Lancé à l'UNESCO à Paris le lundi 6 mai, le Rapport d'évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) envoie un message alarmant au monde. Les écosystèmes et la biodiversité se détériorent plus rapidement que jamais dans l'histoire de l'humanité, ce qui en compromet son bien-être et son existence future. 

L'évaluation note que l'augmentation du commerce et de l'économie mondiale au cours des 30 dernières années a doublé la demande de matériaux vivants de la nature. Entre 500 000 et 1 million d'espèces devraient disparaître au cours des prochaines décennies, 75 % des milieux terrestres et 40 % des milieux marins sont altérés par l'activité humaine. Depuis 1870, la quasi moitié des coraux vivants ont été perdus. Ces tendances catastrophiques sont encore exacerbées par les effets du changement climatique. L'érosion des services et des fonctions écosystémiques qui en résulte, comme la pollinisation animale et la régulation de l'eau, aura des effets négatifs sur la santé humaine et la qualité de vie.

"En raison de la dégradation sans précédent du monde naturel, l'humanité est en train de perdre son irremplaçable patrimoine naturel et culturel, mais aussi de risquer son propre avenir ", a déclaré Mechtild Rössler, Directrice du Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO. "Les sites du patrimoine mondial sont parmi les derniers remparts de la nature et sont essentiels pour protéger les endroits les plus exceptionnels de la planète pour les générations futures. Il est essentiel qu'ils donnent l'exemple en matière d'excellence en gestion pour assurer leur intégrité et leur contribution au développement humain durable."

L'évaluation appelle à la mise en œuvre effective des accords multilatéraux sur l'environnement et du changement transformateur pour s'attaquer aux moteurs du changement, notamment la conversion des terres, la surexploitation des ressources naturelles et le changement climatique. Selon le rapport, cela nécessiterait des changements dans les systèmes financiers et économiques mondiaux pour construire une économie mondiale durable.

"Nous espérons que l'évaluation enverra un signal clair aux décideurs politiques de la planète qu'il est extrêmement urgent de s'attaquer à la crise mondiale de la biodiversité ", a déclaré Mme Rössler au nom des Conventions relatives à la biodiversité qui étaient présentes à la plénière IPBES-7, à savoir la CDB, CITES, CMS, Convention Ramsar et Convention du patrimoine mondial, pendant la plénière de clôture le 4 mai. "Il est clair qu'il est de notre devoir de gérer et de réglementer l'utilisation de la biodiversité et des services écosystémiques d'une manière plus durable afin que les besoins actuels et les besoins des générations futures puissent être satisfaits.

 "Dans l'ensemble de nos mandats respectifs, le travail des conventions relatives à la biodiversité est plus pertinent que jamais. La mise en œuvre de ces conventions prévoit des actions concrètes pour la conservation et l'utilisation durable des espèces et des écosystèmes. Ces actions ont été à la base de certaines des réussites existantes en matière de conservation de la biodiversité tout en assurant le bien-être humain", a ajouté Mme Rössler.