En août dernier, la Conférence des gestionnaires du patrimoine mondial marin de l’UNESCO a eu lieu à bord du National Geographic Endeavour, bateau appartenant à Lindblad Expeditions. Nous avons eu l’honneur d’être rejoints par le PDG – et l’un des leaders du collectif « Ocean Elders » - Sven Lindblad. Au cours de la semaine, S. Lindblad a rencontré les gestionnaires responsables de la protection quotidienne de notre patrimoine océanique, patrimoine commun de l’humanité,  partageant avec eux  les raisons de son engagement en faveur de la conservation des océans.

Lindblad a hérité de son père son amour du voyage, ce dernier ayant décidé se tourner vers le commerce du voyage parce qu’il cherchait un moyen de financer ses explorations. Finalement, il s’est rendu compte que le voyage était un excellent outil pédagogique. S. Lindblad a poursuivi cette tradition. Pour lui, protéger le monde naturel est à la fois un impératif professionnel et une passion personnelle.

C’est une expérience en Afrique qui a sensibilisé S. Lindblad au pouvoir que les humains ont sur la nature, et à notre responsabilité d’utiliser ce pouvoir judicieusement. Jeune, il travaille dans le Parc National de Tsavo, au Kenya. En 1971, il passe une semaine à compter les rhinocéros et dénombre 59 individus. Quand il retourne sur place un peu plus de 10 ans plus tard, il n’en trouve pas un seul. Il est alors frappé par le pouvoir dévastateur que les gens ont sur la nature, décimant une population entière de rhinocéros en une décennie.

Nous assistons à des crises similaires dans l’océan. Des animaux iconiques comme le lamantin, le thon rouge et les requins-marteaux sont poussés au bord de l’extinction. Même nos zones océaniques les plus précieuses sont sous la pression des pêches illégales et non durables, du changement climatique et du développement industriel. Malgré leur statut emblématique, les sites du patrimoine mondial marin ne sont pas à l’abri de ces menaces.

« Pour mener une vie dans laquelle nous survivons et prospérerons à la fois financièrement et spirituellement, nous avons besoin de systèmes naturels sains », a déclaré S. Lindblad. « L'océan est attaqué de toutes parts : acidification, surpêche, élévation du niveau de la mer, etc. »

La Conférence des gestionnaires du patrimoine mondial marin s'est précisément concentrée sur ces menaces, en connectant les managers des aires marines protégées du monde aux plus grands experts de la pêche, spécialistes du climat et leaders du monde océanique comme Enric Sala et Daniel Pauly.

Le soutien et le leadership de S. Lindblad ont été cruciaux pour la Conférence. Il a immédiatement reconnu la puissance que peut représenter le fait de convoquer ce groupe de réflexion mondial pour élaborer des stratégies sur des solutions partagées. Les gestionnaires de ces aires marines protégées emblématiques ont des centaines de milliers d’heures de pratique sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Les réunir nous évite de réinventer la roue à chaque fois et de commettre des erreurs coûteuses.

« L’une des choses à savoir à propos de l'océan, c’est qu'il est potentiellement ce grand unificateur au-delà des frontières", a déclaré S. Lindblad. « L’océan est une entité connectée. Nous l'appelons par différents noms, océan Pacifique, océan Indien, mais il n’y a en fait qu’un seul et même océan. Il n’existe pas vraiment de scénario où on ait un succès de conservation dans un endroit et un échec dans un autre. »

C’est précisément la raison pour laquelle le Programme marin du patrimoine mondial travaille à faciliter la coopération au-delà des frontières et à soutenir le succès de la conservation marine dans chacun des 49 trésors qui sont sous notre protection collective.

Lindblad sait, grâce à ses innombrables voyages, que ces sites sont plus qu’impressionnants. Apercevoir pour la première fois les orques de la Presqu'île de Valdés (Argentine) , plonger dans les eaux cristallines des Lagons de Nouvelle-Calédonie (France) et explorer les paysages de l’Archipel de Kvarken (Finlande)– sont des expériences que l’on n’oublie jamais. Des expériences qui font que les gens se soucient de protéger ces trésors océaniques uniques. Mais la conservation n’est pas une idée esthétique pour S. Lindblad. Il reconnaît la valeur économique et culturelle des lieux comme le Parc national de Coiba (Panama) et les Lagon sud des îles Chelbacheb (Palaos). « Il est inconcevable que nous ne reconnaissions pas, en tant que sociétés, que les systèmes naturels sont notre véritable "banque mondiale" » dit-il.

Avec le soutien de leaders comme Sven Lindblad, nous continuerons à travailler pour protéger ces biens partagés pour le bénéfice de toute l’humanité.

Pour écouter la réflexion de Lindblad au sujet du patrimoine mondial et la récente Conférence des gestionnaires aux Galápagos, consultez cette courte vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=r-r0Hh8um0I