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Décisions du Comité

CONF 208 IX.1-19

IX. Rapport d'avancement sur les actions régionales pour la mise en oeuvre de la stratégie globale pour une Liste du patrimoine mondial représentative et équilibrée

IX .1 Le Secrétariat a dégagé les points essentiels du document WHC-01/CONF.208/11 en rappelant que la Stratégie globale pour une Liste du patrimoine mondial représentative, équilibrée et crédible a été adoptée par le Comité en 1994. A la demande du Comité, des plans d'action régionaux ont été mis au point par le Secrétariat pour répondre aux besoins particuliers de chaque région. Ces plans ont été approuvés par le Comité en 1999. Le Secrétariat a indiqué qu'en Afrique et dans la région Pacifique, les mesures de stratégie globale sont plus particulièrement axées sur la sensibilisation et la promotion de la ratification, compte tenu du grand nombre d'Etats membres de l'UNESCO qui n'ont pas encore ratifié la Convention. Dans ces deux régions, mais aussi dans les Caraïbes et les Etats arabes, un travail considérable s'accomplissait pour encourager les Etats parties à établir leur liste indicative nationale et identifier des sites potentiels dans des catégories sous-représentées. Des études thématiques et des réunions thématiques d'experts ont été organisées dans toutes les régions. Des progrès notoires ont été réalisés dans l'élaboration des concepts de différents types de paysages culturels. En Asie, des études thématiques et des réunions avec les Etats parties ont été consacrées aux catégories de biens culturels les plus menacés en raison de l'absence de protection juridique ou de ses carences (patrimoine moderne, architecture vernaculaire des groupes minoritaires en Asie du Sud-Est), et à l'harmonisation des listes indicatives des cinq Etats parties d'Asie centrale.

IX.2 Il a notamment été fait mention de la réunion sur la Stratégie globale, des réunions et des études thématiques suivantes : Réunion d'Etats parties et d'experts sur la Stratégie globale en Asie du Sud-Est (Tana Toraja, Indonésie, avril 2001) ; Réunion d'Etats parties sur l'Arc alpin (Turin, Italie, juillet 2001) ; Réunion thématique sur les Paysages culturels de vignobles (Tokay, Hongrie, juillet 2001 ; Réunion d'experts sur les Systèmes de plantations dans les Caraïbes (Paramaribo, Surinam, juillet 2001) ; Réunion d'experts sur les Montagnes sacrées en Asie-Pacifique (Japon, septembre 2001) ; Réunion d'experts sur les Paysages de désert (Oasis de Kharga, Egypte, septembre 2001) ; Cours régional de formation sur l'application de la Convention du patrimoine mondial et son rôle dans le développement durable et le tourisme dans les Caraïbes (septembre-octobre 2001) ; Atelier sur le renforcement des capacités pour les pays insulaires du sudouest de l'océan Indien (Madagascar, octobre 2001) ; Atelier sous-régional sur le renforcement des capacités et le développement institutionnel pour les pays d'Afrique australe (Windhoek, Namibie, septembre 2001) ; Africa 2009, cours régional de formation en vue de promouvoir la représentativité, avec le soutien de l'ICCROM/UNESCO/CRATerre-EAG (juillet-septembre 2001) ; Sixième réunion de la Table ronde des Iles du Pacifique (Suva, Fidji, octobre-novembre 2001) ; Atelier sur l'Interprétation des sites du patrimoine pour la préservation et le tourisme (Palau, juillet 2001).

IX.3 En définissant les activités de stratégie globale pour la période 2002-2003, le Secrétariat a attiré l'attention du Comité sur la décision en cinq points qu'il a prise à sa vingt-quatrième session, en ce qui concerne la représentativité de la Liste : 1. Respect de la Convention ; 2. Utilisation de la Liste indicative comme instrument de planification pour réduire les déséquilibres ; 3. Etablissement d'un système de définition des priorités pour les propositions d'inscription ; 4. Résolution de la 12e Assemblée générale sur la représentativité ; 5. Renforcement des capacités des régions sous-représentées.

IX.4 Plusieurs membres du Comité ont souligné l'importance de la résolution de l'Assemblée générale concernant la représentativité de la Liste du patrimoine mondial et ont précisé qu'il convient d'accorder la plus haute priorité au travail de fond sur l'analyse de l'actuelle Liste du patrimoine mondial et des listes indicatives. De nouvelles études et réunions thématiques devraient être organisées uniquement à l'issue de cette analyse globale et sur la base des priorités définies pour chaque région. Un certain nombre de délégués ont observé que de nombreuses réunions régionales et thématiques ont eu lieu depuis 1994 et qu'il convient de faire le bilan de ces réunions avant d'en annoncer de nouvelles.

IX.5 L'ICOMOS a informé le Comité qu'un certain nombre d'études thématiques ont été menées ou sont en cours, entre autres sur l'industrie textile, l'art rupestre en Afrique australe et les premiers paysages agricoles dans le Pacifique.

IX.6 L'UICN a félicité le Centre et a indiqué qu'il fallait définir clairement les critères pour les futurs ateliers thématiques. Pour l'UICN, la priorité doit aller aux écosystèmes côtiers et marins, aux forêts boréales et aux sites géologiques. Le Congrès mondial des Parcs (Afrique du Sud, 2003) offre une occasion d'autant plus remarquable que le patrimoine mondial et le patrimoine africain seront placés au premier plan lors de cet événement.

IX.7 Le Comité a remercié le Secrétariat pour le document préparé, mais il a précisé que les nombreuses activités proposées doivent être définies comme prioritaires. Les membres du Comité ont noté les points suivants :

IX.8 Pour les Caraïbes, le travail proposé pour les sites côtiers et marins est largement prioritaire et doit être lié aux projets du GEF et de la Banque mondiale et aux autres programmes et projets régionaux et sous-régionaux ; on doit également donner une haute priorité au projet « Route de l'esclave » pour les Caraïbes au titre de la catégorie du patrimoine culturel ; l'étude et la réunion d'experts proposées sur l'art rupestre ne sont pas prioritaires dans la mesure où des études plus complètes sur ce thème existent éjà. Le Comité a insisté sur la nécessité d'assurer la complémentarité des activités menées dans le cadre de la Stratégie globale pour une Liste du patrimoine mondial représentative et la soumission de rapports périodiques.

IX.9 Un certain nombre de délégués d'Amérique latine ont souligné qu'il est important d'utiliser les listes indicatives comme instrument de planification et que l'inclusion de sites sur ces listes sous-entend qu'ils répondent d'ores et déjà aux normes minimales. Bien que l'accord sur la limitation des propositions d'inscription constitue un progrès notoire, il ne faudrait pas qu'il affecte négativement les Etats parties sous-représentés ou ayant des sites qui appartiennent à des catégories sousreprésentées sur la Liste du patrimoine mondial. Les Etats parties qui sont déjà bien représentés sur la Liste devraient volontairement s'abstenir de soumettre de nouvelles propositions d'inscription. Il a été mentionné que le réseau ibéro-américain (Ushuaia, Argentine, 2002) serait une tribune importante pour débattre du patrimoine naturel potentiel de la région.

IX.10 Pour ce qui est de la région africaine, la priorité devrait aller à la préparation de listes indicatives et de propositions d'inscription des Etats parties et à l'identification des catégories sous-représentées. Etant donné les besoins en matière de développement des capacités dans la majorité des Etats parties de cette région, la nécessité de mobiliser la coopération internationale a été soulignée. Un certain nombre de représentants d'Etats parties africains ont exprimé leur préoccupation face aux exigences d'une documentation de haute qualité pour les dossiers de propositions d'inscription, qui dépassent souvent les capacités des Etats parties africains.

IX.11 En ce qui concerne l'Asie, le Comité a félicité le Centre de l'analyse bien structurée par sous-région de la Liste du patrimoine mondial qui donne une vue d'ensemble utile des catégories représentées et sousreprésentées de la région. Le Délégué de l'Inde a souligné l'importance d'identifier des itinéraires anciens et des routes du commerce dans la sous-région de l'Asie du sudest. Une présentation standard de toutes les régions pourrait être utilisée comme instrument stratégique pour évaluer la situation globale et les allocations budgétaires devraient se faire en conséquence. Le Comité a noté les résultats de la réunion thématique régionale sur les montagnes sacrées en Asie-Pacifique et du compte rendu déjà publié par le Gouvernement japonais. Ces résultats devraient également être pris en compte pour les discussions sur le critère (iv), car de nombreux sites risquent de remplir les conditions uniquement du fait du lien entre les valeurs immatérielles et l'environnement naturel. Il a été souligné qu'il fallait appliquer les conditions d'intégrité au patrimoine culturel de cette région.

IX.12 L'Observateur de l'Australie a fait allusion à plusieurs partenariats qui soutiennent la Stratégie globale du patrimoine mondial dans la région Asie-Pacifique, notamment le Centre culturel de l'Asie et du Pacifique pour l'UNESCO (ACCU). Il a proposé que l'UICN et le Centre du patrimoine mondial étudient l'impact du changement climatique dans la région et notamment sur les sites du patrimoine mondial dans les écosystèmes marins et côtiers. Il a également fait mention du financement par la Nouvelle-Zélande d'un poste de Responsable du patrimoine mondial au Bureau de l'UNESCO à Apia, Samoa, et a lancé un appel pour que le poste soit dans l'avenir pris en charge par l'UNESCO. Il a enfin évoqué l'assistance juridique et technique fournie dans la région par l'intermédiaire du Point focal de l'Asie et du Pacifique pour les gestionnaires de sites du patrimoine mondial, basé en Australie, et a suggéré qu'un protocole d'accord soit conclu avec le Centre du patrimoine mondial.

IX.13 Nombre d'Observateurs européens ont félicité le Centre pour plusieurs réunions thématiques et pour les recommandations qui en ont résulté, par exemple la réunion sur le vignoble. La recommandation suggérant une étude globale des vignobles a été appuyée par plusieurs membres du Comité et Observateurs comme moyen d'assurer la crédibilité des propositions d'inscription futures dans cette catégorie. Il faudrait définir une méthode appropriée de délimitation du vignoble pour ces sites. Le Délégué de la Hongrie a exprimé l'engagement de son Etat à promouvoir la coordination des listes indicatives pour sa sous-région.

IX.14 Le Comité a été informé que plusieurs Etats parties étaient en train de préparer des propositions d'inscription transfrontalières. La coopération entre les pays doit être encouragée pour garantir une meilleure représentativité de la Liste du patrimoine mondial et la solidarité entre pays de régions différentes. Le fait que 49 pays n'aient encore aucune liste indicative montre qu'il est urgent de développer l'assistance dans ce domaine. Le Comité a convenu qu'il fallait encourager les propositions d'inscription transfrontalières, en série et autres, ainsi que les liens avec le programme MAB.

IX.15 En ce qui concerne l'Arc alpin, le Comité a noté qu'une nouvelle approche coordonnée et régionale de la coopération internationale était défendue par les six pays de la région alpine (Autriche, Allemagne, France, Italie, Slovénie, Suisse) et qu'à la suite de la réunion d'experts de juin 2000 à Hallstatt (Autriche), deux réunions des Etats parties avaient été organisées (à Turin, Italie, en juillet 2001 et au siège de l'UNESCO, en octobre 2001) pour discuter de la diversité, des valeurs et de la composition de l'Arc alpin. Compte tenu de la complexité de cette approche régionale, les pays se sont mis d'accord sur une réunion de suivi début 2002. Ce processus, accompagné par des experts internationaux et le Centre du patrimoine mondial, devrait encourager les Etats parties à poursuivre cette approche régionale innovante des propositions d'inscription.

IX.16 Commentant le rapport du Secrétariat sur la réunion organisée en septembre 2001 en Egypte sur les paysages de désert, le Comité a rappelé l'importance de cette catégorie de biens et a recommandé que des ressources soient affectées au développement du processus de recensement des paysages de désert potentiels pour inscription éventuelle sur la Liste du patrimoine mondial, en commençant par ceux qui s'étendent sur plusieurs pays. Des membres du Comité de la région arabe ont déclaré qu'il fallait se concentrer sur cette tâche, au lieu de disperser les ressources en les affectant à des initiatives moins urgentes, comme le projet d'étude thématique sur le patrimoine moderne dans les Etats arabes. A cet égard, et compte tenu du fait que les déserts sont des paysages caractéristiques de plusieurs régions du monde, le Comité a insisté sur le fait qu'une coopération interrégionale plus intense était nécessaire dans ce domaine, sur le modèle par exemple du Plan d'action pour la Méditerranée. Le Délégué de l'Egypte a suggéré que l'année 2003 soit déclarée Année internationale du désert.

IX.17 A propos des priorités dans la région arabe, le Comité a rappelé également qu'il était important d'aborder la législation relative au patrimoine et la mise en place d'institutions, car ce sont des conditions préalables essentielles pour instaurer des pratiques de conservation adéquates.

IX.18 L'Observateur de l'ALECSO a rappelé que son organisation avait publié (en 2001) une « Stratégie arabe pour la biodiversité ». Il a recommandé que ce document soit traduit en anglais et pris en compte dans les programmes et activités futurs du patrimoine mondial dans la région. L'UICN a reconnu que le patrimoine naturel de la région arabe était insufisamment représenté et a fait part de son intention de se pencher prochainement sur cette question.

IX.19 Pour conclure son examen des activités relatives à la stratégie globale, le Comité a rappelé qu'il fallait que le Secrétariat se concentre sur l'analyse de la Liste du patrimoine mondial et des listes indicatives comme une priorité, ainsi que sur l'assistance aux Etats parties pour, selon le cas, établir ou réviser leurs listes indicatives. Mais le Comité a noté qu'une discussion conceptuelle était nécessaire pour donner un cadre à ces analyses et a reconnu qu'il fallait trouver des méthodes pour définir les catégories sous-représentées de patrimoine.

 

Documents
PDF Document original de la décision
Contexte de la décision
PDF WHC-01/CONF.208/11
Thèmes : Rapports
Session : 25COM