Du 26 au 30 novembre 2018, une délégation de haut niveau en provenance du Belize se rend à la Grande Barrière, en Australie, pour échanger les meilleures pratiques en matière de valorisation du statut de patrimoine mondial emblématique de leur récif, afin de protéger leurs écosystèmes fragiles des impacts du climat et de garantir des moyens de subsistance, des emplois et des revenus durables aux communautés locales. Cette visite fait suite à une série d’actions de conservation décisives qui ont conduit au retrait du Réseau de réserves du récif de la barrière du Belize de la Liste du patrimoine mondial en péril plus tôt cette année.

En tant qu’écosystème de récifs coralliens le plus étendu au monde, la Grande Barrière est une entité exceptionnelle et notable, reconnue à l’échelle mondiale. Elle a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1981 et couvre une superficie plus grande que l'Italie. Le Réseau de réserves du récif de la barrière du Belize est l’un des écosystèmes de récifs les plus préservés de l’hémisphère occidental et a été qualifié de « récif le plus remarquable des Antilles » par Charles Darwin. Il a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1996.

Chaque site du patrimoine mondial apporte une contribution significative à l’économie de son pays. Environ 200 000 Béliziens - la moitié de la population du Belize - dépendent du récif pour leur subsistance et 15% du produit intérieur brut (PIB) du pays provient de ce récif. La Grande Barrière génère en moyenne 60 000 emplois et contribue annuellement au PIB de l’Australie à hauteur de 6,4 milliards de dollars australiens.

« Une utilisation durable de notre récif, source d'emplois et de revenus pour la communauté locale, est essentielle si nous souhaitons préserver notre site du patrimoine mondial pour les générations futures. Nous n'aurions pas pu le faire sans notre prestigieuse désignation au patrimoine mondial de l’humanité », a déclaré M. Patrick Faber, vice-Premier ministre du Belize.

La délégation du Belize est menée par Monsieur le Ministre Patrick Faber, vice-Premier ministre du Belize, à laquelle s'ajoutent des représentants des ministères australiens de l'Environnement et des Affaires étrangères et du Commerce. La délégation rencontre actuellement des opérateurs et des organisations de tourisme durable, des représentants du gouvernement du Queensland, des scientifiques de l'Institut australien des sciences de la mer, les autorités du parc de la Grande Barrière ainsi que d’autres institutions. Le partage de bonnes pratiques pour la création de communautés récifales durables est au cœur de leurs discussions. Les deux sites du patrimoine mondial partagent le désir de renforcer leur leadership dans la construction de stratégies récifales qui protègent ces écosystèmes fragiles dans un climat en mutation rapide, tout en garantissant un revenu durable aux communautés qui en dépendent.  

Réunir ces exemples de réussite de manière à pouvoir les reproduire dans d’autres aires marines est au cœur du travail du Programme marin du Centre du patrimoine mondial. Plus tôt cette année, les échanges entre sites ont permis de partager les meilleures pratiques en matière de réduction de la pauvreté entre les sites marins du patrimoine mondial du Soudan, de Mauritanie et d’Afrique du Sud.

Cette visite marque l'un des moments forts de l'Année internationale des récifs coralliens 2018, une initiative de l’Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens (ICRI), coprésidée jusqu'à la mi-2020 par les gouvernements de Monaco, de l'Australie et de l'Indonésie.