L'avenir de la Convention du patrimoine mondial, en amont de son 40e anniversaire célébré l'année prochaine, et les défis croissants posés par la préservation du patrimoine : tels étaient les thèmes clés des discours prononcés à l'ouverture de la 35e session du Comité du patrimoine mondial qui se réunit à Paris à partir d'aujourd'hui et jusqu'au 29 juin.

La Présidente de la 35e session, Sheikha Mai bint Mohammed Al Khalifa, ministre de la Culture du royaume de Bahreïn, a souligné que « l'avenir de la Convention est essentiel [...] pour poursuivre les efforts mis en œuvre depuis près de quarante ans en faveur de la protection du patrimoine irremplaçable et inestimable de l'humanité ».

La Présidente a également évoqué les défis qui se posent à la Convention en termes de crédibilité : « ses relations avec les autres conventions internationales, l'équilibre au sein de la Liste du patrimoine mondial [...] entre les types et les catégories de biens inscrits, le renforcement des capacités [...], le rôle essentiel des communautés locales, la sensibilisation et la promotion des principes de la Convention ».

« Dans un monde qui change, le Patrimoine mondial nous rappelle ce qui unit l'humanité », a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova. « C'est aussi un rappel des liens qui existent entre culture, nature et sociétés ».

« Les sites du patrimoine mondial peuvent être de formidables vecteurs de dialogue, de réconciliation, de développement et de connaissance », a déclaré Irina Bokova, qui a cependant souligné : « Tandis que le nombre de sites du Patrimoine mondial augmente, leur vulnérabilité s'accentue. Nous devons améliorer notre prise en compte de la prévention des risques et la gestion sur le long terme des sites du Patrimoine mondial ».

Davidson L. Hepburn, Président de la Conférence générale de l'UNESCO et Eleonora Valentinova Mitrofanova, Présidente du Conseil exécutif de l'Organisation, ont rappelé pour leur part l'importance de la protection du Patrimoine mondial pour l'UNESCO mais aussi pour la communauté internationale.

Dans les jours qui viennent, le Comité du patrimoine mondial examinera l'état de conservation de 169 biens du Patrimoine mondial, notamment les 34 sites qui figurent sur la Liste du patrimoine en péril. Il examinera également les candidatures des 37 sites proposés à l'inscription.

A ce jour, les biens naturels dont l'examen est prévu lors de la réunion sont : la Côte de Ningaloo (Australie), le Parc national de la Pendjari (Bénin, une extension du Parc national du W du Niger), le Parc national de Wudalianchi (Chine), les Forêts anciennes de hêtres d'Allemagne (Allemagne, une extension des Forêts primaires de hêtres des Carpates, Slovaquie et Ukraine), les Ghâts occidentaux (Inde), l'Aire protégée de Harra (Iran),  les Iles d'Ogasawara (Japon), le Réseau des lacs du Kenya dans la vallée du Grand Rift (Kenya), la Trinational de la Sangha (Cameroun, Congo, République centrafricaine), ainsi que la possible inscription suivant de nouveaux critères du Parc national de Phong Nha - Ke Bang (Viet Nam), déjà inscrit.

Trois biens sont proposés en tant que sites mixtes (à la fois naturels et culturels) : le Parc national des montagnes Bleues et des monts John Crow (Jamaïque),  la Zone protégée du Wadi Rum (Jordanie) et le Delta du Saloum (Sénégal).

Les biens culturels suivants seront également examinés pour une éventuelle inscription : Activités perlières, témoignage d'une économie insulaire (Bahreïn) ; le Centre historique de Bridgetown et sa garnison (Barbade) ; le Paysage culturel du lac de l'Ouest de Hangzhou (Chine) ; le Paysage culturel du café (Colombie) ; le Paysage culturel du pays Konso (Ethiopie) ; Les Causses et les Cévennes (France) ; l'Oeuvre architecturale de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement Moderne (France, Argentine, Belgique, Allemagne, Japon, Suisse) ; L'Usine Fagus (Allemagne) ; Le Jardin persan (Iran) ; la Porte des trois arches de Dan (Israël) ; les Lombards en Italie, lieux de pouvoir (568-774 après J.C.) (Italie) ; Hiraizumi - Temples, jardins et sites archéologiques représentant la Terre pure bouddhiste (Japon) ; le Fort Jésus à Mombasa (Kenya) ; les Hauts-fourneaux de la Fundidora Monterrey (Mexique) ; les Sites de monnaie de pierre de Yap aux Palaos et à Yap (Micronésie / Palaos) ; les Ensembles pétroglyphiques de l'Altaï mongolien (Mongolie) ; la cathédrale de León (Nicaragua) ; le Paysage culturel de la Serra de Tramuntana (Espagne) ; les Sites archéologiques de l'île de Méroé (Soudan) ; les Sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes (Suisse, Autriche, France, Allemagne, Italie, Slovénie) ; les Villages antiques du Nord de la Syrie (Syrie) ; la Mosquée Selimiye et son ensemble social (Turquie) ; la Résidence des métropolites de Bucovine et de Dalmatie (Ukraine) ; les Sites culturels d'Al Aïn : Hafit, Hili, Bidaa Bint Saud et les oasis (Emirats Arabes Unis) ; la Citadelle de la dynastie Hô (Viet Nam).

Le Comité du patrimoine mondial, responsable de la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial, comprend des représentants de 21 pays, élus pour quatre ans par les Etats parties à la Convention. Tous les ans, le Comité ajoute de nouveaux sites sur la Liste du patrimoine mondial.

Le Comité du patrimoine mondial examine également des rapports relatifs à l'état de conservation des sites inscrits et demande aux Etats parties de prendre, le cas échéant, les mesures de conservation et de préservation nécessaires. Le Comité supervise l'attribution de plus de 4 millions de dollars chaque année, provenant du Fonds du patrimoine mondial et destinés, entre autres, aux mesures d'urgence, à la formation d'experts et à la promotion de la coopération technique. Le Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO fait office de Secrétariat du Comité. Les débats du Comité ne sont pas ouverts à la presse.

A ce jour, la Liste du patrimoine mondial comprend 911 biens d'une « valeur universelle exceptionnelle », dont 704 biens culturels, 180 biens naturels et 27 mixtes, dans 151 Etats parties. La Convention du patrimoine mondial a été ratifiée par 187 Etats parties à ce jour.

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   Les journalistes souhaitant couvrir cette réunion sont priés de s'accréditer  

                                     Contact : Isabelle le Fournis

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