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Conservation de la biodiversité en zones de conflit armé : Préserver les sites du patrimoine mondial en République démocratique du Congo

Un programme pour préserver l’intégrité des sites du patrimoine mondial naturel en République démocratique du Congo

La moitié de la surface totale des massifs forestiers tropicaux d’Afrique se trouve en République démocratique du Congo. La biodiversité exceptionnelle des forêts congolaises, qui abritent de nombreuses espèces endémiques telles que le bonobo, le gorille des montagnes et l’okapi, a motivé l’inscription de cinq aires protégées de l'Etat partie sur la Liste du patrimoine mondial entre 1979 et 1996. Confrontés à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur leurs valeurs de patrimoine mondial, ces cinq sites ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril entre 1994 et 1999.

Historique du programme

En 2000, le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO initie le programme : Conservation de la biodiversité en zones de conflit armé : préserver les sites du patrimoine mondial en République démocratique du Congo, afin de préserver l’intégrité des cinq sites congolais dans un pays en situation de conflit prolongé.

L’objectif du programme est d’éviter la perte de la Valeur universelle exceptionnelle des sites et de réunir les conditions favorables à leur retrait de la Liste du patrimoine mondial en péril. Le programme est mis en œuvre avec l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), organisme chargé de la gestion des aires protégées, sous la tutelle du Ministère de l’Environnement, de la Conservation de la Nature et du Tourisme, et le concours actif des ONG de conservation partenaires de l’ICCN.

Phase I (2000-2005)

La première phase du programme s’est focalisée sur le maintien des activités de conservation dans les cinq sites et l’établissement d’une « diplomatie de la conservation », c’est-à-dire un support politique et diplomatique en faveur de la conservation des sites. En s’appuyant sur la Convention du patrimoine mondial, le programme a tout mis en œuvre pour obtenir la coopération des différentes parties engagées dans le conflit pour la sauvegarde des sites du patrimoine mondial de République démocratique du Congo.

La conférence « Promouvoir et préserver le patrimoine congolais : lier diversité biologique et culturelle »

Du 13 au 17 septembre 2004, la conférence a réuni tous les partenaires du programme pour présenter le bilan de la première phase du programme et mobiliser des financements additionnels pour le lancement de la deuxième phase. Plus de 50 millions de dollars seront finalement promis par les bailleurs.

Phase II (2005-2010)

Lors de la deuxième phase du projet, le programme a appuyé la mise en œuvre de plans d’action d’urgence dans les cinq sites, tout en poursuivant la composante de « diplomatie de la conservation ». Dans un contexte de forte insécurité lié à la présence de groupes armés à l’Est du pays, des plans d’action d’urgence ont été développés pour trois sites pilotes : les Parcs nationaux de Kahuzi-Biega, des Virunga et la Réserve de faune à okapis. Au Parc national de la Garamba, une stratégie de conservation communautaire a été développée.

Phase III (2010-2013)

La troisième phase vise à créer les conditions nécessaires à la réhabilitation des cinq sites, en s’appuyant principalement sur la finalisation des plans d’action d’urgence, et en renforçant la composante de « diplomatie de la conservation ». Cette phase a notamment consisté à mettre en oeuvre les mesures correctives adoptées par le Comité du patrimoine mondial en concertation avec le gouvernement de République démocratique du Congo et à suivre l'évolution de l'état des sites, afin de permettre leur retrait de la Liste du patrimoine mondial en péril.

 La réunion de Haut niveau et l'adoption de la Déclaration de Kinshasa

Un événement-clé de cette phase est la tenue d’une Réunion de Haut niveau entre les autorités de la République démocratique du Congo et l'UNESCO le 14 janvier 2011 à Kinshasa. Cette réunion, présidée par le Premier ministre congolais, Adolphe Muzito, et par la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, visait à examiner les moyens de renforcer la protection des cinq sites congolais inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Un résultat important de cette réunion est l’adoption de la Déclaration de Kinshasa qui marque l’engagement du gouvernement congolais à mettre en œuvre les mesures correctives décidées par le Comité du patrimoine mondial pour la réhabilitation de la Valeur universelle exceptionnelle des sites du patrimoine mondial en péril de la République démocratique du Congo, avec l’appui de l’UNESCO.

Rappel des dates clés

1974

Ratification de la Convention du patrimoine mondial par le gouvernement de la République démocratique du Congo.

1979, 1980, 1984, 1996

Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial des Parcs nationaux des Virunga, Kahuzi-Biega, Garamba, Salonga et de la Réserve de faune à okapis.

1994 - 1999

Inscriptions des cinq sites du patrimoine mondial naturel sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

1999

Appel de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature à la mobilisation internationale pour la sauvegarde des cinq sites du patrimoine mondial menacés par la généralisation du conflit des Grands Lacs.

2000 – 2005

Mise en œuvre de la première phase du programme.

2004

Organisation de la conférence « Promouvoir et préserver le patrimoine congolais : lier diversité biologique et culturelle » pour clôturer la première phase du programme et lancer la deuxième.

2005 - 2010

Mise en œuvre de la deuxième phase du programme.

2010 - 2013

Mise en œuvre de la troisième phase du programme.

2011

Réunion de Haut niveau entre les autorités de la République démocratique du Congo et l'UNESCO. Adoption de la Déclaration de Kinshasa par le gouvernement congolais.

Biens du patrimoine naturel congolais inscrits sur la Liste du patrimoine mondial : sites d’intervention du programme

Activités développées par l’UNESCO et ses partenaires dans le cadre du programme

Actions d’urgence appuyées par l’UNESCO

Parc national de la Garamba

  • Appui direct au site, en termes de personnel et d’équipements.
  • Renforcement des capacités du personnel de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et des communautés locales.
  • Activités de sensibilisation et d’éducation environnementale.
  • Réalisation d’études de suivi écologique.
  • Réhabilitation d’infrastructures.
  • Renforcement de la collaboration entre les autorités de gestion du Parc national de la Garamba et les communautés locales.
  • Appui à la validation du Plan général de gestion.

Parc national de Kahuzi-Biega

  • Appui direct au site, en termes de personnel et d’équipements.
  • Renforcement de la capacité du personnel de l’ICCN pour assurer le suivi écologique et le suivi des menaces.
  • Activités de sensibilisation et d’éducation environnementale.
  • Réalisation d’études de suivi écologique.
  • Réhabilitation d’infrastructures.
  • Appui à la surveillance et aux patrouilles.
  • Développement d’un plan de zonage pour le secteur de basse altitude.
  • Evacuation des fermiers du couloir reliant les secteurs de haute et basse altitude en cours.
  • Appui à la validation du Plan général de gestion.

Parc national de la Salonga

  • Appui direct au site, en termes de personnel et d’équipements.
  • Renforcement de la capacité du personnel de l’ICCN pour assurer le suivi écologique et le suivi des menaces.
  • Activités de sensibilisation et d’éducation environnementale.
  • Réalisation d’études de suivi écologique.
  • Réhabilitation d’infrastructures.
  • Collaboration avec les autorités militaires et policières pour appuyer les activités de surveillance du site et de lutte anti-braconnage.

Parc national des Virunga

  • Appui direct au site, en termes de personnel et d’équipements.
  • Renforcement de la capacité du personnel de l’ICCN pour assurer le suivi écologique et le suivi des menaces.
  • Activités de sensibilisation et d’éducation environnementale.
  • Réalisation d’études de suivi écologique.
  • Réhabilitation d’infrastructures.
  • Renforcement de la surveillance.
  • Redynamisation du Comité de Sauvetage des Virunga.
  • Appui à la validation du Plan général de gestion.

Réserve de faune à okapis

  • Appui direct au site, en termes de personnel et d’équipements.
  • Renforcement de la capacité du personnel de l’ICCN pour assurer le suivi écologique et le suivi des menaces.
  • Activités de sensibilisation et d’éducation environnementale.
  • Réalisation d’études de suivi écologique.
  • Réhabilitation d’infrastructures.
  • Appui à la mise en oeuvre du plan d’action d’urgence suite à une attaque par un groupe armé en juin 2012.
  • Finalisation de la mise en œuvre du zonage de la réserve par la mise en place des zones agricoles et de chasse en accord avec les communautés résidentes.
  • Renforcement et appui des autorités civiles et coutumières, notamment à travers la mise en place des Comités locaux de suivi pour la conservation de la nature et des Comités de contrôle de l’immigration.
  • Renforcement du système de contrôle de l’immigration.
  • Appui à la validation du Plan général de gestion.

Partenaires de mise en œuvre

  • Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN)
  • African Parks Network (APN)
  • African Conservation Fund (ACF)
  • Gilman International Conservation (GIC)
  • Wildlife Conservation Society (WCS)
  • World Wildlife Fund (WWF)
  • International Union for Conservation of Nature (IUCN)
  • Fauna and Flora International (FFI)
  • International Rhino Fund (IRF)
  • Milwaukee Zoological Society (ZSM)
  • Programme International de Conservation des Gorilles (PICG)
  • Frankfurt Zoological Society (FZS)
  • London Zoological Society (ZSL)
  • Coopération technique allemande (GIZ)
  • African Wildlife Fundation (AWF)