jump to the content

Décisions du Comité

32 COM 8B.92

Révision des Déclarations de Valeur et de Valeur Universelle Exceptionnelle - Parc de Studley Royal avec les ruines de l'abbaye de Fountains (ROYAUME-UNI)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-08/32.COM/8B.Add et WHC-08/32.COM/INF.8B1.Add,

2. Adopte la Déclaration de valeur suivante pour le Parc de Studley Royal avec les ruines de l'abbaye de Fountains, Royaume-Uni:

Le parc de Studley Royal, avec les ruines de l'abbaye de Fountains, associe les édifices, jardins et paysages créés sur une période de 800 ans afin de constituer une entité harmonieuse. Chacun de ces éléments ayant une importance à part entière a été intégré dans un paysage en continu d'une valeur et d'une beauté exceptionnelles. Ses principaux éléments sont les suivants :

Studley Royal : l'un des rares grands « jardins verts » du XVIIIe siècle qui a survécu d'une manière substantielle dans sa forme originale : sans doute le jardin d'eau le plus spectaculaire de l'Angleterre. Le jardin paysager est un exemple exceptionnel du style du jardin « anglais » qui s'est développé au cours du XVIIIe siècle et exerça une influence dans le reste de l'Europe. Le jardin est agrémenté de canaux et de bassins, de cascades, de pelouses et de haies, avec des temples et des statues d'une grande élégance pour attirer les regards. L'agencement des jardins est plutôt conditionné par la forme du paysage naturel, que conçu comme un plan qui lui serait imposé. L'aménagement conçu par Aislabies a essentiellement survécu dans sa forme originale.

Les ruines de l'abbaye de Fountains : un élément essentiel dans le plan du jardin, offrant au regard un point culminant spectaculaire émergeant dans la perspective principale et ayant aussi en soi une importance exceptionnelle. Elles représentent l'une des seules demeures cisterciennes conservées depuis le XIIe siècle et offrent une image sans égal d'une superbe maison religieuse dans toutes ses parties. L'abbaye de Fountains, fondée en 1132, devint très tôt l'une des abbayes cisterciennes les plus vastes et les plus riches de Grande-Bretagne, avant sa fermeture par Henri VIII en 1539 lors de la dissolution des ordres monastiques. Elle fut partiellement détruite peu de temps après.

Le Fountains Hall jacobéen : un exemple exceptionnel de construction de l'époque jacobéenne, partiellement construit avec des pierres prélevées sur l'abbaye. Il possède une façade caractéristique de l'époque élisabéthaine et est mis en valeur par un jardin à la française avec des haies taillées. L'intérieur du château a été adapté à ses différents usages, notamment pour servir de palais de justice.

L'église Sainte-Marie : un exemple exceptionnel de l'architecture de la haute époque victorienne, réalisée par l'un de ses éminents représentants, William Burges, en 1871, et considérée comme l'une des œuvres les plus achevées. Édifice ayant en soi une grande importance, elle fut intégrée avec bonheur dans le paysage du parc. Cette église faite partie d'une paire, sa sœur jumelle étant Christ the Consoler à Skelton-on-Ure. Toutes deux furent conçues par Burges et construites par les mêmes artisans.

Critère (i) : Le parc de Studley Royal avec les ruines de l'abbaye de Fountains doit son originalité et son étonnante beauté à la création d'un paysage humanisé autour des ruines médiévales les plus vastes du Royaume-Uni. L'utilisation de ces éléments caractéristiques, combinée avec l'aménagement du jardin d'eau proprement dit, a fait naître un véritable chef-d'œuvre du génie créateur humain.

Critère (iv) : Associant les vestiges de la plus riche abbaye de l'Angleterre, le Fountains Hall jacobéen et le chef-d'oeuvre miniature néogothique de Burges, l'église Sainte-Marie, avec les jardins d'eau et le parc de daims pour constituer une entité harmonieuse, le parc de Studley Royal avec les ruines de l'abbaye de Fountains illustre le pouvoir du monachisme médiéval, ainsi que le goût raffiné et la richesse de la haute société du XVIIIe siècle.

3. Recommande que l'évaluation des déclarations d'authenticité et d'intégrité, de protection et de gestion soit repoussée à la 33e session du Comité du patrimoine mondial (2009) dans l'attente de l'adoption d'une méthodologie et d'un format convenu pour les Déclarations de valeur universelle exceptionnelle pour les biens inscrits.