bien. La cohésion de ces caractéristiques et leur résistance aux changements, bien qu'elles subissent l'impact de chutes de prix temporaires, démontre leur haut niveau d'intégrité. Les valeurs collectives du caractère unique au monde du PCCC favorisent un développement humain durable actif dans le paysage culturel.

Authenticité

Le Paysage culturel du café de Colombie est le reflet authentique d'un processus centenaire de l'adaptation de l'homme aux conditions géologiques, hydrologiques, climatiques et naturelles de cette région connue aux niveaux national et international comme l'Axe caféier ('El Eje Cafetero'). Le PCCC montre un degré extraordinaire d'authenticité, sans aucun ajout contemporain incongru à son modèle architectural traditionnel ni aucune modification substantielle des petites villes situées au cœur et dans la zone tampon du site. La langue, les traditions et les autres formes de patrimoine immatériel sont autant d'aspects préservés, notamment par les propriétaires et la communauté qui ont un sens aigu de l'appropriation sociale de leur patrimoine culturel.

Mesures de protection et de gestion

Le plan de gestion est détaillé et complet. Il repose sur une stratégie institutionnelle incluant tous les acteurs concernés, à savoir les instances territoriales (conseils et autorités locales), les autorités environnementales régionales (Corporaciones regionales autónomas), les institutions culturelles (Ministère de la Culture) et certains secteurs spécifiques (Fédération colombienne des cultivateurs de café). Le plan est également mis au point avec le soutien des instituts de recherche et de formation, comme les universités régionales et leurs départements de recherche respectifs. Dans ce contexte, le bien-être économique et social de tous les habitants, leur appropriation du patrimoine culturel et la durabilité environnementale sont établis comme principes du plan de gestion du paysage. Le cadre de gestion renferme un programme d'action qui prévoit des mesures à court, moyen et long terme. Du fait que certaines valeurs paysagères sont soumises à des pressions de sources diverses, les plans de gestion et de protection associés à l'inscription du PCCC sur la Liste du patrimoine mondial aideraient immédiatement à juguler ces pressions, ce qui permettrait d'assurer la conservation des valeurs culturelles particulièrement exceptionnelles du paysage.

 

4. Recommande que l'État partie prenne en considération les points suivants:

a) continuer l'inventaire des fermes et de l'architecture urbaine et des bâtiments associés,

b) continuer d'améliorer la protection appropriée à la fois pour les paramètres culturels et naturels, y compris pour les bâtiments dans les zones semi-urbaines et rurales et pour l'intégralité des paysages,

c) n'autoriser aucune activité minière au sein et dans les environs immédiats du bien.

Thèmes : Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial
Etats Parties : Colombie
Session : 35COM