Cette année marque le 40e anniversaire de la Convention du patrimoine mondial, l'un des programmes les plus réussis de l'UNESCO et l'un des outils les plus puissants pour la préservation du patrimoine. Presque universellement adoptée, avec 188 pays signataires, la Convention est unique en ce sens qu’elle combine la protection du patrimoine culturel et naturel dans un seul instrument. Depuis son adoption par la Conférence générale de l'UNESCO de 1972, la Liste du patrimoine mondial n’a cessé de croître pour atteindre 936 sites inscrits pour leur valeur universelle exceptionnelle dans 153 pays du monde.

Origine

La campagne internationale de l'UNESCO de 1960,pour aider l’Egypte et le Soudan à sauver Abu Simbel et d’autres temples nubiens des inondations provoquées par le haut barrage d'Assouan sur le Nil, a galvanisé la communauté internationale autour du patrimoine et de notre responsabilité partagée pour le sauvegarder. André Malraux, Ministre de la Culture de la France de l'époque, a déclaré que, grâce à cette campagne, «la civilisation du premier monde proclame publiquement l'art mondial comme son héritage indivisible».

50 pays ont contribué financièrement couvrant la moitié des 80 millions dollars de la campagne nécessaires pour déplacer les monuments hors de la zone de danger.

La rédaction de la Convention du patrimoine mondial a été inspirée par la synergie internationale de ce grand projet ainsi que par les campagnes ultérieures de l'UNESCO pendant les années 1960 pour conserver des trésors tels que la ville de Venise, en Italie, après la grande inondation de 1966, la ville de l’Âge de Bronze de Moenjodaro, au Pakistan, également menacée, et l’ensemble du temple bouddhiste de Borobudur, en Indonésie.

Evolution

Depuis son adoption, et l'inscription des premiers sites sur la Liste du patrimoine mondial en 1978, la Convention a grandi et évolué pour refléter les besoins des sites très différents qui ont été identifiés et protégés.

Les paysages culturels, les sites transfrontaliers, les programmes thématiques dédiés au patrimoine marin, aux forêts du patrimoine mondial, au tourisme durable, à l'architecture de la terre et aux petits États insulaires en développement, ont tous été créés pour répondre aux besoins spécifiques de ces sites. La Liste du patrimoine mondial en péril contribue à attirer un soutien pour les sites menacés par le changement climatique, des conflits, le braconnage, l'étalement urbain etc.

 

Succès

Au fil des ans, près d'un millier des biens patrimoniaux uniques, et souvent menacés, ont été identifiés. Leur protection a été améliorée tout comme leur accès, au profit des générations présentes et futures. Voici quelques exemples des nombreux succès de la Convention du patrimoine mondial: les interventions ont empêché des constructions disgracieuses dans des villes historiques telles que Londres, Vienne, Macao et Saint-Pétersbourg. Des projets de rénovation à grande échelle ont été menés sur des sites comme Angkor et des études de cas fondamentaux ont été publiés sur les effets du changement climatique sur des sites du monde entier. Des projets de tourisme durable ont été mis en place sur  des sites tels que Sian Ka'an au Mexique. Un réseau mondial de gestionnaires de sites marins a été créé et la gestion durable des forêts du patrimoine mondial, qui représentent environ 13 % de toutes les forêts protégées de la planète a également été améliorée.


Futur

Malgré l'inscription sur la Liste du patrimoine mondial d'un nombre croissant de sites des régions moins développées du monde et les progrès réalisés dans le renforcement des politiques et pratiques de la Convention, il reste beaucoup à faire pour assurer une pleine représentation de la diversité naturelle et culturelle exceptionnelle du monde sur la Liste.

Le défi le plus important que la Convention devra relever dans les prochaines années est lié aux phénomènes globaux tels que l'explosion démographique, la diminution des ressources financières et le changement climatique. Ils sont responsables d’une large gamme de facteurs environnementaux et socio-économiques qui constituent une menace sérieuse pour les propriétés du patrimoine mondial.

Résoudre les potentielles tensions entre les besoins de conservation du patrimoine et les aspirations des communautés locales concernées est un autre défi important pour les décennies à venir et pourrait aider à renforcer la Convention et son succès.

C'est pourquoi les Etats Parties de la Convention ont choisi «Patrimoine mondial et développement durable: le rôle des communautés locales» comme thème de célébration de l'anniversaire.

Aujourd'hui, en arrivant à maturité, avec près de 1000 sites sur sa Liste, la contribution ultime de la Convention du patrimoine mondial ne va pas seulement aux biens répertoriés, mais à la protection à long terme de notre planète et ses ressources. La préservation du patrimoine mondial est cruciale car les objectifs et les actions de la Convention du patrimoine mondial ne sont pas seulement en ligne avec le développement durable, mais essentiels pour sa réalisation.