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Décisions du Comité

34 COM 8B.25

Biens Culturels - Site proto-urbain de Sarazm (Tadjikistan)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-10/34.COM/8B et WHC-10/34.COM/INF.8B1, 

2. Inscrit le Site proto-urbain de Sarazm, Tadjikistan, sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (ii) et (iii)

3. Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante:

Brève synthèse

Le site proto-urbain de Sarazm est un site archéologique témoignant du développement de peuplements humains sédentaires en Asie centrale, du IVe millénaire avant J.-C. à la fin du IIIe millénaire avant J.-C. Sarazm, montre l'essor précoce d'un proto-urbanisme dans cette région, illustré par la sophistication des habitations, des infrastructures et du mobilier archéologique. Sa raison d'être initiale est basée sur la complémentarité du pastoralisme et de l'agriculture naissante, puis de l'exploitation des ressources minérales à l'âge du bronze et du développement de l'artisanat. Sarazm démontre l'existence d'échanges matériels et culturels interrégionaux à grande distance, à l'échelle de l'Asie centrale. Ce fut une métropole proto-urbaine durable et prospère, à l'extrémité nord-est d'un vaste ensemble allant de la Mésopotamie à l'Indus et au plateau iranien.

Critère (ii) : Le site proto-urbain de Sarazm témoigne, à partir du IVe millénaire avant J.-C., d'échanges matériels et culturels entre les bergers nomades des montagnes de l'Asie centrale et les populations agricoles de Transoxiane. Ensuite, notamment à l'âge du bronze, le site proto-urbain de Sarazm a complété et étendu ses activités par la métallurgie et l'artisanat, montrant l'existence de réseaux d'échanges diversifiés à des échelles considérables. Le site proto-urbain de Sarazm était en relation d'une part avec les steppes de l'Asie centrale, d'autre part avec les mondes turkmènes, pré-élamite, mésopotamien et de l'Indus.

Critère (iii) : Le site proto-urbain de Sarazm constitue un établissement humain remarquable et exceptionnel par sa situation géographique, en Asie centrale, aux IVe et IIIe millénaires avant J.-C., dont témoignent ses vestiges proto-urbains et architecturaux, son mobilier archéologique. La cité joua un rôle régional durable et à grande échelle dans l'exploitation des métaux, de l'étain et du cuivre notamment, et le développement associé d'un artisanat producteur d'outils, de poteries et de bijoux. Le site proto-urbain de Sarazm est l'un des lieux de naissance et de développement des grandes voies d'échanges tans-eurasiennes.

Intégrité et authenticité

L'intégrité du bien est acceptable et sous contrôle, par les travaux et programmes actuels de conservation, mais elle est encore mal définie en raison de la méconnaissance des limites exactes du site proto-urbain. L'authenticité est indiscutable. Tous les éléments d'origine se trouvent à l'emplacement initial, où ils ont été laissés à l'époque de l'abandon du site, et ils ne présentent que des détériorations naturelles.

Mesures de protection et de gestion requises

Le site proto-urbain de Sarazm a le statut juridique d'une Réserve historique et archéologique, définie par les résolutions du gouvernement de la République du Tadjikistan n° 391 du 21 septembre 2000 et n° 198 du 19 avril 2001. Elle est gérée par le Centre archéologique de Pendjikent sous la supervision de l'Institut d'histoire, d'archéologie et d'ethnographie de l'Académie des sciences. La protection du bien est de niveau satisfaisant. Le système de gestion du bien est en place. Il a commencé à se développer et à fonctionner de manière satisfaisante. Il garde toutefois une certaine fragilité car il est insuffisamment présent sur le lieu même du bien. L'autorité de gestion doit veiller à produire un bilan des actions effectuées et à renforcer les ressources humaines de la Réserve archéologique de Sarazm, à la fois en effectifs et en niveau de formation. La coopération internationale pour la recherche scientifique et pour la conservation du bien reste indispensable. Elle doit participer de manière active à la formation des personnels locaux ;

4. Recommande que l'Etat partie : 

a) Poursuive et renforce le programme archéologique à venir dans le cadre des coopérations internationales en cours, notamment par l'usage de méthodes géophysiques non invasives, pour essayer de déterminer les limites du peuplement proto-urbain de Sarazm pour renforcer la connaissance liée aux découvertes récentes; 

b) Poursuive et systématise les efforts entrepris pour améliorer la conservation du bien (programme CRATerre notamment), examiner si de nouvelles protections en auvent sont nécessaires ou pas et faire connaître le rapport annuel du suivi de la conservation; 

c) Établisse un bilan des actions réalisées ou en cours à l'achèvement du plan de gestion 2006-2010, y compris de celles effectuées dans le cadre de coopérations internationales; soumette en partant de ce bilan un nouveau plan de gestion pour les années à venir; 

d) Renforce la Base archéologique de Sarazm par une présence continue; ouvre le bien et le musée de site aux visiteurs dans de bonnes conditions de présentation des valeurs du bien; 

e) Renforce la formation des personnels employés par la Réserve, notamment dans le cadre des coopérations internationales scientifiques et de conservation; 

f) Étende le suivi du bien au contrôle du développement agricole et de l'habitat dans la zone tampon, ainsi qu'à l'usage des chemins qui traversent le bien et la zone tampon.

Thèmes : Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial
Etats Parties : Tadjikistan
Biens : Sarazm
Session : 34COM