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Décisions du Comité

CONF 002 X

SOC : Angkor (Cambodge)

Angkor (Cambodge)

Un nouveau gouvernement a maintenant été constitué et cherche activement à établir une coopération avec des partenaires de la communauté internationale en vue de la reconstruction et du développement du pays. Le Secrétariat de l'UNESCO a déployé tous les efforts possibles pour aider le nouveau gouvernement à faire face aux engagements que le Chef de l'Etat, Sa Majesté Norodom Sihanouk, a pris au moment de l'inscription d'Angkor sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

En ce qui concerne la première recommandation formulée par le Comité au moment de l'inscription, à savoir l'adoption d'une législation de protection adéquate, les résultats suivants ont été obtenus :

1. La nouvelle Constitution cambodgienne contient des articles spécifiques (Articles 69, 70 et 71) faisant de la protection du patrimoine culturel national une obligation de l'Etat et déclarant zones de non-belligérance les sites nationaux et du patrimoine reconnus.

2. La législation de protection des biens culturels élaborée avec l'assistance technique de l'UNESCO, qui a été adoptée comme décision du Conseil national suprême du Cambodge le 10 février 1993, doit être prochainement présentée à l'Assemblée nationale pour examen et promulgation en tant que loi.

3. En novembre 1993, le Ministre de l'Environnement a publié le "Décret sur la création et la désignation de zones protégées", établissant par là un système national de zones protégées. Ce décret doit être présenté à l'Assemblée nationale pour examen et promulgation éventuelle en tant que loi. L'UNESCO et les représentants de l'UICN au Cambodge apportent actuellement leur aide aux autorités concernées dans la mise au point du texte pour prendre en considération la protection des paysages culturels qui sont particulièrement concernés dans le cadre des grands sites culturels du Cambodge, tel celui d'Angkor.

En ce qui concerne la deuxième recommandation du Comité, à savoir l'établissement d'un organisme national pour la protection, le nouveau gouvernement a officiellement fait savoir à l'UNESCO que les statuts de l'Agence nationale pour la protection du patrimoine du Cambodge (NHPAC), tels qu'ils ont été adoptés par le Conseil National Suprême (SNC) le 10 février 1993, vont être amendés pour se conformer à la nouvelle situation du Cambodge et servir de base pour l'établissement d'une Agence de protection nationale adéquate.

Sous la présidence du Ministre d'Etat chargé des Affaires culturelles, le Gouvernement royal du Cambodge a institué à titre provisoire un conseil suprême interministériel de la culture nationale pour la gestion des affaires courantes et pour définir le mandat et le pouvoir de l'Agence de protection nationale adéquate qui doit être mise en place.

En ce qui concerne les troisième et quatrième recommandations du Comité, à savoir l'établissement de limites permanentes et de zones tampons significatives, ainsi que l'indique le rapport de la session du Bureau de juin 1993, l'UNESCO et les autorités cambodgiennes ont mis en oeuvre un projet intitulé ZEMP (Plan de zonage et de gestion de l'environnement) financé par le PNUD, le gouvernement suédois et d'autres bailleurs de fonds.

L'équipe du projet ZEMP, composée de 25 experts internationaux et de partenaires cambodgiens, a.terminé en septembre le projet de plan qui est actuellement soumis à l'examen du nouveau gouvernement. Une évaluation du ZEMP a eu lieu à Phnom Penh à la fin de novembre 1993, en présence de l'équipe du projet, de ministres et de bailleurs de fonds.

M. Bouchenaki a également informé le Comité de la récente mise en place d'un Comité intergouvernemental pour la sauvegarde et le développement d'Angkor, conformément à la décision de la Conférence de Tokyo (12-13 octobre 1993). La première mission de ce Comité intergouvernemental dont le siège est à Phnom Penh et dont le Secrétariat sera assuré par l'UNESCO, est d'assister le gouvernement cambodgien dans la définition des priorités de conservation et de promouvoir et coordonner l'aide internationale en faveur d'Angkor. Le Comité du patrimoine mondial a apporté son soutien à l'appel lancé par le Directeur général de l'UNESCO à la communauté internationale en faveur d'un renforcement de la coopération avec le royaume du Cambodge pour la sauvegarde d'Angkor.

En complément à l'information apportée par le Secrétariat, M. Beschaouch a été invité à présenter les conclusions de sa récente mission au Cambodge, en tant que représentant spécial du Directeur général. Il a informé le Comité de ses contacts avec les plus hautes autorités du Cambodge et confirmé leur volonté de poursuivre et renforcer leur coopération avec l'UNESCO pour la sauvegarde des sites d'Angkor. A la fin de cet exposé, le Comité a exprimé sa satisfaction devant les progrès récemment enregistrés dans le processus de normalisation politique et de réconciliation nationale qui ont suivi la promulgation de la Constitution du Royaume du Cambodge. Par ailleurs, le Comité s'est félicité de l'action menée par l'UNESCO, en coopération avec les autorités cambodgiennes, en vue de mettre en place une structure juridique, réglementaire, technique et administrative pour la sauvegarde intégrée du site d'Angkor dans son ensemble. Le Comité a également pris note avec satisfaction des nouvelles perspectives résultant de la Conférence intergouvernementale de Tokyo en vue de la mobilisation de l'aide internationale pour la sauvegarde d'Angkor.

Suite à ces rapports, le Comité a recommandé : 

  1. que le gouvernement du Royaume du Cambodge finalise, avec l'aide de l'UNESCO, l'élaboration d'un plan de sauvegarde d'urgence, dans le cadre d'un plan régional de gestion et de développement. Ce plan devra prendre en compte les dimensions culturelles et écologiques du périmètre historique ainsi que des mesures conservatoires adéquates ;
  2. que l'UNESCO, qui assure le Secrétariat du "Comité international de coordination", envisage de faire parvenir au Comité du patrimoine mondial un rapport périodique sur le développement de l'action internationale en faveur d'Angkor ;
  3. que l'ICOMOS et l'ICCROM puissent assister les autorités cambodgiennes dans l'élaboration d'un programme à long terme de gestion et de suivi qui inclurait la formation spécifique des divers personnels indispensables.

 

Thèmes : Conservation
Etats Parties : Cambodge
Biens : Angkor
Session : 17COM