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Décisions du Comité

CONF 204 VIII.6

Sites du patrimoine mondial de la République démocratique du Congo (RDC)

VIII.6 Sites du patrimoine mondial de la République démocratique du Congo (RDC)

Le Comité a pris note des informations détaillées sur l'état de conservation des cinq sites de la RDC : les Parcs nationaux des Virunga, de la Garamba, de Kahuzi-Biega et de la Salonga, ainsi que la Réserve de faune à okapis, qui figurent aux pages 2 à 5 du document WHC- 2000/CONF.204/9. Le Comité a également pris note des nouvelles informations suivantes transmises par le Centre :

(1) En dehors de la MONUC, des contacts ont été établis avec les membres d'un Panel des Nations Unies menant une enquête sur l'exploitation illicite des ressources naturelles en RDC, depuis le Bureau des Nations Unies à Nairobi, Kenya. Des données sur l'état de conservation des cinq sites seront transmises régulièrement au Panel des Nations Unies mentionné ci-dessus pour agir en conséquence ;

(2) Une unité de coordination pour le projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP est opérationnelle à Nairobi, Kenya, depuis le 10 septembre 2000 et bénéficie des services d'un consultant et d'un « homologue de l'ICCN » secondé par l'ICCN à Kinshasa. Le recrutement du coordonnateur du projet qui a été retardé devrait être finalisé avant la fin du premier trimestre 2001 ;

(3) Une réunion du personnel technique représentant les trois différents régimes de gouvernance sur le territoire de la RDC s'est tenue du 8 au 10 novembre à Nairobi, Kenya. Les personnels techniques des trois régimes ont signé un accord officiel de coopération qui facilitera le suivi de l'état de conservation des sites, l'exécution du projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP, l'échange d'informations et de matériels entre les sites, ainsi que l'organisation et la conduite d'activités conjointes auxquelles participeront les personnels des cinq sites. Par ailleurs, les trois autorités ont également convenu de coordonner les mouvements et les options de développement de carrière pour les personnels de l'ICCN, en dépit des obstacles administratifs et politiques qui entravent cette coordination ;

(4) A la suite d'une réunion tenue le 28 septembre 2000, le Directeur général de l'UNESCO et le Directeur exécutif du PNUE se sont déclarés intéressés par la conduite d'une mission de haut niveau dans les capitales (Kinshasa, Kigali et Kampala) des trois pays impliqués dans la guerre qui sévit à l'est du Rwanda, afin de rencontrer les chefs d'Etat et autres hautes personnalités pour attirer leur attention sur la nécessité de respecter la législation internationale et de renforcer la conservation de tous les sites du patrimoine mondial de la région, en particulier ceux de l'Est de la RDC. La possibilité d'organiser cette mission continuera d'être envisagée par le Centre, en coopération avec les partenaires intéressés à l'UNESCO, dans le cadre des activités d'exécution du Projet UNESCO/RDC/UNFUNFIP. Les trois autorités techniques réparties dans les trois différentes régions de la RDC (voir point 3 ci-dessus) se sont engagées à faciliter dans toute la mesure du possible cette mission diplomatique de haut niveau, si elle est formée et lorsqu'elle sera organisée.

L'UICN a relevé l'importance et l'opportunité de l'aide financière octroyée par la Fondation des Nations Unies pour soutenir le travail du personnel des sites et a rendu hommage à sa mobilisation et à son engagement en faveur de la protection des sites.

Le Comité a noté avec satisfaction que le Centre avait conclu des contrats avec les partenaires du projet pour le paiement des salaires, les primes et les rations médicales et alimentaires attribuées aux personnels des cinq sites du patrimoine mondial, et que le transfert des paiements aux personnels des sites était sur le point de commencer. Le projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP prévoit de réserver des fonds pour continuer à effectuer ces versements aux personnels des sites pendant quatre ans, c'est-à-dire jusqu'en octobre 2004. Le Comité a également noté avec satisfaction l'appui du Gouvernement belge en faveur d'un projet axé sur l'aide aux communautés locales résidant sur les cinq sites et aux alentours pour leur permettre de contribuer à leur protection. Il est prévu que le Gouvernement belge verse la somme de 500.000 dollars pour ce projet quadriennal qui devrait commencer au début de 2001.

D'après les informations obtenues des partenaires du Projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP et de plusieurs autres sources, le Centre a informé le Comité que l'état de conservation des Parcs nationaux des Virunga et de la Garamba était relativement satisfaisant. A Okapi, le soutien récent des autorités militaires dans la région a permis au personnel de la Réserve de désarmer des bandes de braconniers et d'améliorer les chances de conservation. Le Parc de la Salonga, bien qu'en dehors de la zone de combat et encore accessible à l'ICCN-Kinshasa, est fortement menacé par le braconnage illicite. La situation à Kahuzi-Biega est la plus préoccupante puisque le personnel n'a pas accès à près de 90 % de la superficie totale du Parc.

Le Comité a demandé au Centre de continuer à développer ses relations et de chercher les meilleurs moyens de travailler en liaison avec la MONUC et les autres instances compétentes, à l'instar du Panel des Nations qui mène une enquête sur l'exploitation illicite des ressources naturelles en RDC, afin de promouvoir les liens entre le maintien de la paix et la conservation du patrimoine mondial en RDC et dans les pays voisins. Le Comité a recommandé que le Centre, en collaboration avec l'ICCN et d'autres partenaires, se charge de la bonne exécution du projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP en mettant l'accent et la priorité sur les éléments du projet qui soutiennent le travail du personnel des sites. Le Comité engage le Centre à travailler avec les unités administratives et d'appui de l'UNESCO pour trouver les voies et moyens d'assurer un transfert rapide et effectif des fonds, par le biais des partenaires du projet, aux bénéficiaires sur place qui tentent de protéger les sites du patrimoine mondial dans une zone à hauts risques. Le Comité s'est félicité de l'intérêt du Gouvernement belge et l'a remercié d'appuyer un projet qui devrait permettre aux communautés locales de travailler avec le personnel des sites à la conservation des cinq sites. Il a vivement engagé l'UNESCO et le Centre à accélérer la finalisation des négociations avec la Belgique pour permettre un transfert rapide de l'assistance aux communautés locales implantées à proximité des cinq sites. Le Comité a décidé de maintenir l'ensemble des cinq sites sur la Liste du patrimoine mondial en péril.